PILOT
avant d'y asseoir une fondation. Cette opération se fait également pour unir la surface d'une chaussée en construction.
Pilot, i. m. — Forte pièce de bois que l'on appointe et que l'on ferre a Tune de ses extrémités, pour l'enfoncer dans le sol à coups de mouton et former un pilof» (voy. ce mol) sur lequel on asseoit une fonda* lion.
Une des conditions essentielles de la forme des pilots, c'est qu'ils soient droits et de fil. On les fait un peu coniques et quelquefois on Tait la pointe sur le bout le plus gros pour augmenter la résistance à renfoncement.
On distingue dans un pilot, la tête, le corps et la pointe. Pour que le bois n'éclate pas sous le choc du mouton pendant le battage (voy.
ce mot), la tête est cerclée d'une frette en fer forgé (flg.213l),que l'on enlève des pieux a mesure qu'ils sont battus, pour en garnir les pieux que l'on va battre.
La pointe, taillée simplement à |a hache dans les bois durs, comme le Fin. 2(31. ebéne et l'orme, a la forme indiquée par la même figure.
Lorsque le terrain Qans lequel on enfonce les pieux esl très-résistant, on garnit l'extrémité inférieure de ceux-ci d'un «aboi en métal.
La fig. 2132 représente r-n A la pointe d'un pilot armée d'un sabot en fer forgé
P1L0T. - Il
formé de quatre bandes réunies par une soudure et terminé en pointe.
On a remarqué que les sabots en fer forgé se déforment et se dérangent pendant le battage; on a alors imaginé le sabot en fonte B, fixé au bois du pieu par une tige ébarbelée qui y pénétre et qui a été ellemême solidement unie à la fonte par le retrait de celle-ci, que l'on a coulée dans un moule où cette tige a été placée à l'avance.
Les sabots à branches noo-reliées entre elles présentent encore cet inconvénient que, si le pieu vient à rencontrer un obstacle, ces branches pénétrent dans le bois, qu'elles coupent et déchirent ; la pointe du pilot est reroulée en dedans et s'étale, se réduit en balai sous les coups répétés du mouton; elle n'entre plus alors, avant même d'avoir atteint la couche solide, si l'on construit dans un terrain aiïouiltable,
Four y remédier, M. Camuiata inventé le sabot en télé C qui enveloppe la partie inférieure du pieu, réunit avec force les fibres du bois, en raison même de la densité du sol, et le sabot accompagne le pilot jusqu'au terrain solide. Ces sabots ont 0™,003 d'épaisseur de tôle pour les grands, et O-.Ofm pour les petits.
L'extrémité qui se termine en pointe est formée d'un tuyau plein de Ora,IO, soudé a la tôle.
On garnit encore quelquefois l'extrémité inférieure du pilot {fig.
2133) d'un ferrement avec une lame contournée en bêlice et le pieu n'est plus Trappe pour )
l'enfoncement ; on le fait pivoter, au moyen , de cabestans, sur son axe vertical. Ces pUots sont appelés pieux à vis.
L'arrachement des pilot» ordinaires se fuit à l'aide de machines dites sonnettes arrache-pieu F'B' 1,3i-
(voy. Sornette), d'un vérin (voy. ce mol) ou d'un levier. Ce dernier procédé est employé pour les plus forts pieux. Voici comment on opère :
La tête du pilot est traversée horizontalement par une grosse cheville en fer, prise à chaque bout par le chaînon d'une forte chaîne, comme on le voit en A (fig. 2135). Dans l'anneau m passe le crochet en fer qui arme l'extrémité d'un levier formé
Pig. SI 34.
d'une pièce de charpente de fort équarrissage; ce levier a, pour point d'appui, un prisme en fer coulé, partant sur un chantier qui repose lui-même sur deux autres chantiers parallèles, placés des deux eûtes du pieu. Une chèvre permet de lever l'autre extrémité du levier, de manière a introduire le crochet dans l'anneau ; en appliquant aux lirandes la force d'un certain nombre d'hommes on oblige le pilot a sortir. De crainte d'accident, si ce pieu cédait tout à coup, on soutient le levier par le câble de la chèvre et l'on ne donne du lâche a ce câble qu'à mesure que le levier descend.
