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LARMIER

LASTRIGO.

en creux, mais le plus souvent sculptés

en relief (i). Vitruve donne le nom de gouttes à ces appendices.

La face du larmier est presque toujours lisse ; dans les ordres corinthien et composite, elle reçoit cependant quelquefois des ornements.

La saillie de ce membre d'architecture est, selon Vignole, de 1 module pour l'ordre toscan, de 1,72 pour les ordres dorique et ionique, de 2,374 pour les ordres corinthien et composite.

Dans Tordre dorique , ainsi que le

Fig. 2066.

montre la figure 2065, le plafond du

(1) Ch. Blanc, Grammaire des aiis du dessin.

larmier est incliné en avant, pour offrir un obstacle de plus à la goutte d'eau qui aurait franchi la mouchette.

Au moyen fige, le larmier est un talus terminé, soit par un simple caupc-larme A (fig. 2066), soit par un coupe-larme accompagné d'une moulure, pour rejeter les eaux plus loin.

Par extension, on donne le nom de larmier à toute saillie pratiquée hors de l'aplomb d'un mur pour arrêter les eaux pluviales.

Larrys-dii-Bief (Pierre des). — Calcaire oolilhique demi-dur, qui provient des carrières des, Lamjs-dii-Bief et de la Guiche, dans la commune de Cry, arrondissement de Tonnerre.

Cette pierre, blanche et veinée, est susceptible de poli. Elle porte de 0°',30 à 1^,20 de hauteur d'assise et pèse de 2,310 ta 2,3o0 kilogr. le mètre cube.

Elle s'écrase sous une charge de 480 à 560 kilogr. par centimètre carré. On Ta employée à l'Opéra et au Palais de justice de Paris.

Lasseret, s. m. — Voy. Laceret.

Lastrico, s. m. — Sorte de béton que l'on emploie à Naples pour revêtir le sol.

Le lastrico est formé de débris de pierres ponces et de tuf brûlé, appelés lapillo ou pierrailles, que l'on broie avec de la chaux éteinte depuis plusieurs jours. Ce premier broyage est suivi de trois autres qui donnent au mélange la consistance voulue. On étend alors ce mortier d'un seul jet sur un lit de petites pierres de 0'°,054 d'épaisseur et Ton donne, à la couche de lastrico, une épaisseur de 0'",13 qui se réduit à 0'°,10 par le pilonnage.

On emploie ce béton, non-seulement pour le revêtement du sol, mais aussi pour les terrasses qui doivent servir de couvertures aux maisons. Dans ce cas, on donne de 0°',18 à 0°',21 d'épaisseur à la couche de lastrico.

lATLXE.

LATRINES

Latéral, adj. — S'emploie pour déterminer un objet qui est sur le colé par rapport à un autre objet.

On dit une chapelle latérale, une galerie latérale, une élévation latérale, etc.

Latine {Architecture. — Les premiers chrétiens étaient réduits à renfermer dans de sombres carrières ou dans des cryptes profondes les objets et les pratiques de leur culte. Lorsqu'après de longues persécutions, il fut permis à la religion nouvelle de se produire au grand jour, il fallut tout d'abord trouver des édifices capables d'être appropriés.

Les temples païens, ouverts seulement aux prêtres et à quelques initiés, ne répondaient pas aux besoins du nouveau dogme ; tous les fidèles devant être admis dans le monument consacré aux exercices religieux, il fallait des salles à vastes proportions et pourvues d'un éclairaue abondant.

Certains édifices appartenant à la vie civile des Romains semblaient satisfaire à ces données : les basiliques et les grandes salles des Thermes ; mais ces salles étaient voûtées et l'établissement de voûtes exige des dépenses considérables et ne comporte pas une rapide exécution. Le type de la basilique fut donc adopté dès l'abord par les architectes chrétiens qui laissèrent de côté la riche décoration dont les Romains avaient embelli ces monuments (voy.

Basilique). C'est de là qu'est venu le nom de basiliques donné aux églises des premiers siècles de notre ère.

De cette époque date le style latin adopté en Ilalie, tandis que le style byzantin (voy. ce mot) faisait son apparition dans rOrient.

Une dilTérence essentielle que l'on remarque dans les monuments religieux, appartenant à ces deux genres difTérents d'architecture, c'est la forme du plan, qui a reçu, en Orient, le nom de croix grecque et en Occident, celui de croix latine (voy. Croix). Le plan cruciforme a toujours été observé depuis, tani pour

les églises du moyen âge que pour celles construites dans les temps modernes.

Le stvle latin, à la suite de la conquête du nord de l'Italie par les Lombards, fit place à une nouvelle architecture qui, du nom des conquérants, fut désignée sous le nom de style lombard (voy. ce mot).

Latrines, s. f. pi — Lieux retirés qui sont destinés au dépôt et à la conservation momentanée des matières fécales.

On dit aussi privés, lieux cV aisances, cabinets d'aisances, ivater-closets: mais le mot latrines est celui qui convient le mieux dans le langage administratif.

