DENT
DENTELE.
sur 'l'ordre exprès du propriétaire qui l'emploie (1).
Densité, s. f. — La densité d'un corps est le rapport de sa masse à son volume.
On dit qu'un corps est plus dense qu'un autre, quand il contient plus de matière sous un même volume ; ainsi le chêne est plus dense que le sapin.
La densité des corps est proportionnelle à leur poids spécifique (voy.
Poids).
Dent, s. f. — Architecture. Dents de scie : genre d'ornements qui appartiennent à l'époque romane et qui servent à décorer les bandeaux (fig. 1355), les archivoltes. Tantôt les angles rentrants
Fig. 13oo.
et saillants sont conservés, tantôt ils sont tronqués ; souvent même on en remarque, sur une même assise, deux rangs, dans lesquels les pointes sont chevauchées ou passent lune sur l'autre.
Charpente. Dent de loup : 1° clavette simple courbée sur champ.
2° On appelle encore dent de loup un gros clou qui sert, dans les pans de bois, à arrêter les tournisses ou, dans les couvertures, à fixer le pied des chevrons, sans assemblage.
Pour éviter que la dent de loup ne fasse éclater le bois, on doit d'abord percer avec une tarière le trou dans lequel on veut la ficher.
Menuiserie. Dent de bouvet : sorte de bouvet (voy. ce mot) qui sert à traîner les feuillures pour verre.
(1) Code Pcriin, no* 1309 cl sui\ant3.
On distingue : la dent de bouvet à lan-
Fig. 1356.
a'uette bois de fil 'hg. 1356 et la dent
de bouvet à languette, bois de bout (fig. 1357).
Sculpture. Dent de chien : outil qu'on appelle également double pointe; c'est un ciseau dont l'extrémité est fendue en deux parties.
Serrurerie. 1° Fente que l'on pratique sur le museau du panneton d'une clef, pour faciUter le passage des gardes d'une serrure.
2° Pointe ou saiUie de métal, telle que les dents d'une roue d'enfjrenage, d'une crémaillère, d'un pignon, d'une scie (voy. ces mots).
3° Dent de loup : croc en fer monté sur barre plate, qui sert, soit pour accrocher des ustensiles de cuisine, soit pour suspendre des viandes dans les boucheries.
On donne le même nom aux crochets qui servent à attacher les cordes des châssis à tabatière.
Dentelé, adj. — Taillé en forme de dents. Un scellement est dentelé lorsque Textrémité scellée de la pièce est ainsi taillée.
DENTICULE.
DÉPÔT
I>ontelet, s. m — Carré sur lequel sojil taillés les denticules (voy. ce mol).
Dentelure, s. f. — Ouvrage de sculpture fait en forme de dents ; découpure circulaire qui orne fréquemment les bandeaux et les archivoltes dans les édifices de style roman.
Denticules , 5. m. — Ornement d'architecture qui présente la forme
Fig. 1358.
d'une découpure rectangulaire, faite sur un listel (fig. 1358).
Les denticules appartiennent surtout aux corniches ionique, corinthienne et composite.
On donne, en général, à ces ornements une hauteur double de leur largeur et leurs intervalles, qui prennent le nom de métatomes, doivent avoir la moitié de la largeur d'une dent.
Ce genre de décoration se retrouve dans l'architecture romane, disparaît pendant la période gothique, pour n'être remis en usage qu'à la Renaissance.
Au point de vue du règlement des ouvrages, les denticules sont de trois sortes ; ils sont : 1° cà filet conservé et vulgairement appelés langues de chat; 2° à développement carré ; 3° en biseau.
On évalue ainsi les denticules en plâtre :
Ceux dits langues de chat 0,02 de légers.
Ceux dits à développement carré 0,03 —
Ceux dits en biseau. 0,03 —
Lorsque le travail est fait dans la pierre, les évaluations sont augmentées de moitié sur les précédentes.
