‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 5)Chapitre 199 sur 553 · MONASTÈRE · texte numérisé non relu

MONASTÈRE

ployé, dans le sud-est de la France, comme pierre à bâtir.

La taille en est facile au sortir de la carrière et la dureté en devient très-grande par l'exposition à l'air; certaiues de ces pierres s'égrènent sous l'influence de la gelée.

3° On donne encore ce nom à des veines terreuses qui constituent un défaut dans la pierre.

Bf Ole, s. m. — Mot provenant du latin moles (masse) et qui désigne un massif de maçonnerie placé au-devant d'un port, comme une jetée eu pierre, pour rompre l'impétuosité des vagues et empêcher l'entrée aux vaisseaux étrangers (voy. Jetée).

Molet, s. m. — Petit morceau de bois dur ayant uue longueur de 0",0H a 0m,C? et dans lequel les menuisiers font une ra nure pour y introduire ies languettes de panneaux et vértHer si elles ont exacu ment l'épaisseur voulue.

On dit aussi mole.

Molette, s. f. 1* Morceau de marbre conique employé par les peintres pour broyer les couleurs.

1° Le polissage des marbres comprend certaines opérations (elles que Végrisage, le rabat, le piqué, le lustré (voy. ces mots}, dans lesquelles on se sert de molettes formées, soit de morceaux de grès ou de faïence Bans émail, soit de tampons de linge fin.

Molleton, s. m.— Nom que les peintres en bâtiment donnent au blanc d'Espagne ou de Meudon mélangé avec de la céruse.

Monastère, s. m. — Établissement servant à l'habitation de religieux vivant sous une règle commune.

Ce nom vient du -mot monasterium, employé primitivement en Occiden t,pour désigner la maison religieuse et ses dépendances. On distinguait plusieurs classes de monastères ; 1° celui des religieux ; 2° celui des religieuses ; 3° le monastère des clercs. Ce n'est qu'à partir du xni" siècle que l'on donna le nom de couvent aux maisons des ordres mendiants.

Les monastères recevaient, suivant leur importance, différentes dénominations :

abbaye, prieuré, obédience (voy. ces mots).

Aujourd'hui les mois monastère, abbaye,

MONOPTÈRE. — 8

couvent reçoivent la même appropriation.

Monder. — Signifie, dans la peialure en bâtiment, nettoyer ou séparer quelque matière à laquelle Be trouvent mélangées des substances étrangères.

Monochrome, adj. — Qui est d'une seule couleur ; telles sont les peintures en grisailles, les camaïeus. Les anciens ont fait usage de ce genre de décoration ; il est même probable que la peinture primitive était monochrome.

On appelle sculptures monochromes, dans les arts de l'antiquité, des ouvrages de sculpture sur lesquels on n'appliquait aucune couleur.

Monolithe, s. m. — Ouvrage quelconque formé d'une seule pierre. Les obélisques égyptiens, les menhirs celtiques sont monolithes.

On adonné aussi le nom de constructions monolithes à certains ouvrages faits en béton aggloméré ou en pierres artificielles.

Monoptere, adj. et subit. — On appelle ainsi les temples circulaires de l'antiquité dont la couverture n'était soutenue

Fig. ISST.

que par un seul rang de colonnes, sans muraille. La fig. 1867 représente le monoptere de Vilruvc, d'après Perrault.

i - MONTANT.

Monotrlglyphe, s. m. — Eotre-cokranement trop étroit pour que l'on puisse y placer plus d'un triglypbe ; le portail de l'église des Invalides présente celle disposition.

Le même mot se prend adjectivement:

on dit un portique monotrigiypKe.

Montage [des matériaux). — Opération qui a pour objet de hisser les matériaux, au moyen d'engins, jusqu'au niveau de l'assise où ils doivent être posés.

Le montage des pierres, des briques, moellons, pièces de bois, etc., se fait au moyen de cordes ou de chaînes ; de frourriquets, de grues, de chèvres ou de treuils (voy. ces mots).

Le monte-charge est un échafaudage ordinairement employé pour le montage des matériaux (voy. Monte-charge).

Dans l'exploitation descarrières de pierre, le montage par les puits se fait au moyen de treuils établis au-dessus de leur ouverture, dans l'axe de grandes roues en bots que des hommes font tourner, en marchant sur de petites traverses fixées sur leur pourtour.

