GIROUETTE
de petites branches de fer indiquant les quatre points cardinaux.
Fig. 1836.
Au moyen âge, la girouette était un signe de noblesse ; les gentilshommes seuls avaient le droit d'en placer sur leurs habilations; on les peignait aux armes du seigneur ou on les découpait de manière à figurer les pièces de ces armes. La feuille de tôle dont elles étaient formées était maintenue en équilibre par un contre-poids qui facilitait le roulement sur un pivot de fer.
A partir du xvi^ siècle, l'usage s'établit de placer des girouettes sur les habitations particulières; ces appareils mobiles servaient parfois à désigner et à faire reconnaître ces demeures. On y voyait souvent, découpée dans la tôle, une scène de la vie privée : un laboureur avec sa charrue, un forgeron battant l'enclume et plus fréquemment encore, l'image d'un animal, d'un poisson, d'un oiseau, etc.
Cet appareil étant encore aujourd'hui d'un fréquent usage, nous insisterons sur la délicatesse que présente ce genre d'ouvrage, si l'on veut obtenir un mouvement régulier, en évitant le bruit.
Nous donnerons ici (fig. 1837) une girouette appartenant au château de Pierrefonds dont la restauration a été dirigée par Viollet Le Duc. Cet appareil réunit les conditions que nous venons d'indiquer; il se compose d'une tige en fer rond, munie d'une bague formant le support de la girouette en tôle découpée, qui est maintenue horizontalement par
des tiges A et B formant contre-poids.
Pour rendre la feuille de tôle sensible au moindre vent et éviter le bruit, on a
Fig. 1837.
placé des galets ou boules de cuivre entre deux plateaux qui les enferment et qui sont posés directement au-dessus
Fig. 1838.
de la bague (lig. 1838), entre celle-ci et la partie inférieure de la girouette, munie d'une tige cylindrique creuse entourant la branche de fer rond qui sert de support vertical. Le détail représenté par la figure 1839 est une coupe faite
GLACE
— oi —
GLACE
sur la parlie supérieure B de la gaine qui Qutoure la tige.
Fig. 1839.
Girouette, ée, adj. — Qui porte une girouette, surmonté dune girouette (voy. ce mot\
En terme de blason, se dit d'un écu qui porte une ou plusieurs girouettes.
Gîtes, 5. m. pi. — 1° Pièces de bois qui entrent dans la construction du tablier d'un pont tournant.
2*^ Poutrelles qui supportent les madriers d'une plate-forme en bois.
3° Dans le nord de la France, on emploie encore ce terme pour désigner les solives d'un plancher.
Givry (Pierre de). — Calcaire oolitbique, demi-dur, provenant des carrières de la Cbaponnière et de Cras, dans la commune de Givry. près de Chalon-sur-Saône.
Cette pierre est de grain blanc, homogène et propre à la sculpture. Elle porte de 0°',20 à O^'.oO de hauteur d'assise.
Glace, s. f. — On donne ce nom à des feuilles de verre que l'on emploie, soit dans les devantures de magasins ou dans les châssis de fenêtres, soit dans des cadres placés au-dessus des cheminées ou sur les murs d'une pièce d'appartement. Dans le premier cas. ces feuilles sont polies des deux côtés : dans le second, elles sont couvertes d'un seul
côté d'une couche de tain (voy. Étamage) et prennent aussi le nom de miroirs.
Le verre à glaces est tantôt coulé, tantôt soufflé; sa fabrication a loni^teraps été le monopole des Vénitiens qui le préparaient par le soufflage. On ne fait plus aujourd'hui, en France, que des glaces coulées.
Les glaces soufflées se fabriquent surtout en Bohême et à Venise : ce sont des silicates à base de potasse et de chaux; leur densité est comprise entre 2,0 et 2,6. Leur préparation a lieu dans des pots que l'on chauffe dans des fours rectangulaires. On manipule ensuite la matière comme le verre à vitres (voy.
Verre) ; on en souffle de grands cylindres que l'on ouvre suivant une génératrice ; mais ce travail est très difficultueux, en raison du volume des pièces ; aussi, ne- peut-on obtenir, par ce procédé, des glaces de grandes dimensions.
Les glaces coulées sont, en France, à base de soude ; elles se fabriquent également dans des creusets que l'on chauffe dans des fours. Le mélange que Ton opère a lieu dans les proportions suivantes :
Sable très blanc 300 parties.
Carbonate de soude sec. 100 »
Chaux éteinte à l'air. . . 45 »
Calcin... 300
La matière en fusion se coule sur des tables de fonte préalablement chauffées et où on l'étend au moyen de cylindres ou rouleaux. La glace est alors introduite dans le four de recuisson, puis divisée, h l'aide d'un diamant, en fragments de dimensions déterminées , et Ton procède enfin au polissage (voy. ce mot). Les portions défectueuses sont laissées de côté.
Les défauts du verre à glaces sont assez nombreux : il peut être teinté, c'est-à-dire n'être pas parfaitement blanc ; sablé, ou imprégné d'une couche de petites bulles semblables à des grains de poussière ; il peut contenir des bouillons, des ^/s (voy. ces mots), des accrocs
GLACE
GLACIÈRE
ou parties de la surface qui ont été mal polies; des rosettes et des crachats, sortes de 111s tortillés qui sont dans Fépaisseur; enlin, les ^/f/ ces peuvent n'être point planes et leurs faces ne sont (juelquefois pas parallèles.
