‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 4)Chapitre 31 sur 349 · GRIFFE · texte numérisé non relu

GRIFFE

veaux en grès et cFun radier en pareille matière, perforé de trous qui rallégissent et facilitent son retrait à la cuisson. Des bouches en grès, fermées par des plaques mobiles en fer galvanisé que soulève l'écoulement des matières, s'engagent dans la paroi de Tégout et forment Textrémité des branchements.

Grésière, s. f. — Carrière de. grès.

On observe dans les grésières que le grès le moins dur est celui qui occupe la plus grande profondeur et que le grès le plus dur est le plus facile à tailler suivant des formes déterminées.

Le grès, n'ayant pas de lit, peut se débiter dans tous les sens (1). L'extraction se fait de la façon suivante : on divise d'abord les masses de grès par l'explosion de fougasses de poudre à tirer ; les blocs formés ainsi sont subdivisés ensuite au moyen de coins de fer, que l'on chasse à coups de masse dans des tranchées préparées pour les recevoir. Les bandes qui résultent de celte seconde opération sont réduites en morcesLUt, pavés ou bordures, de la dimension voulue, à l'aide d'un couperet (voy. ce mot).

Les carrières des environs de Paris qui fournissent principalement le grès à la capitale sont celles de Fontainebleau et d'Orsav.

Grésiller, r. a. — Façonner avec le cavoir ou grésoir le pourtour d'un carreau ou d'une glace, si le trait de diamant n'a pu couper complètement la pièce de verre, ou bien si l'on veut donner à celle-ci des formes courbes.

On dit encore, dans le même sens, égriser, égruger, gréser ou groiser le verre.

Grésoir, s. m.

cavoir (voy. ce mot).

— Svnonvme de

Gréson, 6-. m. —Nom vulgaire que

(1) Th. Cliâleau, Teclmolugie du Bâtiment.

l'on donne à l'espèce de pierre appelée poudingue (voy. ce mot).

Gresserie, s. f. — Ouvrage exécuté en grès.

Grésy-siir-Isère {Pierre - marbre de). — Calcaire compact bréchoide, que Ton extrait des carrières de Salins et de la Dent-Blanche, commune de Grésysur-Isère, dans l'arrondissement d'Albertville, en Savoie.

Cette pierre, très dure, de couleur noir nuancé, à pâte fine, est susceptible d'un beau poli. Sa hauteur d'assise est de 0™,oO. Le mètre cube pèse 2,730 kilogr., et la charge d'écrasement est de 1,160 kilogr. par centimètre carré.

Grève, s. f. — Les maçons nomment ainsi un gros sable de rivière que l'on emploie pour faire du mortier.

Gré vil le {Pierre de). — Calcaire demi-dur, provenant de la carrière de Gréville, commune de Guillestre, dans l'arrondissement d'Embrun ( Hautes - Alpes).

Cette pierre, de couleur blanchâtre, à grains lins, est propre à la sculpture.

Griffe, s. f. — Architecture. Appendice que l'on remarque à la base des colonnes, dans l'architecture du moyen âge, et qui sert à racheter les angles de la plinthe laissés à découvert par les tores (voy. Base).

Les griffes servent à adoucir les arêtes coupantes que formerait la plinthe à une hauteur où ces arêtes pouri-aient blesser les personnes qui passent ; car la plinthe, dans les colonnes à fortes proportions, s'élève précisément à la hauteur des hanches de l'homme et de son coude ; c'est pourquoi cette disposition n'existe que pour les grosses colonnes du rez-de-chaussée ; les colonnes des étages supérieurs n'ont point de griffes à leur base.

GRILLAGE

GRILLAGE

Les griffes disparurent lorsqu'à la fin du \ni' siècle les plinthes, de carrées qu'elles étaient, devinrent octogonales.

Maçonnerie. Sorte de fourche à dents

Fig. 1888.

repliées (fig. 1888) qui sert à triturer le mortier et le béton.

Serrurerie. 1° Outil composé d'une tige et d'une tête à fourchette dont les branches permettent de couder le fer ou de le chantourner.

2° Petite fourchette à pointe, à patte ou à scellement, qui retient les cordes des châssis à tabatière.

Griffon, s. m. — Animal fabuleux représentant un lion ailé à tête d'aigle, et que l'on emploie comme ornement de sculpture ou de peinture dans certains édifices.

Grignard, s. m. — Gypse en cristaux que Ton trouve interposé dans la pierre à plâtre.

Grillage, s. m. ~ 1° Treillis de fil de fer, de fil étamé ou de laiton, à mailles plus ou moins grandes ayant la forme de losange.

Les grillages servent à garantir les vitres des châssis, à faire des séparations, des volières, etc.

Au moyen âge, on plaçait des grillages devant les fenêtres des églises pour protéger les vitraux contre la grêle. Les formes qu'on donnait alors à ces ouvrages étaient beaucoup plus variées que de nos jours.