Montant, s. m. — Toute pièce de bois, de fer ou de pierre qui est posée verticalement, dans un ouvrage de menuiserie ou de serrurerie, et qui sert, soit de pièce de soutien, soit de pièce de remplissage.

Dans un bâti de porte, les montants sont les poteaux verticaux qui la reçoivent ; les montants du châssis mobile sont les pièces qui reçoivent l'assemblage des traverses et dans lesquelles les planches des panneaux s'assemblent à rainure et languette. L'épaisseur de ces montants, dans les portes d'appartements, est en général de 0m,03i ; les champs ont 0™,68 à 0m,95 de largeur.

Une grille en fer a des montants principaux et des montants de remplissage.

Ceux-ci sont, à proprement parler, les barreaux de la grille ; les premiers sont eu fonte pleine ou creuse ou en fer forgé. La tig. 1868 représente le détail de deux-montants, l'un principal, l'autre intermédiaire appartenant a la grille du cirque d'hiver à Paris et due a M. Hillorf. Nous donnons, à l'article Grille, des exemples de montant; en

MONTANT. - i

fer forgé composé de barreaux, entre lesquels sont disposés des ornements et qui servent à séparer les travées de ce genre de clôture.

Fig. "88.

Par analogie, on donne aussi le nom de montants aux piliers en pierre qui séparent également dans une grille, soit les travées qui la composent, soit la partie fixe et la partie ouvrante (fig. 1869).

(ies montants reçoivent, d'un côté, les scellements des traverses borûontales qui soutiennent la grille dormante et, de l'autre, le scellement des crampons qui supportent la grille mobile. On orne ces piliers de refends, de bossage», on les surmonte souvent d'un chapiteau et d'un amortissement quelconque.

Petits montants, petits bâtis qui, dans une feuille de parquet, servent de remplissage et, n'ayant que la mesure des panneaux, s'assemblent dans d'autres bâtis de largeur double.

Montant, adj, — On appelle jointmontant le joint vertical de deux pierres.

J — MONTE-CHARGE

Les joints perpendiculaires à un arc de

Pig. 1869.

voûte prennent le nom de joints-normaux.

Monte-charge. — Échafaudage que l'on établit auprès de la face d'un bâtiment en construction pour servir à élever les matériaux à la bauteur à laquelle ils doivent eue posés.

Le monte-charge se compose ordinairement de quatre longues pièces de bois ou «opines placées verticalement de manière que leurs pieds, scellés au sol, occupent les quatre sommets d'un carré.

Ces pièces sont reliées par des traverses horizontales et inclinées. A la partie supérieure de l'appareil, sont fixées des poulies (lig. 1870} sur lesquelles passe une chaine qui s'enroule sur un treuil placé a. la partie inférieure, et qui est manœuvré, soit par des hommes au moyen d'une manivelle, soit par un système de transmission de mouvement fonctionnant à la vapeur (voy. Treuil).

On a même employé le poids de l'eau

MONTE-CHARGE. — 8

pour équilibrer el entraîner dans un mouvement ascensionnel le poids des matériaux

Fig. 1870.

a monter. On utilise, à cel effet, la force ascensionnelle de l'eau des conduites forcées circulant dans les villes. Ce système, qui a reçu te nom de son inventeur Edoux, se compose (flg. 1871)de sapines semblables à celles du monte-charge ordinaire et de deux cuves à plaie-forme réunies par une chaîne qui s'enroule sur deux poulies

— MONTE-CHARGE

placées à la partie supérieure de la sapine. L'une des cuves est en bas, l'autre a la

l'ig. 187 t.

hauteur de l'assise où doivent être posés les matériaux. TJn tuyau a a, placé sur un montant de la sapine, communique avec la conduite d'eau la plus proche et est disposé de manière à recevoir un robinet de dislance en distance. Quand le caisson du bas est chargé, il est monté à sa destination par l'autre caisson, qui aélé préalablement rempli d'eau dont le poids est supérieur à celui de la charge à monter. Le caisson arrivé en bas est vidé de l'eau qu'il contenait, chargé a son tour et monté ensuite par le même moyeu que le précédent.