On fabrique, depuis quelques années, des glaces dites cannelées, que Ton emploie concurremment avec les glaces brutes épaisses pour le vitrage des magasins et des ateliers ; mais on les utilise particulièrement pour les serres, parce qu'elles ne présentent pas, comme les autres verres, Tinconvénient de brûler les plantes.
Menuiserie. On appelle 'panneau à glace un panneau de porte ou de lamiDris qui, sans aflleurer le bûti, n'est pas mouluré.
Un panneau de porte peut être à glace d'un côté et arasé de l'autre (voy. Araser). LÉGiSLÂTio?f. En vertu de Tarticle 525 du Code civil, qui comprend l'éiiumération de tous les objets mobiliers attachés au fonds à perpétuelle demeure et devenus ainsi immeubles par destination, les glaces d'un appartement sont considérées comme tels, lorsque le parquet sur lequel elles sont fixées fait corps avec la boiserie.
Il se présente ici la question de savoir si cet article concerne toutes les glaces, telles qu'elles sont -établies aujourd'hui dans les maisons modernes ; autrement dit : toute glace qui n'est pas installée dans les conditions lixées par l'article 525 du Code civil doit-elle être considérée comme étant la propriété du locataire? Cela ne saurait être ; car, de nos jours, l'incorporation des glaces dans la boiserie, qui, à l'époque où fut conçu l'article sus-nommé , était en usage , est devenue une exception.
Aussi, la chambre des requêtes de la cour de cassation a-t-elle décidé que les tribunaux peuvent faire résulter la volonté d"immol)i]iser ces objets de faits et actes autres que celui de l'incorporation dans la boiserie, indiquée par l'arj-icle 525. La seule volonté du proprié-
taire suffit même, abstraction faite de tout signe matériel caractéristique, par lui-même, d'une immobilisation.
Glacer, v. a. — Appliquer avec une brosse sur un travail de peinture achevé une couche de couleur ayant peu de corps, de manière à laisser voir le fond sous cette couleur.
On dit aussi : faire un glacis (voy. ce mot).
Glacière, s. f. — Endroit dans lequel on entasse la glace pendant l'hiver, pour la conserver pendant les chaleurs de l'été.
L'étabhssement d'une glacière doit être soumis aux conditions suivantes :
les parois qui en constituent l'enveloppe doivent être mauvaises conductrices de la chaleur et de l'humidité ; elles doivent préserver l'intérieur de toute espèce de courant d'air, de façon à entretenir la glace dans une température constante aussi basse que possible.
Nous donnons (fig. 1840) la coupe d'une glacière telle qu'on les construit ordinairement, avec des dimensions
Fig-. 1840.
plus OU moins considérables. La glace entassée dans une fosse ou puits s'élargissant de bas en haut repose sur une grille qui laisse passer l'eau de fusion dans un puisard placé au-dessous et
GLACIÈRE
GLACIÈRE
d'où on la retire de temps à autre. Les parois, construites en moellons de meulière ou en calcaire compact, hourdés en bon mortier hydraulique, supportent une charpente revêtue d'une couverture en chaume très épaisse et à grande inclinaison. On pourrait, si les circonstances l'exigeaient, recouvrir en tuiles : mais il faudrait disposer en dessous un plafond épais en bauge ou en torchis.
La glace se relire au moyen d'un tonneau suspendu à une corde qui passe sur une poulie.
La glacière n'a qu'une seule ouverture servant à l'accès ; cette entrée, placée au nord, est double, c'est-à-dire qu'une seconde porte est disposée à 1 mèlre environ de la première, qui est
à panneau plein et épais ; on n'ouvre point ces deux portes en même temps.
Quant aux dimensions à donner à une glacière, on estime qu'il faut compter, pour la contenance de la fosse, oOO kilogr. de glace par mètre cube (1). L'amas doit se composer d'au moins 4,000 kilogr. pour que la glace se conserve.
Telle est la disposition généralement adoptée pour ce genre d'établissements; mais certaines circonstances peuvent exiger des aménagements particuliers.
Ainsi, il est quelquefois impossible d'enterrer une glacière dans le sol ; la construction peut alors être basée sur le principe de la double enveloppe.
31. Lavezzari, dans la Revue d'architecture, indique le système suivant :
Fig. 1841,
sur une aire ARC en argile (fig. 1841), en pavés, en briques ou en cailloux, légèrement déprimée en son milieu, on établit un coffre cubique en charpente D, à claire-voie, latte à 0™,03 de vide par latte. A 0°',40 de ce coffre, on construit une double muraille E F en charpente ou en maçonnerie légère.
offrant entre leurs deux parois un vide de 0'^,30, que l'on remplit de paille sèche. Ces quatre murs portent un plancher muni en son milieu d'une trappe mobile par où l'on peut descendre dans le coffre D. De celte ma-
(1) Bouchard, Construcliojis rurales.