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cloaque, endroit où l'on emmagasine ces eaux pour les extraire en temps convenable, et le boitout, destiné i les faire disparaître en les conduisant dans l'intérieur du sol (voy. Cloaque).
Les boitouts sont très souvent des puits creusés à la manière ordinaire et montés en pierres sèches ; fréquemment aussi on emploie simplement à cet usage des car* rières abandonnées, des excavations peu profondes que l'on remplit de cailloux.
Quelquefois,' et particulièrement sous les rues pavées, on établit les puisards, comme le montre la ligure 2412. Une chambre
Plg. ïiiî.
voûtée est percée, à sa partie inférieure, d'ouverlures rectangulaires qui permettent aux liquides de s'écouler dans le sol. Deux autres ouvertures, l'une au sommet de la voûte, qui sert au nettoyage, l'autre dans les reins de la voûte et qui est l'orifice d'arrivée des eaux. L'ouverture supérieure est fermée par une dalle. M. Bouchard dit que l'on obtient un résultat plus économique que celui du creusage d'un puits en faisant forer un trou à l'aide de la tarière ou de la sonde du mineur. Lorsqu'on a percé ce trou, on le revêt d'un tube en bois, au moins à son orifice.
Pour empêcher un engorgement rapide, on ménage autour de l'orifice une cavité dont les parois sont garnies en maçonnerie légère ou en planches. Au milieu de cette cavité on construit, en prolongement du trou et sur un mètre de hauteur, un tube en maçonnerie hydraulique. L'orifice du tube est rempli de gros cailloux ou de
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fascines que l'on remplace lorsqu'il y a engorgement ; mais, en général, la vase se dépose dans l'espace annulaire et s'enlève par le curage.
Puisatier, s. m. — Entrepreneur de puits, ouvrier employé au forage et à la construction d'un puits, d'un puisard, etc.
Puits, «. m. — Excavation profondément creusée dans le sol, soit pour réunir les eaux qu'il renferme et en faire usage, soit pour pénétrer jusqu'à une couche de pierres ou bien encore pour conduire aux galeries des mines de charbons ou de métaux.
Le puits proprement dit est celui que Ton pratique dans les endroits habités des villes et des campagnes où l'eau fait défaut.
La construction d'un puits exige tout d'abord te choix d'un endroit convenable pour faire la fouille et l'appréciation de la profondeur que cette fouille doit avoir.
L'emplacement le plus naturel est celui qui est le plus rapproché des parties d'une habitation urbaine ou d'une exploitation rurale que le puits doit desservir ; mais il importe que cette construction soit placée à une dislance assez éloignée de tout dépôt de fumier, des étables, des latrines et des fosses d'aisances et même des celliers, pour que l'eau du puits ne soit pas altérée par des infiltrations. La meilleure situation est ordinairement dans les cours. On doit, autant que possible, laisser ces excavations découvertes, mais lorsqu'elles ne sont pas renfermées dans l'enceinte de l'habitation ou du domaine il est nécessaire de les pourvoir d'une très-solide fermeture.
Quant à la profondeur à donner à la fouille, elle est facile à évaluer lorsqu'il existe déjà des puits à proximité de l'endroit où l'on veut en creuser un : si le terrain est plat ou peu incliné, la profondeur de la fouille à faire aura pour hauteur celle du puits existant, augmentée ou diminuée de la différence du niveau entre son orifice et Je point choisi. Lorsque le terrain est très-incliné, l'appréciation de la profondeur est plus difficile ; néanmoins il y a de grandes chances de réussir toutes
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les fois que le point choisi se trouve sur
le versant d'un coteau ou d'une montagne ou vers le fond d'une vallée, à moins que le sol ne soit très-poreux.
Il faut aussi tenir compte de ce fait démontré par l'expérience que si le versant du coteau sur lequel on veut placer le puits ne présente pas de sources visibles, tandis qu'il y en a sur le versant opposé, on ne trouvera J'eau qu'à un niveau très-bas.
