MONT-DORE
qui servent à séparer les travées de ce genre de clôture.
Fig. 2322.
Par analogie, on donne aussi le nom de montants aux piliers en pierre qui séparent également dans une grille, soit les travées qui la composent , soit la partie lixe et la partie ouvrante (fi g. 2323). Ces montants reçoivent, d'un côté, les scellements des traverses horizontales qui soutiennent la grille dormante et, de l'autre, les scellements des crampons qui supportent la grille mobile. On orne ces piliers de refends, de bossages; on les surmonte souvent d'un chapiteau et d'un amortissement quelconque.
Petits montants :^ei\is bâtis qui, dans une feuille de parquet, servent de remplissage et, n'ayant que la mesure des panneaux , s'assemblent dans d'autres bâtis de largeur double.
On iipi^eWe joint montant le joint ver-
tical de deux pierres ; les joints perpen-
Fig. 2323.
diculaires à un arc de voûte prennent le nom de joints normaux.
IMontaiit-du-Seilley (Chaux du).
— Voy. Seilley.
Montceau [Pierre de). — Calcaire dur, provenant de la carrière de Monlceau, près de Montélimar.
Cette pierre, dont la couleur varie du blanc mat au gris bleuâtre, porte de 0'",20 à 1 mètre de hauteur d'assise.
Elle pèse 2,440 kilogr. le mètre cube el s'écrase sous une charge de 915 kilogr. par centimètre carré.
IMoiitcliérus [Pierre de). — Voy.
Montreuillon.
M ont- Dore [Pierre du). — Trachyte commun, assez dur, que Ton ex-
MONTE-CHARGE
trait des carrières des Moulins, commune du Mont -Dore, près de Clermont- Ferrand.
Cette pierre, de couleur gris-fer, à fines cellules, porte jusqu'à 1 mètre de hauteur d'assise; elle pèse 2,300 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 590 kilogr. par centimètre carré.
— 401 — MONTE-CHARGE
caisson du bas est chargé, il est monté à
Monte-charge, s. m. — Échafaudage que Ton établit près de la face d'un bâtiment en construction pour servir à élever les matériaux à la hauteur à laquelle ils doivent être posés.
Le monte-charge se compose ordinairement de quatre longues pièces de bois ou sapines placées verticalement de manière que leurs pieds, scellés au sol, occupent les quatre sommets d'un carré.
Ces pièces sont reliées par des traverses horizontales et inclinées. A la partie supérieure de l'appareil (fig. 2324) sont fixées des poulies sur lesquelles passe une chaîne qui s'enroule sur un treuil placé à la partie inférieure, et qui est manœuvré, soit par des hommes au moyen d'une manivelle, soit par un système de transmission de mouvement, fonctionnant à vapeur (voy. Treuil).
On a même employé le poids de Feau pour équilibrer et entraîner dans un mouvement ascensionnel le poids des matériaux à monter. On utilise, à cet effet, la force ascensionnelle de l'eau des conduites forcées circulant dans les villes. Ce système, qui a reçu le nom de son inventeur M. Édoux, se compose (fig. 2325) de sapines semblables à celles du monte-charge ordinaire et de deux cuves à plate-forme réunies par une chaîne qui s'enroule sur deux poulies placées à la partie supérieure de la sapine. L'une des cuves est en bas, l'autre à la hauleur de l'assise où doivent être posés les matéi'iaux. Un tuyau a a, placé sur un montant de la sapine, communique avec la conduite d'eau la plus proche et est disposé de manière à recevoir un robinet de distance en distance. Quand le
"o^ isru^^—zTJ^
Fig. 2324.
sa destination par l'autre caisson, qui a été préalablement rempli d'eau dont le poids est supérieur à celui de la charge à monter. Le caisson arrivé en bas est vidé de l'eau qu'il contenait, chargé à son tour et monté ensuite par le même moyen que le précédent. Mais, au fur et à mesure que la construction s'élève, le
MONTE-CHARGE
MONTE-CHARGE
point cVarrivée des matériaux varie et
imUTilIITii
Fig. 2325.
