PIED
les terres, est composé (lig. 259:2) d'un fer qui se termine, à l'une de ses extrémités, en pointe aciérée et qui porte, à l'autre extrémité, un œil dans lequel on introduit un manche de bois.
Le pic du tailleur de pierres, qui sert à dresser des parements, est à deux pointes (lig. 2593).
Le pic du maçon, employé pour dé-
Fig. 2394.
molir, est à deux pointes ou taillant:
Fig. 2595.
(fig. 2594), ou à pointe et à marteau (fig. 2595)'.
Picolet, s. m. — Crampon à tenon ou à pattes qui est fixé sur le palastre d'une serrure pour maintenir et guider le pêne dans sa course.
Le picolet représenté par la figure 2596
est à patte par le haut et à tenon par le bas.
Pièce, s. f. — Se dit, d'une manière générale, d'une partie ou portion d'un ensemble.
1° On appelle pièce, dans un appartement, toute division formée par un espace compris entre des cloisons ou des murs, sans séparation intermédiaire ; tels sont les salons, salles à manger, chambres à coucher, cabinets, etc.
2° Morceau de bois taillé qui entre dans un assemblage de charpente. Les poutres, les poteaux corniers, c'est-à-
dire les plus grosses pièces, prennent le nom de maiiresses pièces.
3° Un des battants du remplissage d'une feuille de parquet, par opposition à pièce d'onglet.
4° Pièce d'appui : traverse inférieure d'un dormant de croisée.
5° Pièce à queue : montant placé dans le haut d'une croisée à. coulisse et qui se démonte à volonté, au moyen d'une vis, afin que l'on puisse retirer, au besoin, du bâti dormant, les châssis supérieurs.
6° Pièce rapportée : petit morceau de bois ou de métal employé pour remplacer une partie d'un ouvrage de menuiserie ou de serrurerie qui a été enlevée ou détériorée.
7° Pièce ou feuille : nom que les vitriers donnent à un morceau de verre, de forme quelconque, employé dans les compartiments des panneaux.
8^* Pièce d'angle ou quart : les marbriers désignent ainsi un quart de carreau placé entre deux bandes qui forment entre elles un angle droit ; on nomme demi-pièces ou moitiés ceWes que l'on place le long d'une bande.
Travailler à la pièce ou à ses pièces : être payé en raison de la quantité d'ouvrage exécutée.
Pied, s. m. — Partie la plus basse d'un objet , d'un mur , d'une colonne, etc.
On dit qu'un mur a du pied lorsqu'il est plus large en bas qu'en haut : on dit également qu'une échelle a du pied quand elle est suffisamment inclinée.
Plain-pied (voy. Plain).
Pied-de-fontaine : sorte de piédestal supportant une coupe de fontaine.
Pied-cornier : poteau placé à l'encoignure d'un pan de bois (voy. ce mot).
Les menuisiers désignent également I ainsi les montants de bâtis dormants ' d'une armoire , d'un buffet formant angle saillant et possédant une arête arrondie.
I Pied-de-chèvre : 1° Pièce de bois qui
PIÉDESTAL
PIÉDESTAL
forme patin dans une chèvre pour appuyer les deux montants.
2° Levier dont une extrémité a la forme d\m pied de chèvre.
Pied-de-biche : 1° Morceau de hois dur dans le bout duquel est pratiquée une entaille triangulaire qui sert à retenir le bois sur champ le long d'un établi.
2° Ciseau en fer qui a deux li'anchants à biseau très court (fig. 2597) et
Fig. 2597.
qui sert à arracher les clous et broches en fer retenus dans le vieux bois par la rouille.
Pied-droit, s. m. — 1° Mur vertical qui reçoit la retombée d'une voûte.
2° Partie du trumeau ou du jambage d'une porte ou d'une fenêtre qui comprend : le chambranle, le tableau, la feuillure, Vembrasure et Vécoinçon (voy.
ces mots).
Les arcades sont supportées par des pieds-droits munis de socles à leur partie inférieure et couronnés habituellement par une pierre plus ou moins saillante, que Ton appelle imposte.
3° Petit bout de gouttière établi dans un angle peu profond.
On écrit aussi piédroit.
Piédestal, s. m. — Support d'une statue, d'un vase, d'un buste, d'un candélabre, d'une colonne, etc.
Les piédestaux se font en pierre, en marbre, en métal, en maçonnerie, en plâtre, en stuc, en bois, selon l'importance, la richesse ou la rareté des objets qu'on veut y placer. Quant à la forme qu'on leur donne, elle est très variée : il y en a qui sont carrés, circulaires, ovales et même quelquefois triangulaires. Leur proportion est également très variable et dépend de la dimension de l'objet à supporter, du point de distance d'où on doit le considérer et de l'effet que l'ensemble doit produire.