2° C'est par analogie qu'on a appelé grillage, une sorte de clôture en marbre à laquelle les premiers chrétiens donnaient le nom de transenna et qui servait cà protéger les reliques des martyrs contre la profanation et même contre l'indiscret empressement des fidèles.

Le fi-agment de grillage représenté par la figure 1889 donne une idée de ces

Fig. 1889.

clôtures, dont l'usage fut conservé plus tard pour le martyrium des basihques (voy. Martyrium).

3° Assemblage de pièces de charpente que l'on emploie dans les fondations sur pilotis.

Le grillage est formé : 1° de longrines ou de moises dont on relie les files longitudinales des pieux, après que ceux-ci ont été enfoncés, puis recépés à la hau-

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Fig. 1890.

teur déterminée ; 2° de traversines qui

GRILLE

GRILLE

sont assemblées soit à mi-bois sm^ les premières pièces qu'elles croisent perpendiculairement, soit à tenon et mortaise, sur les pilotis. Sur cette charpente on pose habituellement une plate-forme en madriers qui sert d'assiette à la construction.

Nous donnons (fig. 4890), en plan et en coupe, à Téchelle de 0°',01 pour mètre, un grillage dans lequel les longrines moisées sur des pieux sont réunies avec eux par des boulons. La plateforme est supposée enlevée sur le plan et ne se voit que sur la coupe.

Grillageiir, 5. m. — Ouvrier serrurier dont la spécialité est de fabriquer des grillages (voy. ce mot) en fil de fer.

Grille, s. f. — 1° Clôture à jour composée de pièces de bois, de fer ou de fonte, assemblées entre elles.

Le bois a été fréquemment employé pour former des grilles très simples, comme celles qui, dans les constructions rurales, ferment les enclos, les vergers, etc., ou quelquefois très riches, comme certaines enceintes intérieures d'égUses.

Fi°r. 1891.

L'architecture arabe offre elle-même

de nombreux spécimens de grilles en bois, employées comme clôtures, dans les mosquées; la figure 1891 représente, à l'échelle de 0'°,01 pour mètre, un panneau de grille de ce genre appartenant à la salle du tombeau, dans la mosquée de Kalaoun, au Caire.

Mais, le fer forgé et la fonte sont les matières qui conviennent le mieux à ces sortes d'ouvrages.

Les grilles ordinaires que Ton exécute aujourd'hui, sont formées de barreaux à section circulaire ou carrée de 0°',025 à 0'°,035 de largeur, et maintenus, haut et bas, par un ou deux cours de traverses. Ces barreaux ou montants peuvent être très simples, en pointe, ou décorés de bases et de chapiteaux en fonte ou en bronze et couronnés de fers de lance, de fleurons ou d'autres ornements.

Les grilles sont composées de trouées, comprises entre des points d'appui qui sont des pilastres en pierre, des colonnes en fonte creuse ou des montants plus forts que les autres, consoUdés par des arcs-hoiitants.

Lorsque la grille est placée sur un mur d'appui, l'extrémité inférieure des

Fig. 1892.

montants principaux se termine par

GRILLE

GRILLE

deux branches eml)rassant Tappui , comme on le voit en A (fig. 1892). Une autre disposition, B, consiste à scellei* le bout du montant dans le mur de soubassement et à Tarmer de deux arcs-boutants qui embrassent aussi Tappui.

A la rencontre des barreaux et des traverses, celles-ci forment des renflements d'aspects variés, suivant la section et la position des montants. Les figures suivantes représentent divers exemples du mode d'assemblage de ces pièces :

Fig. 1893.

sur la figure 1893, on voit un barreau carré passant dans un renflement de même forme; la figure 1894 donne un

Fig. 1894.

montant à section quadrangulaire aussi, mais dans une position différente, par

rapport à la face de la grille ; le renflement est ici triangulaire ; il est circulaire dans la figure 1895, où il donne passage

Fig. 1895.

à un barreau cylindrique. Ces pièces peuvent encore être réunies d'une façon différente, comme le montre la figure

Fig. 1896.

1896, dans laquelle on voit une clavette logée dans un trou percé sur l'épaisseur du montant et pénétrant dans des orifices correspondants pratiqués dans les extrémités de la traverse, où elle est retenue par des goupilles.

Dans les grilles d'un dessin plus riche que celles que nous venons de décrire, les intervalles des montants sont occupés par des ornements composés de brindilles ou d'enroulements, réunis aux barreaux par des embases et aux traverses par des rivets (fig. 1897). Parfois, les traverses se retournent elles-mêmes,

GRILLE. ^ - 71 -

au droit des montants, en consoles (fig.

GRILLE

Fig. 1897.

1898) ou en deux branches maintenues

Fig. 1898.

par des embases ou par des rivets (fig. 1899).

Nous donnerons ici quelques exemples de grilles ornées, formant divers genres de clôture.

