CHAPITRE II
Entretien 1° du pavé de Paris ; 2° du pavé à la charge des particuliers. — Rues non pavées.
SECTION PB EMIÈRE Pavé de Pari*.
Art. 25. « Les entrepreneurs du pavé « de Paris seront tenus de prévenir, au . « moins vingt-quatre heures d'avance, les « commissaires de police des quartiers « respectifs, du jour où ils commenceront « des travaux de relevé à bout dans une « rue.
Art. 20. « Ils ne pourront former leurs « approvisionnements de matériaux que
* Manuel des lot* du bâtiment.
PAVÉ. — 983
« le jour môme où les ouvrages commen- « ceront.
« Les pavés seront rangés et le sable rc- « troussé, de manière à occuper le moins « de place possible.
Art. 27. a Ils seront tenus de faire éclai- « rcr pendant Ja nuit, par quelques ap- « pliques, leurs matériaux et leurs chan- « tiers de travail, de veiller à l'entretien « de l'éclairage et de prendre les précau- « tions nécessaires dans l'intérêt de la « sûreté publique.
Art. 28. « Il leur est défeudu de barrer « les rues et portions de rues autres que « celles dont le pavé sera relevé à bout et « dont la largeur n'excédera pas dix « mètres.
« Toutefois, si des circonstances nécesa sitaient le barrage des rues ou portions « de rues ayant plus de dix mètres de lar- « geur, l'autorisation de les barrer pourra « leur être accordée, sur la demande que « l'ingénieur en chef du pavé de Paris en « fera au préfet de police.
Art. 29. « Lorsqu'il sera fait un relevé « à bout dans les halles et marchés, aux « abords des salles de spectacles ou d'autres « lieux très- fréquentés désignés dans Pé- « tat qui en sera dressé annuellement par « l'ingénieur en chef du pavé de Paris, et <* approuvé par le préfet de police, il ne « devra être entrepris que la quantité « d'ouvrage qui pourra être terminée dans « la journée.
« Dans le cas où il aurait été levé plus « de pavés qu'il n'en était besoin, il sera « bloqué, en sorte que la voie publique se « trouve entièrement libre et sûre avant « la retraite des ouvriers.
« Cette mesure s'étendra à tous les rele- « vésà bout sans distinction, la veille des « dimanches et jours fériés.
Art. 30. « Les entrepreneurs réserve- « ront, dans les rues ou portions de rues « barrées, un espace suffisant pour la cir- « culation des gens de pied.
« Ils établiront, au besoin, des planches « solides et commodes pour la facilité du « passage.
« Ils prendront, en outre, des mesures
PAVÉ
« convenables, pour interdire aux voitures « du public tout accès dans les rues ou « portions des rues barrées. Ils placeront, « à cet effet, des chevalets mobiles, qui, en « servant d'avertissement au public, lais- « seront la facilité de faire sortir et entrer « les voilures des personnes demeurant « dans l'enceinte du barrage.
« Les mêmes précautions seront prises « pour les rues latérales aboutissant aux « rues barrées.
« Il est défeudu aux entrepreneurs de « substituer des tas de pavés aux chevalets « mobiles.
Art. 31. « Dans les rues qui ne seront « point barrées, les entrepreneurs disposece ront leurs ateliers de telle sorte qu'ils « soient séparés les uns des autres par un « intervalle de quinze mètres au moins, et « que chaque atelier ne travaille que sur « moitié de la largeur de la rue, afin de « laisser l'autre moitié à la circulation des « voitures.
Art. 32. « Les chantiers des travaux « seront complètement débarrassés de tous « matériaux, décombres, pavés de ré- « forme, retailles, vieilles formes et autres « résidus des ouvrages, dans les vingt- « quatre heures qui suivront l'achèvement « des travaux, pour les relevés à bout et a pavages neufs, et au fur et à mesure do « l'exécution des ouvrages pour des répa- « rations simples et raccordements.
Art. 33. « Il est expressément défendu
de troubler les paveurs dans les ateliers « et de déplacer ou arracher les appliques, « chevalets, pieux et barrières établis « pour la sûreté de leurs ouvrages.
SECTION II
Pavé à la charge des particuliers.