nécessite Taugmentation de la course des caissons. On obtient cet effet au moyen d'un frein C, qui sert, en même temps, à régler le mouvement et à maîtriser l'appareil ; c'est un axe de fer porté par un bâti en fonte que l'on fixe contre le dehors du montant central de l'appareil, un peu au-dessus de la clef d'eau ; sur cet axe est montée une poulie à empreintes garnie d'une chaîne sans fm A, qui s'enroule, au haut de l'équipe, sur une autre poulie à empreintes P. A côté de la première de ces deux poulies et
calée sur le même arbre, en est une autre, à jante lisse et entourée d'un frein circulaire en tôle, garni de tasseaux en bois. Ce frein est manoeuvré par un levier muni d'un poids F et permet d'enrayer ou de laisser libre le mouvement de l'arbre inférieur et, par suite, celui de l'arbre supérieur de la poulie de charge, c'est-à-dire de tout le système. L'appareil est ainsi disposé pour les changements d'assise : l'extrémité de l'arbre du frein porte un tenon pour une manivelle qu'on applique lorsqu'il s'agit de faire varier la hauteur de la course ou la distance des plateaux. On enlève alors le plateau supérieur jusqu'à l'assise voulue en faisant revenir en arrière la chaîne D qui le porte, et ce mouvement est transmis par la manivelle et la chaîne de frein. Lorsque ce plateau s'est ainsi élevé de la quantité déterminée au-dessus de l'assise qui est achevée, la chaîne s'est détendue d'autant du côté de l'autre plateau, demeuré fixe au niveau du sol ; on détache alors l'embrasse d'accrochage de ce dernier et on le place à la portée nouvelle.
luQ monte-char g eti([o\}i\ à deux caissons ne pouvant être employé que dans les quartiers des villes où les distributions d'eaux ont suffisamment de pression pour atteindre le sommet des édifices à construire, son usage ne s'est pas généralisé.
Un autre système employé pour le montage des matériaux, des auges à plâtre ou à mortier, par exemple, des sacs de chaux, de plâtre ou de ciment, est le monte-charge Delgorge. Cet appareil se compose (fig. 2326) de deux montants verticaux réunis par des traverses horizontales et entre lesquels glissent de chaque côté, dans des rainures ménagées sur ces montants, des châssis avec planchettes, sur lesquelles on place les matériaux à monter.
L'usage d'appareils analogues aux monte-charge a été appliqué à l'ascension des personnes et des objets dans diverses industries autres que celle du bâtiment.
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C'est ainsi qu'on emploie des engins de ce genre dans les manutentions, les entrepôts, les ports, afin de monter les marchandises; dans les bibliothèques, pour élever et descendre les livres à la hauteur des différents rayons, etc.
Parmi ceux de ces appareils les plus remarquables, nous citerons les « éléva-
teurs » à mouvement continu, employés dans les grandes fabriques de briques, tuiles et poteries de bâtiment de Paris et des environs. Ces élévateurs portent du rez - de - chaussée aux diiïérents étages les matières premières ou les produits fabriqués. Hs consistent en une grande chaîne sans tin, à maillons du genre de ceux de la chaîne Galle, ayant environ (i'^,10 d'écartement entre les deux cours de mailles et O^'^BO de pas à la chaîne, c'est-à-dire de longueur de maillons. A chaque fuseau est suspendu, dans rintérieur de la chaîne, un plateau en bois garni de ferrures, qui reçoit les objets à élever ou à descendre ; deux tambours hexagonaux ou octogonaux en fonte sont placés au bas et au haut de la chaîne ; Fun d'eux fait partie du mécanisme moteur et commande la chaîne; les maillons s'appuient successivement sur les faces hexagonales ou octogonales de ces tambours.
L'écartement entre les deux tambours varie suivant la hauteur et le nombre d'étages à desservir. Comme le mouvement est continu, un des côtés de la chaîne monte et peut servir d'élévateur, l'autre de descenderie.
Ces appareils fonctionnent verticalement.
Les toiles sans fin, les chaînes à godets, etc., sont aussi très répandues ; elles fonctionnent généralement inclinées, c'est-à-dire qu'il y a transport et élévation, tout à la fois, des objets manutentionnés.
Dans les principaux hôtels de Paris et dans un grand nombre d'habitations luxueuses, on a établi des systèmes destinés à transporter les habitants ou les visiteurs au niveau des diiïérents étages. Ces monte-charge, d'un genre particulier, ont reçu le nom d'ascenseurs.
Nous citerons, entre autres appareils de ce genre, V ascenseur Mégy et Écheverria, qui se compose de quatre colonnes creuses en fonte renfermant des contrepoids destinés à diminuer le poids de la cage à élever, et à amortir la chute en
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3I0XTE-CHARGE.
cas de rupture du cable ascenseur. Le contrepoids disposé pour ce dernier objet est suspendu à une chaîne qui se rattache au sommet de la cage ; celle-ci est en tôle et pourvue de banquettes.
