PIÉDOUCHE
PIERRE
suivant leurs formes, difTérentes dénominations ; ainsi, on appelle :
Piédestal composé, celui dont la base a la forme d'un rectangle, d'un ovale, d'un polygone à angles saillants ou arrondis ;
Piédestal continu, celui qui porte une rangée de colonnes et qu'on nomme encore soubassement ;
Piédestal double, celui qui supporte deux colonnes ;
Piédestal en adoucissement, celui qui possède un dé à faces taillées en gorge ou en scolie ;
Piédestal irrégulier, celui dont les faces ne sont pas d'équerre ou parallèles et dont les angles ne sont pas droits ;
Piédestal flanqué, celui dont les encoignures sont ornées de pilastres, de consoles, de figures, etc. ;
Piédestal orné, celui qui a des moulures taillées d'ornements et des faces fouillées ou revêtues d'ornements saillants.
On distingue encore : les piédestaux ronds, carrés, triangulaires, en balustres, en talus, etc.
Piédouclie, s. m. — 1° Petit pié-
Fig. 2G0i.
destal en forme de base ronde ou
carrée (fig. 2604) qui sert de support à un buste ou à une figure en ronde bosse. 2° Partie inférieure d'un balustre (voy. ce mot).
Piédroit, 5. m. — Yov. Pied-droit.
Pierre, 6-. f. — Les pierres que Ton emploie comme éléments de construction sont des substances minérales, solides, incombustibles, non malléables, d'une pesanteur spécifique supérieure à celle de l'eau.
Ces matériaux sont des oxydes terreux, purs ou combinés avec d'autres substances et que l'on distingue entre eux par leurs caractères pbysiques et chimiques.
Parmi les caractères physiques se rangent la densité ; la dureté, qui est spécifiée par ce fait que les pierres rayent l'acier, le fer, le cuivre ou l'ongle ou sont rayées par eux ; la structure, qui peut être compacte, granuleuse, lamellaire cristalline ou granitoide , saccharoide, fibreuse, grésiforme, grossière, terreuse, cellulaire, schistoide (voy. ces mots) ; la cassure, qui est droite, concJioide ou conchoidale, lisse, raboteuse ; la couleur, qui peut passer par toutes les nuances connues.
Les caractères chimiques résident dans les effets produits sur chaque espèce de pierre par l'action du feu, qui en modifie plus ou moins la consistance et la nature chimique et par l'action des acides, qui attaquent ou non la pierre, souvent la dissolvent, avec ou sans effervescence.
Un grand nombre de pierres sont déposées dans le sol en couches distinctes et sont dites de haut ou de bas appareil, selon l'épaisseur du banc auquel elles appartiennent. Les faces horizontales ou obliques suivant lesquelles ces lames parallèles sont en contact se nomment lits de carrière, et la résistance la plus grande àes pierres est celle que ces matériaux présentent aune force ! normale au plan de la couche.
PIERRE
PIERRE
Sous rinfluence des variations de température , les pierres se dilatent, mais d'une quantité assez faible pour qu'on n'en tienne pas compte dans la plupart des cas ; on évalue cette dilatation à 0,001 entre 0° et 100°. Les agents atmosphériques, Thumidité, la sécheresse, la gelée, sont encore des causes d'altération dont les effets varient suivant la nature des pierres. Il est certains de ces matériaux qui ne peuvent résister, en particulier, à l'action de la gelée; on les appelle pierres gélives ou gélisscs (voy. Gélivité).