Art. 34. « Il est enjoint aux propriétaires des maisons et terrains bordant « les rues, ou portions de rues pavées a dont l'entretien est à leur charge, de « faire réparer, chacun au devant de s:i « propriété, les dégradations de pavé, et « d'entretenir constamment en bon étal 1 j « pavé des dites rues.
PAVILLON. — Oï
ART. 35. « Ces proprit'' Inires El leurs en- ■ (repreneurs seront tenus, pour les ap- « provision nemenls de matériaux destinés a aux réparations, pour l'exécution des « ouvrages et l'enlèvement des résidus, de « se conformer aux disposions prescrites a en la section précédente aux cnlrepre- « oeurg du pavé de Paris.
Art. 36. a II leur est défendu de barrer » ni de faire barrer les rues pour l'exécu- « lion des travaux, sans y être autorisés « par le préret de police.
SECTION lit Hun et port Ion» de nui dod pnïf».
Art. 37. « Il est enjoint à tous les pro- « priétaires de maisons et terrains situés » le long des rues ou portions de rues non « pavées, de faire combler, chacun au « droit de soi, les excavations, enfonec- « menls et ornières, enlever les dépôts de « fumier, gravois, ordures et immondices, « et de faire, en un mot, toutes les dispou sitions convenables pour que la libellé, » la sûreté de la circulation et la salubrité « ne soient point compromises.
« Ils sont tenus d'entretenir conslama ment en bon étal le sol des dites rues, cl » de cod server ou rétablir les pentes né- / cessaires pour procurer aux eaux un « écoulement facile.
a Les rues non pavées qui deviendront « impraticables peur les voilures seront « barrées de manière que tous accidents v soient prévenus, u
Paveur. — Ouvrier qui exécute les pavages.
Pavillon, 5. m. — I. Se dit, d'une • manière générale : 1" D'un Lûtimcul de grandeur médiocre, isolé et couvert d'un seul comble ;
2° De tout corps de bâtiment lié a d'autres constructions en retraite.
Comble en pavilhm, comble formé par lu réunion de plusieurs croupes et dans lequel chaque pan est soutenu par une demiferme de croupe, et chaque arête, par une demi-forme d'arêtier.
I!. Plaqué de tôle ou de bois découpé
que l'on place en baut d'une baie de croisée pour cacher la jalousie quand on la relève (Qg. 20oi;.
t'ijf. ÏOS*.
Pean-de-chlenner. — Opération de la dorure en détrempe qui a pour objet de polir la surface du bois, d'en enlever les barbes avec une peau de chien de mer, après qu'on a rebouché les trous au moyen d'un mastic appelé gros-blanc, et qui est composé de blanc et de colle.
Peigne, s. m. — Tringle en corne, cd cuir ou en acier qui est garnie qe dents et que le peintre décorateur emploie. pour faire le faux-bois en figurant les veines.
La ligure 2055 représente en a le peigne en corne, b celui en cuir, e le peigne, en
,.Ji!il.,i^i„::
Fig. Î05S.
acier. Le second de ces instruments sert à faire les veines larges, épaisses; les,. deux autres a tracer celles qui sont plus iines,. Peindre, v. a. — Appliquer de la peinture. . ;
PEINTURE
Peintre, s. m. — En général, celui qui exerce l'art de la peinture.
, Peintre en bâtiments, celui qui revêt de couleurs les parois extérieures et intérieures des édifices.
. On distingue, parmi les peintres en bâtiments :
Les peintres d'impression, qui font euxmêmes toutes les teintes unies destinées à préparer les murs, les plafonds, les boiseries ;
Les peintres de décors, qui, sur les fonds
préparés par les ouvriers précédents , imitent les bois, les marbres et les granits, ainsi que la coupe, les assises et les joints des pierres de taille ; les fileurs qui ne font ordinairement que les filets ombrés et éclairés de joints imités de la pierre ou des panneaux feints, ainsi que les cimaises, moulures et tables saillantes ou renforcées dont on veut décorer les parties unies;
Les peintres de lettres, qui font les lettres des enseignes de boutiques et magasins;
Les peintres d'attributs qui fout les ornements extérieurs ou intérieurs des magasins.
Peinture, s. f. — Revêtement des surfaces au moyen de matières colorées, (jui contribuent non-seulement à la propreté et à l'ornementation, mais encore à la conservation des corps sur lesquels on les applique.
