‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 4)Chapitre 264 sur 349 · MOUTON · texte numérisé non relu

MOUTON

MOUVEMENl

Les moulures se taillent sur la pierre au moyen du ciseau ; celles qui sont en plâtre se traînent à Taide de gabarits ; les moulures en menuiserie se font avec des rabots dont le fer a un tranchant découpé suivant le profd déterminé.

Les moulures en plâtre comptent dans le métré comme ouvrages légers et s'évaluent suivant des règles spéciales (voy. Légers).

On ne saurait nier, au point de vue archéologique, l'importance des moulures dans Tarchitecture ; c'est par leurs profils, différents aux diverses époques, que l'on peut reconnaître l'âge et le style des monuments, indépendamment des formes générales ou particulières affectées à chaque période.

Mousse, s. f. — On donne le nom de mousses à des plantes parasites qui, comme les lichens, s'attachent à l'écorce des arbres et la recouvrent sur toute sa longueur, faisant ainsi tort à la qualité du bois, dont ces végétations absorbent en partie la sève.

Mousseline, s. m. — Verre mousseline : verre que l'on fabrique en mélangeant à la pâte en fusion une certaine quantité d'émail blanc qui le rend opaque. On l'emploie pour vitrer des châssis de portes et de fenêtres, de couloirs, de passages, de privés, etc. . . .

Moustier, s. m. — Vieux mot qui signifie monastère.

On a également donné ce nom, particulièrement en Allemagne, aux églises desservies par des moines.

Mouton, s. m. — 1° Bloc de bois, de fer ou de fonte qui sert, dans une sonnette, au battage des pieux.

Le poids d'un mouton varie de 300 à 000 kilogr. Ceux qui sont en bois portent, à leur partie postérieure, deux saillies qui s'engagtnt entre les jumelles de la sonnette et qui servent de guide au mouton pour l'empêcher de dévier

dans sa chute (voy. Battage, Sonnette).

La Me est un bloc plus pesant que le mouton proprement dit et que l'on soulève au moyen d'un moulinet.

2° Armature en bois à laquelle est suspendue une cloche (voy. ce mot).

Mouvement, s. m. — Pièce de fer ou de cuivre posée en bascule et qui sert à changer la direction du fil de tirage d'une sonnette, d'une porte cochère, etc.

On distingue :

Le mouvement de sonnette simple , représenté par la figure 23oo ; c'est une

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branche de bascule, au tiers d'exécution,

montée sur un support à pointe droite;

Le mouvement à deux branches, dit

aussi ailes de mouche, qui peut être

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Fig. 2356.

monté, soit sur une pointe droite (voy. Aile), soit sur une pointe coudée, comme le montre la figure 2356; Le mouvement à charnière ou pied de

Fig. 2357.

biche, monté à arrêt c, et représenté, au tiers d'exécution par la figure 23oT.

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Il y a encore les mouvements petits, moyens, grands modèles, à congé, sur supports à patte, à scellement, montés sur ou sous platine, entaillés, etc.

Les mouvements de tirage placés sur les pieds-droits des portes pour faire mouvoir les sonnettes d'entrée se nomment coulisseaux ou tirages proprement dits (voy. ces mots).

Moye, s. f. — Yoy. Moie.

Moyer, v. a. — Scier une pierre de taille, la fendre suivant la moye ou partie tendre que Ton rencontre suivant le lit de carrière.

Une pierre moyée est celle dont le tendre est abattu.

Moyeu, s. m. — Terme de treillage qui désigne un morceau de bois dans lequel sont placées les fleurs.

Muette, s. f. — On appelait ainsi autrefois de petites maisons construites dans les parcs et où Ton conservait les mues de cerfs, les oiseaux de fauconnerie, au temps de la mue, ou les meutes de chiens. Plus tard, on appliqua ce nom aux pavillons et autres constructions servant de relais et de rendez-vous de chasse.

Mufle, s. m. — Terme de peinture et de sculpture désignant un masque ou tête d'animal et particulièrement une face de lion.

