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PIGEONNIER

PIGNON

ce mot) de construction légère, en charpente, par exemple.

On ne saurait prendre trop de précautions dans rétablissement àes pigeonniers pour les garantir de l'invasion des

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Fig. 2608.

rats. Tout d'abord, il convient d'éloigner rentrée du sol, autant qu'il est possible; la figure 2608 représente la coupe d'un

Fig. 2609.

pigeonnier, qui est isolé en tous sens et qui repose ta peine sur le sol; il est sup-

porté par un pied en charpente assez original ; on accède à la porte d'entrée au moyen d'une échelle, comme le montre le plan représenté par la figure

Outre la précaution de l'isolement, on peut employer divers moyens pour s'opposer aux incursions des rats dans le pigeonnier. L'un d'eux consiste à garnir le sol à l'entour d'une couche de gravillon fin de 0°',30 d'épaisseur, recouverte de sable, puis à établir une bande horizontale continue de zinc de 0'",20 de largeur sur toutes les parties verticales ou inclinées aboutissant ûu pigeonnier; les rats ne peuvent traverser la couche de gravillon, qui bouche en retombant les tranchées creusées, et leurs grifi'es, malgré leur acuité, ne peuvent mordre sur la surface glissante du zinc.

Pignon, s. m. — Maçonnerie. Mur dont la partie supérieure prend la forme d'un triangle dont les côtés sont dirigés suivant les pentes d'un comble à deux égouts.

Le pignon porte les abouts des pannes du toit, et peut, suivant la position du bâtiment, en former la façade ou le côté.

Au moyen âge, les corps de bâtiment simples, c'est-à-dire étabUs sur plan rectangulaire, présentaient deux murs pignons et deux murs goutterots. Ces derniers étaient construits sur la rue pendant l'époque romane. C'est à partir du milieu du xni'^ siècle que les maisons eurent habituellement un de leurs pignons pour façade principale. Ces murs étaient construits d'abord en maçonnerie (fig. 2610); plus tard, on les fit fréquemment en pan de bois (voy. Maison).

Pour empêcher le passage des eaux entre la face postérieure du pignon et la tuile ou l'ardoise de la couverture, il v a certaines précautions à prendre.

Les architectes du moyen âge, avant l'usage des chéneaux, cherchèrent à obvier à cet inconvénient. Tantôt ils fai-

PIGNON

PIGNON

saienl recouvrir par la tuile les rampants

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Fig. 2610.

du pignon, en posant au sommet une pierre cramortissement ; tantôt ils prolongeaient la corniche des murs goutte-

Fig. 2611.

rots jusqu'au nu des murs pignons (lig. 2611) (i) et faisaient reposer sur la sail-

(1) Viollet Le Duc, Dictionyxaiie raisonné de r architecture française.

lie de celte corniche les extrémités du triangle; ils couvraient les rampants au moyen d'une tablette dont la saillie protégeait la toiture ; pour que cette tablette ne glissât pas, on en disposait l'extrémité inférieure de manière à ce (ju'elle fît corps avec Tassise dont le poids empêchait le glissement. Plus

Fig. 2612.

tard, on eut l'idée de laisser à cette pierre d'angle toute son épaisseur et de tailler en forme de gable le triangle ainsi conservé (fig. 2612). Ici, les eaux du toit sont reçues par un chéneau qui s'arrête contre le pignon, tandis que la moulure se retourne sur la face de ce mur.

On appelle pignon à redents un pignon dont les rampants sont disposés en degrés d'escalier. La figure 2613 (l; représente \m pignon en brique et pierre ainsi construit et qui dale du commencement du xvn® siècle.

Les frontons et les gables sont des sortes de pignons.

On nomme encore pignons les murs mitoyens sur lesquels portent les extrémités des couvertures, mais qui ne sont

(ij César Daly, Reçue d'architecture.

PILASTRE

PILASTRE

pas pour cela terminés en triangle ; leur

Fig. 2613.

sommet affecte la forme de la section du toit.