Il faut dire que les appareils élévatoires, dans lesquels on utilise directement Teau en pression, sont déjà anciens. Le créateur de ces appareils, sir Armstrong, en Angleterre et sur le continent, en a construit un nombre considérable, dont la plupart fonctionnent encore, tels que grues, treuils, montecharge, etc.
Les appareils de manœuvre de vannes des Docks Victoria, à Londres, et ceux faits, ensuite, au port de Lorient, ne sont autre chose que des ascenseurs à piston direct dans lesquels Teau est seulement à une plus forte pression.
Les ascenseurs qui fonctionnent par la pression de Teau, ont été inventés par M. Léon Édoux. Nous donnerons ici Fexposé très succinct des principes sur lesquels est basée la construction d'un de ces appareils élévatoires (fig. 2327).
On sait que Teau contenue dans les récipients clos, tels que les conduites d'une canalisation quelconque, exerce sur les parois de ces récipients une pression proportionnée à la hauteur des niveaux d'alimentation, c'est-à-dire égale à une atmosphère par chaque dizaine de mètres de hauteur de ces niveaux.
Cette pression se transinet en raison de 1 kilogr. par centimètre carré de la surface pressée. C'est cette force qui est utilisée pour produire le mouvement de l'appareil élévatoire. A cet effet, dans ' un corps de pompe E, dont la hauteur est égale à la course que doit fournir la charge, se meut un piston plongeur B de section convenable. Au sommet de ce piston est solidement lixé un plateau destiné à porter le poids à soulever, c'est-à-dire la cabine ; celle-ci est équilibrée et guidée dans son ascension par un système de conti-epoids qui se meuvent dans les colonnes supportant l'ap-
pareil. La pression est exercée sur le piston à l'aide d'un système particulier.
Fig. 2327.
Un tuyau A conduit l'eau en pression dans un distributeur C, qui la fait passer
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bOÎ
3I0NTE-CHARGE.
par le tuyau de communication C, suivant que l'on veut faire monter ou descendre le plateau, du tuyau d'arrivée A au cylindre E ou du cylindre E au tuyau de décharge K. Les orifices des tuyaux A et K étant fermés, l'appareil est au repos lorsque le levier H est horizontal.
La communication s'établit, au contraire, par le tuyau C entre la conduite d'arrivée A et le cylindre E, quand le levier est en bas ; le plateau monte. Enfin, lorsque le levier est en haut, la communication s'établit par le même tuyau C entre le cylindre E et le tuyau de décharge K ; le plateau descend. Une tige rigide F', adaptée à l'extrémité du levier H, longe le plateau dans toute sa course ; cette tige est équilibrée par un contrepoids F au moyen de poulies de renvoi et d'une corde I, passant dans la cabine. Voici maintenant comment s'effectue le mouvement de l'ascenseur. Le conducteur, placé dans la cabine, tire de bas en haut la corde de manœuvre F'; le levier s'abaisse et ouvre le distributeur ; l'appareil monte. Pour le faire descendre, il suffit de tirer la corde de manœuvre (le haut en bas ; on ferme ainsi la conduite d'arrivée A et l'on ouvre le tuyau de décharge K. Une butée fixe p, adaptée à la cabine et des taquets /et /'", fixés à la tige de manœuvre, permettent les arrêts automatiques aux extrémités de la course. Les arrêts intermédiaires sont effectués au moyen de verrous mobiles placés dans la cabine et qui viennent toucher le taquet /', V c{ui leur correspond à l'étage où l'on veut arrêter.
L'appareil de ce genre le plus important qui ait été exécuté est l'ascenseur du Trocadéro, qui fournit une course de 62°',o0 et qui a été exécuté par M. Édoux pour l'Exposition universelle de 1878.
On a cherché à éviter la construction des puits nécessaires pour la course du piston plongeur. A cet effet, une disposition ingénieuse fut présentée peu après TExposition de 1867 k Paris , où les ascenseurs Édoux fonctionnèrent ; elle
consistait à construire le piston plongeur en plusieurs tubes rentrant l'un dans l'autre comme une lunette ou un télescope, ce qui réduisait la longueur du cylindre et par conséquent le puits au I/o ou au 1/6 de la course totale, selon le nombre de tubes rentrants. M. Neustadt fit construire un certain nombre d'appareils hydrauliques, à piston télescopique ; mais soit^que la multiplicité des joints cjue cette construction nécessite fût une difficulté d'exécution, soit toute autre cause, ce système ne s'est pas répandu.