L'usage qui consiste à revêtir de couleurs diverses les parois des édifices remonte à la plus haute antiquité. Les temples de l'Inde, de l'Asie Mineure, ceux de l'Egypte et de la Grèce étaient couverts de peintures, à l'intérieur comme à l'extérieur; les peuples du nord et de l'occident de l'Europe peignaient leurs habitations et leurs édifices religieux construits en bois.
De même l'architecture française du moyen âge n'a cessé d'être polychrome l. L'application des couleurs fut soumise aux lignes, aux fermes, au dessin de la structure des édifices. C'est dans la suib, au moment de la Renaissance, que ces deux
1 Viollet Le-Duc, Dict. d'architecture.
- 935 — PEINTURE
arts, la peinture et l'architecture, camm^r côrent à devenir indépendants f'un $f l'autre. Aujourd'hui, certaines tentatives plus ou moins heureuses témoignent néaur moins du désir qu'ont les architectes de revenir à ce système de décoration si, judicieusement appliqué pendant la bonpp époque de l'antiquité et une partie \ dp moyen âge (voy. Polychromie), Quoi qu'ij en soit, on fait surtout usage actuellement de la peinture pour conserver, décorer, ou embellir certaines portions de la construction, particulièrement les plâtres,, lp? bois, les fers, etc. ,«.,.*
L'application des couleurs est l'une des dernières opérations exécutées dans la .construction d'un bâtiment. ^
D'une manière générale, on distinguas la peinture ordinaire, qui consiste dans la pose de plusieurs couches de peinture sur-Lçs surfaces qu'on veut conserver ou orner ^ la peinture de décors, gui est l'imitation. dg} bois, des marbres, dçs granits, ainsi que des joints d'une construction en pierre^gç taille. r, ,
Les matières colorées en usage dans, ty peinture, en bâtiments sont ordinairement des composés métalliques, réduits d'abord en poudre, puis en pâte par leur mélange avec certaines substances qui les font adhérer plus facilement sur les p^rofs des corps. C'est d'après ia nature de ces substances,aque l'on distingue : la peinture b Veau, à la colle, à Y huile, au vernis, à la cire.
Certains procédés ont encore c[onné|ieu aux désignations suivantes :, ^peinture ç, fresque, en camaieu, en mosaïque (voy. .ces mots). . , !>
Les travaux préparatoires que Ton doit exécuter sur les surfaces à* recouvrir! dq manière à ce que les couleurs ne se détachent pas, sont le nettoyage et le rebou^ chage.
Le nettoyage consiste, pour les ouvrages neufs, murs, plafonds ou menuiserie, dans un simple époussetage (voy. ce mot). Si les couleurs doivent être appliquées suj^ d'anciennes peintures à l'huile, on procède d'abord au lessivage ou .lavage à l'eau
PEINTURE. — 986 -
seconde ou eau de potoêse. Il suffit, pour les peintures et les papiers verois qui sont seulement salis de fumée ou de poussière, d'un simple lavage avec une légère solution de saven noir ou d'eau seconde très-faible.
Lorsque le lessivage ne suffît pas pour enlever entièrement les anciennes peintures à l'huile, les vernis et les vieux apprêts, on exécute le brûlage (voy. ce mot) pratiqué surtout pour les peintures sur bois.
Le grattage s'emploie enfin pour enlever totalement toutes les couches anciennes étendues sur les ouvrages à repeindre entièrement.
Les parquets sont grattés avec soin ; les carreaux en terre sont grattés au grès, lessivés, lavés et épongés.
Le rebouchage, qui vient après ce nettoyage,* pour objet de remplir les trous; il se fait avec un mastic composé de blanc de craie trituré à la colle ou à l'huile, suivant le mode de peinture (voy. Rebouchage).
Les nœuds qui contiennent de la résine, comme dans les boiseries de sapin, sont usés avec de la pierre ponce et reçoivent l'application de deux à trois couches de teinte dure (massicot broyé à l'essence et détrempé à l'huile siccative). Souvent aussi ou enlève une partie du nœud au moyen du vilebrequin ou du fer rouge et on bouche le trou avec du mastic. Si lé nœud ne contient pas de résine, on le frotte d'ail pour que la colle y adhère fortement.