MONTE-CHARGE

MONTE-CHARGE

Hais, an fur et à mesure que la construction s'élève, le point d'arrivée des matériaux varie et nécessite l'augmentation de la course des caissons. On obtient cet effet au moyeu d'un frein C, qui sert, en même temps, à régler le mouvement et à maîtriser l'appareil.

C'est un axe de Ter porté par un bâti en fonte que l'on fixe contre le dehors du montant central de l'appareil, un peu audessus de la clef d'eau ; sur cet axe est montée une poulie à empreintes garnie d'une chaîne sans fin A-, qui s'enroule, au baut de l'équipe, sur une auire poulie à empreintes P. A coté de la première de ces deux poulies et calée sur le même arbre, en est une autre, a jante lisse et entourée par un frein circulaire en tôle, garni de tasseaux en bois. Ce frein est manœuvré par un levier muni d'un poids F et permet d'enrayer ou de laisser libre le mouvement de l'arbre inférieur et, par suite, celui de l'arbre supérieur de la poulie de charge, c'est-à-dire de tout le système.

L'appareil est ainsi disposé pour les changements d'assise ; l'extrémité de l'arbre du frein porte un tenon pour uge manivelle qu'on applique lorsqu'il s'agit de laire varier la hauteur de la course ou la distance des plateaux.

On enlève alors le plateau supérieur jusqu'à l'assise voulue en faisant revenir en arriére la chaîne D qui le porte et ce mouvement est transmis par la manivelle et la chaîne de frein.

Lorsque ce plateau s'est ainsi élevé de la quantité déterminée au-dessus de l'assise qui est achevée, la chaîne s'est délendue d'aulantducoté de l'autre plateau, demeuré lixc au niveau du sol ; on détache alors l'embrasse d'accrochage de ce dernier et on le place à la portée nouvelle.

Un autre système employé pour le montage des matériaux, des auges a plâtre ou a mortier, par exemple, des sacs de chaux, de plaire ou de ciment, est le monte-charge Delgorge. Cet appareil se compose (lig.

1872) de deux moulants verticaux réunis par des traverses horizontales et entre lesquels glissent de chaque coté, dans des

rainures ménagées sur ces montants, des châssis avec planchettes, sur lesquelles on place les matériaux à monter.

l'ig. 1871,

L'usage d'appareils analogues aux mont*charge a été appliqué à l'ascension des personnes et des objets dans diverses industries autres que celle du bâtiment.

C'est ainsi qu'on emploie des engins de ce genre dans les manutentions, les entre-

MORÀILLON. — 8

pots, les ports, afin de monter les marchandises ; dans les bibliothèques, pour élever et descendre les livres à la hauteur des différents rayons.

Les principaux hôtels ont donné le nom d'ascenseurs à des systèmes servant à porter les personnes aux niveaux des étages qu'elles occupent; on s'y sert aussi de monte-plats pour les comestibles.

Nous citerons, entre autres appareils de ce genre, l'ascensew Mégy, Echeverria, qui se compose de quatre colonnes creuses en fonte renfermant des contre-poids destinés à diminuer le poids de la cage à élever, et à amortir la chute en cas de rupture du cable ascenseur.

Le contre-poids disposé pour ce dernier objet est suspendu a une chaîne qui se rattache au sommet de la cage; celle-ci est en tôle et pourvue de banquettes.

Montée, s. f. — l" Nom que l'on applique vulgairement à l'ensemble des marches d'un escalier.

2° Hauteur d'une colonne, d'une voûte, d'un édifice.

5° On nomme spécialement montée d'une voûte, par exemple d'une arche de pont, la hauteur comprise entre la clef et le plan des naissances.

4* Montée de voussoir ou de claveau, hauteur du panneau de télé comprise entre !a douelle el le couronnement du voussoir ou , du claveau. Danslesplates-bandes de portes ou décroisées, la montée des claveaux se compte à plomb et non suivant leur coupe.

Monter, v. a. - 1° Réunir, assembler les diverses pièces qui doivent composer un ensemble. On dit monter une charpente, un ouvrage de menuiserie, un outil, etc.

2n Faire ie montage des matériaux (voy. Montage).

Monture, s. f. — Ce qui sert à assembler, à fixer les différentes parties d'un objet tel qu'un outil, une scie, un rabot, etc.

Morallion, *. m. — Pièce de fer plat servant à la fermeture, généralement à charnière etdont l'une des extrémités (fig. 1873) est évidée de façon à laisser passer l'anneau d'un piton destiné à recevoir un cadenas.