Législation. L'ordonnance de police, du bureau des finances de Paris, datée du 18 août 1667, s'exprime ainsi au sujet des pignons : « Faisons défenses aux propriétaires de faire faire aucune pointe de pignon , forme ronde ou carrée. »

Menuiserie. Petit morceau de bois mince que Ton met dans un onglet sur le champ du cadre pour empêcher que Ton voie au travers du joint, lorsque le bois vient à se retirer.

Pilastre, s. m. — Avant- corps formant sur un mur une légère saillie et pourvu d'un chapiteau et d'une base qui lui donnent l'aspect d'une colonne plate.

Le pilier ou support quadrangulaire

ou polygonal prend aussi le nom de pilastre, mais on le désigne surtout ainsi quand, au lieu d'être isolé, il est engagé dans le mur.

Les Romains donnaient le nom d'antes à ces piliers carrés peu saillants dont on trouve peu d'exemples dans l'architecture grecque et que l'on voit, au contraire, prodigués dans les édifices de Rome.

Il y a dans la disposition des pilastres plusieurs conditions à observer qui ont rapport à leur saillie sur le nu du mur : leur diminution, la manière dont l'entablement doit poser dessus, lorsqu'on même temps il pose sur une colonne, leurs cannelures et leurs chapiteaux.

La saillie des pilastres varie beaucoup, depuis la moitié jusqu'à la quatorzième partie de leur largeur. Sur la diminution des pilastres, il y a diversité d'opinions. Vitruve dit expressément , dans le iv° chapitre du IV^ livre, qu'il faut donner aux pilastres la même force en épaisseur qu'aux colonnes derrière lesquelles ils se trouvent, mais qu'on ne les diminue pas. Parmi tous les monuments grecs de l'antiquité, il n'y a que le portique de Pœstum qui nous montre des pilastres avec une diminution. Dans les monuments romains, au contraire, le pilastre forme, en quelque sorte, sur le nu du mur la projection môme de la

Fi g. 2614.

colonne (fig. 2614), de sorte que ses membres varient suivant que l'ordre de l'édifice est dorique, ionique ou corinT thien ; cet avant-corps se couvre même de cannelures comme la colonne (fig.

PILASTÏIE. — 60"

Quelques architectes des temps mo- 1

Fig. 2615.

dernes sont d'un avis contraire pour certains cas. Perrault formule, à cet égard , les prescriptions suivantes :

« On ne diminue point ordinairement les pilastres lorsqu'ils n'ont qu'une face hors du mur. Ceux du dehors du portique du Panthéon sont aussi sans diminution. Mais, quand ces pilastres étant sur une même ligne que des colonnes, on veut faire poser l'entablement sur les uns et sur les autres (sans faire un ressaut), ainsi qu'il y en a aux côtés du dehors du Panthéon, il faut alors donner au pilastre la même diminution qu'à la colonne (cela s'entend de la face du devant), le laissant par les côtés, sans diminution, ainsi qu'il se voit pratiqué au temple d'Antonin et de Faustine. Quand ce pilastre a deux faces hors du mur, étant à une encoignure, et qu'il y a une de ses faces qui regarde une colonne, cette face est diminuée de même que la colonne, ainsi qu'on le voit au portique de Septimius, où la face qui ne regarde point la colonne n'est pas

' — PILASTRE

diminuée. Il y a pourtant des exemples dans l'antique où les pilastres n'ont point de diminution, comme on le voit dans l'intérieur du Panthéon, ou n'en ont que fort peu, et moins que la colonne, comme au temple de Mars Vengeur et à l'arc de Constantin. Dans ces cas, la pratique des anciens est quelquefois de mettre l'architrave sur le nu des colonnes, ce qui le fait retirer au dedans du nu du pilastre. Ainsi le voiton au temple de Mars Vengeur, au dedans du Panthéon et au portique de Septimius. Quelquefois, ils partagent la chose par la moitié, en faisant saillir et porter à faux l'architrave par-delà le nu de la colonne d'une moitié et de la retirer de l'autre moitié sur le nu du pilastre, ainsi que cela se voit au marché de Nerva. »

Quelques architectes modernes ont donné de la diminution aux pilastres.