Après le rebouchage, on procède à Yencollage, qui se fait, pour la peinture en détrempe ou à la colle, par l'application au pinceau d'une couche d'un liquide composé de colle et de blanc de craie (v. Détrempe). Pour la peinture à l'huile l'encollage esl composé de blanc de cérusc et d'huile. Si h» murs sont* encore frais, on applique, au lieu d'encollage, une ou deux couches d'huile bouillante.
Les couleurs, avant d'être appliquées, subissent une certaine préparation : on les réduit en pâte par le broyage, puis on les délaye à l'huile ou à l'eau; à cet effet, on jette dans un vase vernissé ou dans un seau en zinc, les couleurs diverses dans les proportions nécessitées par les teintes que l'on
PEINTURE
désire; on ajoute le liquide et l'on fait enfin le mélange à l'aide d'un bâton que l'on agite ou d'une brosse à peindre qu'on fait rapidement tourner entre les deux mains.
La plupart des couleurs sont obtenues par le mélange, en certaines proportions, de diverses substances;, quelques-unes seulement sont données par des matières spéciales; les couleurs dont la combinaison forment les teintes le plus fréquemment employées sont : le blanc, le gris, le rouge, le Mas, le jaune, le vert, le bleu, le brun, le noir (voy. ces mots).
Peintures diverses Les peintures employées à l'eau sont le lait de chaux et le badigeon (voy. ces mots).
La peinture à la colle ou en détrempe consiste dans l'emploi de couleurs broyées à l'eau et détrempées dans de la colle (voy. Détrempe).
La peinture à l'huile, la plus solide de toutes, est composée de couleurs délayées avec des corps gras.
On emploie, à cet effet, des huiles végétales : huile de noix, de lin et é' œillette ou pavot; à l'intérieur on se sert de préférence, d'huile de noix ; à l'extérieur, d'huile de lin; l'huile d'œillelte a des qualités à peu près analogues à celles de l'huile de lin.
Ces huiles deviennent siccatives quand on les fait bouillir avec 1/7 ou 1/8 de leur poids de litharge. Cette dernière substance peut être remplacée par de l'essence de térébenthine mélangée à l'huile, au moment de l'emploi, dans les proportions suivantes : pour la première couche, 1/3 sur 2/3 d'huile ; pour la seconde, moitié de l'une et de l'autre; pour la troisième, ^d'essence sur 1/3 d'huile (voy. Siccatif).
La céruse ou blanc de plomb, qui servait autrefois de iase à la peinture à l'huile, est maintenant remplacée par le blanc de zinc, à cause des effets pernicieux de la première substance.
Le blanc de zinc, préparé d'abord et trituré avec de l'huile, est soumis au broyage à la machine ou à la molette, puis mélangé avec les substances colorantes nécessaires pour obtenir les tons que l'on désire.
PEINTURE
PEINTURE
La peinture à l'huile est appliquée sur tous les fers et boiseries à l'extérieur ; sur tous les objets exposés à l'humidité on en met trois couches successives. Les boiseries intérieures reçoivent au moins deux couches de peinture d l'huile. On peint de môme à l'huile certaines parois à L'intérieur des bâtiments, par exemple les escaliers, les vestibules, les antichambres.
11 est un procédé de peinture que Ton appelle peinture économique et qui consiste dans l'application préalable d'une couche de colle qui abreuve les surfaces avec la couleur désirée, et sur laquelle on étend ensuite une ou deux couches à l'huile; mais il faut remarquer que cette méthode n'est bonne qu'à l'intérieur. C'est ainsi que l'on peint les carreaux. Lorsqu'on a appliqué ces différentes couches, on cire ou on encaustique.
La mise en couleur des parquets comprend une première couche en jaune à la colle de Flandre, avec une dissolution de safran ou d'ocre jaune; une seconde couche à l'huile et, comme précédemment, on cire ou on encaustique.
La peinture à la cire ou encaustique se fait au moyen de couleurs détrempées à chaud au moyen d'une dissolution de cire dans l'essence do térébenthine (voy. Encaustiqué).
