‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 4)Chapitre 253 sur 349 · III · texte numérisé non relu

III

ciment.

sable.

sable

sans tare.

avec tare.

m cube

kil.

kil.

ser en petits morceaux égaux et quadrangulaires, qui devaient se mieux rapporter entre eux, présenter à la marche une surface plus unie et faciliter le polissage ; et Ton ne saurait s'étonner que, vu le bon marché, la solidité, Tagrément de ce genre d'assemblage, la facilité qu'il y a de le réparer dans les parties qui se dégradent, la plupart des cours, dans les maisons de Pompéi, aient été ainsi pavées. Dans la suite, les nombreuses variétés de couleurs qu'offraient les cailloux suggérèrent 1 idée de les faire servir à produire quelques-uns des effets de la peinture, dans des pavements plus soignés et destinés à des intérieurs.

Ces pavages, dont un très grand

310SAIQUE. — 417

Mosaïque, s. f. — Assemblage de petits prismes de matières dures et colorées, dont on forme des dessins, des ornements et même des figures, et qui sert à la décoration des édifices, comme revêtement des murs, des plafonds ou du sol.

Certains auteurs attribuent, comme étymologie au terme mosaïque, le mot latin musiviuiu auquel les anciens attachaient un sens plus restreint ; ils désignaient ainsi un revêtement formé de petits morceaux de verre coloré ou d'émail, par opposition au mot lithostratiim, qui s'appliquait aux revêtements composés de pierres ou de marbres de différentes couleurs.

Quelles que soient, d'ailleurs, l'origine de la mosaïque et l'époque où ce genre d'ouvrage fut inventé, il est évident que ce travail consista d'abord dans une de ces opérations où tous les esprits se rencontrent; on commença par assembler des cailloux, qu'on lia ensemble par du mortier, pour en former des aires saines et solides ; les cailloux que Ton utilisa se trouvant de différentes couleurs, il parut naturel d'assortir entre elles ces couleurs, particulièrement le blanc et le noir ; c'est ainsi que fut créée h mosaïque. Plus tard, on dut imaginer de fendre les gros cailloux, de les divi-

MOSAIQUE.

nombre de spécimens nous ont été conservés dans les ruines des édifices antiques, peuvent se diviser en deux catégories distinctes : les mosaïques à ornements et les mosaïques à figures.

Dans la première catégorie, on trouve toutes les formes, plus ou moins capricieuses, qui entrent dans l'arabesque; des entrelacs, des festons, des rinceaux, des enroulements, des chimères, etc. . .

Les cailloux de couleur employés à ces ornements ne donnant point, d'ordinaire, des tons vifs et tranchants, on imagina bientôt de mêler à ces substances naturelles des cubes de matières artificielles, c'est-à-dire de vitrification, que l'on put colorer à volonté et avec lesquels on obtint toutes les nuances, toutes les dégradations qu'on jugea nécessaires et aussi les tons les plus vigoureux.

Les mosaïques à figures sont celles qui, composées dans le goût des compartiments d'un plafond, présentent un ensemble symétrique de rapports et d'intervalles occupés par des figures.

Nous rangerons également dans cette classe les compositions en pavés de mosaïque qui ont une apparence de tableaux.

Divers noms étaient appliqués à ces différents genres d'ouvrages ; ainsi Ton appelait :

i° Pavimentum sectile, un pavé formé de marbres colorés en prismes réguliers

s'adaptant les uns aux autres, de manière à figurer un dessin , comme le représente la figure 2334 ;

MOSAÏQUE. — 418

2° Pavimentum tessellatum, un pavé (le marbre qui était également de diffé-

MOSAIQUE.

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Fig. 2335.

rentes couleurs, mais en tablettes carrées (fig. 2335) ;

3'' Pavimentum vermiculatum , un pavé représentant les formes et les cou-

Vio-

leurs d'objets animés et inanimés 2336).

Pline rapporte que de Tusage de paver les salles et les cours en mosaïque on passa promptement à celui d'en orner les intérieurs et les voûtes et que l'on employa le verre à ce genre de décoration.

Dans les premières églises chrétiennes, le sanctuaire, le pavé de la nef, les ambons, la clôture du chœur, la chaire et le siège de l'évêque étaient seuls décorés de mosaïques.

Dans quelques anciennes basiliques, on remarque des pavements auxquels on a donné le nom d'opus Alexandrinum et qui sont formés de grandes dalles de porphyre ou de granit, ordinairement circulaires et encastrées les unes dans les autres par de larges bandeaux ou entrelacs de mosaïques à dessins réguUers, en pierres de couleurs vives et tranchées.