D'autres défauts ou qualités, que peuvent présenter les pierres, leur ont fait donner les désignations suivantes :
Pierre fière, pierre difficile à travailler, parce qu'elle est sèche, comme la plupart des pierres dures, et éclate sous le ciseau ;
Pierre rive, celle qui durcit autant dans la carrière que dehors ;
Pierre pleine, celle qui ne contient ni coquillage, ni caillou, 'ni moye, ni trou, ni fissure dure, terreuse ou métallique ; ces sortes de pierres sont les meilleures pour les constructions ; tels sont les hais, le banc franc, etc. ; on désigne aussi de cette manière toute espèce de pierre dont les lits sont aussi durs que l'intérieur du banc ;
Pierre entière ou saine, celle qui n'a ni fêlure, ni fil, ni trous, ni veines qui l'endommagent ;
Pierre poreuse, celle qui a des trous, telle que la meulière ;
Pierre moulinée, pierre graveleuse et qui s'égrène k l'humidité, défaut particulier à quelques pierres calcaires , comme la lambourde ; les ouvriers désignent habituellement [es pierres moulinées en disant qu'elles ont les arêtes pouffes ;
Pierre ferrée, celle dans laquelle on remarque une ou plusieurs petites bandes ou zones très dures dans la hauteur de banc ;
Pierre coquillière, celle qui renferme de petites coquilles ;
Pierre de souchet, celle qui provient du banc le pkis bas de la carrière, ou celle qui, se trouvant entre deux bancs, n'est pas formée ou est trouée et défectueuse ;
Pierre feuilletée, celle qui se sépare en feuilles ou en écailles par suite de la gelée.
Enfin, les défauts que l'on remarque encore dans les pierres sont les fils ou moyes, les fissures ou poils, les veines terreuses ou molasses (voy. ces mots).
L'expérience a démontré que les meilleures pierres à bâtir, tant dures que tendres, sont celles qui ont le grain fin et homogène, la texture uniforme et compacte, qui résistent à l'humidité et à la gelée et qui n'éclatent pas au feu en cas d'incendie.
Le gisement des pieYres de construction se reconnaît au moyen de sondages ou excavations aussi étroites que possible, faites h l'aide de la pioche et de la pelle, ou mieux encore, avec la tarière de mineur. Lorsque le banc de pierre est trouvé, on l'exploite à ciel ouvert ou en galerie souterraine (voy.
Carrière).
D'une manière générale, les constructeurs classent les p/^rre.ç en deux groupes : les pierres dures, ou celles qui ne peuvent être débitées qu'à la scie sans dents, à l'eau et au grès, et les pierres tendres, qui se débitent à la scie dentée. A la première catégorie appartiennent les porphyres, les granits, les grès, les meulières, toutes les pierres désignées sous le nom de siliceuses, parce qu'elles renferment de grandes parties de silice; à la seconde catégorie appartiennent les calcaires, les tufs argileux, les ardoises, les gypses et les laves {\o\. ces mots).
Les pierres tendres, si elles sont assez résistantes, sont préférées, en général, aux pierres dures, parce que leur emploi est moins dispendieux ; toutefois, on doit éviter de les employer dans les diverses parties des bâtiments où la résistance à l'usure est nécessaire. Il serait également convenable de se servir des
PIERRE
PIERRE
pierres dures pour les fondations, parce qu'elles sont moins hygrométriques que les premières.
Considérées sous le rapport des dimensions et de la mise en œuvre, les pierres présentent certains caractères distinctifs qui leur ont fait donner des désignations différentes. Les pierres de fortes dimensions prennent le nom de blocs, lorsqu'elles ne sont point taillées; de pierres de taille, lorsqu'elles le sont de manière à être employées à Texécution de maçonneries en assises régu- Hères (voy. Appareil) ; de libages, lorsqu elles sont grossièrement dressées sur leurs lits. Les pierres de petites dimensions sont appelées moellons (voy. ce mot).
On distingue encore, au point de vue de remplacement que les pierres occupent dans une construction :
Les pierres d'encoignure, qui ont deux parements adjacents et qui forment un angle saillant ou rentrant d'un bâtiment ;
Les pierres d'attente ou harpes, placées en saillie k l'extrémité d'un mur pour former liaison avec une autre construction ;
Les pierres parpaignes ou parpaings [\o\. ce mot) ;
Les pierres en délit, qui ne sont pas posées sur leur lit de carrière.
L'emploi de la pierre pour la construction des murs a été en usage longtemps avant que l'homme eût trouvé les outils nécessaires pour la tailler; les monuments pélasgiques, par exemple, ne sont construits qu'au moyen de blocs bruts juxtaposés.
L'art de tailler la pierre est cependant très ancien: les excavations hindoues, les temples et les pyramides de l'Egypte témoignent de la grande habileté que ces peuples possédaient dans la taille des pierres les plus dures.