Debrosse, dans le portail de Saint-Gervais, et Mansard au grand autel de Saint-Martin-des-Champs, à Paris, ont non-seulement diminué les pilastres par le haut, mais ils leur ont même donné du renflement et le même contour qu'à une colonne.

Quant aux cannelures, il y a diversité dans l'architecture antique à cet égard ; quelquefois, des pilastres cannelés se trouvent associés à des colonnes sans cannelures, comme on le voit au portique du Panthéon, et cela s'expUque sans doute par la différence des matières. Les pilastres y sont de marbre blanc, tandis que les colonnes sont de granit, matière qui ne comporte point le travail de la cannelure. Il y a quelquefois aussi des colonnes cannelées accompagnés de pilastres non cannelés, ainsi que l'exemple s'en trouve au temple de Mars Vengeur et au portique de Septimius.

Observons ici que, quand les pilastres ont une saillie inférieure à la moitié de leur diamètre, on ne pratique point de cannelures sur la partie en retour.

Le nombre des cannelures n'est pas

PILASTRE

PILASTRE

fixe dans les pilastres antiques ; il y en a sept aux pilastres du portique du Panthéon, à l'arc de Septime-Sévère et à celui de Constantin. Les pilastres de rintérieurdu Panthéon sont pourvus de neuf cannelures. D'une manière générale, on pratique toujours un nombre impair de cannelures.

Ce ne fut qu'à une époque postérieure, dans l'architecture grecque, et peut-être même du temps des Romains seulement, qu'on donna aux pilastres les mêmes ornements, les mêmes bases et les mêmes chapiteaux qu'aux colonnes derrière lesquelles ils se trouvaient. Les proportions des chapiteaux sont alors les mêmes aux pilastres qu'aux colonnes pour ce qui est des hauteurs, mais les largeurs sont différentes. On observe dans le chapiteau corinthien de donner le même nombre de feuilles, qui doit être de huit pour la

Jl^îl:

de Dioclétien, le frontispice de Néron offrent des exemples de pilastres avec douze feuilles au lieu de huit.

Les pilastres peuvent aussi n'être pas opposés à des colonnes, mais simplement distribués comme renforts, sur les parois extérieures ou intérieures des constructions. La figure 2616 représente l'un des pieds-droits d'un arc de triomphe romain décoré de pilastres corinthiens avec piédestaux.

Les rares pilastres que l'on trouve dans les édifices du moyen âge attestent simplement l'influence exercée par la proximité des monuments romains.

Fis. 261G.

circonférence; cependant, les thermes

Fig. 2617.

L'emploi du pilastre est devenu très fré- (luent, au coniraire, à partir tle la Renaissance. Nous donnons (fig. 2617) un pilastre double, appartenant à cette époque (1).

Leur aspect, leurs ornements, leur mode d'emploi, etc., ont fait donner aux pilastres ditïérentes dénominations.

On appelle :

Pilastre cintré, celui dont le plan est curviligne, étant engagé dans un mur

(1) CI. Sauvagcot, Palais^ châteaux, hôtels et 77iaïso7is de France.

PILASTRE

PILASTRE

circulaire, soit intérieurement, soit extérieurement: tels sont ceux qui décorent la tour d'un dôme, tant au dedans qu'au dehors ;

Pilastre angulaire ou cornier, celui qui contourne l'angle d'un édifice, comme on en voit aux extrémités de la grande façade du Louvre ;

Pilastre coupé, celui qui, dans sa hauteur, est traversé par une imposte ;

Pilastre dans l'angle, celui qui ne présente qu'une encoignure, ainsi qu'on en voit dans les angles rentrants de la cour du Louvre ;

Pilastre ^/mmî/e', celui qui, étant placé derrière une colonne, ou accouplé avec une colonne, est diminué de même par le haut ;

