ORDRE
ORGUE
des ordres. C'est encore d'après la colonne que se déterminent les rapports des autres parties entre elles. C'est le module, ou demi-diamètre pris à la base du fût, qui est la mesure proportionnelle (voy. Module).
11 faut observer toutefois que les architectes grecs et romains n'ont jamais établi de règles bien précises sur les détails et même sur les hauteurs réciproques de leurs ordres ; on ne rencontre pas, en effet, deux monuments de l'antiquité qui soient identiques dans leurs proportions. Cellesci étaient modifiées, pour chaque édifice, au gré de l'artiste, qui conservait à l'ordre choisi son caractère principal, le considérant comme un type dont il disposait les détails suivant son goût et son génie particulier.
C'est ainsi que Vilruve, Palladio, Scamozzi, diffèrent entre eux dans les préceptes qu'ils donnent à cet égard. Vignole, dans son Traité des cinq ordres, a eu le mérite d'en ramener les proportions générales à un principe uniforme et ce sont les règles qu'il a posées que suivent encore, de nos jours, la plupart des architectes ; nous en faisons l'exposé à chacun des articles correspondant aux mots Dorique, Ionique, Corinthien, Toscan et Composite.
Ces cinq ordres sont les seuls qu'admette l'architecture classique et encore on pourrait les réduire à trois seulement, qui diffèrent essentiellement les uns des autres, le Dorique, Monique et le Corinthien.
On a employé d'autres désignations telles que celles-ci : Ordre persique ou caryatide, ordre dans lequel les colonnes sont remplacées par des femmes; ordre at tique, système de pilastres et d'entablement qu'on élève au-dessus d'un ordre principal, pour former la partie supérieure d'un édifice.
On appelle ordres assemblés des ordres superposés pour orner une façade ; dans ce cas, il est de règle que les axes des colonnes se trouvent, aux différents étages, en prolongement les uns des autres. En outre, V ordre qui offre le caractère le plus grand de solidité doit porter l'ordre le plus
délicat ; ainsi l'Ionique se superpose au Dorique et le Corinthien à l'Ionique. Le plus élégant de ces trois ordres, le Corinthien, est réservé aux étages les plus importants et dont on veut accentuer la richesse.
Oreille, s. f. — Maçonnerie. Extrémité d'un appui de croisée encastrée dans le tableau de la baie et conservant une saillie sur le nu de la muraille.
Ce système de construction, encore appliqué de nos jours, est vicieux, en ce sens que le moindre tassement de l'un des piédroits peut briser la pierre d'appui. Si, en vue d'un effet architectural préconçu, on veut donner à cette pierre plus de largeur qu'à la baie, on doit ménager à chacune de ses extrémités un évidemeùt qui épouse le tableau et la feuillure.
Serrurerie. Partie saillante ou appendice qui donne au corps d'un ouvrage plus d'empatemeut ou qui permet de le saisir plus facilement. C'estainsi que l'on appelle écrou à oreilles, un écrou portant deux petites branches qui servent à le tourner à la main (voy. Écrou).
Fontainerib. Saillies que l'on ménage à un porte-clapet pour y faire passer les vis.
Oreille-d'âne. — Outil méplat que Ton passe dans l'anneau d'une clef pour la fixer sur l'étau lorsqu'on lime le panneton.
Organeau (voy. Arganeau).
Orgues, s. f. pi. — Rangées horizontaies de javelles dans un toit en chaume (voy. ce mol).
Orgue, s. m. — ► Instrument de musique dont l'origine est supposée trèsancienne ; car saint Augustin en parle dès le v° siècle.
Le premier orgue dont l'usage en France puisse être regardé comme certain ne remonte cependant pas au delà du xn* siècle; cet instrument était placé dans l'abbaye de Fécamp.
Ce n'est guère qu'au XVe siècle que les buffets d'orgues commencèrent à prendre une véritable importance architectonique ; ils sont alors construits dans le style ogival fleuri.
A partir du xvi° siècle, on sortit de la
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forme plate, donnée jusqu'alors à la façade de ces instruments; an xyii\ au far et a mesure que l'art de construire les orgues se perfectionnait, on donna aux buffets uu plus grand développement; quant à leur architecture, elle était en rapport avec le style dn temps. Pendant le siècle suivant, les orgues, continuant a grandir, prirent les proportions vraiment ruonumenlales qu'on leur donne encore de nos jours.
Si l'on étudie, au point de rue de l'acoustique, la question de l'établissement des orgues dans les églises, on remarque que les instruments placés dans le bas d'un édifice produisent beaucoup plus d'effet de sonorité que dans les parties hantes. De plus, les orgues adossées contre te mnr dn portail, sur une tribune plus ou moins élevée, sont trés-éloignées du lien où doivent être perçus les sons, qui n'arrivent à l'oreille que par suite des réflexions successives répercutées par les voûtes et par les murs de l'édifice ; il en résulte une confusion des notes et une diminution dans leur sonorité. L'emplacement le plus favorable à la propagation des sons dans une église serait le centre du monument ; mais ici l'architecte est arrêté par des considérations d'un autre ordre auxquelles il est tenu de se soumettre.
Nous citerons néanmoins, comme dispositions convenables et adoptées, du reste, dans plusieurs monuments religieux, les orgues placées sur des jubés à l'entrée du chœur, comme à l'église de Saint-Paul de Londres, ou bien sur des tribunes adossées contre les pignons du Iranssept, ainsi qu'on le voit aux cathédrales de Reim», de Tours et du Mans.
Le placement des orgues à l'extrémité de la grande nef, au-dessus du portail, est généralement en usage, comme étant celui qui convient le mieux soub le rapport orchiteclonfque ; mais, dans ce ois, il importe de prévoir celte disposition dans la construction de l'édifice.
D'après Dom Bedos, savant bénédictin, qui a publié un Traité de l'art du facteur d'orgues, une tribune d'orgue doit être
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absolument inébranlable ; par conséquent elle est plus convenable en pierre qu'en bois et, si on la fait en bois, il faut qu'elle soit construite de manière à ne pouvoir faire aucun mouvement, faute de quoi l'orgue est bientôt dégradé, surtout dans sa partie mécanique ; dans le dentier cas, il faut donc uo appui portant de fond, tambour ou colonnes. Comme exemple d'orgues construites dans ces conditions, nous citerons celles de l'église de la Madeleine, a Paris, et que représente lafig. 1$&, en plan
Fig. I9SS.
et en élévation, à l'échelle de 0-,004 pour mètre. Cet instrument est porté sur le tambour d'entrée de l'édifice ; deux escaliers vus en plan permettent d'y accéder.
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Les proportions à donner aux hulIUa d'orgues varient avec la disposition de l'église ou de la tribune ; mais il y a des dimensions commandées par la nature
Fig. 1956.
même de l'instrument; ainsi les tuyaux en étain poli, dits tuyaux de montre, et qui serventnon-seulcmentàdécorcr, àorner les buffets, niais encore à former la basse des jeux principaux de l'instrument, ont des dimensions qu'on ne peut altérer sans nuire
R DE CONSTRUCTION