PANNE
voisin d'acheter une mitoyenneté en serait gêné, puisqu'il ne pourrait s'en servir dans cet état, si, par exemple, il voulait y adosser une cheminée.
Lorsqu'un pan debois existe dans une ancienne construction, l'un des deux voisins peut toujours le faire considérer comme n'étant pas bon pour lui, à moins que l'établissement de ce pan de bois ne résulte d'une convention spéciale entre les deux propriétaires, ainsi que nous l'avons dit précédemment, ou de la destination du père de famille.
Si le pan de bois est en mauvais état, le mur par lequel on le remplace doit être construit à frais communs.
Ce mur peut ne recevoir aucune charge:
on le fait alors en matériaux qui ne lui donnent pas plus d'épaisseur qu'un pan de bois. Si, au contraire, il doit porter charge, on le fait en briques de 0m,22, sans compter les enduits, la ligne miloyenne restant la même.
Le propriétaire qui voudrait donner au
mur une plus grande épaisseur devra prendre l'excédant de son côté, sans changer la ligne mitoyenne *.
Dans le cas même où le pan de bois est bon, un copropriétaire a toujours le droit de le remplacer par un mur construit à ses frais et dont le parement, du côté du voisin, sera toujours sur la môme ligne que le parement du pan de bois.
Mais alors si le voisin qui n'a pas construit veut se servir du nouveau mur» en y faisant porter charge ou en y adossant des cheminées, il doit payer la moitié de la valeur du mur, ainsi que le prix de la différence du terrain; la ligne mitoyenne est alors portée au milieu dudit mur.
Le mur de clôture forcée doit être établi en pierre et maçonnerie, mais non pas eu pan de bois ni pierres sèches.
Les pans de bois mitoyens étant de véritables murs, le règlement de mitoyenneté (v. ce mol) s'y applique comme aux murs mêmes.
Panache, s. m. — Architecture.
Synonyme de pendentif.
1 Manuel des lois du bâtiment.
Sculpture. Ornement de plumes d'autruche que Ton place dans certains chapiteaux, particulièrement ceux qui sont d'ordre composé.
Serrurerie. On appelle targette, loqueteau, poignée à panache, d'anciens objets de quincaillerie dont la platine est découpée en forme de panache.
Pancarte, s. m. — Ornement de sculpture ou de peinture représentant une guirlande de fruits ou de fleurs.
Panier, s. m. — 1° Boite cylindrique dont le fond est un treillis d'osier à clairevoie et qui sert à passer le plaire en gros, qu'on appelle alors plâtre au panier (voy. Plâtre) ;
2° Caisse en bois dans laquelle on transporte le verre en feuilles ;
3° Anse de panier, terme d'architecture qui dôsigne une courbe à plusieurs centres et qu'on emploie comme génératrice de certaines voûtes (voy. Anse).
Panne, s. f. — Nom ,que l'on donne à des pièces de bois horizontales portées, dans un comble, par les arbalétriers des fermes et sur lesquelles viennent s'ajouter les chevrons destinés à recevoir la couverture (voy. Ferme).
Les pannes, appelées anciennement filières, ne sont, à proprement parler, que des solives méplates et posées sur champ ; elles sont intermédiaires entre le faitage, qui soutient les chevrons à leur partie supérieure, et la sablière, dans laquelle ces pièces s'assemblent par leur extrémité inférieure.
Les pannes sont arrêtées sur le pan de bois formant le comble par des chantignolles ou tasseaux, fixées parembrèvement et au moyen de gros clous sur les arbalétriers (voy. Chantignolle).
Quelquefois des mortaises sont pratiquées sur les pannes pour recevoir les chevrons; mais, outre qu'il y a, dans cette méthode, affaiblissement des premières pièce s, il y a encore augmentation de la maind'œuvre; on se contente généralement de cheviller les chevrons sur les pannes.