La peinture au vernie diffère de la peinture à l'huile en ce qu'on détrempe les couleurs broyées à l'huile avec du vernis à l'alcool ou du vernis à l'huile. Les peintures au vernis gras doivent être couchées sur des fonds préparés (imprimés, rebouchés et poncés) à l'huile ou à la colle. Chaque couche de peinture au vernis, une fois bien sèche, est poncée au papier de verre très-fin.
La peinture au vernis à l'alcool exige les mêmes préparations.
On supplée souvent à l'emploi de la peinture au vernis par l'application d'une couche de vernis sur des peintures à l'huile dans lesquelles on a augmenté un peu la quantité d'essence.
La peinture à l'huile vernis polie, appliquée à la décoration des appartements
luxueux et des riches devantures de boutiques, nécessite plusieurs opérations : la surface, préparée comme nous l'avons indiqué plus haut, reçoit une première couche d'impression composée de blanc de céruse à l'huile de lin coupée de 1/5 de son poids d'essence, et additionnée d'un peu de litbarge bien broyée à l'huile.
On procède au rebouchage, puis on applique de six à douze couches de teinte dure (massicot broyé à l'huile siccative et dé- . trempé à l'essence). Après quoi, on encolle avec du blanc de Mcudon, détrempé dans de la colle de peau. Pour les peintures trèssoignées, l'encollage est suivi d'une ou deux couches de blanc d'apprêt. On applique ensuite les couches de teinte ; on les laisse sécher, puis, on passe deux couches d'encollage à froid, .composé d'une colle faible. Enfin on procède à l'application d'au moins deux couches de vernis à l'esprit de vin.
La peinture au vinaigre s'emploie pour les âtres et les plaques de cheminée : elle se compose de mine de plomb broyée dans du vinaigre et dont on frotte les plaques au pinceau, après les avoir nettoyées préalablement à la brosse.
La peinture au lait se fait au moyeu de couleurs broyées à l'eau et détrempées au lait.
Ce genre de revêtement a été proposé par M. Gadet-Devoux, qui indique les deux préparations suivantes :
Pour la peinture destinée à l'intérieur on place dans un vase 200 grammes de chaux éteinte et réduite en poudre et on y verse une quantité de lait suffisante pour en faire une bouillie claire ; on y introduit 125 grammes d'huile d'œillette, de lin ou de noix, que Ton verse peu à peu, eu remuant avec une spatule de bois ; on y ajoute 2 litres de lait, 2,500 grammes de craie en poudre et on délaye avec soin.
Pour la peinture extérieure, on ajoute aux proportions indiquées ci-dessus 60 gr. de chaux en plus, 60 grammes d'huile et 60 grammes de poix blanche de Bourgogne; on dissout la poix dans l'huile à une douce chalejir et on la mêle avec
pelle;
PENDENTIF
le lait de chaux précédemment obtenu.
: r Le savon, mis en place du lait, fournirait, une peinture analogue.
*.La peinture au grès s'emploie pour les iboisëries destinées à être exposées au dehors, ,
■ < On étend sur les bois mis à plat, une première couche d'huile pure et chaude, à -laquelle on a simplement ajouté un peu de -litharge pour la rendre siccative ; au fur et à mesure que Ton applique cette couche, on la saupoudre de sable très-fin ou degrès passé au tamis.
On hisse sécher, puis on passe une jou deux couches de la couleur que Ton •désire. •
\ .'L'a* peinture au sérum de sang s'utilise à l'intérieur comme à l'extérieur, donne une belle couleur de pierre et peut s'employer économiquement dans les constructions *urales> sa préparation étant facile à la campagne.
" Cette peinture se compose de chaux en ftoudre délayée dans du sérum de sang qu'ona séparé du caillot en laissant reposer lo $ang dans un endroit frais pendant trois ou quatre jours.
On fait encore deâ peintures kydrofuges ail- moyen de couleurs spéciales, .parmi lesquelles nous citerons : les couleurs à? bases métalliques de Ruolz, le3 couleurs à base de paraffine in ventées parMVGn'udrcHer(voy. Faraffination), la glu marine extraite du goudron (voy. Glu). Les peintures murales employées pour les intérieurs,, dans Tantiquité et au moyen âge; ont fait place aux toiles peintes -et au* tapisseries, puis à l'imitation des -étoffes; par des impressions sur papier, c'est-à-dire aux papiers peints en usage de nos jours (voy: Papier, Tenture).
