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MANTEAU

C'est le manœuvre qui gâche le plâtre, qui fait le mortier, nettoie les calibres, etc.

Manoir, s. m. — Nom que l'on donnait, pendant le moyen âge, à « l'habita- « tion d'un propriétaire de fief qui ne « possédait pas des droits seigneuriaux « permettant d'élever un château avec « tours et donjon * ».

Un manoir était ordinairement une agglomération de bâtiments d'exploitation entourés de fossés, avec logis principal pour le propriétaire. Les grands seigneurs suzerains possédaient, outre leurs châteaux, des maisons de plaisance ou véri tables manoirs, soit pour y prendre du repos, pendant un certain temps, soit pour se livrer au plaisir de la chasse.

L'un des caractères du manoir, c'est que, comme le château, il possède une grande salle. Ainsi pendant les xip et xm1 siècles, il se compose d'une palle avec cellier audessous et petit appartement accolé. Des bâtiments ruraux, tels que granges, étables, pressoir, fournils, logis des hôtes ou des colons, sont groupés à l'entour et le tout est ceint d'une muraille ou d'un fossé profond. Au xiv* siècle, le manoir s'agrandit; à la fin du XVe, il a souvent l'importance du château, moins les défenses. Au XVIe siècle, un grand nombre de petits châteaux furent dégarnis de leurs ouvrages militaires et convertis en manoirs. Ceux-ci disparaissent complètement, au siècle suivant, avec les châteaux symétriques du siècle de Louis XIV.

Mansarde, s. f. — 1° Comble brisé dont l'invention est attribuée à l'architecte Mansard et qui permet de gagner un étage de logements. On dit aussi comble à la Mansard (voy. Comble).

2° Nom que l'on donne aussi aux chambres mêmes ménagées dans ce comble.

3° Fenêtre droite établie dans un comble mansardé (voy. Lucarne).

Manselles, s. f. pi - Bras d'une Me ou demoiselle du paveur.

Manteau, s. m. — 1° Partie d'une

1 Viollet-Le-Duc, IHct. raisonné d'architecture

MARBRE

MARBRE

cheminée qui forme saillie et qui est apparente dans une chambre au-dessus du foyer. Le manteau comprend les jambages, les chambranles, la gorge ou attique et la corniche.

On appelle faux manteau le manteau d'une cheminée, lorsqu'il est porté par des consoles ou des corbeaux et non soutenu de fond par un chambranle.

2° Barre de fer portant sur les jambages et soutenant la plate-bande qui forme le manteau d'une cheminée.

Mantonnet (voy. Mentonnet).

Maquette, s. f. - Modèle, à échelle réduite, en terre molle ou en cire, d'un ouvrage qui doit être exécuté en relief ou en ronde-bosse.

Marbre, s. m. — Mot qui vient du latin marmcT dérivant lui-même du grec marmairein, briller, marmaros, blanc, et qui s'appliquait particulièrement au marbre statuaire, mais aussi, d'une façon générale, à toute espèce de pierre susceptible de poli. C'est ainsi que les anciens ont classé dans les marbres les granités, les porphyres, les jaspes, les albâtres.

Aujourd'hui les minéralogistes ne donnent plus le nom de marbres qu'aux pierres calcaires compactes susceptibles de recevoir le poli.

Cependant la marbrerie confond encore actuellement, sous la dénomination de marbres, des matériaux qui diffèrent essentiellement les uns des autres au point de vue de leur composition chimique; ainsi, parmi ces matières, les unes sont calcaires, cristallisées ou agglomérées, les autres sont siliceuses ou quartzeuses. Nous diviserons donc les marbres en :

1° Marbres proprement dits ;

2* Granités, porphyres, etc., ou marbres durs du commerce ;

3° Serpentines ;

4° Marbres artificiels ou stucs.

Dans cet article nous ne nous occuperons que de la première de ces deux classes, les autres étant traitées dans des articles spéciaux.

Marbres proprement dits. Ce sont des carbonates de chaux plus ou moins mé-

langés de matières étrangères. A l'état pur, le marbre est homogène et sa couleur est blanche; il se comporte bien, exposé à l'influence des agents atmosphériques.

Coloré par des oxydes métalliques, il peut être sujet à une prompte destruction, en raison des façons différentes dont se comportent à l'air les diverses matières qui le composent ; en outre, si l'action de l'humidité s'exerce seule, comme en Italie, les marbres ne sont soumis qu'à une désagrégation très-lente ; mais, s'ils sont exposés, comme en France ; à des alternatives trèsrapprochées d'humidité et de gelée, ils se désagrègent promptement, surtout s'ils sont terrasseux, c'est-à-dire si la liaison entre les parties n'est pas intime. C'est pourquoi le marbre n'est employé à l'extérieur des édifices que dans les pays méridionaux ; on s'en sert, surtout en France et dans le centre et le nord de l'Europe, pour l'ornementation des appartements, la décoration des cheminées, etc.

