‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 4)Chapitre 335 sur 349 · PEUPLIER · texte numérisé non relu

PEUPLIER

PHARE

pressémeni défendu de circuler dans le local avec des lumières portatives découvertes, qui ne seraient pas de sûreté et pourraient communiquer le feu à un mélange d'air et de vapeurs inflammables.

Peiilvan, s. m. — Nom que l'on donne aux monuments celtiques, en forme de monolithes verticaux, que Ton appelle aussi menhirs (voy. ce mot).

On écrit aussi Pelvan.

Peuplier, s. m. — Arbre de la famille des salicbiées qui fournit un bois de contexture uniforme, léger, tendre et facile à travailler.

On en distingue plusieurs variétés :

Le peuplier blanc, appelé vulgairement tjpréau, sans doute à cause de son abondance autour de la ville d'Ypres, et bois blanc, par suite de la couleur de son bois, a ses fibres fines et son poids spécifique varie de 0,o28 à 0,614.

L'espèce la plus estimée est celle dite blanc de Hollande ; on en fait des charpentes pour travaux peu importants et des ouvrages de menuiserie.

L'espèce dite de Lombardie, ou peuplier d'Italie, donne un bois qui se travaille facilement et n'est point sujet à se fendre, ni à se tourmenter, ni à faire retraite, qualités qui, jointes à son extrême légèreté (poids spécifique 0.371 à 0,414) et à sa prompte dessiccation, doivent le faire employer, de préférence au sapin, pour les lambris et pour les menuiseries légères.

Le peuplier noir ou peuplier franc ne peut servir qu'à des boiseries communes.

On peut encore citer le peuplier du Canada, \fi peuplier de Virginie, etc.

Le bois du peuplier, à côté de ses avantages, présente le défaut de durer peu ; mais il est facile de l'injecter au moyen de liquides antiseptiques (voy.

Conservation des bois).

On peut employer ce bois à la charpente des combles ordinaires, les faî-

tages exceptés ; mais il faut le proscrire des planchers, parce qu'il se casse assez facilement. Il est d'un assez bon usage dans les constructions rurales. En menuiserie, on s'en sert pour les portes, tablettes, parquets d'étages supérieurs et, en général, pour les parties à l'abri de l'humidité. La volige qui porte l'ardoise dans les couvertures est généralement en peuplier.

Peux (Pierre du). — Calcaire crayeux blanc, à grains moyens, tendre ou demidur, que l'on tire des carrières du Peux, dans la commune de Soyaux, près d'Angouléme.

Pour la pierre demi-dure, le poids du mètre cube varie de 2,035 à 2,050 kilogr. et la charge d'écrasement de 120 à 140 kilogr. par centimètre carré. Pour la pierre tendre, le poids du mètre cube varie de 1 ,770 à 1 ,840 kilogr. et la charge nécessaire pour produire l'écrasement de 70 à 80 kilogr. par centimètre carré.

Phare, s. m. — Tour que l'on construit sur un point élevé d'un littoral, h l'extrémité d'une jetée, et qui porte, à son sommet, un feu servant à guider, pendant la nuit, la marche des navires aux approches des côtes et à leur signaler les écueils.

Les premiers fanaux destinés à guider la marche des navires furent des feux allumés sur les montagnes, sur les promontoires ; ensuite, on éleva pour le même objet des constructions fort simples et enfin, l'architecture intervenant, on fit des monuments remarquables.

Le plus célèbre de tous les phares construits dans l'antiquité est celui que Ptolémée Philadelphe fit construire en pierres blanches pour la ville d'Alexandrie, dans l'île de Pharos, lieu qui depuis a donné son nom aux édifices de ce genre. Ce phare était à plusieurs étages superposés en forme de pyramide et munis chacun d'une galerie extérieure; il renfermait un grand nombre de pièces et d'escaliers. Endommagé successive-

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ment par plusieurs tremblements de terre , ce magnifique monument fut complètement détruit au commencement du xiv*^ siècle.