La figure 1900 représente une portion de la grille extérieure en fer forgé appartenant à la cour de la Ribliothèque nationale, donnant sur la rue Vivienne, à Paris ; on voit un des pilastres d'appui et les amorces des deux travées at-

Fig. 1900.

tenantes. Celles-ci sont très simples ; le pilastre seul est décoré d'enroulements.

L'ensemble de cet ouvrage, dû à Henri Labrouste, repose sur un mur d'appui en pierre que nous n'avons pas figuré

Les grilles extérieures , en fonte, comme celle que nous donnons {fig.

1901), consistent en colonnettes ou en panneaux de diverses formes qui sont

GRILLE

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ordinairement maintenus par des traverses en fer forgé et que soutiennent des colonnes creuses en fonte plus ou moins espacées et solidement scellées dans un socle en pierre de taille. Des candélabres sont souvent ajustés sur quelques-uns de ces points d'appui. La

grille que nous présentons ici, construite sur les dessins de Hittorf, est en fonte de fer ; elle est placée à Textérieur du cirque Napoléon, à Paris ; la figure montre une amorce de l'une des grilles ouvrantes ou portes, qui ferment les passages ménagés dans cette clôture. Les squares, les jardins publics sont entourés souvent d'enceintes à jour

moins élevées que celles que nous venons de citer ; nous donnerons, comme exemple (fig. 1902), une grille de l'°,2o de hauteur, placée aux abords du palais

Fig. 1902.

de l'Industrie, à Paris ; les montants sont composés de plusieurs lames de fer réunies par des boulons ; les montants principaux sont renforcés par des arcs-boutants à enroulements.

Comme grilles de peu d'élévation, nous citerons encore :

1° Celles qui entourent les monuments funéraires ; M. Révoil a fait exécuter à Nîmes, pour le tombeau de Té-

Fig. 1903.

véque de cette ville, une grille dont nous donnons (fig. 1903) une réduction à l'échelle de 0^,03o pour mètre ;

GRILLE

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2° Les clôtures de chœur dans les églises, comme celle que représente la figure 1904, à l'échelle de 0^,03 pour mètre ; cette grille, exécutée sur les dessins de Eug. Millet, ferme l'entrée

du chœur, dans la nef de la cathédrale de Troyes ; la partie ouvrante, dont il n'est vu ici qu'une amorce, est suspendue à des montants fixes, scellés dans le dallage de l'édifice ;

3° Les clôtures basses qui entourent les parterres dans les jardins et qui sont composées de fils de fer entrelacés, qu'on appelle aussi bordures (voy. ce mol).

Les bibliothèques publiques renferment, dans leurs salles de lecture, des grilles qui établissent au-devant des

casiers des couloirs de circulation où pénètrent seuls les employés chargés de donner les ouvrages que l'on veut consulter. Nous présentons (fig. 1905)

Fig. 1905.

une clôture de ce genre, que Henri Labrouste a fait poser dans la grande salle de la bibUothèque Sainte-Geneviève, à Paris.

Les parties ouvrantes des clôtures à jour prennent aussi spécialement le nom de grilles (fig. 1906). Parmi les nombreuses formes qu'affectent les ouvrages de ce genre, en fer, on peut citer principalement les grilles à jour dans toute leur hauteur et les grilles à panneau de soubassement en tôle , simple ou ornée. Ces portes sont à un ou deux vantaux qui se ferment au moyen de crémones, de verrous, de serrures, etc.

Les baies de fenêtres, dans certains édifices, sont souvent pourvues de grilles de défense, fixées par des scellements à la partie extérieure de la maçonnerie ; les grilles que nous donnons comme exemples (fig. 1907 et 1908) appartiennent au bâtiment du trésor à la cathédrale de Troyes; les montants, à section carrée, sont maintenus par deux tra-

GRILLE

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verses seulement; leurs extrémités, terminées en fer de lance, sont montées dans Tune des fenêtres au même niveau,

dans l'autre, à des niveaux différents, de façon à donner à l'ensemble la forme de la baie.

Fig. 190G.

2° Grille de soupirail : barreaux de fer carrés, encadrés par un châssis et qui se posent à feuillure au-dessus de l'orifice des soupiraux aboutissant dans le sol du rez-de-chaussée.

3° Grille de ruisseaux : treillis de fer maillés, assemblages de barreaux parallèles également compris dans un encadrement en fer.

Les grilles d'égout ont la forme affectée par la figure 1909 ; leur coupe présente deux pentes en sens inverse. Les ruisseaux des cours aboutissent souvent à des cuvettes que Ton recouvre au

moyen de grilles rondes ou carrées (fig. 1910).

4° Grille de fourneau : les fourneaux contiennent des grilles analogues aux précédentes pour recevoir le charbon.

S*» Grille de ventouse : petite rosace en fonte ajourée, scellée à l'extrémité des ventouses de cheminée.

6° Grille à charbon : coquille en fonte plus ou moins ornée que Ton place dans les cheminées de tout genre pour brûler le charbon de terre.

7° Grille de caniveau : sorte de grillage fait de pointes rivées sur

GRILLE

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