Deuxième porte de la mosquée
Cet édifice, qui date du xv^ siècle, offre ceci de particulier que le milieu, qui forme un espace découvert, est une construction légère en bois, disposée de façon à laisser pénétrer la fraîcheur et le jour. Le minaret est en pierre (1).
La mosquée la plus remarquable appartenant à l'architecture mauresque est celle de Cordoue. Cet édifice présente, à l'intérieur, un vaste espace de 128 mètres sur 112, divisé par dix-huit nefs dans sa longueur (du nord au sud), et par trente-cinq autres nefs d'une dimension moindre dans sa largeur (de Test à l'ouest). Toutes ces nefs qui s'entrecroisent ont pour supports des colonnes dont le nombre actuel (646) est inférieur à celui donné par Morales, Murphy et de Laborde, qui en comptèrent 850 ; ces
(1) A. Coste, Architecture arabe.
colonnes, de 0™,37 de diamètre seule ment, sur 3 mètres de haut, sont en jaspe et en marbre de différentes couleurs; elles proviennent, suivant les historiens, d'anciens monuments romains de l'Espagne, de la Gaule et de l'Afrique ; quelques-unes sont arabes ; leurs fûts monolithes sont généralement Usses, certains sont cannelés. Il est certain que les architectes qui construisirent ce monument ont non-seulement connu, mais ont voulu imiter le goût de l'architecture byzantine où l'on voit de même les murs, les arcades, les pavés, etc., recouverts de peintures, de stucs, de mosaïques, de compartiments de marbres précieux et de découpures d'ornements. A cette époque, en effet, on envoyait, de tous côtés, chercher des architectes à Constantinople. L'art décoratif empruntait, tout à la fois, ses éléments à l'architecture gréco-romaine et aux dessins bizarrement colorés dont les étoffes orientales fournissaient les modèles. Les Arabes s'approprièrent tout simplement ce qui était sous leurs yeux et sous leur main. La mosquée de Cordoue est un des édifices qui démontrent le mieux cette vérité; les colonnes, comme nous venons de le dire, ainsi qu'en témoignent leurs chapiteaux, appartiennent à l'époque gréco-romaine et au style gréco -byzantin ; quelques-unes cependant sont entièrement arabes ; dans les frises et les entablements, un grand nombre de parties sont romaines ; enfin, cet édifice ne présente pas un spécimen de l'art arabe pur et il n'y a de réellement mauresque que ce genre de décoration d'où l'on voit rigoureusement exclues toutes espèces de figures d'animaux et la forme outrepassée d'un certain nombre d'arcs. Quoi qu'il en soit de cette alliance de styles divers, le romain dans les colonnes et les chapiteaux, le hijzantin dans la disposition du plan et dans certains détails de construction, Y arabe dans la conception générale de l'œuvre et la décoration, il ne résulte pour l'ensemble aucune con-
MOSQUÉE