Les Grecs et les Romains, pendant la belle époque des architectures grecque et romaine, édifiaient au moyen de pierres posées sans mortier, et leurs
constructions étaient remarquables par la perfection des joints.
Au moyen Age, jusqu'au xn^ siècle, les architectes employèrent, autant que possible, les pierres de dureté moyenne et en petits échantillons; à partir du xni^ siècle, les matériaux durs et de grandes dimensions furent fréquemment utilisés. Aujourd'hui , les pierres des qualités les plus diverses sont employées, suivant les besoins et dans les proportions les plus variées.
Pierre à broyer : pierre de liais, marbre ou porphyre, sur laquelle on broie les couleurs avec la molette (voy. ce mot).
Pierre à brunir (voy. Brunissoir).
Pierre à chaux : pierre calcaire qui, soumise h la cuisson, fournit la chaux (voy. ce mot).
Pierre à plâtre (voy. Gypse, Plâtre).
Pierre artificielle. L'absence de pierres naturelles dans certaines contrées a poussé les habitants de ces régions à fabriquer eux-mêmes des matériaux de construction solides et économiques. La propriété plastique de l'argile et son durcissement sous l'action du feu furent d'abord utilisés pour cet objet ; plus tard, on chercha à imiter les pierres dans leur nature comme dans leur aspect et l'on fit les pierres factices proprement dites.
Les pierres à bâtir artificielles comprennent ainsi deux classes distinctes :
les matériaux terreux ou argileux, tels que la bauge ou torchis , le pisé, les briques crues, les brigues cuites, les poteries, etc. ; et les matériaux factices ou pierres artificielles proprement dites , qui se subdivisent en plusieurs groupes :
1° Ceux qui sont à base de chaux, de ciment, de mortier ou de béton, tels que le béton moulé ou aggloméré, le similipierre, le simili-marbre (voy. ces mots) ;
â"* Les matériaux silicates par voie sèche, tels que le silex fondu et moulé, les briques légères (voy. ces mots) ;
3° Les matériaux à base de plâtre (voy. ce mot).
Pierres celtiques (voy. Celtiques).
PIERRE
PIERRE
Pierre commémorative : monument en pierre que Ton élève pour perpétuer le souvenir d'un fait historique, militaire ou autre.
L'usage des pierres commémorntives est fort ancien ; les unes sont faites de pierres d'un seul bloc ; les autres sont de véritables monuments.
La figure 2605 représente, à l'échelle de 0°',0i25 pour mètre, \iipierre commémorative élevée, près de Paris, à Buzenval, en souvenir de l'un des combats du siège de 1870-71. Accolé à une stèle
sur laquelle est gravée la date du combat, un pilastre supporte une couronne de laurier brisée, emblème de la glorieuse mais vaine résistance des assiégés.
Pierre d'écier (voy. Évier).
Pierre milliaire (voy. Milliaire).
Pierre ponce : pierre d'origine volcanique, plus légère que les tufs, et qui sert à unir la surface du fonds d'apprêt et à polir les vernis (voy. Ponçage).
Pierres sculptées ou taillées. On range parmi les monuments druidiques les
Fig. 2G06.
pierres dites sculptées telles que celle qui s'élève près de Gavrinnis dans le Morbihan (fig. 2606).
On trouve chez d'autres peuples que les Celtes des monuments formés de pierres taillées ou non, placées dans diverses positions. C'est ainsi qu'en Sardaigne on voit de véritables menhirs dressés à côté de tombeaux antiques. En Danemark, on a découvert des espèces d'obélisques funéraires et des pierres représentant grossièrement des têtes, des pieds et des mains. D'après Ammien Marcellin, les Arabes, les Perses, les Scythes et les peuples qui les ont précédés érigeaient des piliers de pierre en mémoire des grands événements.
On lit dans la Bible que les Hébreux consacraient fréquemment le souvenir d'un fait important par le moyen d'une •pierre brute, dite pierre du témoignage.
On trouve en Suède, en Norvège, en Portugal, en Espagne, des constructions analogues aux cromlechs. Enfin, il paraît certain que, dans l'antique Orient, les périboles sacrés avaient beaucoup de
PIERRÉE