Les premiers essais de décoration en mosaïque, pour le revêtement des murs, furent appliqués au fronton, dans les édifices chrétiens; c'est dans cette partie qu'était représenté le Christ, dont le type était conservé par Eusèbe, par les Pères et sur quelques peintures des catacombes.

De ce point la mosaïque descendit sur la face antérieure de la nef et vint encadrer les fenêtres dans de riches bordures accompagnées de tableaux représentant les Apôtres ou des sujets tirés des livres saints. Ces premières peintures en mosaïque furent exécutées sur un fond d'or composé de petils cubes en émail, dans l'épaisseur desquels un paillon d'or, recouvert d'une légère couche de verre, conservait tout son éclat.

L'emploi de matières vitrifiées dans le travail de la mosaïque finit même par devenir unique et exclusif dans les mosaïques du Bas-Empire. On peut citer, à l'appui de cette assertion, la coupole de Sainte-Sophie , à Constantinople, qui était revêtue d'une mosaïque formée sans beaucoup de régularité, de petits cubes de verres dorés et incrustés dans une couche de mortier de 0°',02o d'épaisseur et d'une très grande dureté. Ce genre de travail, auquel on a donné naturellement le nom de byzantin, se répandit en Italie, en Sicile et en Orient, mais il fut très rare en France ; M. VioUet Le Duc n'en cite qu'un seul exemple existant encore dans la petite église de Germiny-les-Prés , près de Sully-sur- Loire, exemple qui paraît dater du ix" siècle.

Au moyen âge, la mosaïque en pâte de verre fut encore en usage ; on possède à l'abbaye de Saint-Denis deux fragments de ce genre, que l'on attribue au xn^ siècle. Mais plus généralement les carrelages en terre cuite, avec dessins incrustés, ou les dalles gravées remplacèrent alors les mosaïques galloromaines.

C'est au xnr siècle qu'un peintre grec, Apollonius, passe pour avoir enseigné

mosaïque.

mosaïque.

Tart de la peinture en mosaïque à André Tafi. Bientôt après, ce genre fut cultivé par Gaddo-Gaddi, Giotto, etc., et la mosaïque sembla, dès lors, avoir changé de destination et aspira à remplacer la peinture.

Toutefois, ce n'est qu'au xv« siècle que Ton voit apparaître, se perfectionner et arriver promptement à un haut degré cette sorte de mosaïque appelée sectilia par les Romains, lavoro di composta par les Florentins et qui prendrait plus justement le nom de marqueterie de marbre.

Le fameux pavé de mosaïque de la coupole de Sienne, exécuté par Beccafumi, est composé de plaques de marbre, mais de trois teintes différentes, lune de blanc très clair, l'autre d'un gris obscur, tandis que la troisième est noire. Ces différents marbres sont d une taille si parfaite qu'ils font l'effet d une peinture en grisaille en noir et blanc. Le premier marbre fait les clairs et les parties saillantes; le second sert aux demi-teintes et le troisième est pour les ombres.

Cette sorte de travail a particulièrement été en honneur à Florence, où on la même perfectionné, c'est-à-dire que Ton a fait des mosaïques en pierres fines, où les substances les plus rares se trouvent taillées et réunies avec le plus grand art, de façon à représenter, sans qu'on puisse reconnaître les moyens tlehaison, une foule d'objets qui simulent admirablement les effets de la peinture.

A côté de ce genre d'ouvrage, appelé mosaïque florentine, il faut citer aussi la mosaïque, dite romaine, qui est une combinaison de petites pièces oblongues de marbre, de verre ou d'autres substances. Ces pièces, néanmoins, varient de dimension, suivant la grandeur de la peinture qu'on exécute.

Il faut remarquer, d'ailleurs, que remploi du verre dans la mosaïque dut naturellement rendre plus vaste le champ où cet art put s'exercer. En effet,

toutes les teintes et les moindres nuances des tableaux pouvant être facilement imitées par la pratique de colorer le verre et par la réunion de cubes de verre, réduits aux dimensions les plus petites, on put reproduire les tableaux avec leurs tons les moins accentués.

La solidité, la longue durée qui forment le caractère des ouvrages en mosaïque en ont fait de nouveau désirer l'emploi, aux \\T et xvn^ siècles, pour les grandes décorations des voûtes et des coupoles. C'est au commencement du xvH« siècle que le pape Clément VIII fit orner en mosaïques toute la partie intérieure de la coupole de la nouvelle basilique de Saint-Pierre.