Pilastre doublé, la réunion de deux pilastres qui se joignent en angle rentrant .droit ou obtus et qui ont leurs bases et chapiteaux confondus;

Pilastre ébrasé, celui qui est phé en angle droit ou obtus, comme on le pratique quelquefois dans les pans coupés ;

Pilastre engagé, celui qui, étant placé derrière une colonne, n'est cependant pas diminué et dont la base et le chapiteau sont confondus ;

Pilastre en gaine de terme, celui qui est moins large par le bas que par le haut ;

Pilastre flanqué, celui qui est accompagné de deux demi-pilastres d'une médiocre saillie ;

Pilastre grêle, celui qui, étant placé derrière une colonne, n'a pour largeur que celle du haut de la colonne ;

Pilastre lié, celui qui est joint à une colonne par une languette, ainsi qu'il en existe à la colonnade de Saint-Pierre de Rome ; on nomme de même celui qui a quelque partie de sa base ou de son chapiteau jointe à un autre ;

Pilastre plié, celui qui est partagé en deux moitiés, dans un angle rentrant;

Pilastre ravalé, celui dont la face est fouillée ou incrustée et ornée de moulures ou autres ornements;

Pilastre rudenté, celui dont les cannelures sont ornées de rudentures ;

Pilastres accouplés, ceux qui sont placés deux à deux.

Memiserie. Partie étroite d'un lambris de hauteur qui sert à établir les divisions principales dans un lambris d'appartement.

Serrurerie. 1° Montant à jour qu'on place de distance en dislance, dans une grille, ou dans un balcon, soit pour marquer des travées, soit pour augmenter la solidité de l'ensemble.

Fig 2618.

La figure 2618 représente deux montants de ce genre.

Fis. 2G19.

On place également des pilastres dans I les rampes d'escalier Tig. 2619).

PILASTRE

PILIER

2° Dans ces derniers ouvrages, on donne encore le nom de pilastre au premier barreau de la rampe, que l'on fait en fonte ou en fer. Dans les grilles d'un

Fig. 2620.

riche modèle, où les barreaux sont remplacés par des panneaux en fonte ou en fer forgé, le pilastre est ordinaire-

Fig. 2G21.

ment accompagné d'un arc-boulant droit

(fig. 2650) ou courbe (fig. 2621). On donne aussi à l'ensemble composé par le pilastre et l'arc-boutant le nom de giron.

Dans les rampes ordinaires, le pilastre est plein ou creux ; dans le premier cas, il est percé de deux trous taraudés, Tun à la partie supérieure et qui reçoit une tige disposée de façon à ce que l'on puisse y fixer une boule , l'autre à la partie inférieure et que Ton munit d'une autre tige à vis ou à scellement appelée soie, pour fixer le pilastre dans le bois ou dans la pierre du limon ou de la marche de départ. Les pilastres creux sont garnis d'âmes qui remplissent la même fonction que ces soies.

Pile, s. f. — 1° Svnonvme de pilier.

2° Massif de maçonnerie servant à porter les arches ou les travées d'un pont.

On appelle palée l'assemblage de pièces de bois qui remplace parfois la pile dans un pont en charpente (voy.

Pont).

3° Puits de forme carrée ou rectangulaire que l'on remplit de maçonnerie ou de béton pour y asseoir des fondations lorsque le sol incompressible est à une grande profondeur. Les piles ainsi formées sont réunies entre elles par des arcs sur lesquels reposent les murs. On réalise, de cette façon, une grande économie, en évitant des déblais considérables et l'établissement d'un massif continu.

Pilier, 5. m. — Support vertical en pierre isolé et sur lequel on fait reposer, dans l'ensemble d'un édillce, une charge de charpente ou de maçonnerie.

Le pilier s'appelle aussi pilastre ; mais on le désigne particulièrement ainsi quand il est, non pas isolé, mais engagé dans le mur.

Le pilier cylindi'ique prend le nom de colonne (voy. ce mot).