Le creusage d'un puits s'opère de différentes façons, suivant les usages des localités et la nature du terrain. Dans les sols ordinaires, c'est-à-dire assez consistants, deux ouvriers au plus procèdent généralement à l'exécution de la fouille, tandis que deux autres en enlèvent les résidus au moyen d'un treuil provisoire, sur lequel s'enroule unecorde terminée par un baquet.
Dans les terrains peu consistants il faut étayer au fur et à mesure du fooçage, soit dans toute la profondeur du puits, soit dans la traversée de certaines couches de terrain seulement. Lorsqu'on est arrivé à l'eau et qu'il y en a une certaine profondeur, on place dans le fond un rouet on cercle en charpente de chêne d'un diamètre proportionné à la largeur du puits. Sur ce rouet on pose successivement des assises de pierres de taille en claveaux et hourdéesen bon mortier hydraulique. On remplit ensuite l'intervalle qui existe entre le revêtement et le terrain et l'on monte ainsi la muraille circulaire jusqu'au niveau du sol. Au-dessus on place la mardelle ou margelle, qui peut n'être que d'une seule pierre dure, creusée à la mesure du diamètre donné au puits y mais que l'on construit plus souvent d'un assemblage de pierres dures solidement reliées entre elles par des crampons de fer bien scellés. Quelquefois on la fait en briques maintenues avec un cercle de fer.
On établit alors sur la margelle l'appareil nécessaire pour tirer l'eau. A cet effet on emploie une poulie ou un treuil, sur lesquels s'enroule la corde qui soutient les seaux. Dans le premier cas, la poulie est suspendue, soit à une traverse en bois supportée par deux poteaux en charpente, soit à une, deux ou trois potences en fer encas-
PUITS
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trées par leur pied dans la margelle jus- i comme au puits du Caire, par des fenêtres
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qu'au niveau du sol.
Le treuil est soutenu par deux montants en fer scellés à la margelle ; c'est un cylindre en bois muni d'une ou deux manivelles, selon la profondeur du puits et pourvu, en outre, d'un encliquetage qui empêche le sceau de retomber, si la manivelle échappe à la main qui la fait mouvoir.
On diminue la dépense de main-d'œuvre en installant une pompe sur lé puits, dont la maçonnerie s'arrête alors au niveau du sol et dont on ferme l'orifice par une dalle mobile avec anneau ou mieux par un grillage en fonte.
Bien qu'un puits adapté aux besoins des particuliers ne soit qu'une construction de pure utilité et qui ne demande que du soin et une habileté ordinaire, il en existe auxquels on a donné un caractère monumental.- C'est ainsi qu'on en trouve, dans Flnde, qui ont une profondeur et un diamètre considérables et qui sont entourés de galeries jusqu'au niveau de l'eau. Nous citerons aussi le célèbre puits, dit de Joseph, construit, dans la citadelle du Caire, par un prince arabe du nom de Youssouf. Ce puits, taillé dans le roc, est composé de deux étages. Pes bœufs, placés en haut, font monter l'eau en tournant une roue et relèvent d'un réservoir ménagé sur une esplanade établie à la moitié de la profondeur du puits. La profondeur totale des deux étages est de 88m,30.
On descend du sol à la plate-forme située au milieu par un escalier à rampe douce, à marches larges et peu élevées, pour que les bœufs puissent facilement y circuler, et qui est séparé du puits par une cloison, de 0m,30 d'épaisseur, percée d'ouvertures qui servent à éclairer cette descente. L'étage inférieur est pourvu aussi d'un escalier, mais beaucoup plus étroit, qui permet de descendre jusqu'au niveau de l'eau.
Nous signalerons aussi le puits de Saint- Fabrice, construit à Orvieto sur les ordres du pape Clément VII, et dans lequel des mulets vont chercher l'eau en descendant par un escalier en spirale et remontant par un autre, ces escaliers étant éclairés,
pratiquées sur les parois.
Le puits de la citadelle de Turin, dout la tig. 2413 représente la coupe et le plan, à une échelle moitié moindre, est établi dans les mêmes conditions.
Fig. 2413.
