JUIVE
la carrière de Jovelle, clans la commune de la Tour-Blanche, arrondissement de Ribérac.
Cette pierre durcit à l'air. Sa liautcur d'assise va jusqu'à 5 mètres. Elle pèse de 4,750 à 1,800 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 50 à 60 kilogr. par centimètre carré.
Jubé, s. m. — Barrière ou clôture très ornée placée à l'entrée du chœur dans certaines églises.
Les jubés ont remplacé les ambons :
ils supportent une tribune où l'on venait lire l'Évangile (voy. Ambon).
Le nom de jubé vient d'ailleurs de ce que le diacre qui devait faire la lecture demandait, avant de commencer, la bénédiction de l'officiant, et prononçait la phrase : Jubé, Domine, benedicere, veuillez, Seigneur, me bénir.
L'établissement des jubés dans les églises chrétiennes ne semble pas remonter au-delà du xiv^ siècle ; mais à cette époque et au siècle suivant ces clôtures se multiplièrent. Leur rôle paraît avoir été celui que remplissaient primitivement les trabes (voy. ce mot), et. qui consistait à séparer le clergé des fidèles.
Tantôt on appuyait contre le jubé des autels à droite et à gauche de la porte placée au milieu ; tantôt un seul autel s'élevait au centre et deux portes s'ouvraient latéralement.
Des escaliers, adroitement cachés par les piliers voisins ou disposés de manière à entrer dans la décoration même de l'ouvrage, conduisaient au sommet du jubé, d'où l'on faisait la lecture des épîtres et des évangiles, des lettres de communion, la publication des édits des évoques et des décisions des conciles.
Une chaire spéciale était même quelquefois disposée sur ces clôtures pour la prédication en certains jours de fête.
Quelques édifices de la France, de la Belgique et de l'Angleterre possèdent des jubés remarquables en pierre ou en bois. Nous citerons seulement , en France : le jubé d'Albi et celui de Ro-
dez, construits avec une pierre blanche d'un grain très fin, celui du Folgoat (Finistère), le jubé de l'église de Brou (Ain), celui de Saint-Fiacre en Bretagne, construit en bois et d'une finesse de travail extrême ; enfin, celui de Saint- Etienne du Mont, à Paris, datant du xvii"' siècle. Ce devmev jubé , reposant sur un arc surbaissé, ferme l'entrée du chœur, sans masquer l'autel principal, et deux jolis escaliers s'enroulant autour des piliers permettent de monter sur la plate-forme où se lisaient autrefois l'épltre et l'évangile, et où se plaçaient les chantres.
Judas, s. m. — Petite ouverture ménagée, d'ordinaire, dans une porte, une cloison, un plancher, et qui permet d'observer ce qui se passe dans un lieu sans être vu soi-même.
Les portes des cellules dans les prisons, les entrées des communautés religieuses sont munies de judas.
On dit aussi guichet.
Judée, s. f. — Bitume de Judée :
bitume naturel qui provient de la Judée. On donne aussi ce nom, dans le commerce, à un bitume liquide fabriqué par MM. Charton et Hund (1). Ce bitume s'applique au pinceau comme enduit ; il adhère sur la pierre, le plâtre, le bois, les métaux, et même sur le verre, et les préserve de l'humidité ; il ne répand pas d'odeur et sèche très rapidement. Il en faut 2 kilogr. pour enduire 1 mètre carré de construction. La composition de ce produit artificiel est la suivante :
Bitume de Judée naturel 2S
Bitume de Bustennes 20
Asphalte de Seyssel 25 j
Cire vierge 1 1
Coke réduit en poudre impalpable 291
Juive (Architecture).— Voy. Phénicienne.
(1) Th. Château, Technologie du bâtiment.