DÉBLAI
Malheureusement, tous ces systèmes, avantageux pour la qualité des planches à obtenir, exigent beaucoup de maind'œuvre, et le sciage par traits parallèles sur toute l'épaisseur de la bille, bien qu'il soit de tous les procédés le plus défectueux, est toujours en usage comme étant le plus simple.
Débitage, s. ni. — Division de la pierre ou du bois en blocs ou en pièces de dimensions nécessaires à l'ouvrage que l'on doit exécuter.
Le débitage de la pierre se fait, suivant qu'elle est dure ou tendre, à la scie à eau ou à la scie à dents (voy. Scie).
Le débitage ou débit des bois se fait à la scie à main ou à la scie mécanique {\o\. Débit).
Déblai, s. m. — Enlèvement de terres ou de gravois que Ton fait quand on creuse une fouille pour une fondation, un canal, un fossé, une tranchée, ou quand on nivelle un terrain.
Pour faire le déblai d'une voie ferrée, il faut en déterminer d'abord exactement le profil, et attaquer les terres en le suivant réguUèrement de haut en bas.
Dans le transport du déblai, on doit tenir compte de l'augmentation du volume ou foisonnement que prennent les terres désagrégées.
Dans l'estimation du prix des ouvrages de terrasse, la Série de la ville de Paris alloue un prix moyen de 38 centimes par mètre cube de fouille seulement, dans le cas où l'excavation a plus de 2 mètres de large et O^'.SO de hauteur.
Ce prix est celui de fouille ordinaire, c'est-à-dire exécutée dans des remblais de terres ou de gravois. La Série alloue une plus-value de moitié du prix précédent pour fouille dans la terre glaise et un prix moyen de 1 fr. 70 pour fouille de roches, assises, anciennes maçonneries et
gypse.
Mais il y a d'autres natures de terres que celles relatées ci-dessus et qui exigent des temps ditïérents pour l'exécu-
tion des fouilles. M. Masselin, dans son Dictionnaire raisonné du métré, donne le tableau suivant pour la fouille seulement :
Heures Minutes
1 oO pour la tourbe.
2 00 pour la marne.
3 oO pour le tuf ordinaire .
o 00 pour le tuf mêlé de pierre.
6 30 pour le tuf pétrifié.
6 00 pour le tuf graveleux.
7 30 pour le macadam.
Pour l'extraction à la mine d'un mètre cube de roc ordinaire, le même auteur indique le prix de 6 fr. 4o, lequel prix comprend le trou à la mèche, la poudre, le déblai et la division de la masse, les frais d'outils, de surveillants et le bénéfice.
Quelle que soit la nature du sol, lorsque la fouille est accessible au tombereau, il n'est alloué par la Série, en dehors du prix de fouille, aucun autre jet que celui du chargement en tombereau. Elle accorde seulement une plusvalue lorsque les tombereaux employés à l'enlèvement cubent moins de deux mètres, ce qui est souvent nécessité par la profondeur de la fouille ou la déclivité de la rampe d'accès.
Pour fouille dans l'embarras des étais la Série alloue une plus-value d'un quart; pour fouille dans Peau sans embarras d'étais d'un demi, et pour fouille dans Peau avec embarras d'étais de trois quarts sur le prix de fouille ordinaire.
Toutefois, l'on considère une fouille comme faite dans l'eau chaque fois seulement qu'il existe, avant épuisement, à différents endroits du plan de la fouille, des flaques d'eau résultant d'infiltrations souterraines, et aussi lorsque ces flaques d'eau exigent un système quelconque d'épuisement.
Le déblai pour fouille ordinaire et jet sur berge est fixé par la Série au prix de 0 fr. 66 le mètre cube. Le dressement des faces et des fonds est payé à part, au prix de 0 fr. 06 le mètre superficiel .
Pour l'estimation du prix auquel on
DEBLAI.
DÉBOUCHÉ
doit porter la fouille d'un déblai donné, le génie militaire a adopté une règle d'évaluation que Ton peut appliquer dans tous les cas. La personne chargée de la conduite du travail détermine, de concert avec l'entrepreneur et, au besoin, par une expérience, quelle est la nature de la terre du déblai. A cet effet, on prend, pour terme de comparaison ou pour unité, la terre la plus facile à fouiller, celle qui peut être déblayée immédiatement à la pelle ou au louchet, sans le secours de la pioche, et que Ton appelle, pour cette raison, terre à un homme. Si la terre ne peut s'enlever immédiatement à la pelle, il faut au pelleteur un certain nombre, de piocheurs entier ou fractionnaire, capable de fouiller et réduire cette terre dans un temps donné, pour que le pelleteur puisse la charger ainsi préparée, comme si elle eût été de la terre à un homme. Ainsi, une terre à un ïwmme et demi est celle qui, pour occuper un pelleteur, exige un demi-piocheur ou deux pelleteurs pour un piocheur ; une terre à deux hommes, celle qui exige un pelleteur et un piocheur ; une terre à trois hommes, celle qui exige un pelleteur et deux piocheurs, etc. Par conséquent, pour obtenir en nombre la nature de la terre, relativement au prix h allouer pour la fouille et la charge, il suffit de diviser le temps employé par le piocheur par celui employé par le pelleteur et d'ajouter une unité au quotient. Traduisant cette règle par une formule, et désignant par N la nature de la terre, t, le temps du piocheur, f celui du pelleteur, on aura :
ce qui veut dire que cette terre exigera pour le déblai un nombre total d'ouvriers
exprimé par 1 -f -7. L'expérience ant
noncée plus haut s'effectue donc de la manière suivante : celui qui dirige les travaux prend un homme de confiance, fort et habitué au travail de la terre ; il
le fait piocher sur le terrain désigné, pendant un espace limité. L'entrepreneur fait ensuite charger à la pelle, dans des brouettes, par un ouvrier de son choix, toute la terre piochée par le premier homme ; on observe alors combien de fois le temps employé par le pelleteur est contenu dans celui qu'a employé le piocheur, et l'on a ainsi le nombre de piocheurs que la terre exige pour que le chargeur puisse travailler sans interruption. Ce dernier se hâte le
plus possible, afin que le quotient —
soit plus grand et que, par suite, le prix alloué à l'entrepreneur soit plus fort.