Pelle, è. f. — Outil du terrassier OU du ftiaçon et qui est composé d'une: palette et d'un manche.
: Les terrassiers emploient des pelles pour relever ou jeter des terres, des gravôis. Les palettes de ces instruments sont en fer, et de forme arrondie, carrée ou angulaire^ la fig. 2056 représente la palette on fer «l'un instrument du dernier^genre et <tjui est
munie de la douille dans laquelle s se frfecc
le manche.
Fig. 2056.
Les maçons se servent aussi soit de pelles à palette métallique (fîg. 2057) pouj taire
i-Al
'il
up
• . ' iin Jiiii
.. .Fig. 2057. Pig. 2<)58.L;;i;l!::
lo mortier, soit de pelles i palette en ' Bô# (lig. 2058) pour prendre le plâtm fct-Hte verser dans l'auge où on te gâche. " r^
Pale ou pelle ) nom que Ton donne encore aux vannes qui servent à retenir ôdvâ laisser aller l'eau (vôy. Vanne). • i>* •
Pellée où pelletée, s. f. — On donm ce nom à la quantité de matériaux, ^tert^ gravois ou plâtre que peut cooteoir ùrie pelle. « T. .»♦;';)
Pend9#e, s. m< — Inclinaison- îles couches dans une mine ou daûs une arriéré. ^ *•.""■
Pendante, part, prés, — • Clef pen«*
dante, voussoir qui occupe le sommet
d'une voûte ou d'un iarc et qui descend en
contré-bas delà douelle (voy. Clef)\ ' -3' »
Gouttière pendante (voy. Gouttière) l >
Mouchette pendante (voy. Mouchette).*' •-.*
Pendentif. — Portion triangulaire
d'uncvôûte sphèrique-doût /certaines pafr
PENDENTIF.; — 989
tiea latérales wi t. été enlevées- par de& plans verticaux. r
^Supposons, ps|r exemple (fig. 2059), une 'WÛte dçmi-sphérique ayant pour base la circonférence a b cd. Si par les quatre cfttés d'un carré inscrit dans cette circonféfçncetoq mène des plans verticaux, ces Hlags retrancheront de la voûle quatre demi-calottes sphériques qui se projettent etkABa, A6C, CDç, BCd.
PENDENTIF
Fig. 2059.
Il reste une surface composée : 1° d'une calotte sphérique, qui est projetée horizontalement en r 5 1 u et verticalement en r x t'; 2* de quatre triangles sphériques, dont les projections horizontales sont A r s, C st, t!ti:u, Bru.
u Au lieu d'étee coupée par des plans verticaux, la voûle peut être pénétrée par des; berceaux, ayant pour section la demi-çirconférencfc résultant de son intersection par: ces plans; la voûte alors ne repose plus que sur les. quatre points A, B, G, D.
* La; voûte ainsi formée se nomme voûte en pendentifs ; les demi-berceaux sont appelés : lunettes, et lorsque les demi-cercles de! pénétration sont fermés par des murs, ceux-ci reçoivent le nom de Cermerets.
Cette voûte, appelée encore cul-de-four sur pendentifs, B'çmploie pour couvrir soit
une salle carrée ou polygonale; èofr pour remplacer une voûte d!arête à l'intersection!) de. deux berceaux. Elle est peut-être moins simple, mais s'élève plus haut et se prêter mieux à la décoration ; en outre, on doit toujours l'appliquer lorsqu'il faut éclairer la salle couverte par une ouverture pratiquée au sommet de la voûte.
Les -portions triangulaires qui sont placées en <renxplissage entre les nervures d'une votkté en ogive se nomment également pendentifs. # '
On peut enfin considérer comme pendentifs loulès les parties solides qui s'avancent en encorbellement pour supporter la base d'une voûte hémisphérique, hémisphéroïde, hémiellipsoïde, etc., ou qui sont placées également en saillie dans les angles formés par des arcs, portant sur plan carré, pour faire passer la construction du carré à l'octogone ou au plan circulaire.