Muid, s. m. — Ancienne mesure usitée pour le plâtre et qui comprenait trente-six cens à deux boisseaux, c'està-dire, en mesures actuelles, neuf cent vingt-six litres.

Mur, s. m. — Ouvrage de construction composé d'éléments tels que la pierre de taille, le moellon, la brique, la meulière, le caillou, le pisé, le bois ou simplement la terre et qui sert à enclore un espace, à supporter des terrassements

ou les étages d'un bâtiment, à y établir des divisions, etc.

Les murs qui ne font que porter sont appelés murs de fondation; ce sont ceux qui reçoivent toute la charge des constructions et que l'on étabUt, en bons matériaux, sur le sol résistant, à une certaine profondeur au-dessous de la surface du terrain sur lequel on bâtit. On monte ces murs ordinairement jusqu'au niveau du plancher du rez-dechaussée (voy. Fondation).

Dans certaines constructions, le mur de fondation est continué, soit sur la même épaisseur, soit avec une retraite, jusqu'à une certaine hauteur au-dessus du sol pour garantir mieux le rez-dechaussée de l'humidité des terres ou de l'eau de pluie ; il prend alors le nom de mur de soubassement.

Les murs qui soutiennent des terres, appelés murs de terrasse ou de soutènement, sont construits en talus au dehors et contreforts ou retraites en dedans. En raison de Thumidité des terres soutenues où l'eau ne trouve pas d'issue, on pratique généralement dans ces murs des ouvertures étroites appelées barbacanes ou chantepleures qui permettent à l'eau de s'échapper (voy. Soutènement).

Les murs qui limitent, au-dessus du sol, certains espaces peuvent simplement enclore un terrain et se nomment murs de clôture ; ou bien ils enceignent un bâtiment et dans ce cas, ils peuvent être eux-mêmes murs de fondation et servir, en même temps, à clore des espaces, tels que des caves utilisées audessous du rez-de-chaussée.

Les autres murs qui forment enceinte au-dessus du sol se nomment murs de pourtour ou murs extérieurs. On leur donne certaines dénominations telles que celles-ci :

Mur de face : mur extérieur d'un bâtiment, qui est placé, soit du côté d'une vue, ou de l'entrée principale, soit du côté des cours et jardins ;

Mur latéral: mur en dehors du mur de faceet pouvant étremiYo^^/î (voy. ce mot);

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Mur pignon : mur dont la partie supérieure, afleclant la forme des rampants du comble, reçoit Textrémité du comble.

Les murs qui divisent et constituent les espaces ou pièces que Ton veut établir dans les édilices prennent le nom de murs de refend (fig. 2358).

Ces deux espèces de murs, les murs extérieurs ou les murs de refend peuvent également concourir à supporter le poids d'une ou plusieurs parties de la construction ; on leur donne alors une épaisseur convenable pour cet objet et

Fig. 2358.

on les désigne sous le nom de gros murs.

Les murs peu épais qui servent seulement à former des divisions dans un même étage , murs qui ne portent d'autre cliarge que celle de leur propre poids, se nomment cloisons (voy. ce mot).

D'après les diverses fonctions que les murs ont à remplir, on leur donne encore les dénominations suivantes :

Mur en aile : wur droit ou coui'be construit en avant de la face de tète dun pontet servant de mur de soutènement (voy. Aile);

Mur d'appui ou de parapet : mur qm n'a que i mètre environ de liauteur audessus du sol (voy. Appui] ;

Mur d'allégé : celui qui forme l'appui d'une croisée (voy. Allège):

Mur en décharge : mur dont le poids est soulagé par des arcatures en maçonnerie ;

Mur de dossier : mur en exliaussement sur un mur de pignon et contre

lequel sont adossés des tuyaux de cheminée (voy. Dossier);

Mur de douve : mur intérieur d'un réservoir ou d'un bassin ;

Contre-mur : mur appuyé contre un autre pour le consolider ou pour satisfaire à certaines prescriptions légales;

Mur parpaing : mur formé de pieires posées de champ et qui en font toute l'épaisseur ; ces murs servent pour les échiffres et pour les soubassements de cloisons (voy. Parpaing);

Mur de quai : mur de soutènement retenant les terres sur les berges d'un canal, d'un fleuve, sur le pourtour du bassin d'un port, aux quais d'une halle à marchandises (voy. Quai);

Mur de barrage : celui qui maintient les terres ou la maçonnerie formant un barrage (voy. ce mot).

