‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 4)Chapitre 199 sur 349 · MACHOIRE · texte numérisé non relu

MACHOIRE

seigneurs. La figure 2169 représente en coupe et en élévation, à l'échelle de

Fig. 2168.

0°,02 pour mètre, les mâchicoulis qui couronnaient le palais des Visconti à Pavie ; ils sont surmontés de créneaux

Fig. 2169.

)ercés de meurtrières et supportés par les consoles composées de trois assises ^n encorbellement.

Les liourds en bois (voy. Hourd), qui avaient précédé les couronnements en ùerre des courtines et des tours, étaient gaiement pourvus de mâchicoulis.

L'artillerie à feu lit disparaître ces ou-

vrages de défense.

Machine, s. f. — Instrument pour transmettre et souvent modifier le mouvement imprimé à lune de ses parties par une force motrice pour produire un effet donné.

Les engins, tels que chèvres, grues, locomobiles employés sur les chantiers pour le bardage et le montage des matériaux sont des machines.

Législation. Dans tout établissement renfermant des machines, aucun oi'gane de transmission de mouvement ne doit prendre d'appui sur les murs mitoyens.

Machine à vapeur (voy. Chaudière, Fourneau).

Machinerie, s. f. — Machinerie des constructions : ensemble des engins qui servent à l'édification des bâtiments; science qui traite de l'étude de ces engins.

Machinerie de théâtre : appareils qui effectuent dans un théâtre le déplacement des décors et les changements de scène (voy. Théâtre).

Mâchoire, s. f. — 1° Rainure dans laquelle s'engage la corde d'une poulie. On dit aussi gorge.

2° Équerre de fer (fig. 2170) que les

Fig. 2170.

treillageurs fixent sur le devant du dressoir pour redresser les échalas.

3° On donne aussi ce nom aux deux parties d une tenaille, d'un étau (voy. ces mots), qui servent à assujettir les objets que l'on veut travailler à l'établi.

On emploie quelquefois des mâchoires

MAÇO.XNERIE. — 29-2 —

ou équerres en plomb (fig. 2171) pour

MAÇONNERIE

Fig. 2171.

ne pas détériorer certains objets par le contact du fer.

Macigno, 5. m. — Variété de grès de Toscane avec lequel sont dallées les rues de Florence, de Pise, etc.

Maçon, s. m. — On donne ce nom, en général, aux entrepreneurs et ouvriers qui exécutent les travaux de construction en pierre, briques, plâtre, etc.; spécialement à ceux qui font les ouvrages en plâtre, tels que ravalements, pigeonnages, etc. Il y a le compagnon et le garçon ou aide-maçon.

Les outils dont les maçons se servent sont : la ligne, la règle, le compas, le niveau, Yéquerre, le plomb, la hachette, le marteau, le décintroir, la. pince, le ciseau, le riflard, la truelle, la truelle brettée, Vauge, le seau, le balai, la pelle, le tamis, le panier, le rabot, Voiseau, la brouette, le bard, la pioche, le pic (voy. ces mots).

De plus, les maçons emploient certains engins, tels que la grue, la chèvre, le treuil, les moufles, le levier, etc., et quelques macbines, les bétonnières, les couloirs à mortier, etc. (voy. ces mots).

Maçonnerie, s. f. — On désigne ainsi tout ouvrage composé de pierres naturelles ou artificielles reliées par du mortier, du plâtre, de la terre ou simplement posées à sec. Il y a aussi la maçonnerie de pisé (voy. ce mot).

On distingue, dans la maçonnerie, les gros ouvrages et les légers ouvrages.

Les gros ouvrages comprennent tout ce qui constitue de la maçonnerie de

pierres ou de briques (voy. Appareil, Brique, Cloison, Moellon, Mur, etc.).

On dit aussi limousinage.

Les légers ouvrages comprennent les enduits, les aires de planchers, les plafonds, les pans de bois, les cloisons légères, les coffres et tuyaux de cheminée, les moulures de corniches et autres ornements d'architecture quand ils sont en plâtre (voy. Légers).

Nous ne parlerons ici que de la maçonnerie de pierres qui s'exécute de diverses manières et prend difiërents noms. On appelle limousinage celle qui est composée de moellons ou de meulières posés bruts en assises réguhères.

Dans ce genre d'ouvrage on aligne seulement le parement du mur au cordeau, on ébousine les lits et quelquefois on enlève les aspérités qui rendent par trop irréguliers la surface horizontale ou le parement des moellons. La même désignation de limousinage s'applique à la maçonnerie de moellons ou de meulières à assises irrégulières qui s'exécute en posant les moellons à la main et de manière à parementer le mur. Si cette dernière précaution n'est pas prise, comme dans les murs de fondation ou dans ceux qui sont adossés à des terreplein, on donne à la maçonnerie le nom de maçonnerie de blocage. La même désignation est réservée au remplissage en éclats de pierre qu'on fait à l'intérieur des murs et à bain de mortier, les parements de ces murs étant formés de pierres ou moellons taillés.

