LARMIER
nombre de six pour chaque rang, lesquels sont quelquefois tracés en creux, mais le plus souvent sculptés en relief ',
Fig. less.
Vitruve donne le nom de gouttes à ces appendices.
La face du larmier est presque toujours lisse; dans les ordres corinthien et composite il reçoit quelquefois des ornements. La saillie de ce membre d'architecture est, selon Vigoole, de 1 module pour l'ordre toscan, de 1,72 pour les ordres dorique et ionique, de 2,374 pour les ordres corinthien et composite.
Dans l'ordre dorique, ainsi que le montre la figure donnée plus haut, le plafond du larmier T-- — "\ est incliné en avant, pour
offrir un obstacle de plus a la goutte d'eau qui aurait franchi la mouchette.
Au moyeu âge, le larmier est un talus terminé, soit par un simple coupe-larme A {u«. tooô , soit par un coupelarme accompagné d'une moulure pour rejeter les eaux plus loin.
Fig. I«i6.
LATINE
LATRINES
Par extension, on donne le nom de larmier à toute saillie pratiquée hors de l'aplomb d'un mur pour arrêter les eaux pluviales.
Lasseret (voy. Laceret).
Lastrico, s. m. — Sorte de béton que Ton emploie à Naples pour revêtir le sol.
Le lastrico est Formé de débris de pierres ponces et de tuf brûlé, appelés lapillo ou pierrailles, que Ton broie avec de la chaux éteinte depuis plusieurs jours.
Ce premier broyage est suivi de trois autres qui donnent au mélange la consistance voulue. On étend alors ce mortier d'un seul jet sur un lit de petites pierres de 0m,054 d'épaisseur et on donne, à la couche de lastrico, une épaisseur de 0m,13 qui se réduit à 0m,10 par le pilonnage.
On emploie ce béton, non-seulement pour le revêlement du sol, mais aussi pour les terrasses qui doivent servir de couverture aux maisons. Dans ce cas, on donne 0m,t8 à 0m,2l d'épaisseur à la couche de lastrico. ,
Latéral, e, adj. — S'emploie pour déterminer un objet qui est sur te côté par rapport à un autre objet.
On dit une chapelle latérale, une galerie latérale, une élévation latérale, etc.
Latine (architecture). — Les premiers chrétiens étaient réduits à renfermer dans de sombres carrières ou dans des cryptes profondes les objets et les pratiques de leur culte. Lorsqu'après de longues persécutions, il fut permis à la religion nouvelle de se produire au grand jour, il fallut tout d'abord trouver des édifices capables d'être appropriés. Les temples païens, ouverts seulement aux prêtres et à quelques initiés, ne répondaient pas aux besoins du nouveau dogme; tous les fidèles devant être admis dans le monument consacré aux exercices religieux, il fallait des salles à vastes proportions et pourvues d'un éclairage abondant.
Certains édifices appartenant à la vie civile des Romains semblaient satisfaire à ces données: les basiliques et les grandes salles des Thermes. Mais ces salles étaient voûtées et rétablissement de voûtes
DICflONNAJRK DB CONSTRUCTION.
exige des dépenses considérables et ne comporte pas une rapide exécution. Le type de la basilique fut donc adopté dès l'abord par les architectes chrétiens qui laissèrent de côté la riche décoration de ces édifices dont les Romains avaient embelli ces monuments (voy. Basilique).
C'est de là qu'est venu le nom de basiliques donné aux églises des premiers siècles de notre ère. De cette époque date le style latin adopté en Italie, tandis que le style byzantin (voy. ce mol) faisait son apparition dans l'Orient.
Une différence essentielle que Ton remarque dans les monuments religieux, appartenant à ces deux genres différents d'architecture, c'est la forme du plan, qui a reçu, en Orient, le nom de croix grecque et en Occident, celui de croix latine (voy. Croix). Le plan cruciforme a toujours été observé depuis tant pour les églises du moyen ûge que pour celles des modernes.
Le style latin, à la suite de la conquête du nord de l'Italie par les Lombards, fit place à une nouvelle architecture qui, du nom des conquérants, fut désignée sous le nom de style lombard (voy. ce mot).
Latrines, s. f. pi. — Lieux retirés qui sont destinés au dépôt et à la conservation momentanée des matières fécales.
On dit aussi privés, lieux d'aisances, cabinets d'aisances, water-closets ; mais le mot latrines est celui qui convient le mieux dans le langage administratif.
Les Grecs possédaient, dans leurs habitations, des lieux destinés à recevoir les sécrétions et qu'ils appelaient aptfyxov, aphedron, et auxquels correspond notre expression latrines publiques. On faisait souvent usage aussi de bassins portatifs. À Rome il y avait des latrines publiques, affermées à des titulaires appelés foricaru et qui payaient au fisc le prix de leur bail et percevaient un droit sur ceux qui entraient dans ces établissements. Ces latrines étaient distinctes des égouts et des cloaques, ainsi que l'ont assuré certains écrivains. Les palais et les édifices publics en étaient également pourvus. Les maisons
LATRINES. — '
particulières avaient des, latrines qui étaient généralement placées dans l'intérieur et non pas dans les cours et jardina. Les ruines de Pompé! DOUB montrent des latrines disposées dans les cuisines (voy. ce mot).