Les plus anciens piliers que l'on con-

PILIER

PILIER

naisse appartiennent aux monuments de rinde et de TÉg ypte.

Les excavations liindoues ont leurs plafonds soutenus par de véritables piliers ornés de sculptures et surmontés de chapiteaux à formes bizarres.

Dans rarchilecture égyptienne, nous citerons les cuvïenx piliers des hypogées de Météharra (lig. 262^), décorés d'une

i!i 1!?, i: ï.\ ii;

Fig.

tige qui semble avoir donné naissance aux fûts à faisceaux couronnés d'un chapiteau lotiforme ou à bouton de lotus tronqué.

Un autre exemple de piliers égyptiens est représenté par la figure 26^3 (1). Ici, le support est terminé par un chapiteau et recouvert de peintures qui rappellent les traits principaux de l'architecture et de la sculpture de ce pays : le chapiteau en forme de papyrus, le globe ailé, les hiéroglyphes, les figures humaines , les faisceaux de la partie inférieure des colonnes.

Les Grecs et les Romains n'élevaient pas, à proprement parler, de piliers; les colonnes seules étaient employées ; ce nom ne peut même pas s'appliquer aux masses compactes de blocages qui, dans les thermes, par exemple, portent et contre-butent les voûtes.

(1} Prisse d' Avenues^ L Egypte.

Pendant la période carlovingienne, les constructeurs se contentèrent d'imiter, tant bien que mal, les édifices romains, et ne possédant pas lesmoyens d'extraire ni de tailler des colonnes monolithes, composèrent leurs supports d'assises de pierres basses et quelquefois même de moellons.

Fig-. 2Ui3.

Les architectes romans substituèrent d'abord à ces soutiens les piliers carrés, dont les assises ofTraient une pose plus facile et une résistance plus grande.

Ensuite , pendant le xi^ siècle , par exemple, furent employés simultanément des piliers de formes très diverses, à section carrée, carrée avec arêtes abattues, circulaire, carrée cantonnée de demi-

PILIER

cercles, barlongue, circulaire, entourée d'une série de sections de cercle (1).

Quelques-uns ont leur section faite du

— 612 — PILIER

L'arcliiteclure ogivale se rapproche de

Fig. 262

rr

croisement de deux rectangles (fi 2624) ; d'autres sont à section carrée, avec demi-colonnes engagées (fig. 2625) ;

Fig. 2625.

on voit ici la construction de ces piliers par la disposition des pierres dans deux assises consécutives ; le milieu de la pile est en blocage.

.Ces formes variées dénotent l'incertitude qui régnait alors, dans l'espi'it des constructeurs, sur le choix d'un type prédominant, qui fût en rapport avec la structure même des voûtes. Au xn*" siècle, apparaissent des piles très franchement disposées pour satisfaire cà cette condition : le plan représenté parla figure 2626 est formé de deux rectangles cantonnés de quatre colonnes cylindriques engagées, destinées à servir de supports aux nervures des voûtes.

(1) Viollet Le Duc, Dictionnaire vaiso7iné de l'architecture française.

Fig. 2626.

nouveau de la forme cylindrique de la colonne; les piliers se composèrent d'abord de fûts à section circulaire contre lesquels vinrent s'appuyer légèrement des colonnettes engagées. Dans la suite, celles-ci, plus ou moins fortes, suivant le degré d'importance des ner-

Fig. 2627.

vures à supporter, alternent avec des gorges ou système de cannelures sous lequel la masse du cylindre central est dissimulée (fig. 2627).*^

Comme dans l'architecture à plein cintre, les demi-colonnes se continuent, à travers le triforium et la claire-voie, jusqu'à la naissance des voûtes, en coupant la couronne de feuillages qui forme le chapiteau du rez-de-chaussée. Le pilier tend dès lors à devenir la continuation des arcs de la voûte, transformation réalisée déjà au commencement du xiv° siècle.

