MARQUETERIE
La bouge {Cig. 2228), qui indique Tenclroit où un trait de scie de long doit
Fig. 2228.
changer de direction et former une ligne brisée;
Fig. 2229.
La naissance ou raccord de cintres (fig. 2229) ;
Fig. 2230.
Le tenon (fig. 2230) ;
Fig. 2231.
La mortaise carrée (fig. 2231) ;
Fig. 2232.
La mortaise à gorge (fig. 2232) ;
Fig. 2233.
La mortaise tournisse ou à double gorge (fig. 2233) ;
La mortaise peu profonde et sans enlarure fig. 2234);
Fig. 2234.
Le vide d'entaille (fig. 2235) ;
Fig. 2235.
La ligne de milieu (fig. 2236) ;
Fig. 2236.
La ligne ou face de dessus (fig. 2237) ;
Fig. 2237.
La ligne ou face de dessous {f\g. 2238) (1).
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Marquer, v. a. — T Tracer des lignes sur la pierre ou sur le bois pour diriger la coupe de l'ouvrier.
2° Faire sur les bois les marques ou signes conventionnels nécessaires à leur établissement (voy. Marque).
Marqueter, r. a. — Orner de marqueterie (voy. ce mot).
Marqueterie, s. f. — Ouvrage de menuiserie composé de feuilles de différents bois précieux plaquées sur un assemblage et formant des dessins quelconques.
On dit un parquet de marqueterie.
(1) Eyerre, Alphabet du cliarpentier.
MARQUISE
MARQUISE
Le métal et le marbre s'emploient aussi au lieu du bois.
Dans ce genre d'ouvrage, tantôt des feuilles de bois précieux sont disposées de façon à ce que leurs veines et les accidents, de leur contexture produisent des dessins plus ou moins réguliers ; tantôt on fait servir la réunion de bois, divers par leurs espèces et leurs couleurs , à former des compartiments agréables ; d'autres fois, on découpe les feuilles de ces bois selon des formes variées, et de leur assemblage il résulte des imitations de tableaux, de fleurs, de fruits et de figures.
C'est à Florence que prit naissance le goût de la marqueterie, et cet art y fut porté très loin. De grands artistes, parmi lesquels on compte Brunelleschi, Benedetto do Mayano, etc., dirigèrent les grands travaux de marqueterie dont on orna les chaires des églises, les stalles des chœurs et toutes sortes d'objets d'ameublement.
L'art et le goût de la marqueterie se sont propagés en France, et, depuis la Renaissance, chaque siècle a imprimé à ce travail un genre particulier.
Marquise, s. f. — Auvent que l'on place au-dessus d'une porte d'entrée, d'un perron, d'un trottoir de chemin de fer, etc., pour servir d'abri contre les eaux pluviales.
Une marquise se construit en bois ou en fer et se compose d'un comble très souvent vitré et d'un chéneau orné ou non de lambrequins et d'ornements d'applique. La bascule de l'ensemble est tenue, soit par le simple scellement des pièces dans le mur, soit par des supports à consoles ou par des piliers sur lesquels repose la partie antérieure de l'ouvrage.
La figure 2239 représente une marquise appartenant au chemin de fer de l'Ouest, à Versailles, dans laquelle les extrémités de l'arbalétrier et du tirant sont scellées profondément dans le mur et retenues par des ancres. Cet abri est
pourvu d'un chéneau formé par un madrier en chêne et d'un lambrequin découpé dans une feuille de zinc. La saillie
Fig. 2239.
est de 3", 50, à partir du parement du mur. L'arbalétrier est une tringle de bois de chêne comprise entre deux platesbandes en fer forgé, de 0"^,05 à 0°^,03.
La manière de fixer les marquises contre les murs en maçonnerie otïre une étude intéressante au constructeur, surtout lorsque les murs sont construits en petits matériaux et ne permettent pas de scellements très sûrs.