Dans les Édifices publics, les lieux d'aisances n'avaient pas de sièges ; les lunettes étaient à fleur du sol. Les latrines privées, au contraire, étaient quelquefois pourvues de sièges en marbre chez les riches, probablement en bots cher, les particuliers appartenant aux classes moins aisées.
Les auteurs ne se sont pas encore accordés sur la question de savoir si les maisons de Rome étaient pourvues de fosses d'aisances fixes ou la vidange se taisait à peu prés comme aujourd'hui ou bien si les matières fécales s'écoulaient dans l'égout.
Pendant la période gallo-romaine, les édifices publics et les maisons particulières des tjau les durent être pourvues de latrines; on en voit les traces aux arènes de Nîmes (fig. 1657) '. Il résulte de nombreux do-
cuments que les maisons particulières, au vi0 siècle, avaient des lieux d'aisances. A partir du is* siècle, les monastères avaient également des latrines, qui étaient généralement placées dans des bâtiments particuliers et isolés, auxquels on communiquait par des passages couverts.
Au Xli* siècle, ces lieux d'aisances prirent une importance considérable; les bâtiments isolés qui les renfermaient s'élevaient à une grande hauteur et avaient l'aspect d'une tour. Al'abbayede Saint-Germain des Près, les latrines coinmuniquaientavec le dortoir
i Liger, Fouet d'aisaneu.
) — LATRINES
par un pont, au-dessus du rez-de-chaussée. Les châteaux féodaux contenaient aussi des privés dont le cabinet était souvent pratiqué [tig 1058} dans l'épaisseur du mur et formé par la saillie d'un encorbellement qui permettait aux matières de tomber dans le fosse. Le siège était une simple dalle trouée.
Fig. 1658.
Les fosses à fond perdu étaient en usage, comme aux siècles précédents ; mais les habitants avaient aussi la déplorable coutume dejeler les immondices au devant de leurs demeures ; c'est à cette époque que parurent les premiers règlements administratifs résultant d'un accord commun, qui prescrivirent l'enlèvement de ces ordures par les particuliers eux-mêmes.
Les latrines desmonastereauu XIV siècle ne sont plus, comme antérieurement, disposées autour des murs d'une salle, mais sur deux rangs au milieu de la pièce, et elles sont construites, non plus isolées dans des édifices particuliers, mais dans des bâtiments attenant au cloître. Les cellules qui les contenaient n'étaient pas fermées ou
LATRINES. — '
ne l'étaient qu'à moitié de leur hauteur.
Au château de Pierrefonds, une tour entière était consacrée aux latrines et possédait, en outre, une fosse très-bien construite, avec une banquette destinée, sans doute, à faciliter la vidange.
Les maisons de Paris d'une certaine importance élaient alors seules pourvues de fosses. On ne trouve que peu de vestiges de réceptacles de ce genre dans les habitations du xv* siècle. C'est un arrêt du parlement de Paris, daté de 1533, qui ordonna à tous les propriétaires de la capitale de construire dans leurs maisons des fosses d'aisances destinées à recevoir toutes les déjections.
Les cabinets d'aisances étaient, au xvi* siècle, généralement placés dans les maisons de ville, contre l'escalier, souvent sans communication avec l'air extérieur. Mais à celte époque, ainsi qu'au siècle suivant, on faisait plutôt usage de -récipients mobiles, de chaises percées, par exemple, que de latrines ; ainsi les fosses d'aisances et cabinets du château de Versailles sont modernes.
Fig. 1659.
Au xviii* siècle apparut le système des tinettes portatives (lig. 1659), dans lesquelles arrivaient les matières prove-
'1 — LATRINES
nant des cabinets. Toutes les maisons de Paris, à la (in de ce siècle, étaient pourvues de fosses. Aujourd'hui de grands perfectionnements ont élé apportés à l'établissement des latrines et à leur désinfection. Leurs dispositions varient considérablement ; une infinité de systèmes ont été proposés ou utilisés; mais dans tous on trouve ces deux parties distinctes : un cabinet fixe, clos et abrité, et un récipient fixe ou mobile, ouvert ou fermé.
Les conditions générales qui s'imposent dans l'établissement de ces locaux sont : une ventilation énergique tant pour les cabinets que pour les récipients; une fermeture suffisante pour protéger la personne qui s'y trouve ; l'emploi de matériaux faciles à nettoyer ; l'enlèvement commode des matières contenues dans les récipients.
L'exposition des Laies au nord doit être préférée. Les dimensions de ces ouvertures doivent être calculées de façon à donner un facile accès à la lumière. La porte doit être munie, à l'intérieur, d'un crochet ou d'un verrou. Les latrines doivent être établies aussi loin que possible de tout local utilisé pour la préparation de substances facilement altérables, ainsi que des puits, des citernes, etc. La ventilation doit être ménagée aussi complète que possible (voy. Cabinet, Fosse).
