MONUMENT
Moiitsoreau (Pierre de). — Craietufïeau, blanche, provenant de la carrière de Rochenard, commune de Montsoreau (3Iaine-et-Loire).
Cette pierre est très fine et propre à la sculpture. Sa hauteur d'assise va jusqu'à 3 mètres.
Monture, s. f. — Ce qui sert à assembler, à fixer les dilTérentes parties d'un objet, tel qu'un outil, une scie, un rabot, etc.
Montvicq [Grès de). — Grès siliceux, demi-dur, blanchâtre que l'on extrait des carrières des Brandes, commune (\q Montvicq {k\\\Q.v).
La hauteur d'assise de cette pierre varie de O'^jSO à 3 mètres ; le poids du mètre cube est de 2,100 kilogr. et la charge nécessaire pour prodaire l'écrasement de 150 kilogr. par centimètre carré.
Monument, s. m. — Dans le sens générique du mot et de la chose, monument est l'équivalent du mot grec mnema , et ce terme s'applique à un signe propre à rappeler la mémoire des faits, des choses et des personnes. On s'en sert pou4^ désigner une multitude d'ouvrages des arts, depuis le plus grand édifice jusqu'à la plus petite médaille.
En architecture, un monument est un édifice, construit pour servir à perpétuer le souvenir de choses mémorables, ou conçu, élevé ou disposé de manière à devenir un objet d'embellissement et de magnificence dans les villes. Sous ce rapport, l'idée de monument peut s'appliquer à tous les genres de bâtiments ; ainsi, de simples particuliers peuvent faire de leurs demeures de véritables monuments par la grandeur et la richesse qu'ils y déploient. Les palais des souverains et des grands personnages sont comptés partout au nombre des monuments que les villes et les États renferment.
Le mot monument et l'idée qu'il exprime conviennent surtout aux grands
établissements d'utilité publique ; tels sont les temples, les églises, les palais de justice, les hôtels de ville, les maisons d'instruction pubUque, les sièges d'administration, les théâtres, les lieux d'assemblées pubhques , etc. D'autres édifices, d'un genre plus modeste, prennent le nom et le caractère de monument par l'étendue du plan, l'élévation des masses, la soliditité de la construction ; c'est ainsi qu'un hôpital, un marché, une halle, peuvent être de véritables monuments.
Monuments commémoratifs. De tout temps les peuples ont élevé des monuments en l'honneur de personnages célèbres ou en mémoire de grands événements. Les modernes ne le cèdent pas aux anciens dans ce culte honorifique.
Les œuvres qu'il fait naître varient à l'infini ; le caractère des personnages, la nature et l'importance des faits dont il faut perpétuer le souvenir, le goût de l'artiste chargé d'exécuter ces œuvres sont les principales causes de leur variété.
Nous nous contenterons de donner ici, comme exemple, le monument qui a été élevé à la mémoire d'Henri Regnault, pensionnaire de l'Académie de France à Rome et aux élèves de l'École des beauxarts, morts sur le champ de bataille dans la guerre de 1870-71.
L'emplacement choisi pour ce monument, œuvre de MM. Coquart et Pascal, architectes, est un angle du portique de la cour du Mûrier, à l'École des beauxarts. Sur le seuil d'un petit temple , entouré d'une enceinte qui se dessine en bas-relief (fig. 2330), on voit deux bancs sur lesquels le passant pourra rêver aux horreurs de la guerre. Au milieu, une jeune femme, symbolisant la Jeunesse, due au talent de M. Chapu, se hausse, dans un effort douloureux mais enthousiaste , pour offrir le rameau d'or, le laurier héroïque au vaillant patriote dont l'image de bronze, œuvre de M. Degeorge, se dresse sur un cippe funèbre. L'attitude du jeune héros, qui porte le