‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 5)Chapitre 127 sur 553 · LIMON · texte numérisé non relu

LIMON

Le carrelet a et le tiers point b (fîg. 1683).

Fig. 1683.

On distingue encore bien d'autres outils de ce genre, les limes râpes (voy. Râpé), le faucillon (voy. ce mot), les limes d'entrée les limes fendantes, etc.

Limer, v. a. — Travailler un objet à la lime (voy. ce mot).

limés, s. m. pi. — Défauts des pierres calcaires qui consistent dans des fentes remplies d'une substance moins dure et non adhérente. Les pierres qui présentent des limés doivent, en général, être rejetées.

Limon, s. m. — 1» Partie d'un escalier qui reçoit les marches du côté du jour et sur laquelle on pose la rampe. Les limons peuvent être en pierre, en bois ou en fer.

Limons en pierre. Scellées d'un bout dans le mur qui forme la cage de l'escalier et taillées suivant une certaine coupe, les marches peuvent se maintenir en équilibre; mais le moindre ébranlement dans la construction peut amener la rupture de l'une d'entre elles ou la désunion des assemblages ; aussi a-t-on voulu augmenter la solidité en faisant porter à chaque marche un morceau taillé comme le représente la flg. 1684. L'ensemble de tous ces morceaux

Fig. 1684.

forme le limon. Ce système apparaît dès le xiv* siècle ; auparavant les architectes fai-

saient porter les extrémités des marches sur des noyaux pleins dans les escaliers circulaires, ou sur des arcs dans les escaliers barlongs ; les Romains les plaçaient entre deux murs pleins ou les soutenaient par des voûtes rampantes.

La méthode du limon pris dans la même pierre que la marche a, pour principal inconvénient, un déchet considérable. Aussi préfère-t-on former le limon au moyen d'une suite de pierres coulées et rampantes, dans lesquelles on creuse des entailles pour assembler les petits bouts des marches.

Quelquefois, au lieu de terminer chacune des parties du limon par un seul joint plan, on y ménage (6g. 1685) une crossette qui a

Fig. 1685.

pour but d'empêcher le glissement ; mais il faut un travail très-soigné, de la part des ouvriers, pour faire coïncider les trois faces correspondantes de deux voussoirs contigus et il est préférable de n'employer qu'un seul joint plan, en y ajoutant des goujons en fer pour relier les diverses parties du limon.

Limons en bois. Ce sont des pièces de bois inclinées qui soutiennent, du côté du jour, les marches des escaliers en charpente; les limons des quartiers tournants sont des courbes rampantes.

On appelle faux limons des pièces inclinées sur lesquelles l'extrémité des moulures vient poser, au lieu de s'encastrer dans les parois de la cage.

Le limon a une épaisseur verticale et longitudinale constante pour un même escalier. Ces dimensions varient suivant la largeur des escaliers et le poids qu'ils peuvent avoir à supporter.

Les anciens escaliers étaient disposés, soit en vis à noyau plein (voy. Escalier, Noyau, Vis), soit en rampes droites ou

LIMON, courbes supportées, à chaque changement de direction, par un noyau montant de fond dans lequel s'assemblait le timon (voy. Escalier).

Aujourd'hui les poteaux montant de fond Bout supprimés; tes escaliers sont à limon continu ou tant limon.

Les limons les plus simples sont les madriers inclinés qui supportent les marches d'une échelle de meunier (voy. Escalier).

Les limons d'escaliers ordinaires sont beaucoup plus épais et font saillie au-dessus des marches et an-dessous du plafond. Ils portent, par leur pied, sur une pièce horizontale (fig. 1686) appelée pah're et y sont reliés par une pièce verticale B nommée jambette.

| des plates-bandes en Ter entaillées de leur épaisseur, de manière à n'être point appa-

Fig. 1886.

Le triangle ainsi formé est Véchiffre. La partie inférieure du limon, ou plutôt la partie antérieure du patin est presque toujoui'B terminée par une volute, au centre de laquelle on fixe le premier balustre de la rampe.

La première marche de l'escalier est ordinairement en pierre dure, surtout lorsque la cage est pavée de dalles ou en carreaux de pierres dures. C'est cette marche qui reçoit l'établissement de la volute.

LeB diverses pièces qui composent le limon sont assemblées en ire elles avec redents et mortaises, comme le montre en A la lig. 1687. La solidité de cet assemblage est assurée par un boulon logé dans l'épaisseur du boiB et que l'on remplace quelquefois par

Fig. 1087.

rentes; souvent même on emploie simultanément les plates-bandes et les boulons. La fig. 1688 représente le procédé dont on se sert pour exécuter l'assemblage de deux parties consécutives d'un limon.

On perce, avec. une tarière, les trous qui doivent être occupée par le boulon; on

creuse également deux petites cavités met»;

Page 1