€'est même en procédant par des essaisde ce genre que V-on est arrivé au1x,,sa-f: vantes dispositions qui ont fait de la cons-f. truction des dômes sur plan carré, la plus, importante application du système des pen-: ! dentifs.: • -, - • »
Nous présentons ainsi (fig. 2060) des asi sises posées en encorbellemeut suivant le : sens de la diagonale dans l'angle des arcs
Fig. 2060.
établis surplan carré; ces saillies supportent Ides voûtes en arc de cloître ou se raccordent'avec les voûtes circulaires/; Daç*» | l'église de .CQUftjrçes sllçp apportent; refrn
PENDENTIF- — 990
pèce de tambour octogone qui s'élève autan» de la tour carrée.
Dttoslafig. 2061 les assises son! remplacées par une véritable voussure. Ces
Pig. 2061.
sortes de trompei, avec quelques variétés de formes, sont fréquemment employées :
dans quelques édifices, elles ue sont pus placées immédiatement au-dessous de la voûte ; dans d'autres elles servent à raccorder des polygones avec d'autres poly-
Fig. ÎOG».
gones d'un plus grand nombre de côtés on avec des voâtes u base circulaire.
PENDENTIF
Les Arabes procèdent par vole de polygone et parviennent, avec des dispositions analogues a celles précitées, eu multipliant les Taces (fig. 206?), en agençant et groupant des niches en miniature, de menues sections de coupoles, de petits triangles spbériqnes et des fragments de berceaux, à regagner le plan circulaire sur lequel doit reposer le dôme.
L'architecture ogivale présente quelquefois des systèmes analogues de construction, mais avec des Tonnes et des procédés d'exécution très-distincts.
La fig. 2063 ' représente, en plan et en élévation, une voûte d'arête du style ogival que M. Isabelle croit appartenir à la cha-
Kig. 2063.
pelle de l'ancien cimetière de Fontevrault et qui offre un exemple remarquable dn raccordement des deux formes.
Les systèmes à encorbellements que nous venons d'exposer n'offrent pas, & proprement parler, les portions de voûtes triangulaires que nous avons définies au commencement de cet article, et cependant ces formes étaient connues des anciens. Dans un petit tombeau antique, situé sur la m Nomentana, près de Home, on trouve la forme carrée de lu salle raccordée avec lu
1 Itabellr, Êdi/len circulai™ H démet.
PENDENTIF
calotte circulaire qui la recouvre au moyen de pendentif s nettement accusés.
Un témoignage des connaissances acquises dans cette partie de la construction, à une époque plus ou moins ancienne, mais encore éloignée de nous, se présente dans les pendentifs de l'église Sainte- Sophie, à Conslantinople, qui datent du Vi° siècle.
Les églises élevées en Grèce et en Italie sous l'influence byzantine et particulièrement Saint-Marc de Venise renferment l'imitation plus ou moins parfaite de ce qui a été fait à Sainte-Sophie.
Le môme principe a été appliqué, vers la fin du x° siècle, à l'église Saint-Front de Périgueux, avec cette modification que les pendentifs, au lieu d'être engendrés par des demi-cercles, sont engendrés au moyen d'une courbe brisée.
Dans les temps modernes, on a modifié plus profondément encore les voûtes sphériques sur lesquelles reposent les dômes de plusieurs de nos églises ; on a enlevé entièrement le cul-de-four, en ne laissant que les pendentifs au-dessus desquels s'élève la tour cylindrique du dôme.
On peut citer, comme modèles de pendentifs, ceux des Invalides et ceux du Panthéon, à Paris.
Les voûtes sur pendentifs se décorent comme les voûtes sphériques. Quelquefois les caissons se prolongent jusque sur les pendentifs et s'arrêtent contre les cercles verticaux entre lesquels sont comprises ces parties inférieures de la voûte ; mais plus habituellement le cul-de-four est séparé des pendentifs par une corniche et est seul orné de caissons.
Les autres parties sont ornées de compartiments sur lesquels on place des figures peintes ou sculptées.
Les pendentifs servaut ainsi à raccorder des formes carrée et circulaire prennent encore les noms de panache ou de fourche.
Le mot pendentif est également employé dans le sens de cul-de-lampe ou de clef pendante (voy. ces mots).
Planchers à pendentifs, planchers dans lesquels on a placé, pour les décorer, des