Les Grecs possédaient, dans leurs habitations, des lieux destinés à recevoir les sécrétions et qu'ils appelaient acpsocojv, aphedron, et auxquels correspond notre expression de latrines publiques. On faisait souvent usage aussi de bassins portatifs.

A Rome, il y avait des latrines publiques, affermées à des titulaires appelés foricarii, qui payaient au fisc le prix de leur bail et percevaient un droit sur ceux qui entraient dans ces établissements. Ces latrines étaient distinctes des égouls et des cloaques, ainsi que l'ont assuré certains écrivains. Les palais et les édifices publics en étaient également pourvus. Les maisons particulières avaient des latrines qui étaient généralement placées dans l'intérieur et non pas dans les cours et jardins. Les ruines de Pompéi nous montrent des latrines disposées dans les cuisines (voy. ce mot).

Dans les édifices publics, les lieux d'aisances n'avaient pas de sièges; les lunettes étaient à fieur du sol. Les latrines privées, au contraire, étaient quelquefois pourvues de sièges en marbre chez les riches, probablement en bois chez les particuliers appartenant aux classes moins aisées.

Les auteurs ne sont pas d'accord sur

LATRINES

la question de savoir si les maisons de Rome étaient pourvues de fosses d'aisances fixes où la vidange se faisait à peu près comme aujourdluii ou bien si les matières fécales s'écoulaient dans Tégout.

Pendant la période gallo-romaine, les édifices publics et les maisons particulières des Gaules durent être pourvus de latrines ; on en voit les traces aux arènes de Nîmes (fig. 2067) (1). Il résulte de nombreux documents que les

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usage, comme aux siècles préccdenls.

Fig. 2067.

maisons particulières, au vi" siècle, avaient des lieux d'aisances. A partir du ix^ siècle, les monastères avaient également des latrines, qui étaient généralement placées dans des bâtiments particuliers et isolés, auxquels on communiquait par des passages couverts.

Au xn*' siècle, ces lieux d'aisances prirent une importance considérable ; les bâtiments isolés qui les renfermaient s'élevaient à une grande bauteur et avaient l'aspect d'une tour. A l'abbaye de Saint-Germain des Prés, les latrines communiquaient avec le dortoir par un pont, au-dessus du rez-de-cliaussée.

Les châteaux féodaux contenaient aussi des privés dont le cabinet était souvent pratiqué (fig. 2068) dans Tépaisseur du mur et formé par la saillie d'un encorbellement qui permettait aux matières de tomber dans le fossé ; le siège était une simple dalle trouée.

Les fosses à fond perdu étaient en

(1) Liger, Fosses d'aisances.

Fig. 20G8.

mais les habitants avaient aussi la déplorable coutume de jeter les immondices au devant de leurs demeures ; c'est à cette époque que parurent les premiers règlements administratifs résultant d'un accord commun, qui prescrivirent l'enlèvement de ces ordures par les particuliers eux-mêmes.

Les latrines des monastères au xiv^ siècle ne sont plus, comme antérieurement, disposées autour des murs d'une salle, mais sur deux rangs au milieu de la pièce, et elles sont construites, non plus isolées dans des édifices particuliers, mais dans des bâtiments attenant au cloître. Les cellules qui les contenaient n'étaient pas fermées ou ne l'étaient qu'à moitié de leur bauteur.

Au château de Pierrefonds, une tour entière était consacrée aux latrines et possédait, en outre, une fosse très bien construite, avec une banquette destinée, sans doute, à faciliter la vidange.

LATRINES

LATRINES

Les maisons de Paris d'une certaine importance étaient alors seules pourvues de fosses.

On ne trouve que peu de vestiges de réceptacles de ce genre dans les habitations du xv^ siècle. Cesi un arrêt du Parlement de Paris, daté de lo33, qui ordonna à tous les propriétaires de la capitale de construire dans leurs maisons des fosses d'aisances destinées à recevoir toutes les déjections.

Les cabinets d'aisances étaient généralement placés, au xvp siècle, dans les maisons de ville, contre l'escalier, souvent sans communication avec l'air extérieur. Mais à cette époque, ainsi qu'au siècle suivant, on faisait plutôt usage de récipients mobiles, de chaises percées, par exemple, que de latrines ,• ainsi, les fosses d'aisances et cabinets du château de Versailles sont modernes.

Au xvui^ siècle apparut le système des tinettes portatives (fig. 2069), dans lesquelles arrivaient les matières provenant

Fig. 2069.

des cabinets. Toutes les maisons de Paris, à la fin de ce siècle, étaient pourvues de fosses.

Aujourd'hui, de grands perfectionnements ont été apportés à l'établissement des latrines et à leur désinfection. Leurs dispositions varient considérablement; une inlinité de systèmes ont été proposés ou utilisés ; mais dans tous on trouve ces deux parties distinctes : un cabinet fixe, clos et abrité, et un récipient fixe ou mobile, ouvert ou fermé.

Les conditions générales qui s'imposent dans l'établissement de ces locaux sont : une ventilation énergique tant pour les cabinets que pour les récipients ; une fermeture suffisante pour protéger la personne qui s'y trouve; l'emploi de matériaux faciles à nettover ; l'enlèvement commode des matières contejiues dans les récipients.