Des matériaux très divers, avons-nous dit, entrent dans la composition des murs ; la terre argileuse, la bauge, le pisé, le caillou, le bois (voy. ces mots) sont les éléments employés ordinairement pour les murs extérieurs, dans les constructions les plus simples et les plus humbles. Ces matériaux sont rapidement attaqués par les influences atmosphériques et n'oflrcnt aucune garantie de durée ni de solidité.

La maçonnerie seule doit être employée pour toute construction quelque peu importante. On distingue plusieurs sortes de maçonnerie : la maçonnerie homogène en pierres de taille, en moellons, en briques, en meulières, et la maçonnerie mixte , dans laquelle ces divers cléments sont combinés entre eux.

Nous avons indiqué aux articles : appareil, meulière, moellon, les différents systèmes de construction qui conviennent le mieux avec la pierre de taille, le moellon, la meulière, systèmes dont nous avons étudié les dilléi'entes applications faites par les anciens et les modernes; ces méthodes sont utilisables pour les murs qui constituent le gros œuvre dans les édifices.

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Nous parlerons ici de la maçonnerie en briques comme étant la plus communément employée dans les pays de plaine ou dans les régions dépourvues de pierre, ou n'ayant qu'une pierre trop dure pour être facilement taillée.

Les murs en brigues sont formés de briques reliées par du mortier ou par du plâtre ; le premier mode de liaison est préférable; mais il faut que les joints n'aient pas une forte épaisseur, 0''',01 environ. Ces murs sont élevés par assises horizontales disposées de façon que les joints verticaux ne tombent pas les uns au-dessus des autres.

La brique ordinaire ayant des dimensions déterminées de 0°',22, 0°',i07 et 0°',0oo, les murs en briques ont des dimensions qui dépendent de la disposition donnée à ces matériaux. On range, parmi les cloisons (voy. ce mot), les murs qui n'ont sur leur épaisseur qu'une brique à plat ou sur champ et qui ne servent qu'à former des séparations intérieures, des clôtures pour des constructions très peu importantes, ou des rempUssages.

Les murs de 0°',22 d'épaisseur, que Ton classe aussi très souvent parmi les fortes cloisons, peuvent servir de murs principaux dans un certain nombre de bâtiments. Un grand nombre d'habitations pour les hommes et pour les bestiaux n'ont pas de murs extérieurs plus épais.

Les gros murs, ou murs proprement

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Fig. 23j9.

dits et qui exigent dans leurs assises un

arrangement particulier de briques, sont ceux dont l'épaisseur est de 0°',33, c'està-dire trois largeurs de briques ou de 0'",44, c'est-à-dire de deux fois la longueur ou quatre fois la largeur d'une brique. La figure 2359 montre comment

Fig. 2360.

les matériaux peuvent être disposés, dans le premier cas, pour que la construction soit solide et que les joints verticaux ne soient pas en prolongement les uns des autres. La figure 2360 représente unemaçonnerie de briques de 0°',44 d'épaisseur.

Autant que possible, les baies d'ouverture doivent être garnies en pierre de taille, au moins à la place où doivent être scellés les gonds ou les pivots ; car ceux-ci tiennent mal dans la brique, qui s'écaille sous l'action répétée des chocs reçus par les ferrements.

Les murs en maçonnerie mixte sont formés de chaînes verticales ou horizontales en pierres de taille, moellons smillés ou briques et de remplissages en petits moellons. Les soubassements, les cordons, les corniches, les tableaux de baies, se font en pieires taillées.

Souvent aussi la brique seule forme le remplissage entre des chaînes ou des assises en pierre.