Dépendances, s. f. pi. — Nom
que Ton donne aux bâtiments secondaires d'une propriété principale.
Dépoli, adj. — Verre dépoli : verre auquel on a enlevé sa transparence.
On obtient du verre dépoli en frottant une des faces avec un autre morceau de verre, une feuille de fer-blanc ou un morceau de grès; si le verre est tendre, on introduit du grès sous les molettes, de l'émeri s'il est dur.
Déportement, s. m. — Voy. Déji ouille.
Dépose, s. f. — Enlèvement d'un objet fixé à demeure, par scellement, par attache ou par assemblage. On dépose la pierre, la charpente, la menuiserie, la couverture, la plomberie, etc.
La dépose de pierre, dans le règlement du prix des ouvrages, se compte au mètre cube mesuré dans œuvre. On applique à ce travail des prix différents, suivant qu'il s'agit : 1° de pierre démolie et jetée sans les précautions nécessaires à sa conservation; — 2° de pierre déposée pour être conservée; — 3" de dépose avec rangement ; — 4° de dépose avec descente ou montage ; — S° de dépose de pierre, 2/5 piochée, 3/5 déposée pour ouverture de baie (1).
Les échafauds spécialement dressés pour la dépose de la pierre se comptent à part.
Dépôt, s. m. — 1° Maladie des bois occasionnée par l'affluence de la sève sur certains points du corps de l'arbre.
2° Dépôt de matériaux : amas de matériaux quelconques.
Il est défendu aux propriétaires et entrepreneurs de bâtiments en conslruction de laisser sur la voie publique aucun dépôt de matériaux qui puisse empêcher ou diminuer la liberté ou la sûreté du passage. En cas de conlraven-
(1) Masselin, Dictionnaire raisonné du métré.
DEPOT
DÉPÔT
tion, il y a de 1 à o francs d'amende, si la voie encombrée est de petite voirie, et de oOO francs, si elle appartient à la grande voirie, par exemple, si c'est une roule nationale ou départementale, un port, le rivage de la mer, etc.
On admet Texcuse résultant de la nécessité, qu'il ne faut pas toutefois confondre avec de simples motifs de convenance ou de tolérance (1).
Il peut arriver aussi que l'auteur de la contravention se prétende propriétaire du terrain sur lequel il a fait le dépôt, c'est-à-dire que ce terrain n'appartienne pas à la voie publique. Dans ce cas, le tribunal doit surseoir et fixer au prévenu un délai qui permette de juger ce point administrativement.
Il entre, d'ailleurs, dans les pouvoirs du juge de déclarer qu'il n'y a pas contravention, s'il est démontré en fait que la liberté et la sûreté du passage n'ont pas été diminuées par le dépôt.
Les voisins qui sont gênés ou incommodés, par un dépôt de décombres, gravois, plâtres, plâtras, etc., ont également le droit d'exiger que ces matériaux soient enlevés.
3° Dépôt de mendicité : maison de répression destinée au logement des mendiants.
Les édifices consacrés ix cette œuvre de charité étaient inconnus des anciens. Ce n'est qu'au moyen âge qu'on leur voit prendre une certaine importance.
Toutefois, ce furent plutôt alors non pas des maisons de répression, mais des hospices connus sous les noms de léproseries, maladreries.
Un dépôt de mendicité doit être établi d'après ces principes généraux :
Il faut le placer dans de bonnes conditions d'hygiène, y maintenir une surveillance exacte et un régime tel que, sans blesser l'humanité, il n'encourage pas la fainéantise.
Pour répondre à la première de ces conditions, il est bon de placer ces éta-
(1) Code Perriu.
blissements hors des villes, ce qui permet d'em^iloyer les mendiants valides aux travaux de culture. Les bâtiments doivent former deux quartiers séparés pour les hommes et pour les femmes.
