‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 4)Chapitre 265 sur 349 · MURAILLE · texte numérisé non relu

MURAILLE

effets décoratifs. On les emploie en dalles minces, dont on fait le revêtement de certaines parties des édifices que l'on veut faire valoir ; quelquefois même, comme en Italie, on en couvre des surfaces considérables.

Législation. Dans les constructions élevées à Paris, les diverses espèces de murs doivent être construites suivant certaines prescriptions réglementaires :

Les murs de face doivent être en pierres de taille, moellons ou briques, et jamais en pans de bois.

Pour les murs de refend, rien de précis n'est prescrit, mais ils doivent être en nombre suffisant et placés à une distance convenable les uns des autres pour relier entre elles les différentes parties de la construction.

Les murs mitoyens ne peuvent être montés en pans de bois; d'après l'usage, ils sont montés en moellons ou en briques et ont 0°',50 d'épaisseur ; ils ne doivent recevoir ni tuyaux de cheminées, ni encastrement de solives de plancher, ni ouvertures d'armoires, et doivent se continuer dans toute leur hauteur avec la même épaisseur uniforme.

Les murs en plâtras ou en carreaux de plâtre sont interdits sur la voie publique ; ils sont également interdits à l'intérieur pour les murs devant porter des planchers.

Les plus petites épaisseurs des murs sont ainsi fixées :

Murs en pierre de taille, 0°',40; 7nurs en moellons, 0",40; murs en briques, 0'°,22 au-dessus du premier étage et 0°',35 pour le rez-de-chaussée et le premier étage; pans de bois, 0"',16.

Pour les constructions à l'intérieur, c'est-à-dire en retraite de l'alignement, les murs doivent être établis d'après les mêmes conditions (voy. Mitoyenneté, Clôture, Contiguïté, Servitude).

Muraille, s. f. — Si l'on cherche des exemples de la construction appliquée aux murs, chez les peuples anciens et modernes, on en trouve particulière-

ment dans les enceintes ou murailles des villes, c'est-à-dire dans des murs employés comme défenses militaires.

On ne trouve pas dans les ruines de rÉgypte de traces d'enceintes ou fortifications ; ce fait s'expUque par la domination d'un seul homme, régnant sur l'Egypte et, dès lors, par l'inutilité qu'il y avait à entourer toutes les villes de murs fortiliés.

Les Grecs, au contraire, dès les temps les plus reculés, entourèrent la plupart des villes de murailles formées de pierres de très grandes dimensions (voy. Appareil). Le même goût pour les pierres énormes se remarque dans les débris considérables des murs de ville qui nous sont parvenus des Étrusques.

Ce genre d'appareil, appliqué aux murs de ville, dura assez longtemps; d'abord il était économique, parce que la pierre qu'on y employait, provenant des délitements des rochers, avait ses parements tout dressés ; de plus, il y avait économie de matière, puisqu'il n'y a point, dans ce genre de construction, à proprement parler, de lits ou d'assises, et que les joints ne commandent aucune symétrie. Il est probable aussi que cette construction, sans lits horizontaux, devait opposer aux moyens d'attaque ou aux machines de guerre plus de résistance ; car l'enlèvement d'une pierre de la partie inférieure n'amenait point l'écroulement de la partie supérieure.

Ces murs devaient avoir une grande épaisseur : Vitruve, traitant ce sujet, prescrit pour les murailles d'une ville une épaisseur au moins suffisante pour que deux soldats puissent, en s'y rencontrant, passer sans difiiculté. Il recommande , en outre , de doubler ces murs d'un terre-plein dans certaines circonstances. Quant aux matériaux, le choix lui en paraît indifférent ; il indique, à la fois, les pierres de taille, les pierres sihceuses, les moellons et les briques cuites ou crues.

Les murailles de l'ancienne Rome étaient généralement en briques, parce

MUSÉE

MUSÉE

que ces matériaux olTrent Tavantage d'un travail facile à faire et facile à réparer.

Les moyens d'attaque des places ayant été modiliés par l'emploi de la poudre, on a été conduit, dans les temps modernes, à donner aux murailles des villes une étendue et une force de résistance qu'elles ne pouvaient avoir dans l'antiquité (voy. Enceinte, Fortification).

Mural, adj.

(voy. Fresque).

Peinture murale

Murer, v. a. — 1° Enceindre un espace de murs.

2° Boucher avec de la maçonnerie une porte, une fenêtre, une baie quelconque.

Mus {Pierre de). — Calcaire coquillier tendre, blanc-jaunâtre, que l'on tire des carrières de Mns, près de Nîmes.

La hauteur d'assise de cette pierre est de 0'",45.

Museau, s. m. — 1° Accoudoir de stalle, ainsi nommé parce qu'autrefois les sculpteurs lui donnaient fréquemment la forme d'un museau ou mufle d'animal.

2° Renflement ou élargissement A (fig. 2361) que l'on donnait au devant du panneton dans les anciennes clefs

Fig. 2361.

bénardes, à tige non forée, pour renforcer cette partie, qui s'usait en frottant sur les barbes du pêne.