La figure 2240 représente une coupe transversale faite à l'échelle de 0°^,0025 sur une marquise accrochée à un mur en moellons. La ceinture en fer à double T qui supporte le comble vitré et le chéneau est encastrée dans toute
Fig. 2240.
l'épaisseur du mur, et rattachée par une tige en fer rond au scellement supérieur des consoles en fer forgé qui soulagent, d'autre part, la bascule de l'ensemble; le scellement inférieur de cette console est moins profond, parce que l'effort en ce point est à peu près nul.
L'exemple que nous venons de donner est applicable à toute espèce de
MARQUISE
MARQUISE
marquise; nous y ajouterons un spécimen de ce genre d'ouvrage plus spécialement affecté aux gares des chemins de fer. La figure 2241 représente la coupe
d'une marquise à une seule pente, destinée à abriter les voyageurs au moment du passage des trains. Elle est supportée par des colonnes en fonte, de forme
octogonale, avec bases et chapiteaux ornés. Le chéneau repose sur les bouts saillants des chevrons. Les colonnes font elles-mêmes Foffice de tuyaux de descente. La couverture est en zinc. Sur la face latérale, un châssis triangulaire en bois de chêne est garni de vitres qui forment une clôture destinée à garantir le dessous de la marquise.
On peut assimiler à des marquises certains auvents que Ton place aux devantures des cafés et que Ton recouvre d'une banne. Nous donnerons ici un exemple de marquise de ce genre. C'est un châssis en fer dont le profil se voit sur la figure 2242 et qui ne porte que sur des consoles de section très faible, mais dont la rigidité est parfaitement assurée par la combinaison des pièces qui les composent. La banne qui le recouvre, munie à son extrémité d un rouleau mobile B, s'enroule sur un rouleau
Fig. 2242.
fixe C, auquel correspond un mécanisme dont le moteur est placé à portée de la main. Ce mécanisme , composé , comme on le voit en A, d'une tige rigide et de roues dentées, fait tourner le
rouleau fixe C ; en même temps, on tire sur la corde placée à gauche et destinée à régler le développement de la toile qui se produit par la descente du rouleau mobile. Cette corde est fixée, ainsi
MARQUISE
MARQUISE
qu'on le voit en D, à un crochet attenant à une poulie placée à l'extrémité de ce rouleau, et passe sur une petite poulie F, maintenue clans une chape.
Quand on veut relever la toile, on manœuvre en sens inverse. Nous signalerons la disposition prise aux deux extrémités du cliâssis dans le but de laisser à la toile, grossissant le rouleau au fur et à mesure que celui-ci se relève vers le mur, toute la place nécessaire ; le système se compose d un fer plat, partant à zéro de l'extrémité inférieure du châssis et se relevant grâce à des supports d'inégale hauteur.
La marquise que nous donnons (fig.
2243) est supportée par des consoles en fer forgé placées sur les arbalétriers ; la pente, au lieu d'être dirigée vers la partie antérieure, est dirigée vers le mur.
Les fers à T dont cet abri est composé forment arbalétriers, et entrent obliquement, dans le sens de la hauteur, dans le milieu des pilastres du bâtiment, à une profondeur de O'°,6o, où ils sont
scellés. A une distance de 0™,25 du mur est fixée sur ces fers une tôle munie de deux cornières maintenant sa rigidité ; cette pièce forme chéneau le long de la façade du bâtiment. A l'autre extrémité des arbalétriers se trouve également une tôle sur la face extérieure de laquelle est posé le lambrequin. Les consoles sont boulonnées avec les arbalétriers et scellées dans le pilastre.
Une marquise à deux pentes est rc-
Fig. 2244.
présentée par la figure 2244. Cet abri,
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Fig. 2245.
qui appartient à la gare de l'Ouest à
MARQUISE
MARRONMER.
Paris, est porté sur des coloiinettes en fonte, espacées les unes des autres de 8°',90 et recevant deux portions de comble déversant leurs eaux dans un chéneau longitudinal commun. Les travées qui composent cette marquise sont maintenues par des poutres à treillis reposant sur un talon de la colonne et boulonnées avec elle; c'est sur ces poutrelles qu"est fixé le chéneau en bois doublé de zinc, sur lequel s'appuient les petits chevrons en fer des combles ; les supports en fonte creuse servent de tuyaux de descente. Des consoles en fonte évidée soulagent Fencorbellement.