Dans l'appareil Samain, le piston n'est pas supprimé ; il est de côté, au lieu d'être en dessous. Le plateau est relié par une chaîne au contrepoids qui lui fait équiUbre. Ce contrepoids forme en même temps piston et se meut dans un cylindre en cuivre placé verticalement et hors de terre. Quand on introduit l'eau dans le piston, il monte et la cabine descend ; il descend au contraire et la cabine monte lorsqu'on fait évacuer l'eau.
Toutefois, le système reconnu jusqu'à présent le meilleur est encore le système direct à piston plongeur. On a seulement cherché à supprimer les chaînes et contrepoids dont la rupture a été la cause d'accidents. L'ascenseur construit par M. E. Heurtebise réalise ce progrès. Cet appareil se compose (fig. 2328) :
1° d'un cylindre A, dans lequel se meut un piston B, portant à sa partie supérieure la cabine S ; cette dernière étant guidée verticalement par deux colonnes P, P ; 2° d'un appareil compensateur formé de deux cyhndres E F, munis chacun d'un presse-étoupes et traversés par un lourd plongeur G, attaché latéralement à deux poids. Le cylindre E communique avec le cylindre A par un tuyau D, et le cylindre supérieur communique par un tuyau I avec une boîte de distribution K, d'où l'eau motrice, arrivant par le tuyau H, va agir dans le cylindre F, pour s'écouler ensuite par le tuyau J, lorsque s'effectue la descente de la cabine. L'admission et
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révacuation de Teau sonl réglées du sol ou de rintérieur mcme de la cabine, ou bien encore des paliers aux divers étages, au moyen du levier L, dont l'extrémité est attacliée à la tige de manœuvre R. L'opération s'effectue de la manière suivante : l'eau motrice admise dans le cylindre F pousse le piston C,
Fig. 2328.
qui pénètre d'autant dans le cylindre E, lequel cbasse, d'une quantité égale à son volume immergé, le liquide contenu dans ce cylindre et qu'il refoule dans le cylindre A, d'où la tige B est chassée, à son tour, d'une quantité correspondant à ce volume. L'effet inverse se produit quand l'eau motrice admise au-dessus du piston 0 s'écoule librement; mais,
pour que ces mouvements s'accomplissent avec régularité et douceur, il faut que le système reste constamment équilibré, malgré la variation de poids qui survient dans la tige B par suite de sa sortie de l'eau. C'est pour cela qu'on oppose à la variation du poids de la tige une variation égale du poids du plongeur au moyen des poids fixés au cylindre G et dont nous avons parlé plus haut. Avec ce système, il n'y a plus à redouter de rupture de chaînes qui n'existent plus ; en outre, la tige motrice travaille toujours à la compression et non plus à la traction, ce qui offre beaucoup plus de sécurité.
En Angleterre, et notamment à Londres, l'usage des ascenseurs est très répandu; dans les hôtels ou maisons particulières, on se sert généralement de la cage ou cabine poussée par un piston hydraulique analogue aux exemples ci-dessus indiqués ; mais pour certaines maisons de commerce où se trouvent des bureaux d'agences ou « offices)^ du rez-de-chaussée au cinquième étage, comme il y en a dans la « Cité », on a construit des « élévateurs-descenderies à mouvement continu » servant à monter et descendre les personnes ou les marchandises faciles à remuer.
l\ faut prendre place dans l'appareil et en sortir à l'étage voulu, pendant la marche qui est .ininterrompue du matin au soir. La vitesse est environ la même que dans nos ascenseurs, c'est-à-dire 0°',20 à 0°',25 par seconde. Le mouvement est donné par un petit moteur à gaz ou à vapeur placé dans le sous-sol de l'immeuble.
Ces appareils forment, comme l'élévateur d'usine dont nous avons dit quelques mots, page 402, une chaîne sans lin double portant, à la suite les uns des autres et de 2°',50 en 2'", 50 de distance environ, des plateaux sur lesquels se placent, elles-mêmes, les personnes qui montent, d'un côté, ou qui descendent, de l'autre ; le tout est construit sur des dimensions suffisantes pour que deux