Une autre sorte de pile ou pilier est le support en pierre sur lequel repose le tympan de la porte d'entrée dans un grand nombre d'éghses du moyen âge et

PILIER

^ Gia -

PILIER

qui sépare en deux baies celte ouverture, comme le montre La figure :2628, représentant le pilier pLicé au milieu de la porte de Léglise de Vézelay. La partie supérieure de ce pilier ou trumeau est disposée en encorbellement et porte,

Fig. 262?.

sculptées, deux figures d'apôtres, demibas-relief, de l'°,oO de hauteur environ. Sur le pilastre saillant du trumeau est placée une statue de saint Jean Précurseur, tenant entre ses mains un large nimbe , au milieu duquel était sculpté un agneau.

Dans l'architecture civile du moyen âge, les piliers sont monolithes ou composé? de plusieurs assises ; ils portaient les poitraux soutenant les solives des planchers ou les arcades des baies du

rez-de-chaussée, et formaient des portiques ou pieds-droits de boutiques.

Leurs arêtes étaient généralement abattues, comme le montre la figure 2629,

fe

Fig. 2629.

représentant un pilier monolithe appartenant à une maison de la ville de Dol en Bretagne.

Aujourd'hui encore, on donne le nom de pile ou pilier aux trumeaux étroits.

Fig. 2630.

en pierres de taille, qui ornent les jambages des baies sur les façades des bou-

PILIER

PILIER

tiques (fig. 2630) et sur lesquels reposent les extrémités des poitraux et les trumeaux des étages supérieurs.

Le même nom s'applique aux montants en pierre sur lesquels s'appuient, soit les grilles de clôture (voy. Montant), soit les murs de clôture eux-mêmes.

Vig. 2631,

Nous citerons comme exemples de piliers de ce genre ceux qui appartiennent au palais de Fontainebleau et que la figure 2631 représente de face et de prolil.

Ces, piliers sont souvent renforcés (fig. 2632) par des arcs-boutants ou contreforts également en pierre.

Enfin, dans les travaux de fondation, lorsqu'on est obligé de descendre à une grande profondeur pour trouver un sol résistant, on forme quelquefois les fondations d'une série de piliers convenablement espacés et reliés à leur sommet par des voûtes en plein cintre ou en arc de cercle. Si la longueur de la fondation le permet, on ne descend la fouille jusqu'au sol résistant qu'à remplacement même des piliers et l'on taille les massifs de terre intermédiaire, de façon à les

faire servir de cintres pour la construc-

Fig. 2632.

tion des voûtes de couronnement. Dans le cas contraire, on exécute la fouille entièrement, on construit les piliers, puis on remplit les intervalles avec des terres provenant de la fouille, en formant de même, avec ces terres, les pâtés qui doivent servir à l'établissement des arceaux. Ordinairement, ces piliers sont faits en béton.

On appelle pilier-butant tout corps de maçonnerie qui soutient la poussée d'un arc ou d'une voûte.

Législation. Les piles en pierre qui soulagent la portée des poitraux dans les habitations doivent avoir 0°',oo sur chaque face ou O'^,o0 sur l'une et O'^JO sur l'autre.

Les piles en pierre peuvent être rem placées par des colonnes en fonte, simples ou accouplées, pourvu qu'elles soient établies de façon à assurer la solidité de la construction.

Les piles peuvent, à l'intérieur, être formées de poteaux en bois, pourvu que ceux-ci reposent sur un dé en pierre et présentent des conditions de solidité suffisante.

PILOT

PILOÏ.

Pilon, s. m. — OiUil composé d'un rondin de bois et d'un long manche (fig. 2633) et que l'on emploie, comme la

Fij,'. 2633.

demoiselle, pour fouler, lasser et régaler des terres fraîchement remuées.

On dit aussi batte (voy. ce mot).

Pilonner, v. a. — Comprimer, fouler des terres au moyen du pilon ou de la demoiselle.

On pilonne le fond d'une fouille avant d'y asseoir une fondation. Cette opération se fait également pour unir la surface d'une chaussée en construction.

