PLATE-BANDE
consiste dans l'introduction entre les claveaux de dés en pierre assez dure pour ne pas s'écraser sous la pression.
Aujourd'hui, les défauts de ce système de construction n'ont pas empêché qu'il se généralisât. Le Panthéon, la colonnade du Louvre, celle de la place de la Concorde, Saint-Sulpicc, à Paris, en offrent des applications. Des chaînes ou tirants (fig. 2192), qui se relient à des ancres placées dans les
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Fig. 2192.
colonnes servant de points d'appui, empêchent Técartement de ceux-ci sous les pressions exercées par la plate-bande ; en outre, les claveaux voisins sont rendus solidaires par des crampons doublement soudés.
Dans les constructions ordinaires on donne aux claveaux des coupes différentes : tantôt on les fait rectilignes {Qg.
Fig. 2193.
2193); tantôt on les retourne verticalement (fig. 2194).
Fig. 2194.
Bans les deux cas, on place en dessous, dans une entaille faite exprès, un fer carré ou méplat qui y est complètement caché. De plus on a l'habitude, également vicieuse, de laisser, à la pose, entre chaque claveau, un intervalle assez grand pour y introduire des cales en bois et recevoir un coulis en plâtre ou en ciment.
Souvent les plates-bandes ont des claveaux d'inégale hauteur et qui font liaison avec les assises placées au-dessus.
PLATINE
Celles dont la hauteur est, au contraire, uniforme, prennent le nom deplates-bandes arasées.
Charpente. Partie d'un limon d'escalier qui est droite et au niveau d'un palier.
Menuiserie. Ravalement que l'on pousse autour des panneaux de lambris et des portes à cadres et qui forme, en môme temps, la lauguette d'embrèvement.
Serrurerie. Bande de fer plat, qui sert à réunir deux pièces jo in tives au moyen de clous ou de vis, comme dans un plancher, dans un pan de bols, dans un limon d'escalier ; à réunir deux bâtis de porte ou décroisée, deux parties de chén eau; â garnir le dessous des barres d'appui, des mains courantes d'escaliers, etc.
Platée, s. f. — Massif ou crépi de
maçonnerie établi sur toute l'étendue des)
fondations d'un bâtiment arasé à fleur du sol et sur lequel on peut tracer facilement la position très-exacte des murs à construire en élévation.
Plate-forme, s. f. — 1° Terrasse-, ment nivelé qui sert de base à une construction. Les palais assyriens étaient ainsi édifiés sur des plates-formes élevées de main d'homme.
2° Toit plat en terrasse (voy. ce mot) qui couvre les bâtiments.
3- Pièce de bois qui a 0m,l6 à 0m,l2 d'épaisseur sur 0m,30 de largeur.
4° Synonyme de sablière. ,
5° Aire de plancher composée de madriers posés jointivement sur les chapeaux, patins et racinaux assemblés sur la tète des pieux dans un pilotis et destinée à servir d'assiette à la maçonnerie. •
6* Dans l'architecture des chemins de fer, on donne le nom de plate- forme à* l'assiette du ballast (voy. ce mot).
7° En fortification, on désigne ainsi un ouvrage en forme de terrasse, sur lequel on installe une pièce de rempart ou une batterie.
Platelage, s. m. — Sorte de plancher en charpente de chêne avec clef ou sans clef dans les joints.
Platine, s. m.— Métal d'un gris d'acier tirant sur le blanc d'argent et qui prend un.
PLATRE
PLATRE
grand éclat par le poli. Il est très-ductile, très-malléable, et 8a dureté est comprise entre celle du fer et celle du cuivre.
Il est infusible au feu de forge le plus violent; aussi l'emploie-t-on pour faire des pointes de paratonnerres.
C'est le plus lourd de tous les métaux : son poids spécifique est 22.
Platine, s. f. — Plaque mince de tôle ou de fer battu découpée et évidée suivant différentes formes et sur laquelle on fixe les pièces composant une targette, un verrou, un loqueteau, etc. On dit que ces pièces sont montées sur platiné.
Plâtras, *. m. pi. — Morceaux de plâtre provenant des démolitions et qu'on emploie pour faire des murs de clôture, des hourdis de pans de bois ou de planchers, des jambages de cheminée, etc.
Plâtre, s. m. — Sulfate de chaux naturel ou gypse auquel on a enlevé son eau de constitution en le soumettant à une certaine température et qui a, dès lors, une grande tendance à se combiner avec l'eau, en formant une pâte qui sèche à l'air et qui est employée,comme liaison, dans les constructions en maçonnerie ou comme revête* ment des surfaces.
