DICTIONNAIRE DB C
carlovingienne, où les populations des villes curent à se défendre contre des invasions multipliées, les portes des enceintes devinrent plus étroites ; elles présentaient l'aspect d'une ouverture cintrée exactement assez large pour laisser passer un char, peu élevée et flanquée de tours saillantes.
Fig. 2348.
C'est sous le régime féodal, à partir du commencement du Xlr* siècle, que les portes d'enceintes furent pourvues de défenses très- complètes. Des barbacanes placées en avant formèrent uu premier ouvrage faisant obstacle aux progrès de l'ennemi. Chaque porte elle-même, fermée par
Fig. 234».
deux herses et surmontée de mâchicoulis (voy. ces mots), B'ouvrait entre deux tours dont l'intervalle était occupé, au-dessus de
la porte, par la salle où l'on faisait manœuvrer les herses.
Des escaliers, placés a l'intérieur, de chaque coté de l'entrée permettaient de monter sur le rempart, ainsi qu'on le voit aux portes d'Aiguës Mortes (fig. 2319).
L'usage des p<mtt-levi$ (voy. ce mot) semble postérieur au xni* siècle ; les ponts qui accédaient aux porte* pouvaient être coupés et, du reste, on les faisait généralement en bois, de manière à les enlever bellement.
Quelquefois au xm* siècle, les entrées de villes on de châteaux présentaient fréquemment uue ouverture pratiquée dans on corps de bâtiment carré et flanquée de tourelles en encorbellement (flg. 2350). Un
Fig. Î350.
trou ménagé dans la voûte, enire les deux herses, permettait d'assommer avec des pierres l'ennemi qui aurait franchi la première île ces deux barrières mobiles.
Au siècle suivant, les portes sont presque constamment défendues par deux tours et surmontées d'une salle pour la manœuvre de la herse, mais elles sont pourvues de pont le vis a bascule, puis accompagnées
souvent, pour le passage des piétons, d'une
pelile porte on poterne avec son pout-levU
particulier.
A mesure que les moyens d'attaque des places se perfectionnent, les entrées de ville deviennent moins basses, moins étroites; mais les ouvrages qui les flanquent ou qui en protègent les abords prennent plus d'importance.
L'emploi de l'artillerie à feu amena, dès le xv* siècle, des modifications aux dispositions adoptées jusque-là pour les entrées des places fortes. Les fossés lurent élargis, les barbacanes, les baies, les bretéches (voy. ces mots) formèrent, en avant des porta, autant d'obstacles que l'ennemi devait enlever successivement. L'attaque perfectionnant encore ses moyens, les ingénieurs militaires cachèrent les portes à la vue du dehors en les perçant dans des ravelins ou des demi-lunes et en couvrant leurs abords par des éperons.
Aujourd'hui les portes des villes fortifiées sont percées dans les courtines et protégées en flanc par les bastions et en tète par des demi lunes (voy. ce mot).
Les villes non fortifiées sont pourvues de portes appelées barrières, destinées à faciliter la perception des droits d'octroi sur les denrées.
On en a fait de monumentales, comme celles qui ont été construites par Le Doux à Paris (voy. Propylées).
Dans les temps modernes, on a même édifié, aux entrées de certaines villes, des arcs de triomphe auxquels on a donné le nom de portes ; tels étaient, a Paris, les portes Saint-Antoine et Saint-Bernard ; tels sont encore les arcs élevés, en l'honneur de Louis XIV, à l'entrée des rues Saint-Denis et Saint-Martin.
Menoiserib. Nous avons donné ci-dessus divers exemples de vantaux mobiles destinés à clore les portes dans les édifices anciens et modernes.
Examinons ces ouvrages, au point de vue de leur structure même dans les constructions contemporaines.
Les portes les plus simples sont les portes pleines, qui sont entièrement plaues sur
les deux [aces et qui sont composées de planches assemblées entre elles, a rainures et languettes avec clefs et emboîtées haut et bas dans des traverses. Les planches sont ordinairement on sapin et les traverses en chêne.
Parmi les portes moins simples de construction, on distingue, comme dans les lambris, les portes à petits cadres- et les portes à grands cadres (voy. Cadre).
Les portes d'appartement ont presque toujours deux parements, c'est-à-dire deux surfaces apparentes travaillées avec soin.