Pilot, s. m. — Forte pièce de bois que l'on appointe et que l'on ferre à Tune de ses extrémités, pour l'enfoncer dans le sol à coups de mouton et former un pilotis (voy. ce mot) sur lequel on asseoit une fondation.

Une des conditions essentielles de la forme des pilots, c'est qu'ils soient droits et de fil. On les fait un peu coniques et quelquefois on fait la pointe sur le bout le plus gros pour augmenter la résistance à renfoncement.

On distingue dans un pilot, 'la tête, le corps et la pointe. Pour que le bois n'éclate pas sous le choc du mouton, pendant le battage [\o\. ce mot), la tète est cerclée dune frelte en fer forgé ffig. 2634), que l'on enlève des pieux à mesure qu'ils sont battus, pour en gar-

nir les pieux qi;e l'on va battre. La

Fig. 2634.

pointe, taillée simplement à la hache dans les bois durs, comme le chêne et l'orme, a la forme indiquée par la même figure.

Lorsque le terrain dans lequel on enfonce les pieux est très résistant, on garnit l'extrémité inférieure de ceux-ci d'un sabot en métal. La figure 2635 repré-

Ficr. 2G3G

Fig. 2635.

Fig. 2637.

sente la pointe d'un pilot armée d'un sabot en fer forgé formé de qualre bandes réunies par une soudure et terminé en pointe.

On a remarqué que les sabots en fer forgé se déforment et se dérangent pendant le battage ; on a alors imaginé le sabot en fonte (fig. 2636), fixé au bois du pieu par une tige ébarbelée qui y pénètre et qui a été elle-même solidement unie à la fonte par le retrait de celle-ci, que l'on a coulée dans un moule où cette tige était placée à l'avance.

PILOT

PILOTIS

Les sabots à branches non reliées entre elles présentent encore cet inconvénient que, si le pieu vient à rencontrer un obstacle, ces branches pénètrent dans le bois, qu'elles coupent et déchirent ; la pointe du pilot est refoulée en dedans et s'étale, se réduit en balai sous les coups répétés du mouton et ne pénètre plus dans le terrain, avant même d'avoir atteint la couche solide, si Ton construit dans un terrain affouillable. Pour y remédier, M. Camuzat a inventé le sabot en tôle (fig. 2637) qui enveloppe la partie inférieure du pieu, réunit avec force les fibres du bois, en raison même de la densité du sol, et accompagne le pilot jusqu'au terrain solide. Ces sabots ont 0^,003 d'épaisseur de tôle pour les grands, et 0°',0022 pour les petits. L'extrémité, qui se termine en pointe, est formée d'un tuyau plein de O^'jlO, soudé à la tôle.

On garnit encore quelquefois l'extrémité inférieure du pilot (fig. 2638) d'un ferrement avec une lame contournée en hélice ; dans ce cas, le pieu n'est plus

Fig. 2638.

fi^appé pour l'enfoncement ; on le fait pivoter, sur son axe vertical, au moyen de cabestans. Ces pilots sont appelés pieux à vis.

L'arrachement des pilots ordinaires se fait à l'aide de machines dites sonnettes arrache-pieu (voy. Sonnette), d'un vérin (voy. ce mot) ou d'un levier.

Ce dernier procédé est employé pour

les plus forts pieux. Voici comment on opère : la tête du pilot est traversée horizontalement par une grosse cheville en fer, prise à chaque bout par le chaînon d'une forte chaîne, comme on le voit en A (fig. 2639). Dans Tanneau supérieur passe le crochet en fer qui arme l'extrémité d'un levier formé d'une pièce de charpente de fort équarrissage ; ce levier a, pour point d'appui, un prisme en fer coulé, portant sur un chantier qui

repose lui-même sur deux autres chantiers parallèles, placés, des deux côtés du pieu. Une chèvre permet de lever l'autre extrémité du levier, de manière à introduire le crochet dans l'anneau ; en appliquant aux tirandes la force d'un certain nombre d'hommes, on oblige le pilot à sortir. De crainte d'accident, si ce pieu cédait tout à coup, on soutient le levier par le câble de la chèvre et l'on ne donne du lâche à ce câble qu'à mesure que le levier descend.

