‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 4)Chapitre 155 sur 349 · LAIT · texte numérisé non relu

LAIT

ment des pierres, à piquer les moellons, etc.

Un autre marteau (fig. 2030) est en-

Fig. 2029.

Tun est découpé en dents de scie (fig. 2029). Cet outil sert à tailler le pare-

Fig. 2030.

core employé pour le moellon ; les carriers s'en servent particulièrement.

Laigle ( CJiaux de ). — Chaux hydraulique ordinaire fabriquée dans l'usine de M. Hérissay, k Laigle, département de TOrne.

Laigiieville [Pierre rf^).— Calcaire tendre que Ton tire des carrières de Laigneville, dans l'arrondissement de Clermont (Oise).

C'est une pierre de couleur blancjaunâtre et que Ton nomme communément p/e/T<? de Saint-Leu. Elle porte de 0°^,oO à l°»,oO de hauteur d'assise, et pèse de 1,620 k l,6o0 kilogr. le mètre cube. Elle s'écrase sous une charge de 60 à 70 kilogr. par centimètre carré.

Lais, s. m. — On donne le nom de lais et relais à des terrains d'alluvion que les eaux de la mer et des rivières ont insensiblement abandonnés (voy.

Alluvion).

Laisses, s. f. pi. — Bavures que Ton remarque sur le bord des tables de plomb qui viennent d'être coulées.

Lait, s. m. — Lait de chaux : peinture à Teau qui se prépare au moyen de chaux grasse bien blanche, éteinte par immersion, délayée dans une petite quantité d'eau et passée au tamis. On la laisse alors reposer pendant quelques jours, puis on la mélange avec de Teau

LAITERIE

LAITERIE

filtrée ; on obtient ainsi une couleur employée, dans un grand nombre de cas, par les peintres pour recouvrir les murs extérieurs et intérieurs.

On applique le lait de chaux au moyen d'une brosse emmanchée au bout d'un bâton.

Il est seulement nécessaire, pour enlever la teinte jaunâtre que prend cette peinture, d'y mêler un peu de noir de fumée ; on y ajoute même un peu de colle pour lui donner du corps.

Laitance, s. f. — Chaux délayée qui se sépare du mortier, en plus ou moins grande quantité, dans l'immersion du béton sous l'eau.

Cette perte de chaux oblige à forcer la dose dans le morlier employé à la fabrication du béton destiné à être coulé.

La laitance n'est pas seulement formée par la chaux, mais aussi par la vase qui s'est déposée sur le fond après le dragage et qui se soulève pendant l'immersion du béton. Ce mélange de chaux délayée et de vase s'écoule naturellement pour peu qu'il y ait le plus léger courant, si le béton est coulé dans une enceinte non jointurée ; mais, si l'enceinte est bien close, il s'accumule et il devient nécessaire de l'enlever, soit en le balayant hors de l'enceinte, lorsque cela est possible, soit en le chassant vers un puisard d'où on l'enlève à la drague à main ou au moyen d'une pompe.

On facilite le balayage de la laitance en coulant le béton par gradins allongés donnant lieu à un talus de 0",28 de base pour 4 à 5 mètres de hauteur.

Laiterie, s. f. — Local où Ton conserve le lait jusqu'à son emploi ou jusqu'à sa transformation en beurre ou en fromage. Une laiterie est accompagnée des locaux nécessaires à la fabrication de ces deux produits.

Les conditions générales pour l'établissement convenable d'une laiterie

sont le maintien d'une température constante comprise entre 10° et 14°, et une grande propreté.

Le degré de température nécessaire peut s'obtenir par plusieurs moyens :

l'épaisseur des parois du local, l'enfoncement ou le demi-enfoncement dans le sol, une exposition convenable ou même l'installation d'un petit appareil de chauffage pour Ihiver; mais le meilleur système est celui qui consiste dans l'établissement de murs doubles comprenant entre eux une couche d'air, qui ne conduit pas la chaleur d'une manière sensible. Malheureusement, cette disposition est parfois coûteuse ou d'une exécution difficile ; l'emploi de briques creuses, si on peut facilement se les procurer, présente un moyen terme assez avantageux.