La partie comprise entre les colonnettes et le mur est couverte par un appentis vitré, tandis que celle qui forme la sail- Ue antérieure est couverte en zinc.
Fi g. 2246.
La marquise peut avoir une charpente
en bois soutenue, soit par des colonnes en fonte, soit par des poteaux en bois, comme on le voit (fig. 224o). Dans ce dernier cas, le pied des supports est éloigné du sol et porté sur des dés en pierre et leur extrémité supérieure est raidie par des liens en bois profilé qui soulagent la portée de la sablière entre deux poteaux voisins.
Nous terminerons cet article en donnant (fig. 2246) un exemple de marquise recouvrant un perron ; cet abri est soutenu par deux fines colonnettes en fonte dont les pieds reposent sur les murs d'échiffre.
Marquise {Pierre de). — Calcaire oolithique, assez dur, blanchâtre, provenant des carrières de Warennes, commune de Marquise, arrondissement de Bouloane.
Cette pierre porte jusqu'à 1™,20 de hauteur d'assise. Elle pèse de 2,lo0 à 2,300 kilogr. le mètre cube et s'éci'ase sous une charge de 260 à 400 kilogr. par centimètre carré.
Marre, s. f. — Grande pioche. Pelle large et courbée.
Marron, s. m. — Maçoxxerie. On donne ce nom aux noyaux calcaires qui, dans la cuisson de la pierre à chaux, n'ont pas été calcinés complètement.
Peimure. Couleur donnant une très belle teinte et qui s'obtient en versant goutte à goutte une solution bouillante de sulfate de cuivre dans une solution également bouillante de chromate neutre de potasse ou mieux de chromate de potasse et de soude (1).
Marronnier, s. m. — Arbre de première grandeur qui donne un bois blanc, tendre, filandreux et de mauvaise qualité, se tourmentant beaucoup, mais ne se laissant pas attaquer par les vers. On s'en sert quelquefois pour la me-
(1) Th. Château, Techiologie du bâtùneni.
MARTEAU
MARTEAU
nuiserie. Son poids spécifique est 0,657.
Marteau, s. m. — 1° Outil de percussion, qui se compose d'une masse de fer aciéré et d'un long manche en bois.
Le marteau permet aux ouvriers des différents corps d'état d'exercer, en un point déterminé, des efforts répétés.
On distingue, dans un marteau : la panne, qui est la partie avec laquelle on frappe et dont la surface touche l'objet frappé, la tête ou l'extrémité opposée et Vœil, trou dans lequel passe le manche.
Il y a plusieurs sortes de marteaux :
Les marteaux du tailleur de pierre sont la laie, la masse et le têtu (voy. ces mots). Chez les Romains, les maçons se servaient, pour casser la pierre, la dé-
Fig. 2247.
grossir et la polir, pour trancher la chaux et mélanger le mortier, d'outils ayant la forme de marteaux, représentés par la ligure 2247.
Le marteau de paveur (fig. 2248) est rond par la tête, large et pointu par la panne et pourvu d'un manche en bois ;
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Fig. 2248.
cet outil sert à fouiller la forme, à garnir les joints du pavé avec le sable, et à alïermir et dresser les pavés.
Le marteau de vitrier est à panne ronde et à tête fendue pour arracher les clous; le manche, tout en fer, se termine par une sorte de ciseau qui sert de pince pour attirer à soi les croisées et châssis à coulisse trop serrés dans les tableaux, ou à enlever les liches à têtes des croisées à deux vantaux.
Fig. 2249. I
Le marteau de menuisier (fig. 2249) est à panne carrée et à tête plate.
Des marteaux du couvreur, l'un est à manche plat et tranchant, avec une des
Fig. 2250.
extrémités pointue pour percer l'ardoise et l'autre plate pour la clouer (fig. 2250);
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Fig. 2251.
l'autre est à panne et à tête plate (fig. 2251).
Le marteau du treillageur est à tête ronde et à panne aplatie.