Cette dernière condition a surtout de l'importance pour les statues; une statue assise ou couchée exige un piédestal dont la proportion, par rapport cà cette statue même, soit plus grande que pour une figure en pied ; si une statue doit être placée en plein air, dans un local spacieux, le piédestal, qui devient une partie importante du monument, exige une proportion un peu plus indépendante de la statue ; dans les statues équestres, on a souvent commis la faute de donner aux piédestaux une hauteur telle que l'œil peut à peine discerner les traits; une proportion qui parait convenable pour une statue équestre destinée à être examinée de près, est celle où le piédestal ne dépasse guère en hauteur la moitié de la statue ; la décoration la plus fréquemment adoptée pour ce dernier genre de piédestaux est celle de bas-reliefs sur les faces ou d'inscriptions
gravées.
Parmi les piédestaux que l'on donne aux statues, il en est peu qui soient ornés avec une aussi grande richesse que celui qui supporte la statue de Persée sous la Loge des Larisses à Florence. Ce piédestal, que représente la figure 2598, sur lequel repose l'œuvre de Benvenuto CelUni, est décoré de niches avec statuettes en bi'onze ; les angles sont ornés de têtes de bélier et de gaines en consoles.
Sous le rapport architectonique, c'està-dire lorsqu'il sert de support aux colonnes, le piédestal, avec base et cor-
PIÉDESTAL
PIÉDESTAL
niche, forme un tout complèlcment
Fig. 2o98.
indépendant de la colonne, surtout lorsque celle-ci est isolée, et Ton ne saurait citer que peu d'exemples d'ordonnances isolées dont les colonnes reposent sur cette espèce de supplément de base.
Toutefois, on en comprend mieux Tusage quand il s'agit de colonnes engagées dans des pieds-droits ou adossées à des murs, sui'tout lorsqu'un soubassement continu, formant une sorte d'appui, rend nécessaire de le profiler en saillie sous les colonnes.
Les anciens ont appliqué les piédestaux à une multitude de monuments et
de constructions à plusieurs étages de portiques, tels que les théfitres, les cirques, les amphithéâtres; les modernes ont suivi cet exemple pour les églises, à l'intérieur comme à l'extérieur, pour les façades des palais, les galeries des cours, etc.
Un piédestal se compose d'un socle, ou base ornée de quelques moulures; d'un dé, ou corps massif à section rectangulaire, qui repose sur le socle, et d'une corniche ou couronnement mouluré.
Il est convenable d'observer une certaine relation entre les hauteurs des colonnes et celles de leurs piédestaux ; de faire ceux-ci d'autant plus élancés, par exemple, qu'ils appartiennent à des colonnes plus allongées. C'est ainsi que Vignole adopte, comme règle générale, pour la hauteur du piédestal, la proportion du tiers de la hauteur de la colonne.
Cet auteur attribue aux piédestaux des divers ordres les dispositions suivantes :
Le piédestal toscan (fig. 2o99) a pour base une plinthe et un filet, un dé, dont
la partie inférieure se termine par un congé et pour corniche ou cimaise un talon couronné d'un listel.
Le piédestal dorique (fig. 2600) a sa base composée de deux plinthes superposées, d'un talon renversé, d'une baguette et d'un filet ; son dé, formé d'un congé et d'un socle, est surmonté d'une
PIÉDESTAL
PIÉDESTAL
corniche qui comprend : un talon, un j une baguette, une gorge, un larmier, un
talon, un listel.
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Fig. 2600.
larmier avec congé, un lilel, un quart de rond et un listel.
Le piédestal ionique (fig. 2601) a sa base composée d'une plinthe, d'un fdet, d'un talon renversé, d'une baguette et d'un listel ; son dé se joint, par un congé,
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à la base et à la corniche ; celle-ci comprend: un fdet, une languette, un quart de rond, un larmier, un talon et un listel.
Le piédestal corinthien est enrichi de nombreuses moulures ; sa base (fig.
2602) est formée d'une pHntlie, d'un tore, d'un filet, d'un talon renversé et d'une baguette ; le dé renferme un filet, un socle entre deux congés et un listel ; la corniche est composée, en suivant l'ordre de superposition de ces moulures, d'une baguette, une frise, un filet.
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Fig. 2602.
Le piédestal composite (fig. 2603) diffère du précédent par la corniche, qui
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Fig. 2603.
comprend : une baguette, une frise, un cavet, un listel, une doucine, un larmier, un talon et un filet.
Le piédestal est d'origine romaine ; les colonnes des temples grecs reposaient sur le sol, soit directement par le fût pour l'ordre dorique, soit par l'intermédiaire d'une base pour l'ordre ionique.
Les architectes de la période romanobyzantine et de la période ogivale ont donné, comme piédestaux aux colonnes, de simples socles à pans, formés quelquefois de deux dés à base polygonale superposés et réunis entre eux par des glacis.
Les modernes donnent aux piédestaux,