Piloter, V. n. et v. a. — Enfoncer des pilots dans un terrain affouillable pour asseoir une construction.

Piloter un terrain : y enfoncer des pilots.

Pilotis, 5. m. — Série de pieux ou pilots que l'on enfonce dans le sol pour servir d'assiette à une fondation , qui prend alors le nom de fondation sur pilotis.

Ce système s'emploie, soit lorsqu'on veut atteindre les terrains incompressibles, en évitant des déblais considéra-

PILOTIS

PILOTIS

blés, soit lorsqu'on veut foncier sur des terrains compressibles qu'il faut aiïcrmir.

Les bois propres à être employés pour faire les pilotis sont le chêne, le hêtre, Vanne, le pin, le sapin, le mélèze, le noyer.

Dans les sols incompressibles, on enfonce les pieux en quinconce : le battage se fait au moyen de la sonnette (voy. ce mot); l'espacement que l'on donne aux pilots est de 0'^,80 à i°',20 d'axe en axe, suivant leur diamètre et la charge qu'ils doivent supporter.

Lorsque le terrain incompressible sur lequel on veut reporter le poids de la construction est assez compact pour que les pieux ne pénètrent plus, on arrête le battage, dès qu'ils y sont parvenus.

Il est à remarquer que l'enfoncement de ces pièces dans les terrains sablonneux ou graveleux ne se fait qu'avec une difficulté croissante; on s'arrête alors, en tenant compte de cette règle, fournie par l'expérience : qu'un pilot est capable de résister à une charge de 25,000 kilogr. lorsqu'il ne s'enfonce plus que de 0"',03 environ par volée de dix coups de mouton du poids de 600 kilogr., élevé à 3°^, 60 de hauteur, ou de 0°^,01 par volée de trente coups d'un mouton de même poids, élevé cà 1°',20 de hauteur.

Vig, 2640.

Après le battage des pieux, on procède

à leur recêpage, c'est-à-dire qu'on les coupe à la hauteur préalablement fixée; puis on enlève de leurs intervalles les terres qui ont été remuées pendant le battage et on les remplace par une maçonnerie en pierres sèches (fig. 2640) ou en mortier hydraulique, qui a pour objet de maintenir l'écartement des pilots et d'augmenter le frottement qui résiste à l'enfoncement ; ensuite, on fixe dessus un grillage en charpente surmonté d'une plate-forme en madriers, sur laquelle doit reposer la construction.

On remplace quelquefois cette plateforme par une ou deux assises de forts libages ou par une épaisse couche de béton qui enveloppe ces pieux jusqu'à une certaine profondeur ; le recépage est alors inutile, la tête des pilots étant noyée dans le massif de béton.

On se sert quelquefois de pieux à vis (voy. Pilot) qui évitent l'ébranlement du sol et présentent plus de résistance à l'arrachement ; cette méthode permet, en outre, d'enfoncer des pieux inclinés à l'horizon, comme on l'a fait pour plusieurs ouvrages maritimes, tels que phares, balises ou jetées.

On fait encore usage, dans certaines circonstances, de pilotis en sable formés de la manière suivante :

On creuse, en enfonçant un pieu et en le retirant, des trous que l'on remplit de sable ou de béton de sable ; le premier de ces deux matériaux est arrosé, au fur et à mesure qu'on le verse ; le second est comprimé de temps à autre.

La fondation sur pilotis et grillage peut s'effectuer au sein des eaux, en ayant soin de placer, dans les intervalles des pieux, des enrochements ou du béton que maintient latéralement une enceinte de palplanches (voy. Pont).

Les fondations se font sur pilotis dans les terrains moyennement compressibles qui ne sont pas détrempés par les eaux; leur application est surtout nécessaire quand il s'agit de constructions de nature à exercer des pressions considérables.

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