Les marteaux de serrurier ont la forme indiquée par la figure 2252 et dif-
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Fig. 2252.
feront entre eux par les dimensions : les plus gros sont les marteaux à devant, dits aussi gros-marteaux, employés par le frappeur à la forge ; viennent ensuite
MARTEAU
- 3ol —
MARTEAU
les marteaux à main, ou marteaux du forgeron et les rivoirs, ou marteaux d'établi ; on distingue encore les marteaux à bigorner, les chasses, les tranches (voy. ces mots).
Le marteau du charpentier (fig. 22o3) est une masse de fer qui présente, d un côté, une tête carrée tant soit peu bombée,
A répoque carlovingienne, période de transition entre l'antiquité et le moyen âge, mais où les traditions romaines
Fig. 2253.
qui sert à chasser les clous, de Taulre, une panne à pied de biche qui sert à les arracher.
2° Petite pièce à détente qui fait sonner les timbres (voy. ce mot).
3° On donne le nom de marteaux à des morceaux de fer, de formes diverses, qui sont fixés à articulation sur la face extérieure d'une porte et avec lesquels on frappe pour se faire ouvrir.
On distingue les marteaux proprement dits et les marteaux-poignées.
Les portes romaines étaient munies de marteaux-poignées, ainsi que le montre
Fig. 22a4,
la figure 22o4, représentant un spécimen tiré de Pompéi. Les anneaux en fer ou en bronze étaient également en usage.
On trouve les premiers ma/té-aj^a? proprement dits dans le nord de ITtalie, à la fin de l'ère ancienne ; le musée de Saint-Germain en renferme un spécimen curieux que nous donnons ici (fig. 22oo).
étaient encore en vigueur, on disposa, à portée de la main, les poignées nécessaires au mouvement des vantaux, en les accompagnant de motifs tels que la tête de lion et la tête de Méduse, empruntés aussi à l'art romain.
Le moyen âge fit un fréquent usage de ces anneaux de fer attachés à des têtes de bronze qui servent en même temps de heurtoirs. La figure 22o6 représente le marteau de la cathédrale de Trani, ville d'Apuhe; une tête de Uon, dans le style antique, tient dans ses dents la traverse à laquelle est attaché le heurtoir, formé de l'eptiles à tête de lézard qui s'enroulent autour de l'anneau et viennent se réunir près de la gueule ; la crinière est surmontée de deux oiseaux du genre cigogne.
La tête de lion est souvent absente et l'anneau reste seul attaché à une plaque de fer ou de bronze ornée, comme le montre la figure 2257, qui donne un heurtoir provenant de Florence et que
MARTEAU
MARTEAU
nous empruntons à la Revue d'architecture de M. César Dalv.
d'église. Nous donnons (fig. 2:2o8) un
Les marte aux- aune aux semblent avoir
Fig. 2257.
été destinés particulièrement aux portes
wwû
Fig. 2258.
marteau de sacristie de la fin du xv^ siècle.
Les heurtoirs des portes d'habitation ne furent d'abord que des maillets et,
Fig. 2259.
dans la suite, des marteaux suspendus au moyen d'un ou de deux tourillons (fig. 2259).
Au xvi^ siècle, reparaissent les heur-
MARTEAU. — 353 -
toirs en forme d'anneaux ou de boucles pour les portes des hôtels et des maisons ; ces marteaux sont plus ou moins
MARTEAU
Fig. 2260.
richement ornés ; celui que nous donnons (fig. 2260) (1) provient de Bologne et appartient à la Renaissance italienne.
Fifi-. 22G1.
Au xvn® siècle, l'anneau qui sert de
(1) Magasin des arts et de V industrie .
heurtoir prend une forme qui se rapproche de l'eUipse. La figure 2261 représente un marteau de ce genre de l'époque de Louis XIV.
Le style du siècle suivant fait sentir aussi son influence sur ces ouvrages de
Fig. 2262.
serrurerie, comme le montre la figure Aujourd'hui, les heurtoirs ont disparu
Fig. 2263.
pour faire place aux boutons de sonnette