Ces solives horizontales ne sont guère espacées de pi us de 3 mètres, dans les combles
PANNE. ' — t
dont la portée exige plusieurs pannes pour soutenir la toiture. Il faut, déplus, renforcer les arbalétriers, pour en prévenir la flexior, an moyen de contre-fiches qui reportent sur le poinçon la pression exercée par les pannes ou de jambetles qui reposent, par leur pied, surle tirant elsotilagent l'arbalétrier aux points mêmes ou portent les filières.
Dana les fermes à trois pannes un entrait, ou second tirant, soutient la panne intermédiaire ; quelquefois l'entrait est prolongé et laponne repose dessus directement (fig. 1997).
Fig. 1997.
On appelle pannes de brisis les pièces de bois horizontales qui se trouvent au droit de la brisure dans les combles à la Mansard et qui s'assemblent avec l'entrait.
On donne le nom de pannes à liernes à celles qui sont assemblées dans les arbalétriers, au lieu déporter dessus. Le faitage (voy. ce mol) reçoit, dans certaines localités, la désignation de panne foUiére.
Un cours de pannes est l'ensemble de toutes les pannes placées à la même hauteur but les différents pans inclinés qui composent un même comble.
Les dimensions transversales que l'on doit donner aux pannes en bois se calculent comme si ces pièces étaient simplement posées sur deux appuis répondant à deux fermes consécutives (voy. Ferme, Résistance des matériaux)'!
Dans les combles en fer, ces pannes sont généralement des fers à double T qui s'assemblent avec les arbalétriers au moyen d'équerres boulonnées. L'extrémité de la panne est comprise tout entière entre les
deux ailes du fer à T qui forme l'arbalétrier ; l'âme de celle pièce est tantôt dans un plan vertical (fig. 1993), tantôt inclinée
à l'horizon, mais perpendiculaire à l'axe de l'arbalétrier (fig. 1999). C'est sur la bec
Fig. 1991.
supérieure des pannes que sont fixées, au moyen de boulons, les pièces de bois sur lesquelles on cloue le voligeage de la couverture.
Législation. On ne doit pas faire passer un luyau de cheminée près d'une panr.e en bois Bans laisser un vide d'au moins Q«,lfi.
Panneau. — Ce mot s'emploie dans un assez grand nombre d'acceptions différentes; mais, d'une manière générale, il désigne une partie d'un ouvrage d'architecture ou de menuiserie qui est entourée de moulures ou enfermée dans une bordure quelconque.
Il y a donc, dans Un panneau, la partie encadrée, appelée champ, el l'encadrement, simple ou mouluré. Le champ peut être lisse ou décoré d'ornements en relief,
comme lu montre la lig. 2000. Dans ce dernier cas, on donne à cet ouvrage le nom de panneau sculpté.
Maçonnerib. 1" Remplissage garnissant les intervalles des poteaux dans un pan de bois ou dans une cloison ;
2° Partie unie d'un enduit, autour de laquelle ou traîne un cadre.
Construction. Sorte de patron servant à transporter sur les blocs de pierre les contours suivant lesquels on doit les tailler. Les panneaux, devant s'appliquer souvent sur des surfaces courbes, sont faits en matière flexible, fer blanc ou carton, quelquefois même en tringles légères de bois ou de métal.
Dans la construction des voûtes, on distingue les panneaux eu panneaux de tête, panneaux dedouelleetpanneaux de joints, eic. Suivant que ces patrons sont destinés aux faces des voussoirs placées sur les plans de léte, sur la surface d'intrados, sur les faces des joints, etc.
Charpente. Partie de l'échiffre d'un escalier que l'on appelle panneau d'echiffre et qui est comprise entre le limon, le patin
et le poteau ou noyau ; celte partie est vide
ou remplie par des dosses.
Menuiserie. 1° Partie de menuiserie composée ordinairement de plusieurs planches jointes ensemble a rainure et languette et qui forme remplissage entre les montants et les traverses d'un lambris, d'une porte ou d'un vantail d'armoire.
