DÉCHET
DÉCINTREMENT.
été équarris et ébousinés à la carrière ;
3° De la qualité de la pierre ; ainsi le déchet est plus élevé pour les pierres tendres que pour les pierres dures ;
4° De la hauteur du banc de pierre et de la grandeur des blocs comparés à la hauteur et à la longueur de l'appareil, car il est évident que le déchet est plus considérable pour les assises de bas appareil que pour celles de haut appareil;
5° De la destination des pierres ; ainsi, pour la pierre employée en libage, le déchet n'a lieu que relativement à la taille des lits ; au contraire, dans les dalles, ce déchet n'existe qu'à l'égard des joints ; si la pierre doit être employée à des assises de revêtement à un seul parement résultant du sciage, le déchet se produit sur lits et joints, et enfin si cette pierre doit porter deux parements dont Tun est taillé, il y a déchet sur la taille des lits, joints et parements.
De toutes ces considérations on a conclu que le déchet approximatif de la pierre produit par la taille, depuis les libages jusqu'aux claveaux, varie entre 1/18 et 1/3 de son volume brut.
Le tableau suivant renferme les chiffres, donnés par Texpérience, qui indiquent la valeur du déchet que subissent un certain nombre de pierres françaises.
Liais de Renlis
O.io
de risle-Adam
de Créteil
de Bagneux
de Gi'imaut
de Crouy
des carrières Saint- Denis (dur).
— — (tendre).
de Beffroy
Roche de Saint-Nom
d'Arcueil
de Bagneux et de Châlillon .
de Saint-Maximin
de Moulins
de Saint-Maur
de Saint-Cloud
de Louvre
de Charenton
de Saint-Yllié
de Château-Landon
dAmpilly
o.io
Roche de Laversino 0.10
— de Crouy 0.10
— de Chauvigny 0.10
— de Savoisy 0.10
— d"EuviIle 0.06
— de Lérouvillc 0.06
— du Bel-Air 0.10
— de Moloy 0.10
— de Pajot 0.10
— de Vitry 0.10
— de Pargny 0.10
— d'Anvers 0.10
Banc franc de la Plaine 0.13
— de Saint-Maur 0.14
— du Bel-Air 0.15
— de Butry 0.13
— du Moulin 0.12
— de Vitry 0.12
Banc royal de la Plaine 0.12
— de Saint-Cloud 0.10
— de Branvillers 0.12
— d'Anvers 0.12
— de Savonnières 0.12
— de Conflans-Ste-IIonorine 0.15
— de l'Abbaye-du-Val . . . 0.12
Vergelé 0.13
Pierre de Saint-Lcu 0.13
— de Trassy 0.13
— d'Arcueil 0.13
— de Parmain 0.13
— de Houilles 0.15
Lambourde de la Plaine 0.12
— de Saint-Maur ..... 0.12
Libage de roche 0.08
— de pierre franche 0.09
Le déchet est de 0,03 k 0,10 pour le moellon, le chiffre le plus fort se rapportant au moellon tendre, et de 0,04 pour la meulière.
Déclieviller, v. a. — Enlever les chevilles d'un assemblage.
Déchirer (S^), v.pr. — En hydraulique, on dit qu'une nappe d'eau qui coule en cascade se' déchire lorsqu'elle se sépare avant de tomber dans le bassin suivant.
A l'aide de ressauts praticjués sur les bords de la coquille du bassin ou de la coupe, l'architecte peut obtenir des déchirures qui produisent un bel effet décoratif.
Décintrement, s. m. — Opération qui a pour objet l'enlèvement de sein-
DÉCINTREMENT.
DECINTREMENT.
Ires ayant servi à la construction d'une voûte.
Le décintrement exige les précautions les plus minutieuses, en raison des difficultés et des dangers que cette opération présente, surtout lorsque la voûte est à grande portée.
Certains constructeurs ont pensé qu'il ne fallait enlever les cintres qu'après la dessiccation du mortier qui relie les voussoirs et alors retirer successivement les couchis, depuis les naissances jusqu'à la clef, en ruinant les cales qui séparent ces couchis des fermes. Aujourd'hui, au contraire, on s'accorde généralement à reconnaître qu'il y a avantage à maçonner les voûtes et à les décintrer le plus promptement possible, afin que le mortier, ne faisant pas prise, puisse se comprimer et répartir les pressions sans se désorganiser. D'un autre côté, les modifications d'équilibre qui proviennent de l'abaissement des voûtes exigent, pour s'accomplir, un temps appréciable ; il faut donc que les cintres ne quittent la voûte que par progression insensible; il est même nécessaire que le décintrement puisse être arrêté à un instant donné, en cas d'accident.
Ces considérations ont fait adopter aux constructeurs divers systèmes :
1° On fait reposer les fermes sur leurs appuis , par l'intermédiaire de doubles coins cà petit angle placés en
VM
Fig. 1348.
sens contraire (fig. 1348) ; il suffit de frapper à petits coups sur la petite face
d'un coin inférieur pour faire descendre peu à peu le coin supérieur. Ce procédé, quoique très simple, est difficile à régler et même dangereux, en ce sens que la pression de la voûte peut lancer le coin que l'on frappe et déterminer des accidents.
2° On a remplacé les coins par deux crémaillères, ce qui a pour effet de donner plus de sohdarité, de répartir mieux la charge et de permettre d'arriver à la simultanéité dans la descente des cintres; on n'est pas cependant encore complètement à l'abri des descentes brusques.
3° On a employé ausssi des venins (fig. 1349), appareils formés de deux
vis filetées en sens contraire qui s'engagent dans un écrou commun dont l'intérieur est formé de deux parties taraudées également en sens inverse ; on imprime à cet écrou un mouvement de rotation autour de son axe, à l'aide d'un bras de levier horizontal, qui fait entrer les vis dans l'écrou. Un certain nombre de verrins, ainsi manœuvres avec ensemble, permettent de faire descendre une ferme de cintre d'un mouvement aussi régulier et aussi lent qu'on le veut. On voit que l'on peut de même , selon les circonstances, faire remonter la ferme en changeant le sens de la rotation de l'écrou.
4° Enfin, on est arrivé à l'emploi des appareils de décintrement au sable. On
DÉCINTREMEXT.
DÉCINTREMENT.
interpose entre les semelles sous cintres des sacs en forte toile remplis de sable bien tassé et dont l'ouverture est cousue ou simplement ficelée, de telle sorte que, pour décintrer, on n'a qu'à pratiquer une ouverture à l'extrémité de chacun des sacs, lesquels se vident lentement sous la pression exercée par les cintres; on active l'écoulement du sable, en le remuant avec une tige de bois ou de fer. L'invention de ce système est due à M. Beaudemoulin , ingénieur en chef des ponts et chaussées, qui l'a perfectionné par l'addition aux sacs d'un ajustage métallique d'écoulement muni d'un petit fermoir.
0° Bien que la marche de l'opération soit très régulière, l'emploi des sacs n'offre pas une sécurité complète; aussi, M. Sazilly a-t-il proposé de substituer aux sacs des cylindres en tôle. Ce système, appliqué par M. Bouziat au décintrement des arches du pont dWusterlitz, est employé dans les conditions suivantes :
Chaque cylindre est posé sur la
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