On ne saurait oublier de citer également \e puits de Bicêtre, près de Paris, achevé en 1735, d'après les plans de Boffrand, et qui a 57 mètres de profondeur sur 3 mètres de largeur. L'eau s'en extrait au moyen de deux seaux contenant chacun près de 270 litres d'eau et pesant 600 kilogrammes, lesquels montent et descendent à l'aide d'une charpente tournante mue par 8 chevaux ; cette eau est reçue dans un réservoir d'où elle est distribuée par des conduits dans les diverses parties de l'établissement. Considérés au point de vue de la forme et de l'ornementation extérieures, un grand nombre de puits de toutes les époques peuvent être regardés comme de véritables œuvres d'art.
Presque toutes les habitations de Pompéi renferment des margelles en marbre qui recouvrent les citernes, et auxquelles les modernes ont donné le nom de puits ; nous
PUITS. — t
citerons, par exemple, le puits de lamaiton
Pig. Wi.
de '.Salluste, que représente la lig. 341t.
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son pou rtour.de cannelures avec denticulea à la partie supérieure.
Dans les édiHces latins on trouve également les restes nombreux de puits a margelles ornées et accompagnées Bouvent de motifs d'architecture.
Tel est (lig. 2*15) le puits, très-bien conservé, du cloître de Saint-Jean de Latran, à Rome, dont la margelle en marbre est littéralement couverte de sculptures. La poulie sur laquelle s'enroule la corde est suspendue à un linteau d'une seule pierre que supportent deux colonnes d'ordre dorique romain.
Les vieilles villes du moyen âge, les châteaux, les cloîtres, les palais et les maisons renferment encore des puits revêtus de pierres de taille et dont le diamètre varie de I mètre à 6 mètres. Les églises possédaient un puits percé dans la crypte ou dans un collatéral. Les cloîtres des monastères, les places des villes en étaient fréquemment pourvus et les margelles de ces puits, les supports des poulies offraient des motifs de décoration parfois très-heureusement conçus.
Tantôt la poulie est, comme dans l'exemple que nous venons de citer, suspendue à un linteau en pierre qui supporte des pieds-droils aliénants à lamar-
Fig. 24 11.
U'est une margelle en marbre avec sa et corniche moulurés et qui est ornée, sur I gelle ou indépendants de ce garde-corps.
PDITS.
tantôt elle eat fixée à une potence scellée dans un mur ou dans une colonne isolée (fig. 2416), ainsi qu'on le voyait autrefois au puits , aujourd'hui démoli, qui avait été construit derrière le dôme de la chapelle du CampoSanto, à Pise. Souvent aussi, comme cela se pratique encore aujourd'hui, des potences accouplées en nombre pair ou impair supportent la poulie à leur point de réunion, comme le montre la fig. 2417, qui
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puits placé entre cour et jardin (6g. 24t9), dans le couvent de Gesuiti Peniteniieri à Borne. Ce qui donne de l'intérêt et une certaine valeur à ce petit édifice, c'est sa disposition particulière, heureusement combinée pour le rendre à la fois propre a servir à l'usage du jardin supérieur et, en même temps, pour lui faire produire dans la cour basse un effet très-pittoresque.
Fig. !»I7.
représente m puits construit fi Figeac, dans le département du Lot.
Nous donnerons encore (fig. 2418) un exemple de ces armatures en fer appartenant à un puits percé dans une cour intérieure de l'hôpital de fieaune. Ici les trois potences sont reliées entre elles et surmontées par une couronne en fer ornée de fleurons et sur laquelle s'appuient trois rampants décorés aussi de Qeurons évidés. Au point de rencontre de ces trois rampants, c'est-à-dire au sommet de l'ouvrage, on a fixé une girouette en tôle. On accède au puits par trois marches en pierre.
Un grand nombre de puits de l'époque de la Renaissante affectent également un caractère monumental. Nous citerons le
Fig. 1418.
D'autres puits peuvent également avoir leur orifice partagé par un mur mitoyen (lig. 2420) et servir à l'usage de deux propriétés contigu Ss.