Il y a aussi des moraillons qui porten t des

auberons et qu'on appelle encore auberonniére (voy. ce mot).

Fig. 1B73.

Morce ou Amorce, s. f. — Les paveurs donnent ce nom aux pavés qui dans un ruisseau font liaison de la chaussée avec le revers ou bien qui séparent les contre-jumelles des bordures d'une route.

Mordacae, s. f. — Sorte de tenaille, ordinairement en bois, en plomb ou en cuivre, que l'on place entre les mâchoires d'un étau pour ne pas endommager les pièces que l'on veut y serrer.

Mordane, s. m. — Renfort Bervant à consolider le tenon dans les assemblages de charpente (fig. 1874). Le morddne est d'une

Fig. 1874.

exécution plus facile que le renfort proprement dit (voy. ce mot) ; mais il affaiblit davantage la pièce qui porte la mortaise. Mordant, s. m. — Substance qui sert

MORTIER

MORTIER

à fixer l'or dans la dorure en détrempe (yoy. Assiette, Batture, Mixtion).

MorAl, s. m. — On désigne ainsi les barbes ou dentelures très-fines que Ton remarque sur le tranchant d'un outil aiguisé sur la meule. On rend ce tranchant plus vif en faisant tomber le morfl,, au moyen de la pierre fine.

Mors, s. m. — Nom que l'on donne aux mâchoires d'un étau (voy. ce mol).

Mortaise, s. f. — Entaille faite dans une pièce de bois ou de métal pour recevoir un tenon.

En charpente, la mortaise (fig. 1875) doit être de même largeur que l'épaisseur du

Fig. 1875.

tenon qu'elle doit contenir et un peu plus profonde que la la»geur de ce tenon, pour qu il ne touche pas au fond de la mortaise et ne s'oppose pas à l'adhérence des joints. Ces entailles sont toujours pratiquées dans le sens de la longueur du bois qui les porte.

On donne le uom déjoues ou jouées aux deux surfaces de joint ainsi qu'aux deux épaisseurs de bois que sépare la mortaise.

Les serruriers appellent mortaise d'empénage, dans une serrure, l'entaille qui reçoit le pêne.

On dit mortaiser une pièce de bois.

Mortier, s. m. — En général, composition qui sert à lier ou à réunir ensemble les matériaux dans une construction.

Ce nom vient du mot latin mortarium, signifiant mortier, vase où l'on opérait, par trituration, le mélange de divers ingrédients. La propriété essentielle de ces composés est de durcir, en adhérant plus ou moins fortement aux éléments des constructions avec lesquels ils forment liaison ; lorsque

DICTIONNAIRE DB CONSTRUCTION

les mortiers ont bien résisté, dès l'origine, aux influences de diverses natures dont ils ont à subir l'action, leur durcissement augmente avec le temps et c'est surtout à cette propriété qu'il faut attribuer la conservation des édifices romains, construits d'ailleurs avec le plus grand soin.

C'est donc de la bonne préparation et d la qualité des matériaux choisis que dépend la qualité du mortier et, par suite, la solidité des constructions en maçonnerie.

La nature des mortiers varie suivant les localités et la destination de l'édifice ; on lés fait généralement de terre, de plâtre, de ciment ou de pouzzolane. On distingue les mortiers simples et les mortiers composés.

Parmi les premiers nous citerons :

1° Le mortier de terre, assez fréquemment employé dans les constructions rurales tantôt seul, tantôt comme remplissage entre des matériaux plus résistants, tantôt pour servir de liaison entre ces matériaux.

Dans le premier cas, c'est un mortier composé de terre argileuse pétrie avec de la paille ou du foin et qu'on emploie surtout pour des murs de clôture (voy. Bauge, Pisé) ; dans le second, ce sont ces mêmes éléments qui servent à remplir les vides d'un pan de bois ou les intervalles de piliers en maçonnerie. Enfin, dans le troisième cas, la terre est utilisée pour réunir entre elles les pierres ou les briques ; mais ce mortier est peu durable, car il ne résiste pas à une humidité médiocre et encore moins à l'action de l'eau.