On choisit, pour cette sorte d'ouvrages, des planches de 0",OI3à O™ ,034 d'épaisseur etdc0m,18 à 0m,21 de largeur. Il parait démontré par l'expérience qu'il ne faut pas donner à un panneau plus d'un mètre de large et plus de 3 mètres de haut.
Ces assemblages de planches sont ornés souvent, sur leur pourtour, de platesbandes et portent, en outre, sur leurs rives, une languette qui se loge, soit directement dans les montants et traverses formant le bâti de l'ouvrage, soit dans des châssis ou cadres s'embrevant eux-mêmes sur les bâtis. Un exemple de ce dernier cas est offert parla lig. 2001, qui représente une armoire de sacristie avec panneaux à plates-bandes.
Les montants et les traverses qui forment les bâtis s'assemblent entre eux a
tenons et mortaises chevillés, tandis que les mêmes pièces, dans les cadres embrevés, s'assemblent d'onglet et à tenons et
Dans les lambris, on consolide quelquefols les panneaux en les marouflant avec de la toile (voy. Maroufler). Si ces ouvrages ont de grandes dimensions, on est obligé de les fortifier par une ou plusieurs barres transversales, qui se fixent sur les montants des châssis et qui s'entaillent à queue d'aronde dans le panneau, s'il est assez épais; dans le cas contraire, on les fixe au moyen de vis. Ce mode de consolidation est également employé pour les portes cochères ou charretières (voy. ces mois).
La décoration des panneaux consiste en tables saillantes, en moulures à grand cadre ou a petit cadre traînées sur les montants et traverses d'encadrements, en motifs sculptés avec plus ou moins de recherche.
Dans les lambris du xv et du commencement du xvi" siècles, on voit des pan-
neaux ornés ào nervures imitant des parchemins plies (fig.2002).
Ces ouvrages, dans le cours du xvr» et
i - PANNEAU,
du xvti0 siècles, présentent des dispositions plus ou moins compliquées, dans lesquelles les formes circulaires s'allient parfois heureusement aux formes rectilignes.
Les panneaux de lambris, ordinairement construits en merrain, étaient nombreux et peu élevés.
Au siècle suivant, la décoration des lambris est beaucoup plus riche; mais les dessins et les contours ne rappellent pas le goût sévère des époques précédentes (fig. 2003).
l'ig. 5003.
Les panneaux reçoivent différentes dénominations, suivant leur forme, la place qu'ils occupent et leur mode d'assemblage ; on distingue :
Le panneau de hauteur, plus haut que large, et qui occupe la partie supérieure d'un lambris ou d'une porte;
Le panneau d'appui, souvent de forme carrée et que l'on place au bas d'une porte ;
Le panneau de frise, qui, dans une porîe à trois panneaua:, est intermédiaire entre le panneau d'appui et le panneau de hauteur ;
Le panneau à glace, panneau de porte OU de lambris qui est uni et qui entre de toute son épaisseur dans les rainures du bâti;
Le panneau double, rapporté au-devant d'un autre, par exemple au bas d'une porte coclière ;
Le panneau d'épaisseur, qui affleure un bâti des deux côtés du parement ;
Le panneau pendant, qu'on rapporte à la partie supérieure d'une baie, eans lui ajouter une traverse par le bas ;
Les panneaux Égaux, qui sont tous de mêmes dimensions dans un ouvrage ;
te panneau arasé, qui affleure le bâti ;
Le panneau recouvert, dont la table saillante excède le bâti ;
Le panneau flotté, qui est recouvert sur ses rives, d'un coié seulement, par une moulure traînée sur les montants et sur les traverses des châssis ;
2U Panneau de parquet, pièce de remplissage a l'intérieur d'une feuille de parquet;
3° Échantillon de bots qui mesure U",20 d'épaisseur sur 0m,i\ de largeur.
Sbhruiœiiie. Comme en menuiserie,