La maçonnerie de pierres de taille est celle dans laquelle on emploie des blocs de pierre qu'un seul homme ne pourrait manier et dont on dresse la surface, au moins sur les lits et les parements. Les lits, c'est-à-dire les surfaces perpendiculaires à la direction de l'etTort que la pierre supporte doivent, d'une manière générale, être les mêmes que celles qui forment les lits à la carrière, quand les pierres proviennent de roches stratifiées. Les faces qui forment les joints sont plus ou moins bien dressées, sui-

MAÇONNERIE. — 293

vant le degré de fini et de solidité que doit otTrir la construction.

La hauteur d'assise, c'est-à-dire la distance qui existe entre les lits d'une pierre, doit être la môme pour toutes les pierres d'une même assise ; cette hauteur est uniforme pour toutes les assises dans les constructions bien soignées. De plus, la queue de la pierre ou la quantité dont elle pénètre dans l'épaisseur du mur doit être différente, dans une même assise, pour deux pierres consécutives. Enfin, les joints verti^ eaux d'une assise ne doivent pas correspondre avec ceux des assises en contact ; leurs plans doivent être éloignés d'aumoins0°^,45à0°^,20.

Vappareil (voy. ce mot) est le détail de la disposition des blocs dans ce genre de maçonnerie ; il comprend ce que l'on appelle la taille sur le chantier et la taille sur le tas (voy. Taille).

Une fois taillée, la pierre est approchée à pied d'œuvre et l'on procède au montage et à la pose, qui se font de la manière suivante :

On fixe la pierre au crochet de la chaîne d'un appareil appelé montecharge (voy. ce mot). A cet effet, on passe autour de la pierre une corde sans fin appelée élingue ou braye et l'on en réunit solidement les extrémités par une épissure. Pour éviter que les arêtes du bloc s'épaufrent, on les garnit de petits paillassons aux points où porte le cordage. Lorsqu'on veut, dans les édifices pubMcspar exemple, que les joints de la pierre présentent une grande netteté, on emploie la louve (voy. ce mot), ou une vis à filets triangulaires, que l'on fait pénétrer dans un trou pratiqué dans la pierre à l'aide d'un trépan ; ces derniers procédés ne sont convenables qu'avec la pierre dure ; ils causeraient la rupture de la pierre tendre. Lorsque ces blocs sont montés ou descendus à la hauteur de l'assise où ils doivent être placés, on les conduit au moyen de rouleaux en bois ou roules au point même qu'ils doivent occuper.

MAÇONNERIE

Pour Impose, on commence par présenter la pierre dans la place qu'elle doit avoir en la faisant reposer sur des cales en bois d une épaisseur égale à celle qu'on veut donner au joint de mortier. Lorsque le poseur a ainsi vérifié que cette pierre a les dimensions voulues, il la soulève à la louve, lui fait faire quartier sur le côté, puis il nettoie et arrose, si la pierre est tendre, l'assise inférieure et le bloc qu'il doit poser. Il étend ensuite sur la surface que doit recouvrir la pierre une couche de mortier fin un peu plus épaisse que les cales, il met la pierre en place et frappe dessus avec un pilon ou un maillet en bois, jusqu'à ce que le mortier souffle de toutes parts et que le bloc repose sur les cales ; on doit enlever celles-ci lorsque la pierre occupe sa position définitive. Enfin, on remplit les joints montants à l'aide de la fiche à dents de fer.

On peut aussi poser la pierre en la plaçant sur cales et en fichant les joints, c'est-à-dire en les garnissant de mortier avec l'instrument que nous venons d'indiquer. La première méthode est celle que l'on doit employer de préférence sous le rapport de la solidité de la maçonnerie.

Enfin, un troisième procédé, quand on se sert de plâtre, principalement pour les pierres tendres, consiste à couler du plâtre gâché très clair dans les lits et joints de la pierre posée sur cales ; on fait aussi du coulis avec du mortier de chaux ou de ciment. On se sert, à cet effet, d'un godet ou abreuvoir (voy. ce mot) placé à la partie supérieure du joint. Ce dernier moyen est obligatoire avec le plâtre, à cause de la promptitude avec laquelle cette matière fait prise. Le coulis de mortier de chaux donne de mauvais résultats ; la pierre absorbe l'eau du mortier ; en outre, celui-ci subit un retrait en se desséchant, et il arrive souvent que la pierre ne repose plus que sur les cales.

Après la pose de chaque assise, on en

MAÇONNERIE

Page 1