Piloter, v. n. — Enfoncer des pilots dans un terrain affouillable pour asseoir une construction.
F. a. — Piloter un terrain, y enfoncer des pilots.
Pilotis, s. m. — Série de pieux ou pilots que l'on enfonce dans le sol pour servir d'assiette à une fondation, qui prend alors le nom de fondation sur pilotis.
Ce système s'emploie, soit lorsqu'on veut atteindre les terrains incompressibles, en évitant des déblais considérables, soit lorsqu'on veut fonder sur des terrains compressibles qu'il faut affermir.
Les bois propres à être employés pour faire 1rs pilotis sont le chine, le hêtre, l'aune, le pin, le sapin, le milite, le noyer.
Dans les sols incompressibles on enfonce
les pieux en quinconce; le battage se fait au moyen de h sonnette (voy. ce moi); l'espacement que l'on donne aux pilote est de l»,20 à QpJBQ d'axe en axe, suivant leur diamètre et la charge qu'ils doivent supporter.
Lorsque le terrain incompressible sur lequel on veut reporter le poids de la cous truction est assez compacte pour que les pieux ne pénètrent plus, on arrête le battage, dès qu'ils y sont parvenus.
Il est a remarquer que l'enfoncement de ces pièces dans les terrains sablonneux ou graveleux ne se fait qu'avec une difficulté croissante; on s'arrête alors, eu tenant compte de cette règle, fournie par l'expérience : qu'un piloi est capable de résister à une charge de 25,000 kilog. lorsqu'il ne s'enfonce plus que 0m.03 environ par volée de 10 coups de mouton du poids de 600 kilog. élevé à 3°,60 de hauteur, ou de 0»,01 par volée de 30 coups d'un mouton de même poids, élevé & I^.ÎO de hauteur.
Après le battage des pieux on procède à leur recipage, c'est-à-dire qu'on les coupe à la hauteur préalablement fixée ; puis on eelèvede leurs intervalles les (erres qui ont été remuées pendant le battage et on les remplace par une maçonnerie eu pierre sèche (fig. 2135) ou en mortier hydraulique,
qui a pour objet de maintenir l'écartement des pilotset d'augmenter le frottement qui résiste a l'enfoncement ; ensuite on fixe
dessus un grillage en charpente surmonté d'une plate-forme en madriers, sur laquelle doit reposer la construction.
On remplace quelquefois cette plateforme par une ou deux assises de forts libages ou par une épaisse couche de béton qui enveloppe ces pieux jusqu'à une certaine profondeur ; le recépage est alors inutile, la tète des pilots étant noyée dans le massif de béton.
On se sert quelquefois de pieux à vis (voy. Pilot] qui évitent l'ébranlement du sol et présentent plus de résistance à l'arrachement; cette méthode permet, en outre, d'enfoncer des pieux inclinés à l'horizon, comme on l'a fait pour plusieurs ouvrages maritimes, tels que phares, balises ou jetées.
On fait encore usage, dans certaines circonstances, de pilotis en sable formés de la manière suivante :
On creuse, en enfonçant un pieu et en le retirant, des trous que l'on remplit de sable ou de béton de sable; le premier de ces deux matériaux est arrosé, au fur et à mesure qu'on le verse; le second est comprimé de temps à autre.
La fondation sur pilotis et grillage peut s'effectuer au sein des eaux, en ayant soin de placer, dans les intervalles des pieux, des enrochements ou du béton que maintient latéralement une enceinte de palplanches (voy. Pont).
Les fondations se font sur pilotis dans les terrains moyennement compressibles qui ne sont pas détrempés par les eaux; leur application est surtout nécessaire quand il s'agit de constructions de nature à exercer des pressions considérables.
Dans les sols très -compressible s, on enfonce les pieux par le gros bout pour qu'ils □e puissent être soulevés par la réaction du terrain ; on enfonce même quelquefois des pierres entre les pilots après le recépage.
Dans tous les cas, il faut, pour fonder sur pilotis dans ces terrains compressibles, appliquer le système sur une surface plus étendue que celle qui doit être occupée par les constructions. On doit, en outre, dans le battage des pieux, commencer par les ran-