Musée, Muséum. 5. m. — Mot

qui >ient du grec mouseion et qui dési-

gnait primitivement un temple des Muses, un lieu qui leur était consacré. Dans la suite, on donna le nom de muséum à un établissement fondé par Ptolémée Philadelphe, à Alexandrie, pour le développement des sciences et l'entretien aux frais de l'État de littérateurs et de savants.

Les modernes appliquent le nom de muséum ou de musée aux bâtiments qui renferment des collections d'œuvres d'art, d'objets relatifs à l'étude des sciences, ou même de produits industriels. Il y a des musées d'antiquités, de statues, de tableaux, d'histoire naturelle, d'armes, de machines, etc.

Il n'y avait pas, dans l'antiquité, de musées, dans le sens propre que nous donnons aujourd'hui à ce mot. Les temples étaient les édilices dans lesquels se trouvaient réunis les objets les plus divers, statues, tableaux, trépieds, chars, vêtements, armures, vases, couronnes, représentant les ofl'randes les plus variées apportées par la piété publique et formant ainsi de véritables musées.

Les premières galeries destinées à renfermer des objets d'art furent construites par les Romains, dans leurs villas, lorsqu'ils se furent enrichis des dépouilles de l'univers.

L'Italie est, dans le monde moderne, le pays qui donna l'exemple et le goût des collections de ce genre. Le Musée du Vatican fut, pour la plus grande partie, élevé par le pape Pie VI, avec des accessoires d'une magnilicence peu commune.

De l'Italie, le goût des collections passa en France. Celle que François P^ réunit à Fontainebleau a formé le pi'emier noyau de notre musée national actuel, sous le nom de Cabinet du Roi. Cette collection s'augmenta considérablement sous les règnes de Louis XIV et Louis XV. Passant d'abord de Fontainebleau au Louvre, puis transféré à Versailles, le cabinet des rois de France fut ramené déflnitivement au Louvre par la Revo-

MUSÉE

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liition. Il prit alors le nom do Muséum français, qui fut changé, quelque temps après, en celui de Musée central des arts. Cette magnifique collection, qui est aujourd'hui, en réalité, la réunion de plusieurs musées , porte simplement aujourd'hui le nom de Musée du Louvre.

Les villes de province en France et les grandes villes à l'étranger ont maintenant des musées de peinture, d'histoire naturelle, etc.

La plupart de ces établissements présentent, comme distribution générale, soit une série de salles de grandeurs et de formes diverses, soit une ou plusieurs galeries. Cette dernière disposition, tout en produisant plus d'effet, offre cet inconvénient de nuire, par l'ensemble, aux détails et de réunir, dans une même salle, des objets trop dissemblables sous tous les rapports. Il en résulte que la disposition qui semble la plus rationnelle consiste en une série de salles de dimensions restreintes et déterminées en vue des objets qu'on veut y exposer ; chacune de ces salles serait affectée, par exemple, s'il s'agit d'un /?n^56''^ de tableaux, aux œuvres d'une même école, classées par ordre chronologique, et à des productions de même nature, s'il s'agit d'un musée scientifique ou industriel. Ces différentes pièces devraient communiquer facilement entre elles; la distribution en enfilade est propice à ce résultat ; un long vestibule peut, d'ailleurs, leur servir de lieu commun et permettre au public de se rendre directement dans chacun des principaux groupes d'objets, classés suivant leur nature. On peut toutefois se proposer, comme au grand salon carré du musée du Louvre, de réunir les chefs-d'œuvre les plus propres à produire une impression d'ensemble par le grandiose et la magnificence.

L'éclairage doit être distribué de telle sorte que le jour soit abondant, égal, uniforme, ne produisant ni ombres, ni reflets susceptibles de nuire à la vue des objets exposés. Les fenêtres doivent être

percées au nord ; mais il est préférable de faire venir le jour d'en haut, par des ouvertures percées dans les plafonds ou dans les voûtes, et garnies de verres dépolis.

A propos de cette importante question de l'éclairage des musées, nous indiquerons ici une disposition spéciale qui a pour objet, dans les musées de peinture permanents ou temporaires , comme ceux qui servent aux expositions annuelles, de remédier au mécontentement des artistes au sujet de l'emplacement qui est attribué à leurs œuvres, et h la fatigue imposée au public pour l'examen des tableaux. Une disposition, où bien des inconvénients sont supprimés, se trouve réalisée à Munich, où l'on a ménagé des salles pour les ta-

Flg. 2362.

bleaux de dimensions importantes. Ces pièces sont établies comme le montre la coupe représentée par la figure 2362 :

les tableaux, suspendus sur les parois de la salle, sont éclairés par un vitrage longitudinal plat, qui occupe la partie centrale du plafond; les spectateurs, placés sous un plafond qui ne reçoit pas de lumière directe , sont dans une obscurité relative et voient les peintures frappées par une lumière très vive, condition excellente pour faire valoir les tableaux. Il importe que les dimensions relatives des diverses parties de la salle soient calculées de manière à éviter les

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