Les monuments anciens de l'Egypte, de la Grèce et de Rome montrent quelle importance avait acquise le marbre dans l'architecture antique. Le moyen âge employa peu cette matière, en raison du prix considérable de la mise en œuvre; on le réserva pour l'intérieur des églises ; la renaissance italienne remit en honneur l'emploi du marbre et, depuis ce temps, ce calcaire joue un rôle qui devient de plus en plus remarquable dans les constructions monumentales de nos pays. La France, du reste, en possède des gisements assez abondants pour permettre, dans certains déparlements» de l'employer même comme pierres à bâtir.

L'exploitation des bancs de marbre se fait au moyen de coins et de pics; on s'efforce d'extraire les plus gros blocs possible ; on en dresse grossièrement les faces et on dirige ces blocs sur les scieries, sous La dénomination de marbres bruts.

Ces calcaires sont très-abondamment répandus dans la nature et leurs variétés sont inûnies. D'une manière générale, on distingue :

Les marbres antiques, parmi lesquels

MARBRE

MÀRBRE.

nous citerons : le marbre de Paros, le marbre pentélique, le marbre blanc de Lima, arabique, cappadocien, le cipolin, le jaune de Numidie, le rouge antique, le portor, le noir antique ou noir de Lucullus, le lumachelle, la brèche jaune, la brèche violette (voy. ces mots) .

Les marbres modernes, plus nombreux encore que les marbres antiques, et parmi lesquels nous nous contenterons de citer ceux qui sont le plus fréquemment employés dans les constructions :

Les marbres blancs de Carrare, des Alpes et des Pyrénées, les blancs veinés, le jaune de Sienne, le portor ; les marbres rouges de Sienne, de Cannes et de la vallée de Campan, les cipolins, les griottes, le marbre royal, marbre commun, d'un rouge terne et nuancé, veiné de blanc et de gris, le vert de Campan, les noirs de Piémont, des Alpes et des Pyrénées, le bleu turquin, le gris brunâtre de Boulogne, les brèches jaunes, rouges, violettes, grises et de couleurs va riées, la brocatelle d'Espagne, celle de Sienne, le marbre mosaïque de Corse, etc.

Sous le rapport de l'aspect, on divise les marbres eu cinq espèces principales :

1° Les marbres simples unicolores, blancs, noirs, jaunes ou rouges. Nous citerons comme marbres blancs, les marbres de Paros, du mont Hy mette, de Carrare, le marbre pentélique; comme marbres noirs, ceux des Hautes-Alpes, de l'Hérault, de l'Isère, du Doubs, de l'Ariège, etc.; comme marbres rouges, la griotte d'Italie que l'on tire de Cannes, près de Narbonne ; enfin, comme marbres jaunes, le jaune antique et le jaune

de Sienne ;

2° Les marbres simples veinés, qui varient à Pinlini ; on y remarque particulièrement le portor, à fond noir et veines jaunes ; le grand antique, à fond noir et veines blanches ; le sainte-Anne, à fond noirâtre, veiné de gris ou de blanc ; le bleu turquin à fond bleuâtre et veines plus intenses, etc. ;

3° Les marbres composés, qui proviennent généralement de lieux où les dépôts de sédiment sont enclavés dans les terrains primitifs et qui renferment des substances

étrangères, micacées ou serpenlineuses, disposées eu feuillets, en paquets, ou disséminées ; tels sont les marbres cipolins de la côte de Gènes, les marbres campons, le vert antique, etc. ;

4° Les marbres lumachelles renfermant des coquilles et des madrépores (voy. Lumachelle) ;

5° Les marbres brèches présentant l'aspect de fragments anguleux de diverses couleurs engagés dans une pâte d'une teinte différente (voy. Brèche).

Il existe encore une variété particulière de marbre, l'albâtre, qui se distingue surtout du marbre proprement dit par sa translucidité (voy Albâtre).

Au point de vue du travail du marbre, on distingue * :

Le marbre brut, en blocs qui n'ont été ni débités, ni taillés.

Le marbre piqué, qui n'a été taillé qu'à la pointe.

Le marbre ébauché, qui n'est travaillé qu'à la double pointe et au ciseau.

Le marbre poli, marbre qui, après avoir été frotté avec le grès et le rabot ou pierre de Goshland, est ensuite repassé avec la pierre ponce et poli au bouchon de linge, avec de l'émeri fin ou de la potée d'étain.

Le marbre lustré, lissé et frotté avec un tampon de linge et de la potée et qui est luisant.

Le marbre en tranches, débité en tables de 1 à 6 centimètres d'épaisseur.

Le marbre dans sa passe, débité en tranches de la largeur du banc, c'est-à-dire parallèlement au lit du bloc.

Le marbre en contre -passe débité sur la hauteur du banc, c'est-à-dire perpendiculairement au lit.

Le marbre fier, marbre dur, difficile à travailler et sujet à s'éclater.

Le marbre filardeux, qui a des fils.

Le marbre pouf, qui ne garde pas la taille et qui se rapproche du grès.

Le marbre terrasseux, qui a des parties tendres qu'il faut remplir avec du mastic.

1 Pernot, Guide du constructeur.

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