‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 4)Chapitre 131 sur 349 · PAGE · texte numérisé non relu

PAGE

Fig. 1995.

bole de la croix qu'ils retrouvèrent dans la réunion de deux lettres grecques, initiales du nom du Christ et qui en forment le monogramme. La ligure 199o représente une inscription des catacombes sur laquelle on voit ainsi une ancre, emblème de salut, une colombe et le monogramme du Christ.

Le nombre des chrétiens augmenlant, avant Constantin même, on commença à orner d'images peintes les salles où se tenaient les assemblées religieuses.

Mais c'est surtout sous le règne de ce prince que, les églises étant décorées avec richesse, les images firent partie de rornementation. L'abside fut particulièrement enrichie de peintures, de sculptures et de mosaïques. Enfin, dans les premiers siècles qui suivirent la paix de l'Église, Tusage des images sacrées était généralement répandu.

Toutefois, il faut remarquer la réserve avec laquelle les sujets étaient traités par les premiers artistes chrétiens, la majestueuse simpUcité avec laquelle étaient représentés sur les murs du lieu saint les miracles du Christ et les scènes bibliques, emblèmes de la loi nouvelle. Les figures des apôtres et des évangélistes, toutes d'un style sévère, n'étaient accompagnées (]ue de rares attributs. Cette réserve ne put arrêter, au vn° siècle, la fureur des iconoclastes ou briseurs d'images, secte hérétique qui, interprétant rigoureusement le texte biblique, proscrivit les images sacrées et les détruisit partout où elle put le faire. Cet orage sévit particulièrement sur l'Église orientale.

En Occident, le culte des images ne fut jamais frappé d'anathème, bien que des conciles au vnp et au xi^ siècle fussent appelés à délibérer sur cette grave question. Les images restèrent dans les églises et, à partir du x^ siècle, le nombre en devint incalculable. Des figures de toutes espèces couvrirent les porches, les archivoltes, les chapiteaux, les pihers, les tympans, les tours, etc.

La sculpture prit d'abord un caractère sérieux ; les faits purement historiques furent même proscrits des temples chrétiens, où rien de terrestre ne devait paraître aux yeux des fidèles; des sujets, des personnages de l'Ancien et du Nouveau Testament étaient seuls représentés.

On commença au xn^ siècle à sculpter sur les façades des édifices et sur les parois latérales des portes, des figures de grande proportion. Le Père éternel, le Christ, la Vierge, les Apôtres, les Saints, les Anges reçurent alors des traits, une forme, un costume propre et déterminé qui constituèrent des types partout admis, partout reproduits avec un scrupule religieux.

Un sujet que l'on retrouve fréquemment, à celte époque, sur le tympan des portes et parfois au milieu des frontons des églises, est la représentation de Dieu

IMAGE

entouré de divers attributs. On voit souvent aussi Jésus-Christ assis sur un trône, revêtu d'une longue tunique et tenant la main droite élevée, comme pour donner la bénédiction ; autour de lui sont les symboles des quatre évangélistes : laigle (saint Jean), l'ange (saint Malliieul le lion (saint Marc), et le bœuf (saint Luc\ La Visitation, le sacrifice d'Abraham sont encore des sujets fréquemment représentés.

Plus tard, aux xnf et xiv^ siècles, les sculpteurs figurèrent sur la pierre les peines de l'enfer, des scènes où les vices et les vertus sont personnifiés et accompagnés de divers attributs. C'est alors que les artistes se livrèrent à toutes les fantaisies de leur imagination. Suivant certains archéologues, les figures grotesques et parfois obscènes qui personnifient les vices auraient un but moral : elles seraient là, dit M. de Caumont, pour avertir les fidèles qu'ils doivent entrer dans le temple le cœur pur et laisser à l'extérieur toutes les passions qui souillent l'àme. Selon d'autres, la plupart de ces figures bizarres n'avaient aucune signification et n'étaient que des ornements créés par le caprice des sculpteurs. Ceux-ci ne se sont pas contentés de reproduire des motifs religieux et symboliques, ils ont emprunté aux fabliaux et même aux romans de chevalerie des sujets qu'ils ont employés à la décoration des façades, des chapiteaux ou des boiseries des églises. La fable du Renard et de la Cigogne, le fameux Lai d'Aristote peuvent être cités parmi les motifs qui paraissent avoir été des motifs de prédilection pour les artistes de cette époque.

Vers le xvi^ siècle, une réaction violente se produisit contre Tabus des images. Les calvinistes renouvelèrent les excès des iconoclastes et détruisirent dans les églises des milliers de statues et de bas-reliefs. Mais le tiiomphe de la religion romaine ramena promptement le culte des images.

La fin du xvi'' siècle et surtout le xvn^

lo9 - IMBRICATION.

se signalèrent par un mysticisme extrême. L'allégorie fut même poussée jusqu'aux dernières exagérations du symbolisme.

De nos jours, on est revenu à la gravité des temps anciens, corrigée cependant par les allures moins sévères de l'art moderne.

Imagerie, s. f. — Ce terme était particulièrement employé, au moyen âge, pour désigner toutes les représentations de scènes sculptées sur la pierre ou sur le bois (voy. Image).

Imagier, s. m. — Nom que l'on donnait, au moyen âge, aux sculpteurs de figures sur la pierre ou sur le bois (voy. Image).

Imaret, s. m. — On donne ce nom, en Turquie, à des établissements dans lesquels les élèves de différentes écoles prennent leurs repas et où les pauvres sont admis à recevoir des vivres gratuitement.

Imbrex. — Nom que les Romains donnaient à une espèce particulière de tuiles (voy. ce mot).

Imbrication, s. f. — Travail de sculpture exécuté sur le parement de la pierre, dans certains membres d'architecture, et qui présentent l'aspect d'écailles superposées comme les écailles de poisson ou les tuiles d'un toit (voy. Êcaille\

Ce genre d'ornement était fréquemment employé au moyen âge et surtout pendant la période romane, pour la décoration des clochers, des frontons, des frises, des glacis de contreforts, des fûts de colonne, etc.

On a donné aussi le nom d'imbrication à une certaine disposition de petites pierres taillées ou de briques formant un appareil à dessins variés. Les imbrications sont surtout fréquentes aux xi® et xii^ siècles ; on en rencontre qui sont

Page 1