A ces données générales, nous ajoute: ons les dispositions particulières que cliacuQ de ces établissements doit renfermer ; nous exposerons sommairement le programme que M. Louvier, architecte du département du Rhône, eut à suivre pour la construction d'un de ces dépôts, lequel programme a été reproduit, d'une façon détaillée, par la Revue d'architecture de M. César Daly, 1860 :
1° Des ateliers où les mendiants puissent travailler ; 2° Un réfectoire pour chaque quartier ; 3° Des dortoirs avec chambres de surveillants ;
4° Des chauffoirs ou préaux couverts
à proximité de cours plantées d'arbres ;
0° Une vaste chapelle disposée de
manière à ce que la séparation des
sexes y soit observée ;
6^ Un vestibule d'entrée avec loge de portier, parloirs et bureau de greffier ; 7° Des cellules de punition ; 8° Une cuisine générale ; 9° Des infirmeries séparées pour les deux sexes; une pharmacie et des lingeries ;
40° Des bains également séparés pour les deux sexes ;
11° Un lavoir, une buanderie et un séchoir ;
12° Des bâtiments d'exploitation rurale, écuries, fenils, remises, etc., dont le service est fait par les mendiants valides employés aux travaux de culture ;
13° Un ou deux logements pour les fermiers ou jardiniers chargés de diriger ces travaux ;
14° Un appartement pour le directeur du dépôt avec logement pour un commis;
lo° Une salle de conseil pour la commission administrative;
DÉSABOUTEMENT.
DÉSAFFLEUREMENT.
16° Un logement pour un aumônier et un autre pour les sœurs chargées du service de la cuisine, de la pharmacie et de rinfirmerie.
Dépouille, s. f. — 1° Limer en dépouille : terme de serrurerie qui signifie chanfreiner légèrement une pièce pour qu'elle porte parfaitement dans une entaille.
2° Dimension superflue qu'un modeleur laisse à un ouvrage en terre pour compenser le retrait qu'il doit éprouver.
On dit, dans le même sens, déportement.
Dépouillement, s, m. — Maladie des bois causée par les chenilles, qui .détruisent les feuilles des arbres et amènent leur dépérissement, lorsque le dépouillement se produit plusieurs années de suite.
Dérasement, 5. m. — Opération qui consiste dans la recoupe des différences qui existent sur la hauteur des pierres de chaque assise, lors de leur mise en œuvre.
On dit aussi, dans le même sens, taille d'arasement (voy. Arasement).
Dérobement, s. m. — Dans la coupe des pierres, on dit qu'une voûte, qu'un arc ont été tracés par dérobement, quand les pierres ont été taillées, non par des panneaux, mais seulement sur répure rapportée directement à la pierre équarrie.
Dérochage, s. m. — Sorte de décapage, l'une des opérations préliminaires de la dorure (voy. ce mot).
Désaboutement, s. m. — Joint d'assemblage qui a lieu :
1" Quand deux pièces obliques A et B (fig. 13o9) sont assemblées dans une troisième G, où l'on a ménagé un bossage pour contre-buter les deux prepnièrcs : cette sorte de joint prend
le nom de désaboutement d'armature ;
Fig, 1359.
2° Lorsque deux pièces, assemblées dans une même mortaise, se contrebutent directement (1). On dit encore, dans ce dernier cas, que les bois se joignent à gros abouts.
Si les pièces qui sont ainsi réunies, par leurs extrémités, dans une même mortaise, forment entre elles un angle
Fig. 1360.
aigu, comme on le voit en B (fig. 1360), le désaboutement se nomme déjoûtement.
Il peut encore exister deux cas représentés sur la même figure par les trois pièces assemblées dans la même mortaise ; on voit en A le déjoûtement en entaille ou déjoûtement pavillon, qui est d'équerre au joint commun ou parallèle aux faces du bois ; en B, le déjoûtement tour ronde ou en tour ronde, oblique au joint commun.
Désaffleurement, s. m. — Juxtaposition de deux objets, de telle façon
(1) Eyère, Charpente civile.