Dans les grandes laiteries, on peut remplacer le mur double avec intervalle étroit par deux murs assez éloignés pour laisser entre eux un couloir de service de 1 mètre à 1°',20, qui empêche suffisamment la transmission de la chaleur, surtout si l'on a soin de disposer les portes de manière à diminuer, autant que possible, les courants d'air.

La seconde condition générale, celle de la propreté, est également très importante. Pour y satisfaire, il faut que le sol et les parois, exécutés en bons matériaux, présentent une surface parfaitement unie, sans creux ni saillie et sans angles vifs ou rentrants. L'eau de lavage doit arriver au point le plus haut du sol, disposé en pente, par un tuyau venant d'un réservoir supérieur, placé à l'intérieur, afin que l'eau n'y gèle jamais.

Cette eau « doit pouvoir parvenir, dit M. Grandvoinnet, dans YEncyclopédie pratique de l agriculteur , en tous les points de la laiterie, puis, salie parles lavages , trouver un facile et prompt écoulement au dehors, par une bouche dite coupe-air, ou bonde pneumatique, ne laissant pas l'air extérieur pénétrer à lintérieur par l'ouverture de sortie des

LAITERIE

LAITERIE

eaux. Il suffit pour cela que récoulement se fasse par un orifice tel que le bord supérieur de Touverture soit en avant et plus bas, ce qui paraît contradictoire, que le bord inférieur ; alors le bord supérieur étant toujours noyé, il n'y a pas communication de Tair extérieur h Tintérieur; l'eau s'écoule toutefois, pourvu que le bord le plus haut de l'orifice soit un peu au-dessous du point le plus bas du sol intérieur de la laiterie. »

La laiterie peut être établie au-dessus du sol : l'écoulement se fait alors naturellement par un petit canal souterrain débouchant à Textérieur.

Si la laiterie est enfouie comme une cave, le système le plus simple est celui qui consiste à faire écouler Teau par une bonde identique à celle indiquée précédemment , dans un petit puits creusé à l'extérieur. Dans le cas où le sol n'absorberait pas toute l'eau de lavage, on pourrait enlever l'excédant à l'aide d'une petite pompe.

La condition de propreté exige, en outre, que l'on n'emploie, dans la construction, à l'intérieur de la laiterie, aucune matière, telle que le bois, qui soit perméable et sujette à pourrir.

L'exposition au nord est la meilleure dans nos pays. La porte doit fermer hermétiquement à clef. L'éclairage devant être modéré, il faut que les fenêtres aient une surface totale peu considérable. On compte, en général, 1 mètre carré de surface de fenêtre par 20 mètres carrés de surface horizontale de la laiterie. Les baies sont pourvues d'un grillage à l'extérieur pour empêcher l'entrée des animaux nuisibles, et intérieurement de deux châssis, l'un vitré, l'autre en canevas de grosse toile afin de s'opposer à l'introduction des insectes, tout en permettant le renouvellement de l'air pendant la bonne saison.

L'assainissement et l'assèchement du local, l'enlèvement des odeurs se font au moyen de ventilateurs en planches ou en poterie. Le sol de la laiterie doit être solidement pavé ; pour s'opposer

aux infiltrations, on emploie, soit les pavés en grès, les dalles en pierre dure avec joints en ciment ou mortier hydraulique, soit une couche de bitume ou de ciment hydraulique , en forme de cuvette , avec rebords remontant de 0°',20 le long des parois; celles-ci doivent être revêtues d'un rang de dalles de O^'jSO à O'^,o0 de hauteur ou de carreaux de faïence.