Les Romains construisirent un grand nombre de phares. Suétone cite celui que l'empereur Claude fit bâtir à Ostie, celui de file de Caprée, le phare que Caligula lit construire en Gaule pour la ville de Roulogne-sur-Mer. Pline parle des phares de Ravenne et de Pouzzoles.

Celui de Roulogne a subsisté jusque vers le milieu du xvii^ siècle.

Aujourd'hui, les phares que l'on place dans nos ports sont de très faible hauteur et servent seulement à indiquer l'entrée du chenal ; c'est aux points du littoral qu'il importe de signaler aux navigateurs que l'on établit les phares les plus élevés. On divise, par conséquent, ces constructions en plusieurs classes :

1° Ceux dont les feux ont une portée de 3o à 50 kilomètres ;

2° Ceux qui doivent faire éviter aux navires les dangers compris entre les points où sont établis les phares de la première classe, et qui ont une portée de 16 à 35 kilomètres;

3° Ceux dont la lumière ne s'aperçoit pas à plus de 16 kilomètres et que l'on appelle fanaux.

Le phare de Cordouan, commencé en 1584 sous Henri III, est l'un des plus remarquables par ses proportions et par son architecture. Il est situé sur un rbcher isolé à l'embouchure de la Gironde et, depuis son achèvement en 1610. il a été plusieurs fois restauré et agrandi.

Le phare de Bréhat (fig. 2586), construit par M. Reynaud. près de Tréguier (Côtes-du Nord),estle plus beau de tous les édifices de ce genre : il se compose (le deux tours superposées. La première, qui a 13"°, 70 de diamètre k la base, et 8 mètres à son sommet, est enchâssée dans la roche de porphyre sur laquelle repose l'édifice. La seconde tour, plus légère, est formée par un mur dont

l'épaisseur est de 1°',30 dans le bas et de 0'°,85 dans le haut. L'intérieur est divisé en plusieurs étages : les deux premiers servent de magasins ; les suivants forment la cuisine et les chambres d'habitation pour les gardiens et pour

Fig. 2.jSG.

l'ingénieur chargé de la suiTeillance ; au huitième étage est la chambre de service des gardiens; enfin, au sommet de l'édifice, est située la chambre de la lanterne. La porte est ouverte du côté opposé aux vents régnants, à 1 mètre au-dessus du niveau des plus hautes

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mers. Un escalier circulaire, encaslré clans l'épaisseur du mur, met en communication les différents étages. Cette cage forme, sur la partie intérieure de la tour, une saillie qui est rachetée par deux armoires placées à droite et à gauche.

La forme cylindrique, adoptée pour cette construction, est la seule qui semble devoir être choisie pour les phares ainsi exposés aux atteintes de la mer. Celte forme est, en outre, celle qui offre le moins de prise au vent et qui est préférable à toutes les autres pour les tours très élevées construites dans Tinlérieur des terres.

Le profil de -la base doit être concave

Fig. 2587.

(fig. 2o87) pour donner moins de prise à Faction répétée des vagues. Certains phares sont ainsi élevés sous la forme d'une tour unique à empâtement concave ; le phare de la Banche, situé à 24 kilomètres de Saint-Nazaire, donne un exemple de ce mode de construction.

Toutefois, il faut reconnaître que la forme cylindrique est plus dispendieuse et se prête moins facilement à la distribution de rédilice (jue la forme prismatique à base carrée ; aussi , adopte-t-on cette dernière forme pour les phares situés sur une hauteur et n'ayant pas besoin d'une grande élé-

vation pour donner au feu la portée voulue : la tour s'élève au centre d'un soubassement carré dans lequel on établit les magasins et logements de gardiens, ou elle se détache en saillie, depuis sa base, en avant d'un corps de logis de forme rectangulaire.

La section octogonale est souvent choisie comme terme moyen entre les deux formes que nous venons de citer.

C'est ainsi qu'a été construit le phare de Calais, dont la majeure partie est en briques.