Aujourd'hui les fontaines monumentales remplacent les puits sur les places publiques; ceux-ci sont relégués dans les cours des habitations, où leur construction | est généralement des plus simples.
PUITS. - 1167
Législation. Chacun peut, à son gré", creuser, sur son héritage, un puits de telle dimension qu'il lui convient, pourvu toutefois qu'il en Fasse la déclaration au département de la police et qu'il observe les distances et les règles voulues.
Ainsi aucun puits ne peut être creusé à moins de 100 mètres d'un cimetière.
Fig. 2420.
Un puits que l'on veut creuser à proxi-
mité, soit d'un mur appartenant à une propriété voisine, soit d'un mur mitoyen ou susceptible de le devenir, soit d'une cave, d'un puits ou d'une fosse d'aisances appartenant au voisin, doit être pourvu d'un contre-mur fonde plus bas que les ouvrages du voisin et montant jusqu'au niveau du sol. Ce contre-mur doit être construit de manièrelà empêcher l'infiltration des eaux. L'épaisseur de maçonnerie jugée suffisante entre deux puits, sauf les cas extraordinaires, doit être de I mètre au moins
Fig. 2421.
(fig. 2121) et de 1-.38 ainsi qu'on le voit (fig. 242-2) entre un puits et une fosse d'ai-
Fig. lilï.
Tout puits, quelle que soit la manière dont U est construit, doit Être entouré d'une margelle ou mardelle en maçonnerie ou de barreaux avec appui en fer. li est bon de les couvrir pour éviter les accidents.
Les ouvriers qui se chargent de la construction d'un puits répondent du préjudice qui résulterait des vices d'exécution.
Lorsque la convention faite entre un propriétaire et l'ouvrier chargé du creusement d'un puits porte que les travaux seront continués jusqu'à ce qu'il y ait dans le puits une quantité d'eau suffisante, si c'est eu hiver le creusement doit se faire aussi bas que les eaux le permettent, et si c'est
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en été, jusqu'à ce que l'on ail obtenu, audessus du rouet, l mètre de hauteur d'eau.
En rertu de l'ordonnance de police du 20 juillet 1838, il est défendu de procéder au curage d'un puits ou aux réparations à y faire sans une déclaration préalable qui sera faite par écrit, quarante-huit heures à l'avance, à Paris, à la préfecture de police et, dans les communes rurales, à la mairie.
L'article 3 de la même ordonnance porte que nul ne pourra exercer la profession de cureur de puits ou puisards sans être pourvu d'une permission du préfet de police ; cette permission ne sera délivrée qu'après qu'il aura été justifié de la possession du matériel nécessaire au curage.
Il est donc défendu d'employer au curage des puits des ouvriers qui n'auraient pas de médaille.
Les maçons appelés à réparer ou à reconstruire un puits et les cureurs doivent avoir, tant que dure l'extraction des terres et autres matières, autant d'ouvriers à l'extérieur du puits qu'il en est descendu à l'intérieur . Ceux-ci doivent être ceints d'un bridage dont l'attache est tenue par les premiers.
Avant de descendre dans un puits f on doit s'assurer que l'air n'y est pas vicié, méphitisé ; à cet effet, on descend jusqu'à la surface de l'eau une lanterne allumée; on la laisse brûler un quart d'heure ; on la retire si elle ne s'éteint pas, et, par le moyen d'un poids attaché à une corde, on agite fortement l'eau jusqu'à son fond ; on redescend la lanterne, et si, à cette seconde épreuve, la lumière ne s'éteint pas après dix minutes ou un quart d'heure, les ouvriers peuvent commencer leurs travaux, sans négliger toutefois de se munir d'un bridage.
Si la lumière s'éteint dans le puits, il n'y faut pas descendre sans en avoir préalablement renouvelé l'air au moyen d'un système de ventilation. Dans ce but, il faut, avec des planches, du plâtre et de la glaise, boucher hermétiquement l'orifice du puits, en ménageant sur ce couvercle deux ouvertures, l'une au milieu, dans laquelle on place un réchaud de terre ou de tôle, l'autre