Les murs isolés ou murs d'enceinte, destinés à clore les parcs, les jardins, les cours, etc., doivent surtout être construits en matériaux susceptibles de résister à la gelée et à la pluie ; on les fait en briques ou en moellons apparents ou enduits, avec ou sans chaînes verli-

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cales, en plâtre et plâtras, etc. On les couronne d'une couverture en pierres plates, en briques, en poteries, en tuiles ou en ardoises. Si ces murs sont mitoyens, on fait le couronnement ou chaperon en forme de toit à deux pans ou égouts (voy. Chaperon).

La forme et les proportions des murs dépendent de leur destination et de leurs rapports avec l'ensemble de la construction. Leur épaisseur dépend de la charge qu'ils doivent supporter, de la direction des efforts auxquels ils sont soumis et de la nature de la construction.

Dans la plupart des cas, il est difficile d'évaluer, même approximativement, les diverses données du problème ; ainsi la charge verticale peut souvent se calculer; mais il n'en est pas de même des poussées horizontales dues aux réactions des différentes parties de la construction, ni de la résistance à la disjonction que présentent les matériaux, en raison de leur adliérence ou de leur disposition. C'est donc principalement l'exemple des édifices existants que l'on a pris pour établir des règles pratiques.

On regarde comme très solides des murs ordinaires isolés auxquels on donne une épaisseur de 1/6 à 1/8 de leur élévation, d'une solidité moyenne ceux qui ont 1/10 d'épaisseur de leur hauteur et d'une solidité douteuse ceux qui n'ont qu'un 1/12.

Ces épaisseurs peuvent être diminuées pour les murs des bâtiments consolidés et reliés entre eux par des murs transversaux ou de refend. A Paris, il est dans l'usage de donner 0°',50 d'épaisseur aux murs de face, 0'",40 à 0°',45 aux murs de refend, pour les maisons qui ont jusqu'à 18 mètres de hauteur, mais dont les murs sont assez rapprochés et dont les planchers ne sont pas espacés de plus de 4 à 5 mètres. Les murs de face sont habituellement construits d'aplomb, du côté de Tintérieur et avec fruit, à l'extérieur, de manière à n'avoir que 0",4o au sommet.

Les murs de face, dans les hôtels, où les salles sont plus vastes et plus élevées, reçoivent 0°',60, et quelquefois même 0™,80 d'épaisseur.

Les murs qui ont des voûtes à supporter sont soumis à des pressions faciles à évaluer et à des actions horizontales plus dangereuses, parce qu'elles tendent à faire glisser le mur ou à le renverser en totaUté ou en partie. L'épaisseur du mur se déduit de l'intensité, de la direction et du point d'application de ces forces (voy. Poussée, Voûte).

Les murs de soutènement exigent également une forme et une épaisseur toutes spéciales (voy. Soutènement).

La décoration des murs peut être très variée. Tantôt elle résulte de l'accusation nette et franche des diverses parties de l'œuvre par des saillies plus ou moins prononcées ou par des différences de couleurs ; tantôt elle consiste en sculptures ou en revêtements plus ou moins précieux.

C'est ainsi qu'on a été amené, dans les constructions en pierre de taille, à indiquer l'appareil, à donner de la saillie aux parties qui forment l'ossature, à marquer les points d'appui, à mettre les joints et les blocs de pierre en évidence, au moyen de refends et de bossages (voy. ces mots).

Les maçonneries de moellons ou de briques sont souvent recouvertes d'enduits sur lesquels on trace des moulures ou des encadrements de baies plus ou moins riches.

La sculpture, le bas-relief servent encore à décorer les murs de façade en pierre de taille.

L'ornementation peinte n'est pas recommandée dans nos pays pour l'extérieur, à cause de son peu de durée; elle convient mieux à la décoration intérieure, à laquelle concourent également les autres arts, tels que la sculpture, la dorure, etc.

Les marbres peuvent, au contraire, être avantageusement utilisés, et leurs couleurs variées produisent de puissants

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