Les fanaux ou feux de port destinés à éclairer l'entrée des ports sont ordinairement supportés par des tourelles cylindriques dont la hauteur ne dépasse pas, en général, 9 à 10 mètres.

La construction de phares en maçonnerie présente parfois de très grands obstacles, qui sont dus au manque de ressources locales , comme dans certaines colonies, ou bien à l'accès difficile de rochers isolés.

La construction métallique offre alors cet avantage qu'elle permet de préparer toutes les pièces à l'ateher et de les transporter à pied-d'œuvre, où il suffit de la construction d'une assiette de fondation. On a donc exécuté, dans ces derniers temps, des phares en tôle de fer, parmi lesquels nous citerons ceux de Roches-Douvres et de la Nouvelle- Calédonie, construits sur le même système.

Le phare de Roches-Douvres a l'aspect d'une immense colonne en forme de tronc de pyramide, dont la section horizontale représente un polygone régulier de seize côtés. Nous donnons (fig. 2o88) la coupe de cette hardie construction, à l'échelle de 0°", 00:25 pour mètre. Tout est en fer, depuis le socle jusqu'au sommet, point de réunion des pièces principales qui, par leur complication de formes et de position, ont dû nécessiter des assemblages tout à fait particuliers. La forme presque architecturale du socle témoigne de la difficulté de l'exécution et montre toute l'habileté du construc-

PHAKE.

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teur, M. Rigolet. On pénètre dans Tinlérieur de la tour par une porte métalliiiue ménagée dans Penveloppe extéi'ieure, légèrement modidée à cet endroit. Le

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Fig. 2588.

rez-de-chaussée, qui occupe la base proprement dite, sert d'habitation, dans une de ses parties, au gardien dn phare; les autres parties de cet étage, ainsi que celles de l'étage supéi'ieur, sont divisées

en plusieurs compartiments pouvant servir de chambres et de magasins, grâce aux dispositions habiles de la charpente, qui, en cet endroit surtout,

M ; ya

Fig. 2589,

est parfaitement aménagée pour ne pas obstruer l'espace. L'ossature est composée de seize montants, réunis par des enlretoises extérieures et intérieures, qui les maintiennent dans leurs positions.

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Chacun de ces montants est composé de quinze panneaux superposés, réunis par des boulons ; cliaque panneau est formé de fers à T simples, rivés et consolidés de telle sorte qu'ils ne puissent se déformer. Les ailes du fer extérieur des montants sont disposées de manière à ce que les deux branches de l'aile forment entre elles l'angle même de deux côtés voisins du polygone de section horizontale. Sur les faces de ces montants et des entretoises extérieures sont appliquées les feuilles de tôle constituant l'enveloppe. Ces tôles sont placées par parties juxtaposées, formant ainsi quinze panneaux ditïérents les uns des autres, comme le montre la vue extérieure (fig. 2589) ; le tout est boulonné et peut se démonter avec une très grande facilité.

Les joints des tôles sont dissimulés par des couvre-joints verticaux et horizontaux, qui forment les encadrements des parties polygonales des faces du pourtour; ces couvre-joints, très réguliers, constituent un ensemble symétrique assez original. De distance en distance, des parties à jour ont été ménagées dans l'enveloppe extérieure pour éclairer l'intérieur. Une console en fonte termine chaque montant à la partie supérieure etsertàl'établissementdelaplate-forme.

Le montant repose sur une semelle en fonte, fixée par six boulons de scellement noyés dans un massif de béton. Le limon extérieur, en fer, de l'escalier est lixé sur les montants, ce qui ajoute ta la rigidité du système. Cet escalier, qui ne compte pas moins de 250 marches jusqu'à la plate-forme, est d'une très grande facilité d'ascension. Les marches sont en fonte et striées. Arrivé à la plate-forme, on rencontre un petit palier, qui donne accès à un autre petit escalier, conduisant à l'appareil lenticulaire (jui occupe la partie supérieure, en forme de belvédère ou de campanile. Le phare se termine en dôme et est surmonté d'une fièche ou paratonnerre. Le balcon circonscrit le sommet de la tour, avec ses montants principaux en fonte ornée, et

I la balustrade en panneaux de fonte à jour. La hauteur totale du phare est de 55 mètres ; sa largeur à la base, mesurée suivant une des diagonales du polygone, est de li°',10; la largeur audessous de la plate-forme est de 4°',40 ; les panneaux superposés ont une hauteur moyenne de 3°", 20. Ce phare est destiné à signaler les nombreux écueils qui se trouvent fort avant dans la mer au nord des côtes de Rretagne.