Déblayer, v. a.
(voy. ce mot).
Faire un déblai
Déboîter, v. a. — Séparer deux pièces jointes à frottement, un tuyau d'un autre tuyau, un tenon de sa mortaise.
Déboqueter, v. a. — Enlever les planches qui entourent un pilotis.
Débord, s. m. — Partie de l'accotement d'une route qui est en contact immédiat avec la chaussée et que l'on remplit quelquefois de cailloux à la hauteur des bordures.
Déborder, v. a. — Rogner les bavures des bords d'une table de plomb, avec une plane ronde ou débordoir pour les unir.
Le débordoir est une lame de fer courbée en demi-cercle, tranchante, avec poignée en bois à chaque bout (\oy. Plane.)
Débordoir, s. m. — Voy. Déborder.
Débouché, s. m. — Nom que l'on donne, dans un égout, à l'orifice de sortie, et dans un pont, à la distance des culées.
La détermination du débouché d'un
DÉBOUCHÉ
DÉBOUCHÉ
pont, est, après la fixation de la largeur de ce pont, la première étude qui se présente.
Supposons d'abord que l'on ait un pont de peu d'importance à construire, un ponceau, par exemple. Il s'agit de lui donner un débouché suffisant pour livrer passage aux plus grands volumes d'eau qui peuvent se présenter, sans quoi le ponceau serait emporté ou l'eau, s'élevant en amont, inonderait les pays environnants.
S'il existe sur les cours d'eau, dans le voisinage du point où l'on veut établir le ponceau, des constructions semblables, on les prend pour guide et l'on fixe le débouché d'une manière approximative, en tenant compte des quantités d'eau qui doivent se présenter en plus ou en moins.
S'il n'y a aucun ponceau existant qui puisse servir de terme de comparaison, on détermine la section du cours d'eau à l'époque des crues et la pente, puis on calcule la vitesse au moyen de la formule de Prosny :
I = — {av + bv'-),
dans laquelle on appelle I, la pente par mètre, égale à la différence de niveau de deux points de la surface de l'eau, divisée par la distance de ces deux points, mesurée suivant l'axe du cours d'eau ; S, la section transversale du cours d'eau ; i\ la vitesse moyenne du cours d'eau ; P, le périmètre mouillé, c'est-à-dire le contour de la section S, diminué de la largeur du canal à la surface de l'eau; a, un coefficient d'expérience = 0,000044 ; b, un coefficient d'expérience = 0,000309.
Résolvant cette équation par rapport à V, on a la vitesse moyenne ; le volume Q de feau qui s'écoule sera Q = rS.
Ayant ce volume, on assigne à v une valeur inférieure à celle qui est capable d'affouiller le terrain sur lequel on veut construire et l'on déduit de la formule précédente une valeur de S qui fixe fouverlure du débouché.
Souvent le niveau des grandes eaux n'est pas connu et la pente n'est pas assez régulière pour qu'on puisse appliquer la formule citée plus haut. On se borne alors à suivre une règle empirique, qui consiste à donner, dans les pays plats, 0^^,45 à 0°',oO de largeur de débouché pour 1,000 hectares du terrain dont les eaux affluent sous le ponceau et l'^jSo dans les pays accidentés.
Le calcul du débouché d'un grand pont offre plus de difficultés et présente naturellement plus d'importance. On ne peut plus ici, comme dans le cas précédent, établir un radier qui , augmentant la vitesse jusqu'au point où elle afîouillerait le sol naturel, permet de rétrécir le débouché.
On commence par jauger le cours d'eau avec soin pendant les basses et les grandes eaux (voy. Jaugeage), soit au moyen de formules, soit en déterminant directement la vitesse à l'aide de flotteurs. Le jaugeage pendant les basses eaux permet de prévoir un débouché qui ne soit pas trop grand pour produire des atterrissements ; du jaugeage pendant les grandes crues on peut déduire un débouché qui puisse débiter toutes les eaux, sans que la vitesse soit trop grande pour faire craindre des affouillements. A ce sujet, les expériences de Dubuat servent de guide pour l'appréciation de la vitesse moyenne que l'eau ne doit pas dépasser. Il a été constaté que le fond des canaux et rivières commence à être entraîné quand la vitesse W au fond atteint les valeurs données par le tableau suivant :
Terre brune détrempée 0m,076
Argile tendre 0 152
Sable 0 305
Gravier 0 609
Cailloux 0 614
Pierres cassées, silex anguleux . . 1 22
Cailloux agglomérés 1 52
Roches lamellaires 1 88
Roches dures 3 00
Suivant le même auteur, appelant V
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