Les murs, si la laiterie est enfouie, doivent avoir une épaisseur calculée en raison de la profondeur à laquelle se trouve le sol. La profondeur maxima étant de 2 mètres, l'épaisseur des murs serait, dans ce cas, deO'°,oO et de 0°',33 au sommet. Lorsque les murs sont doubles, on peut les faire moins épais, en ayant soin de les relier, de distance en distance, au droit de la portée des poutres, par exemple, par un pilastre remplissant l'intervalle, d'environ 0°',40 de largeur. De plus, on dispose en divers endroits, sur toute l'étendue de ces murs, des pierres qui les traversent ou du moins s'appuient sur chacun d'eux.

A l'intérieur de la laiterie, la muraille peut être enduite en plâtre ou en mortier. La partie inférieure doit être revêtue de dalles de pierre très dure, de plaques de marbre ou d'un enduit en ciment romain.

Un plafond est indispensable ; le meilleur est celui qui est voûté en moellons piqués, non enduits. Une hauteur de 2 mètres est suffisante, comptée du sol à la naissance de la voûte.

La couverture doit être en matériaux peu conducteurs de la chaleur, en paille ou en roseaux, si le bâtiment est isolé ; en tuiles épaisses, si l'on ne peut appliquer le premier système de couverture.

L'emplacement qu'exige une laiterie est variable. Si elle ne doit servir qu'au dépôt du lait jusqu'au moment où on doit l'enlever pour le vendre, c'est-àdire si l'on a besoin de le conserver pendant moins d'une demi-journée, un tiers de mètre carré par vache entretenant la laiterie est suffisant, non compris les

LAITERIE

LAITERIE

passages nécessaires entre les rangs des vases, et pour lesquels on réserve la même surface. Si le lait doit être placé dans des vases à écrémer, la place doit être plus ou moins grande, suivant que Ton emploie, pour cet usage, des terrines tronconiques-, comme en France, ou des seilles, sorte de grands plats ronds, comme en Suisse; cette place varie entre 0^^,34 et 0"^q,74 par tête de vache. Les vases rectangulaires de grande dimension sont économiques sous le rapport de l'emplacement; aussi, dans une laiterie importante, convient-il de se servir de grandes cuves plates, en pierre dure, polie ou silicatisée, que l'on pose sur des tables ou dressoirs élevés à environ 0"',70 du sol, et entre lesquels on conserve des passages libres de 0™,90 de largeur.

La manipulation du laitage se fait sur une table ou dressoir en bois, en pierre ou en ardoise, que Ton établit, au milieu de la pièce, dans le premier cas, sur de petits socles reliés entre eux par des traverses ; dans le second cas, sur des pierres posées debout ou des montants en briques à plat. On peut employer, pour ces tables, les dalles ou des plaques de pierres dures non coquillières, telles que celles dites liais ou faux liais, à grain fin et d'une épaisseur de 54 à 81 millimètres. Dans les laiteries de luxe, on emploie le marbre. A défaut de pierre convenable, on peut faire les tables en ciment uni ou cannelé dans le sens de la longueur pour faciliter l'écoulement des liquides. Quelquefois on les fait en planches de chêne, assemblées à rainure et languette et sur lesquelles on cloue des tasseaux à section demi-circulaire ou trapézoïdale ; puis on recouvre le tout d'une feuille de zinc n° io, ondulée suivant les tasseaux et rabattue sur chaque face verticale de la table, de manière que l'eau de lavage ne puisse atteindre le bois; les supports de ces tables sont des pierres de taille d'environ O",!! d'épaisseur, ou de petits murs en briques rejointoyés en ci-

ment et dont l'espacement varie, suivant l'épaisseur et la nature des tables, entre l'°,20 et 1°\80. Les dressoirs se construisent comme les tables, mais ils sont placés contre les murs et sont disposés pour recevoir un seul rang de vases, tandis que les tables en reçoivent deux.

Un bassin placé à l'intérieur est très utile; on lui donne une largeur suffisante pour pouvoir mettre à rafraîchir deux rangs de pots à lait aussitôt que le lait est apporté de la vacherie, ce qui permet d'obtenir plus de crème. Ce bassin, profond de O^'.SO au moins, enduit à l'intérieur de ciment romain, est placé, pour ne pas gêner, sous les dressoirs du milieu.