On fait de la terre à four avec un mortier de terre bien passée au tamis, dans la proportion de 2/5, plus 2/5 de terre calcaire et 1/5 de sable; souvent même on supprime la terre calcaire pour la remplacer par du sable, surtout si l'argile est très-liante.

2° Le plâtre, employé particulièrement à Paris, sert comme élément de liaison, ou bien comme enduit intérieur ou e. Prieur (voy. Plâtre).

Les mortiers composés, ou mortiers proprement dits, sont formés de chaux combinée avec du sable, de la pouzzolane ou du ciment.

On les divise en mortiers ordinaires non

MORTIER

hydrauliques et mortiers hydrauliques. Le jnéhtoge de Ja chaux non hydraulique, fpasaé ou maigre, avec du sable, est le plus fréquemment employé dans lescooslruclions qui n'ont point à redouter l'humidité ; le mortier obtenu durcit assez promptement à l'air en se desséchant et en absorbant de l'acide carbonique; enfoui, ce composé conserve longtemps la même consistance et ne durcit que très-lentement.

Si, dans le mélange, on remplace le sable par de la pouzzolane, le mortier devient hydraulique et acquiert, sous l'eau, une très-grande dureté; mais, à l'air, il devient pulvérulent et se laisse attaquer par la gelée.

Les sables gros sont préférables, pour ces chaux, aux sables fins et, à égale grosseur, il vaut mieux employer ceux qui ne sont pas arrondis, mais anguleux et rudes au toucher.

Selou M. Vicat, la fabrication de ces mortiers exige des soins que ne prennent pas ordinairement les maçons : ainsi il ne faut pas noyer la chaux en l'éteignant et gâcher le mortier à consistance très-molle; c'est, au contraire, en pâte ferme que cette chaux doit être employée, et c'est surtout du corroyage que dépend la bonne confection du mortier ; il sufût d'ajouter, pendant l'opération, la quantité d'eau que le sable trop sec exige absolument.

La fabrication comprend trois opérations distinctes :

1° L'extinction des chaux (voy. Chaux);

2° Le dosage des matières;

3° La manipulation ou le mélange de ces matières.

Le dosage des éléments qui entrent dans Ja composition des mortiers repose d'abord sur ce principe qu'il vaut mieux pécher par absence que par excès de chaux, quand elle est grasse, et, au contraire, par absence que par excès de matières étrangères, quand la chaux est hydraulique.

Les proportions des matières doivent toujours être comptées en volume ; les mesures employées souvent, à cet eiïet, sont les brouettes fermées sur le devant par une planche mobile et ayant une capacité de 5 à 8 centièmes de mètre cube. Il est néces-

MORT1ER

saire, quand on veut fabriquer une quantité de mortier déterminée, de tenir compte de la contraction, de 5/7 à 4/5, qui a lieu, après le mélange sur le volume total des composants.

La manipulation des matières se fait généralement sur une aire plane, au moyen d'un rabot mû à bras d'homme, quand on n'a besoin que d'une petite quantité ; dans les grands travaux on se sert de machines. Dans le premier cas, il est bon d'établir l'aire en pierre dure, en ciment ou en planches, pour que Ja terre ne se mélange pas au mortier.La. fabrication mécanique se fait au moyen de machines mises en mouvement par des chevaux ou par la vapeur ; ce sont des manèges ou des tonneaux dits malaxeurs ou broyeurs (voy. Manège, Tonneau).

Les mortiers fabriqués ont une densité très-variable et qui dépend de leur âge, de leur composition et de la façon dont ils ont été gâché*. M. Vicat, à la suite des expériences qu'il a faites à ce sujet, a adopté comme limites les chiffres 1 26 et 2,05.

Parmi les principaux mortiers ordinaires on distingue :

Le gros mortier de chaux et de sable, composé de: I partie de chaux bien éteinte en pâte épaisse et de 2 parties de sable ; on l'emploie pour les fondations et le corps des gros murs. Il est bon de l'employer de suite après sa fabrication.

Le mortier fin à poser, de chaux et de sable, formé de 2 parties de chaux éteinte en bouillie épaisse et de 3 parties de sable très-fin. On s'en sert, dans les départements de l'est de la France, pour la pose de? pierres de taille, des briques, les rejointoiements et les enduits.

Le mortier /tn, composé de 1 partie de chaux mesurée vive et réduite à l'étal de bouillie épaisse et de 2 parties de sable très-fin ; on l'emploie pour les cheminées de briques dans l'intérieur et pour les cloisons ou refends en briques.