Le gypse, dit aussi pierre à plâtre, est abondant sur plusieurs points delà France et particulièrement aux environs de Paris, où on le rencontre en amas considérables (voy. Qypse).
Les différentes espèces de pUUre qui forment les assises de Paris et de ses environs peuvent se rapporter à quatre types principaux :
1« Le banc blanc, ou compacte, à grains serrés, très-blanc et qui est du sulfate de chaux presque pur.
2° Le banc cheveux, qui renferme, des cristaux de gypse agglomérés et accompagnés d'une légère couche de carbonate de chaux qui Eépare les cristaux accolés.
3° Le banc mouton, mélange des deux variétés précédentes.
4° Le banc matabais, dont le gisement est presque à la surface du sol et qui, tout en étant d'une composition très-variable, contient toujours du carbonate de chaux.
On trouve également dans la nature nu sulfate de chaux anhydre dont on ne peut obtenir un plâtre susceptible de se gâcher» ni de faire prise avec l'eau, et que les minéralogistes appellent anhydrite ; on l'emploie cependant comme albâtre et comme marbre dans la décoration.
Après la dessiccation du gypse, improprement nommée cuisson du plâtre, cette matière, par sa tendance â se combiner avec l'eau, est difficile à conserver. Il serait bon de ne la pulvériser, pour en faire usage, qu'au moment de son emploi, pour l'empêcher de s'éventer. Autrefois, ou livrait le plâtre en sacs aux maçons, après l'avoir cassé en morceaux à la sortie du four. Aujourd'hui on le réduit en poudre, au moyen de manèges disposés à cet effet, puis on l'apporte également dans des sacs au chantier où il doit être employé.
Le plâtre convenablement cuit et de bonne qualité doit seul être mis en usage. On reconnaît qu'il est dans cette condition lorsqu'il a uoe onctuosité au toucher, ce que les ouvriers appellent amour et que, mélangé avec une quantité d'eau égale à son volume, il fait prise au bout de quelques instants.
Si le plâtre n'est pas assez cuit, il est aride, n'absorbe l'eau qu'imparfaitement et ne forme pas un corps solide. Il est maigre, graveleux, et s'égrène quand il est trop cuit.
On distingue, au point de vue de l'emploi, trois espèces de plâtre:
1° Le plâtre au panier, ou plâtre ordinaire, tel que l'entrepreneur le reçoit du fabricant et qui sert à faire les hourdis et les crépis.
On nomme de même un plâtre passé dans un panier d'osier, qui est plus fin que le précédent et qui sert à faire les crépis peu épais.
2° Le plâtre au sas, passé dans un tamis de crin et avec lequel on fait les enduits ordinaires et les moulures.
3° Le plâtre au tamis de soie, le plâtre employé pour faire les enduits extérieurs soignés sur plafonds ou murs et les enduits qui doivent recevoir de la peinture.
PLATRE
PLATRE
Oo distingue encore les mouchettes ou résidus du passage du plâtre au sas et la fleur de plâtre, ou plâtre à lapeUe, que l'on obtient eu le faisant sauter sur une pelle à laquelle il s'attache et qui sert à boucher les petits trous dans les moulures.
Au moment de son emploi, le plâtre, réduit en poudre, est versé dans une auge, avec une certaine quantité d'eau et le mélange est remué avec une truelle de cuivre. Cette opération est appelée gâchage et, suivant que la pâte est plus ou moins liquide, on dit que le gâchage (voy. ce mot) est clair ou serré.
Les proportions dans lesquelles ce mélange est fait ont une grande influence sur la prise et sur la dureté du plâtre, indépendamment de la qualité même de la ma* tiêre.
Plusieurs théories ont été émises pour expliquer la prise du plâtre.
D'après M. Ed. Landrin, ce phénomène se produit en quatre phases distinctes :
\° Le plâtre cuit, prend, au contact de l'eau et en s'unissant avec ce liquide, une forme cristalline.
2° Le plâtre se dissout partiellement dans l'eau, qui se sature ainsi que le sel.
3» La chaleur dégagée par la combinaison chimique fait évaporer une partie du liquide ; un cristal se forme et détermine la cristallisation de toute la masse, effet analogue à celui qui a lieu quand on jette une parcelle de sulfate de soude dans une solution sursaturée de ce sel.
4° Le maximum de dureté est atteint lorsque le plâtre a perdu assez d'eau pour revenir à sa composition primitive, c'està-dire quand il en contient, à l'état sec, environ 20 pour 100.