Le phare de la Nouvelle-Calédonie (fig. 2590) est une tour en fer dont la hauteur est de 45 mètres, depuis le niveau du sol jusqu'à la plate-forme de couronnement. Elle se compose de seize grands montants formés chacun d'une quantité de panneaux assemblés et boulonnés de manière à être parfaitement solidaires. A la partie basse, le corps de

Fig 2.j90.

la tour se raccorde avec un soubassement qui renferme les pièces et aménagements nécessaires ; à la partie haute, kl plate-forme, pourvue d'un garde-corps en fonte, est surmontée de la lanterne vitrée qui contient le foyer lumineux.

L'escjilier est en fonte et les limons sont en fer. Le limon extérieur est boulonné contre les montants. Une demi-révolution de l'escalier correspond à la hau-

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PHÉMCIENNE.

teiir d'un panneau. Les locaux aménagés dans le soubassement sont protégés contre les variations de la température par des cloisons en briques placées à distance de l'enveloppe, atin de conserver, interposée, une couclie d'air non conductrice.

Il existe aussi des phares métalliques dans lesquels la cage d'escalier et les parties relatives aux divers aménagements sont placées dans une enveloppe, au centre d'une sorte de betîroi dont la structure est laissée apparente. La Suède

Fig. 2.=)91.

avait envoyé à l'Exposition universelle de 1867 un phare dont nous donnons l'élévation (fig. 2591), construit dans ces conditions. C'est un beffroi métallique, monté sur plan polygonal de douze côtés et formé de montants entretoisés et croisillonnés dans les plans qui pas-

sent par les crêtes de la pyramide et les rayons du cercle circonscrit à la base. Les montants sont formés de tubes en fonte, munis d'une embase à cliaque extrémité, ce qui permet d'en opérer la réunion au moyen de boulons. A la partie inférieure, ces colonnes reposent sur des semelles en fonte. Les entretoises et les croisillons sont boulonnés sur les montants au droit des embases.

Des tendeurs permettent d'assurer la rigidité des croisillons. La partie centrale du belTroi est occupée par la cage de l'escalier, contenue dans une enveloppe en tôle. A la partie supérieure sont disposés tous les services, les cliambres, les divers aménagements et l'appareil lumineux.

Phengytes, s. m. — Nom que les anciens donnaient à une sorte d'albâtre gypseux, transparent, que l'on mettait au nombre des pierres spéculaires dont on garnissait les baies des fenêtres.

La qualité diapbane de cette pierre était, paraît-il, extraordinaire, et Pline va jusqu'à prétendre qu elle n'avait pas même besoin d'être réduite en dalles plus ou moins minces pour transmettre la lumière.

Phénicienne (Architecture). — On a fait, dans la première moitié de ce siècle, la découverte de plusieurs temples élevés par les Phéniciens dans l'ile de Malte. Les ruines qui subsistent de ces monuments jettent une certaine lumière sur l'architecture de ce peuple, dont nous possédons si peu de vestiges. Elles sont placées au sud de l'île et de la cité Lavalette, dans un lieu connu sous le nom de Casale-Krenti. L'édifice principal est accompagné d'un certain nombre de sanctuaires, de chapelles et même de chambres sépulcrales. On y a trouvé des autels de différentes formes et, entre autres, un autel sculpté, orné, \ sur les quatre faces, de la figure d'un I palmier; des cônes en pierre plus ou 1 moins prononcés et enlin des statuettes

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