L'exposition des baies au nord doit être préférée. Les dimensions de ces ouvertures doivent être calculées de façon à donner un facile accès à la lumière. La porte doit être munie, à l'intérieur, d'un crochet ou d'un verrou. Les latrines doivent être établies aussi loin que possible de tout local utilisé pour la préparation de substances facilement altérables, ainsi que des puits, des citernes, etc. La ventilation doit être ménaaée aussi complète que possible (voy. Cabinet, Fosse).

On dislingue les latrines renfermées dans les habitations et les latrines isolées. Les premières comprennent un cabinet avec réservoir d'eau lixe ou portatif, un siège k cuvette ou une lunette, un tuyau de chute, une fosse mobile ou fixe (voy. ces mots). Les latrines isolées exigent moins de précautions pour la salubrité que les précédentes ; les matériaux peuvent être plus économiques; le dallage doit cependant être fait avec beaucoup de soin ; le siège peut être en pierre ou en fonte : lorsqu'il est au ras du sol , les latrines sont dites à la turque.

Il existe des règlements administratifs au sujet de l'établissement des lieux d'aisances; dans l'ouvrage spécial qu'il a publié sur cette question, M. Liger en

LATRINES. — 23o

fait lin exposé très détaillé; nous en présentons ici plusieurs extraits :

« Aucune latrine ne peut être établie sans avoir au moins i°',20 de longueur sur 0°',80 de large et â'^.ôO de hauteur.

« Elle doit communiquer avec Tair extérieur par une croisée ouvrante d'au moins 25 décimètres carrés. Ce jour peut être pris par un glacis, pourvu que Tinclinaison du glacis ne commence pas à plus de O'^.So au-dessus du siège et que la distance entre le siège et le nu du mur à Textérieur ne soit pas supérieure

« L'éclairage par le haut est admis au point de vue de la salubrité.

« Aucune latrine ne peut être établie dans une cour couverte d'un vitrage, à moins que ladite cour ne présente une surperficie de 4 mètres et qu'elle ne soit munie d'une lanterne à jour.

« Les latrines situées dans les cours au rez-de-chaussée pourront être dispensées dujourdeSo décimètres carrés, mais à la condition que la ventilation y sera établie au moyen de deux trous ayant chacun 1 décimètre carré et étant placés l'un au haut de la porte, l'autre à l'opposé, dans le mur, au ras du sol, ou l'un au bas de la porte et l'autre dans le plafond.

« Les murs devront toujours être revêtus, à l'intérieur, d'un enduit lisse dans toute la hauteur.

« Lorsque les latrines sont au grand air, comme sur les quais ou sur les places, de même que dans les cours et jardins, elles peuvent être construites à la turque, mais elles doivent toujours être munies d'un appareil hermétique.

« Le sol doit être imperméable et dirigé en pente, de façon à conduire les eaux à la lunette par un canal débouchant au-dessus de la valve. L'imperméabilité du sol s'obtient soit au moyen d'un dallage en pierre jointoyée en ciment, soit par un mastic en béton recouvert d'une chape en ciment, soit par le moyen d'un terrasson en asphalte, en plomb ou en zinc,

LATRINES

« Dans tous les cas, le bas des murs doit être enduit en ciment, si ces murs sont en maçonnerie ordinaire, ou jointoyé en même matière, s'ils sont en pierre, sur une hauteur de O^'.SO audessus du sol, au moins.

(( Les latrines communes à tous les locataires du dernier étage d'une maison doivent aussi être munies d'appareils hermétiques, et peuvent également être disposées à la turque.

« Aux étages d'une maison, les latrines doivent être munies de sièges avec cuvettes hermétiques en faïence, avec fermoirs ou abattants en bois.

« Ces sièges doivent être construits en chêne de 0'°,025 d'épaisseur, et non en bois blanc, qui ne résisterait pas longtemps à l'humidité.

i( L'imperméabilité du sol des latrines d'appartement n'est point exigible ; il suffit qu'il soit carrelé ou parqueté en bon état. Toutefois, le carrelage est préférable à cause des eaux qui, malgré les plus grands soins, y sont toujours répandues et qui s'infiltrent dans les joints des lames du parquet, qu'elles pourrissent, et où elles laissent de mauvaises odeurs. Cependant le parquet est recevable, à la condition de le cirer et de l'entretenir dans un état de propreté irréprochable.

« Indépendamment d'une ouverture ou fenêtre précédemment indiquée, il est indispensable qu'un courant d'air soit établi dans les latrines d'appartement, d'une manière quelconque.

(( Les cabinets d'aisances d'une maison peuvent être tous situés au même étage, ou au rez-de-chaussée, ou même dans la cour, pourvu que l'accès en soit facile à toutes les heures du jour et de la nuit, et que chaque locataire en ait la clef.

« Le bas des murs de latrines d'appartement doit être peint à l'huile jusqu'à la hauteur de 1 mètre ; le reste peut être badigeonné ou revêtu de papier de tenture.

« Le branchement du tuvau de chute

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