Autour de la laiterie, on fixe plusieurs rangs de tablettes pour les vases à lait et les fromages.

Dans la pièce qui sert de vestibule et que l'on nomme la laverie, se trouve, outre la pierre d'évier, un petit fourneau avec chaudière pour chauffer l'eau nécessaire aux lavages et, en hiver, au chauffage de la laiterie. Un réservoir d'eau froide, placé à l'intérieur, pour que l'eau ne gèle pas, alimente la chaudière à l'aide d'un robinet, et un réservoir d'eau chaude est placé assez haut pour que cette eau puisse circuler dans des tuyaux pour toute la laiterie, afin de la chautTer en hiver.

Les dispositions diverses que l'on attribue aux laiteries varient avec leurs destinations différentes ; elles peuvent être, séparément ou simultanément, simples dépôts de lait ou fabriques de beurre ou fromageries.

Fi g. 2031.

1° Les laiteries proprement dites, ou

LAITERIE

LAITERIE

dépôts Je lait, comprennent ordinairement deux pièces (fig. 2031), Tune A avec tablettes et dressoir, raulre B avec évier, réservoir à eau et quelques tablettes pour les vases vides. Les caves des bâtiments d'une exploitation rurale sont très propres à servir de dépôts pour le laitage.

Dans les grandes laiteries, on place des rafraîchissoivs ou bassins pleins d'eau , dans lesquels on plonge les vases pleins de lait, et des fourneaux à chaudière pour faire bouillir le lait.

2° Les beurreries exigent une pièce de plus que les laiteries simples pour l'installation de la baratte. Les conditions nécessaires à ce nouveau local sont une grande clarté et un dallage solide.

La figure 2032, empruntée à l'ouvrage de M. Bouchard sur les constructions rurales, donne le plan d une laiterie à beurre

Fig. 2032.

composée d'une laverie A, de la laiterie proprement dite B et de labeurrerie C.

On peut recommander Tadj onction d'une cave pour la conservation du beurre pendant plusieurs jours.

3° Les fromageries ont, en général, besoin de deux pièces : l'une, chaude et munie d'un petit fourneau ; l'autre, très sèche et dans laquelle les fromages peuvent recevoir l'action de l'air, tout en étant à l'abri des insectes. La disposition que nous avons donnée pour les laiteries à beurre peut convenir pour les fromageries ; la fabrication et le dépôt des fromages auraient lieu dans la pièce où est placée la baratte.

Comme laiterie à triple usage, on peut également adopter le même aménagement, en ajoutant, soit au rez-de-chaussée, soit à l'étage supérieur, une pièce ^ourla fromagerie. Le plan que nous donnons ici (ïig. 2033) est représenté par M. Bouchard comme type de laiterie complète. On y voit, en B, une laverie servant pour les diverses pièces, avec deux éviers et une table adossée à un petit escalier qui descend à la laiterie A. Cette salle contient deux dressoirs,

HiHHHi WÊÊiaÊm

\vl IW ■

loi 1

l^lBczziiHHli

Fig. 2033.

des tablettes au pourtour et un évier au niveau du pavage. La beurrerie est en C ; elle est accompagnée d'un cabinet D qui renferme un petit générateur à vapeur destiné à fournir l'eau chaude nécessaire à tout le service. La fromagerie E est garnie de ses étagères et de son évier. Un petit escalier mène au premier étage, où se trouve la sécherie à côté de laquelle on peut installer un petit logement pour le laitier et la laitière.

On donne encore le nom de laiteries à de petites constructions, quelquefois très élégantes, établies dans les riches propriétés, dans les jardins publics, etc., où l'on vient prendre du lait comme rafraîchissement. La figure 2034 (1) représente le plan d'une laiterie conçue et exécutée par M. ^Nicolle dans une propriété de Marly-le-Roy, près Paris. Elle

(1) César Daly, Revue d architecture .

Page 1