On dislingue les latrines renfermées dans les habitations et les latrines isolées. Les premières comprennent un cabinet avec réservoir d'eau fixe ou portatif, un siège à cuvette ou une lunette, un tuyau de chute, une fosse mobile ou fixe tvoy. ces mots).
Les latrines isolées exigent moins de précautions pour la salubrité que les précédentes; les matériaux peuvent être plus économiques; le dallage doit cependant être fait avec beaucoup de soin ; le siège peut être en pierre ou en fonte : lorsqu'il est à ras du sol, les latrines sont dites à la turque.
Des règlements administratifs existent au sujet de l'établissement des lieux d'aisances; dans l'ouvrage spécial qu'il a publié sur cette question, M. Liger en fait un exposé très-détaillé ; nous en présentons ici plusieurs extraits:
LATRINES
« Aucune latrine ne peut être établie « sans avoir aa moins 1»,20 de longueur « sur 0»,80 de large et 2-, 60 de hauteur.
« Elle doit communiquer avec l'air exlé- « rieur par une croisée ouvrante d'au a moins 25 décimètres carrés. Ce jour peut o être pris par un glacis, pourvu que l'in- « clinaison du glacis ne commence pas à « plus de l)»,25 au-dessus du siège et que a la distance entre le siège et le nu du « mur à l'extérieur ne soit pas supérieure a à 1-25.
a L'éclairage par le haut est admis au « point de vue de la salubrité.
« Aucune latrine ne peut être établie « dans une cour couverte d'un vitrage, k « moins que ladite cour ne présente une a superficie de 4 mètres et qu'elle ne soit « munie d'une lanterne à jour.
« Les latrines dans les cours au rez-de- «- chaussée pourront être dispensées du jour « de 25 décimètres carrés, mais à la condi- « tion que la ventilation y sera établie au « moyen de deux trous ayant chacun 1 dé- «< camètre carré et étant placés l'un au haut « de la porte, l'autre à l'opposé, dans le « mur, au ras du sol, ou l'un au bas de la « porte et l'autre dans le plafond.
a Les murs à l'intérieur devront toujours « être revêtus d'un enduit lisse dans toute « la hauteur.
« Lorsque les latrines sont au grand air, « comme sur les quais otf sur les places, a de même que dans les cours et jardins, « elles peuvent être construites à la turque, « mais elles doivent toujours être munies « d'un appareil hermétique.
« Le sol doit être imperméable et dirigé « en pente, de façon à conduire les eaux « à la lunette par un canal débouchant « au-dessous ' de la valve. L'imperméa- <( bililé du sol s'obtient soit au moyen d'un (( dallage en pierre jointoyée en ciment, u soit par un mastic en bélon recouvert ce d'une chape en ciment, soit par le moyen « d'un terrasson en asphalte, en plomb ou ce en zinc.
« Dans tous les cas, le bas des murs « doit être enduit en ciment, si ces murs « sont en maçonnerie ordinaire, ou join-
LATRINES
ce toyé en même matière, s'ils sont en « pierre, sur une hauteur de 0*,50 auo. dessus du sol, au moins.
« Les latrines communes à tous les loca- <( taires du dernier étage d'une maison « doivent aussi être munies d'appareils « hermétiques, et peuvent également être « disposées à la turque.
« Aux étages d'une maison, les latrines « doivent être munies de sièges avec a cuvettes hermétiques en faïence, avec « fermoir ou abattants en bois.
« Ces sièges doivent être construits en « chêne de 0»,025 d'épaisseur, et non an « bois blanc, qui ne résisterait pas « longtemps à l'humidité.
« L'imperméabilité du sol des latrines « d'appartement n'est point exigible; il « suffit qu'il soit carrelé ou parqueté en « bon état. Toutefois le carrelage est préfé- « rable à cause des eaux qui, malgré les « plus grands soins, y sont toujours répan- <( dues et qui s'infiltrent dans les joints « des lames du parquet, qu'elles pourrisce sent, et où elles laissent de mauvaises ce odeurs. Cependant le parquet est rece- « vable, à la condition de le cirer et de l'ence tretenir dans un état de propreté irré- « prochable.
ce Indépendamment d'une ouverture ou c< fenêtre précédemment indiquée, il est « indispensable qu'un courant d'air soit ce établi dans les latrines d'appartement, ce d'une manière quelconque.
ce Les cabinets d'aisances d'une maison ce peuvent être tous situés au même étage, ce ou au rez-de-chaussée, ou même dans la ce cour, pourvu que l'accès en soit facile à ce toutes les heures du jour et de la ce nuit, et que chaque locataire en ait la ce clef.
ce Le bas des murs de latrines d'apparce tement doit être peint à l'huile jusqu'à la ce hauteur de 1 mètre ; le reste peut être ce badigeonné ou revêtu de papier de ce tenture.
ce Le branchement du tuyau de chute ce sur la lunette doit être en fonte et avoir ce au moins 0ro,20 de diamètre. Le maxice ftum de sa pente est fixé à 45 degrés.