‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 4)Chapitre 278 sur 349 · NOIR · texte numérisé non relu

NOIR

XOÎR.

Granges, dans la commune de Nogentles-Vierges, près de Senlis.

Celte pierre porte de 0",25 à 1 mètre de hauteur d'assise.

Noir, s. m. — Couleur employée dans la peinture décorative et qui comprend un assez grand nombre de variétés.

1° Le 7îoir de fer, dit noir de Prusse, est réputé excellent parce que, étant broyé à Tliuile, il sèche beaucoup plus vite que tous les autres noirs connus.

2° Le noir végétal ou de charbon n'est autre chose que du charbon de bois de chêne, de hêtre, d'ormeau, de charme ou de peupUer, réduit en poudre fine et provenant de la calcination en vase clos de Tune quelconque de ces essences ; cette couleur est très solide et peut s'employer pour la peinture à l'huile, en détrempe et au pastel. Parmi les noirs végétaux, on cite comme très estimés :

Le noir de hêtre, dit aussi bleu de hêtre, qui provient de la calcination de jeunes rameaux de hêtre ; il produit, mélangé à la céruse et à l'huile, le bleu de hêtre, dont la nuance est gris d'argent tirant sur le bleu ;

Le noir de vigne et le noir dépêche qui sont obtenus en calcinant, pour le premier, de jeunes pousses de vigne, et pour le second, des noyaux de pêches et d'abricots ; broyés à l'huile et à la céruse, le noir de vigne donne la nuance gris d'argent, et le noir de pêche, la nuance vieux gris ;

Le noir de Francfort ou noir d'Allemagne qui se compose de lie de vin calcinée en vase clos, après qu'on l'a débarrassée du sel de tartre par des lavages à l'eau ; il n'est pas très estimé, est dangereux à l'emploi et prend avec le temps des teintes grises et violettes.

3° Le noir d'os ou noir animal provient de la calcination, envase clos, d'os préalablement dégraissés ; cette couleur possède une teinte rougeatre, due au ])h():îpliato (le chaux ronlenu dans les os.

4° Le noir d'ivoire, dit aussi noir d^ Cassel, noir de Cologne, noir de velours, est préparé avec des tournures d'ivoire calcinées ; c'est le plus beau de tous les noirs, par son intensité, par son extrême divisibilité et par les tons qu'il donne en peinture ; on doit le choisir d'un noir un peu roussàtre ; on le remplace souvent, dans le commerce, par le noir d'os ou le noir de corne de cerf. Son mélange avec de l'huile ou de la céruse produit la nuance gris perle.

5° Les noirs de fumée qui sont plus impurs, en général, que les noirs de charbon, proviennent d'une combustion incomplète de résines ou d'huiles, et se recueillent dans des locaux disposés à cet effet. Ils ont une odeur désagréable, qui exige, pour disparaître, une calcination en vase clos ou bien une lessive alcaline et chaude. On les emploie surtout à peindre les fers dans Tintérieur des bâtiments. Employés sans préparation, les noirs de fumée sèchent très difficilement. De quelque manière qu'on les prépare, l'usage n'en est pas sûr dans la peinture, et l'on risque souvent de ternir et de gâteries autres couleurs. Voici ce que dit Vitruve au sujet de la préparation de cette couleur : « On construit un petit édifice en forme d'étuve, que l'on enduit, à l'intérieur, avec du stuc soigneusement poli ; au-devant de cette étuve, on bâtit un petit fourneau qui a un conduit entrant dans l'étuve; il faut que la porte du cendrier puisse se fermer exactement, afin que par cet endroit la flamme ne puisse sortir du fourneau, dans lequel on met brûler de la résine, car alors la fumée, étant poussée par la force du feu dans l'étuve, y laisse la suie qui s'attache aux parois et à la voûte. C'est cette suie que l'on a amassée et que l'on détrempe avec de la gomme pour faire l'encre à écrire ; ceux qui peignent les murailles s'en servent avec de la colle. Si l'on n'a pas ce qui est nécessaire pour faire ce noir, ajoute l'auteur latin, et que l'on ait besoin de celte couleur, on pourra, pour

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