Dans la pratique, en raison de la rapidité de la prise du plâtre, la quantité d'eau que Ton verse dans l'auge est toujours trèsgrande, par rapport au volume du plâtre en poudre, ce qui produit, pour les enduits ordinaires, une dessiccation très lente; aussi y a-t-il avantage à les appliquer par un temps très-sec.
Un autre inconvénient de cette coutume de noyer le plâtre est le suivant : la masse
liquide donne à cette matière un volume considérable qui détermine dans l'enduit une porosité considérable, lorsque l'eau s'évapore, et favorise, par suite, la formation du salpêtre dans les lieux humides et ex* posés aux émanation» ammoniacales.
Après la dessiccation, la dureté du plâtre diminue en vieillissant ; la force de cohésion avec lui-même est, du reste, supérieure à son adhésion aux pierres et à la brique. La résistanoe maximum à la compression est, d'après Rondelet, de 30 kilog. par centimètre carré, pour le plâtre gâché à l'eau ; de 72 kilog. pour le plâtre gâché au lait de chaux ; d'après Yicat, de 90 kilog. pour le plâtre gâché ferme, et 42 kilog. pour le plâtre gâché moins ferme.
La résistance à la traction, suivant Rondelet, est de llk,7, par centimètre carré, pour le plâtre gâché ferme et de 4 kilog. pour le plâtre gâché à la manière ordinaire.
L'adhérence de cette matière aux pierres et aux briques est d'environ 3 kilog. par centimètre carré, lorsque la force est normale au plan de rupture, et de lk, 4 à lk,8 lorsque l'effort est parallèle à ce plan.
L'adhérence au bois est faible; pour le fer, elle va jusqu'à 170 kilog. Cependant le contact du plâtre avec ce métal en détruit la qualité au moyen de l'acide sulfureux, l'oxyde fortement, et cela en raison du temps de la dessiccation du plâtre ; aussi doit-on ne pas abuser de l'emploi de cette matière pour scellements, surtout dans les lieux humides.
Outre l'usage que l'on faitdupMff** pour les hourdis de murs en briques ou de plan* chers, de pans de bois, les enduits intérieurs et extérieurs, les décorations de façade, les solives et scellements de couverture, on en fait encore des carreaux moulés pour cloisons et entrevous (voy. Carreau, Entrevoue). On s'en sert également pour la fabrication de stucs (voy. ce mot), tant par leur poli que par leur coloration.
Dans certains pays, où le plâtre est cher par suite de sa rareté, on fait des enduits extérieurs avec un mélange de 3 parties de mortier de chaux et d'une partie de
PLATRIÈRE. — 1052
plâtre gftché. Pour traîner les corniches on augmente la dose de la cbaux et du plâtre par rapport au sable et Ton donne au mélange les noms de stuc de plâtre ou stuc à la chaux (voy. Stuc).
Les anciens ont fait usage du plâtre , qu'ils tiraient de llle de Chypre, de la Calabre, de PEtolie et autres lieux. Ils s'en servaient quelquefois comme de mortier et surtout pour la composition des enduits* Ils en connaissaient même l'emploi à l'état de carreaux, ainsi que l'attestent certains édifices, tels que le théâtre de Taormine, en Sicile, les Thermes d'Antonin Caracalla, à Rome i.
Au moyen âge, on coulait parfois du bon plâtre dans les joints d'arcs très-épais et à grande portée que l'on ne pouvait poser à bain de mortier. Mais c'est surtout dans les intérieurs, soit comme enduits, soit comme hourdis, que cette matière était utilisée.
On donne le nom de plâtres aux légers ouvrages qui s'exécutent en plâtre seul ; tels sont les plafonds, les tuyaux de cheminée avant l'usage des poteries, les plinthes, corniches, scellements, solives, flfets, sol in s, etc.
Les ouvriers qui font les plâtres dans un bâtiment prennent spécialement le nom de maçons ; celui qui vend le plâtre est appelé plâtrier.
Plàtreau, s. m. — Pierre à plâlrer en fragments non cuits.
PlÀtriôre, s. f. — Carrière d'où se tire la pierre à plaire.
L'extraction se fait à ciel ouvert ou par galeries. Les blocs sont tranchés au moyen de coins en fer ou en bois, de pics à roche et de leviers ou bien à l'aide de la mine. Il est nécessaire» dans l'exploitation d'une plâtrière, de soutenir les ciels au moyen de piliers ou de voûtes en maçonnerie, à cause des feuillures ou filets dont les bases sont ordinairement coupés.
Le même nom s'applique à l'endroit où on prépare le plâtre, c'est-à-dire, où l'on fait le broyage de la pierre à plâtre, la
i Viollet-Le-Duc, Dict. d'architecture.