La durée de la mosaïque tient surtout à la bonne qualité des mortiers. Jean- Baptiste Calendra, vers la même époque, inventa un nouveau mastic, avec lequel il exécuta, dans l'espace de quatorze années, les grandes mosaïques des pendentifs de la coupole de Saint-Pierre.

De là, on passa bientôt à l'idée de reproduire, par d'indestructibles copies, les chefs-d'œuvre souvent périssables du pinceau. C'est ainsi que, dans l'éghse même dont nous venons de parler, la peinture à fresque ou à l'huile étant attaquée par Thumidité, on résolut de remplacer plusieurs tableaux estimés par des copies en mosaïque qui ornèrent les diverses chapelles.

Aujourd'hui encore, c'est en Italie que l'art de la mosaïque trouve le plus fréquemment son application, en raison de la proximité des gisements de marbre, d'albâtre, de serpentine, de jaspe, de porphyre, d'agate, d'aventurine, de calcédoine, de malachite, etc., matières généralement employées pour ces genres de travaux .

Cet art si dispendieux tenta de se répandre hors de l'Italie, dans les contrées voisines, mais sans grand succès. Cependant il serait à souhaiter que l'usage en devînt plus commun, car pour la décoration des grands édifices publics, on ne saurait trouver de peinture aussi mo-

MOSQl'ÉE.

3I0SQUÉE.

numeiilale el aussi bien appropriée au caractère propre de l'architecture. Au seul point de vue même de la conservalion des chefs-d'œuvre, la peinture en mosaïque est préférable à la peinture à fresque qui n'en a ni la solidité ni le caractère architectonique. Nous devons cependant rendre hommage aux efforts récemment tentés , notamment par M. Garnier, architecte de l'Opéra, pour remettre en honneur un art qui offre à Tarchitecte tant de ressources et tant de garanties de solidité et de durée.

Notons en terminant qu'on fait aujourd'hui des imiiSiVions de mosaïques au moyen de certains marbres et même à l'aide de matières très diverses, telles que le céramo-marbre ou ciment anglais comprimé, le plâtre aluné, le bois, les mastics bitumineux, les cailloux colorés, etc.

Mosa'iste, s. m. — Ouvrier, artiste qui exécute des mosaïques (voy. ce mol).

Mosquée, s. f. — Temple musulman.

Les Arabes distinguent plusieurs sortes de mosquées : la mesdjid, ou mosquée simple, uniquement destinée aux prières quotidiennes ; la djdmi, celle où les fidèles se réunissent le vendredi pour la prière publique ; la zaouia, celle où sont inhumés les restes des saints personnages et où l'on instruit les enfants.

Les mosquées sont généralement construites sur plan carré et surmontées de tours ou minarets (voy. ce mot), sur lesquelles existe une galerie d'où le mue::zin fait l'appel à la prière. L'intérieur olîre certaines dispositions qui se représentent toujours : on y trouve le kiblah, niche pratiquée dans le milirab, ou milieu de l'une des faces orientée vers la Mecque el vers laquelle on se tourne en priant; adroite est le siège du cheikh et, à gauche, la tribune des muezzins; à l'intérieur de la nef se dresse une chaire à escaUer droit pour le prédicateur; des lampes sont suspendues aux

voûtes ; les murs sont recouverts d'inscriptions tirées du Koran et encadrées d'arabesques; des fontaines, des piscines pour les ablutions, une salle de lecture ou maksoura sont voisines de la mosquée.

Les colonnes élancées, les arcs en plein cintre ou en fer à cheval, les plafonds peints, les verres colorés, les mosa'iques, les arabesques, les sculptures les plus fines, les métaux précieux se trouvent à profusion dans ces édifices ; l'imagination est frappée autant par la finesse et la multiplicité des détails que par le contraste harmonieux des plus riches couleurs.

Il y a cependant, dans la disposition des édifices de ce genre, élevés par les Arabes dans les divers pays soumis à

Fig. 2337.

leur domination, des différences notables

MOSQUÉE

MOSQUÉE

suivant ces différentes contrées ; ainsi, le plan des mosquées d'Espagne et d'Afrique a de l'analogie avec celui des basiliques byzantines; la disposition générale n'en diffère que par le nombre des nefs qui les divisent et par les portiques qui les précèdent.

La figure 2337 représente le plan de la mosquée de Kaitbai, que l'on peut, malgré ses dimensions restreintes, regarder comme l'un des monuments les plus parfaits du Caire. La légende qui suit donne l'explication de ce plan :

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