L'épaisseur des bâtisse règle ordinairement ainsi : 0",032 à 0B,OtO pour les portes de moins de 3 mètres de hauteur; 0™,010 à 0H,050 pour les portes de 3 a 4 mètres et 0-.052 à 0-.058 pour celles de 4 à 5 mètres. L'épaisseur des panneaux, qui varie de 0*\U13 à 0»,03i, est généralement de 0",020 environ.
Ces portes sont presque toujours entourées de chambranles (voy. ce mot) OU enca-
drements de menuiserie plus ou moins moulurés.
On ne met parfois que deux grands panneaux dans les portes d'intérieur à un vantail; mais il est préférable, en raison du bois, qui n'est pas généralement assez sec pour être employé en grandes surfaces, de placer deux grands panneaux haut et bas et un intermédiaire de moindre dimension (fig. 2351). .
Les serrures se posent fréquemment dans l'épaisseur des portes, entre deux panneaux, sur une traverse placée à une hauteur qui ne soit pas incommode pour la mise en mouvement du vantail. Dans les portes à deux vantaux l'un de ceux-ci est fixé au sol de la pièce et dans la traverse du bâti au moyen de verrous {voy. ce mot).
Les portes cochéres sont pourvues de forts bâtis, dont l'épaisseur est de 0", 10 dans les portes de 3m,90 de hauteur, de 0-,12 pour celles de 4",90 et de 0-,16 pour les portes de 5™, 90 de hauteur.
La hauteur de chaque vantail est habituellement divisée eu 3 panneaux; dans l'un de ces vantaux, les deux panneaux du bas appartiennent à un guichet ménagé pour les piétons (voy. Cochére, Guichet),
Les portes d'entrée dites portes bâtardes doivent avoir, an minimum, 1 mètre de largeur.
On fait ordinairement les vantaux pleins en 3 panneaux, le panneau du haut fréquemment percé d'une ouverture grillagée qui éclaire le vestibule. Parfois il n'y a que deux panneaux, celui du bas étant plein et l'antre vitré, avec panneau de fonte ou de fer forgé.
Les portes extérieures à un vantail doivent avoir an moins t mètre de largeur, afin que les gros meubles puissent y passer.
Ces portes, ainsi que les portes cochéres, se manœuvrent au moyen de poignées de tirage eu fer ou en cuivre (voy. Poignée).
Nous terminerons l'étude des portes en menuiserie par les portes ajourées formant barrières, dont nous donnerons quelques exemples. La 11g. 2362 représente une porteà un vantail qui n'a que 1B,30dehaut et qui est composée de deux parties, l'une pleine, formée de planches joinlives main-
tenues par les montants, deux traverses et une écharpe et d'une partie à claire-voie eu bois découpé. Cette porte faisait partie
Fig. Î352.
d'une clôture appartenant à la section russe de l'Exposition de 1867.
La porte que nous donnons (lift. 2353), à l'échelle de 0",025 pour mètre, est ajourée dans toute sa hauteur; elle est à un van-
Fig. îlibS.
lail et forme la partie ouvrante d'une clôture de busse-cour; le vantail est grillagé dans le bas pour empêcher les animaux de passer entre les montants intermédiaires.
POHTK.
Enfin la lis- 2354 représente une portebarrière à deux vantaux, dont la partie inférieure est garnie de bois découpé et
Fig. 23bi.
le haut disposé en grillage. Trois traverses horizontales et deux cebarpea relient entre eux les battants de rive et les battants milieux. Oa fait encore des clôtures mobiles de structures très-diverses (voy. Barrière).
On fait aussi des porte» roulantes pour fermer dans les balles a marchandises, du côté des cours, les baies contre lesquelles viennent se placer les voitures pour prendre leur chargement. Ces portes sont à un seul vantail ou à deux vantaux et glissent le long du mur, soit à l'intérieur, soit extérieurement.
La fig. 2355 représente une porte double placée à l'extérieur de la halle; les deux parties glissent en sens inverse au moyen de poulies à gorge auxquelles elles sont rattachées par des plates-bandes en fer et qui roulent sur un rail supporté par des corbeaux fixés à la charpente de la construction ; deux galets, disposés à la partie inférieure de chaque vantail, facilitent le mouvement.
Ces portes sont composées de planches jointives comprises dans des bâtis et ren-