Le mortier bâtard, mélangé, en parties égales, de mortier ordinaire et de plâtre en poudre, que l'on utilise dans quelques villes, mais qui est de mauvaise qualité et qu'on ne doit pas employer à l'extérieur.

MORTIER

MORTIER

Mortiers hydrauliques. On range dans cette classe de mortiers tous ceux qui jouissent de la propriété de durcir sous l'eau et à l'air humide en plus ou moins de temps.

L'emploi de ces mortiers est nécessaire pour toutes les constructions exposées à l'humidité, soit par le contact de l'eau, soit parles influences atmosphériques. Les maçonneries immergées exigent, pour leur liaison, les plus énergiques de ces composés; ceux dont la prise et le durcissement sont moins rapides suffisent, mais sont recommandés pour les fondations et les soubassements des constructions ordinaires.

On distingue :

1° Les mortiers hydrauliques ordinaires, composés de chaux hydraulique et de sable.

2° Les mortiers hydrauliques à base de chaux et de pouzzolanes naturelles ou artificielles.

3° Les mortiers de ciment.

I. Les mortiers hydrauliques ordinaires se préparent au moyen dechaux hydrauliques éteintes par le procédé le plus commun, c'est-à-dire par fusion ou à grande eau, et broyées avec le sable, au rabot, au pilon ou au manège, en employant le moins d'eau possible. La proportion la plus convenable est de 1 volume 50 à 2 volumes de sable pour un volume de chaux en pâte.

Pour les mortiers destinés à l'immersion dans une eau profonde, il ne faut pas dépasser 1,50 de sable pour 1,00 de chaux »

ea pâte.

Pour les fondations établies dans une terre constamment fraîche, les proportions peuvent être de 1,00 jusqu'à 2,40 de sable pour 1,00 de chaux en pâte, sans que la différence de solidité soit appréciable, et la dernière proportion est la plus économique.

Il faut insister sur les précautions à prendre dans le gâchage du mortier. Dette matière ne doit pas être réduite en bouillie; elle doit tenir bien sur la truelle, surtout pour la maçonnerie exposée à Pair.

Ce degré de fermeté du mortier présente des inconvénients avec les matériaux absorbants et très-secs, tels que les briques ; on mouille alors ces matériaux en les arro-

sant de temps à autre jusqu'au moment de leur emploi.

II. Nous avons vu plus haut que le mélange de chaux grasse et de pouzzolane donne un mortier hydraulique, et il faut remarquer que le composé est meilleur sous l'eau que les mortiers à chaux hydrauliques.

Dans le premier cas, le dosage des matières à employer est le suivant :

12 à 18 parties de chaux caustique pour 100 de pouzzolane.

Si l'on se sert de chaux hydraulique, la proportion doit en être double de celle de chaux grasse pour 100 de pouzzolane.

On dislingue les mortiers de pouzzolanes naturelles et les mortiers de pouzzolanes artificielles.

Parmi les premiers, nous citerons, d'après la Technologie du bâtiment de Th. Château :

Le mortier de pouzzolane volcanique, compose de :

Chaux éteinte mesurée en poudre. 2 tutin. Pouzzolane volcanique 3 »

Le mortier de chaux hydraulique, pouzzolane et sable :

Chaux hydraulique éteinte mesurée en

poudre 2 pria.

Pouzzolane volcanique 1 »

Sable l »

Le mortier de trass, en usage dans le nord de la France et dans les villes du Rhin : Chaux éteinte mesuréeen poudre. 2 prOat. Trass l »

Le mortier de chaux hydraulique, trass et sable :

Chaux hydraulique mesurée vive et réduite

en pâle 4 f*riin.

Trass 5 »

Sable 5 »

Parmi les mortiers de pouzzolanes artificielles, nous signalerons :

Le mortier de chaux hydraulique, pouzzolane artificielle et sable, qui se compose de : Chaux hydraulique éteinte par immersion,

mesurée en poudre 8 priin.

Schiste calciné, ou basalte, ou grès

ferrugineux, ou terre ocreuse. . 3 » Sable 3 »

Le mortier composé par M. de Saint-Léger et qui est formé de :

MORTIER

Chaux hydraulique vive et réduite

Page 1