‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 5)Chapitre 372 sur 553 · REMISE · texte numérisé non relu

REMISE

tance du travail, outre le transport des terres à pied -d 'œuvre, le rigalage, le pilonnage et le talutage.

Dans la construction des voies de chemins de fér on est souvent obligé de faire un remblai pour y poser la voie.

Remettre, v. a. — Replacer, rajuster une pièce de serrurerie ou de menuiserie. On dit, par exemple, remettre un mouvement de sonnette, une bascule sur leur tirage.

Remise, s. f. — Local servant d'abri à une ou plusieurs voitures.

Chez les Romains on appelait carceres les remises d'où partaient les chars qui servaient aux jeux du cirque (voy. ce mot).

Chei les modernes, la remise est à reide-chaussée placée sous un corps de logis ou formant hangar dans une cour. La largeur, la profondeur et la hauteur sont calculées en raison dus véhicules que l'on doit y mettre à l'abri.

On pratique ordinairement dans les remises des barrières ou coursières pour faciliter le rangement des voilures. Au-dessus sont ménagées des chambres pour les domestiques.

Les remises, dans les hôtels, sont placées dans la cour de service ainsi que les écuries, les cuisines et dépendances.

Dans les chemins de fer des remises à wagons, placées à proximité de la gare des voyageurs, sont desservies par des chariots roulants; un y annexe quelquefois de petits ateliers pour l'entretien.

Il y a aussi des remises à locomotives construites sur trois types principaux : les unes Bout rectangulaires, les autres polygonales (flg. 2474} et les dernières on fer

Flg. Î474.

à cheval (tig. 2475). Lee bâtiments com-

prennent généralement des bureaux et logements pour le chef de dépôt et ses employés.

Fig. 2475.

des corps de garde et dortoirs pour les mécaniciens, un petit magasin, etc.

Remonter, ». a. — Élever un mur ou un plancher pins haut qu'ils n'étaient.

Assembler loules les pièces d'un engin, tel qu'une grue, une chèvre, etc.

Rempart, s. m. — Mur ou levée de terre élevé autour d'un point que l'on veut fortifier.

Les anciens remparts des villes étaient construits en maçonnerie pleine, flanqués de tours et pourvus de créneaux, de mâchicoulis et de meurtrières. Depuis l'emploi de l'artillerie dans la guerre de siège, les remparts sont des massifs en terrasse (ormes de la terre extraite d'un fossé qui est à leur pied, revêtus ordinairement d'un mur en maçonnerie, couronnés d'un parapet avec talus extérieur et intérieur et percés de portes et de poternes. Aujourd'hui les anciens remparts, devenus inutiles, ont fini, dans un grand nombre de villes, par être plantés d'arbres et servir de promenades sous le nom de boulevards, mot qui était autrefois synonyme de rempart.

Remplètement, s. m. — Se dit quelquefois d'une reprise en sous-œuvre d'une construction.

Remplage, Remplissage, s. m. — I. En maçonnerie, on désigne ainsi : 1° les pierrres, moellons ou briques que l'on pose en blocage entre deux parements en pierres de taille, ou bien dans le vide compris entre les reins d'une voûte et une ligne horizontale passant par le sommet de l'extrados.

19 — RENAISSANCE

2° Les enlrevous composés de plâtre et plâtras dont on remplit les intervalles compris entre les poteaux d'un pan de bois ou les solives d'un plancher;

3° Une maçonnerie faite à sec derrière un mur de revêtement, soit pour le préserver de l'humidité, soit pour rompre la poussée des terres ou faciliter l'écoulement des eaux.

II. On appelle encore poteaux ou solives de remplissage ou de remplage les pièces de bois qui, dans un pan de bois ou dans un plancher, sont assemblées avec les pièces principales pour remplir les vides, mais sans contribuer, d'une manière essentielle, à la solidité de l'ouvrage.

III. Les treillageui-3 donnent ce nom à toute partie de treillage servant à garnir les vides des bâtis.

Renaissance (architecture de la).- On appelle Renaissance, en architecture, le retour aux formes antiques qui apparut au xv« siècle et qui inaugura, pour l'art, une ère nouvelle.

Les édifices qui datent du commencement de cette époque présentent, comme caractère général, le mélange du style oriental et du style ogival avec les styles grec et romain; ceux qui furent élevés vers le milieu et la tin de cette période ont, dans chaque pays, une physionomie particulière.

C'est en Italie que commença le mouvement de réaction contre l'architecture ogivale. Ce dernier style d'ailleurs n'avait pas, comme en France, jeté de profondes racines dans la péninsule italique; l'influence de l'art romain se retrouve, d'une manière persistante, dans les monuments où l'ogive domine. C'est vers la fin du xiv* siècle que se manifestèrent les premiers signes de la révolution artistique; nous citerons, comme témoignage du retour à l'arc plein cintre, les grandes arcades de la loge des Lances, construite à Florence par Orcagna, et la courbe demi-circulaire redevint exclusive dès le début du xv* siècle; l'ogive que l'on remarque dans le dème que Brunellescbi éleva au-dessus de la croisée de Sainte Marie des Fleurs se trouvait déjà

RENAISSANCE

RENAISSANCE

dans l'édifice qu'il fallait terminer. Les églises de Saint-Laurent (1425) et de San-Spirito (1471) ne renferment que des pleins cintres.

L'édifice qui marque en même temps la fin et l'apogée de la Renaissance italienne est Péglise de Saint-Pierre de Rome, dont la construction fut commencée en 1506 par le Bramante, sur les ordres du pape Jules II, et continuée par les plus célèbres artistes du xvi° siècle : Fra Giocondo, Julien de Sangallo, Raphaël, Balthasar Teruzzi, Antoine de Sangallo et enfin Michel-Ange, qui modifia diverses dispositions du plan primitif mais ne put voir achever son œuvre que Charles Maderne et Bernini durent compléter.

Le plan de cet édifice fut d'abord la croix grecque; les architectes qui se succédèrent pour l'érection du monument changèrent et reprirent plusieurs fois la disposition première, et la croix latine fut définitivement adoptée. Un dôme à proportions colossales surmonte la croisée delà nef et du transsept. La façade, exécutée par Charles Maderne, est formée d'un grand ordre corinthien surmonté d'un attique supportant des statues colossales. La grande nef est séparée des collatéraux par des arcadesqui répondent à autant de chapelles. Les pieds-droits sont ornés de pilastres d'ordre corinthien. La grande voûte est à plein cintre et décorée de caissons et de rosaces en stuc doré. Le maître-autel, isolé au-dessous de la coupole, est placé sous un immense baldaquin (voy. ce mot) exécuté d'après les dessins de Bernini.

Cet édifice, malgré ses proportions colossales et sa magnificence, est sujet à un certain nombre de critiques tant pour l'ensemble que pour les détails. On peut surtout lui reprocher quelque chose de vague et d'indéterminé dans sa physionomie générale qui résulte du manque d'unité dans le plan et du mélange de l'art antique et des traditions chrétiennes.

La Renaissance italienne, étudiée dans les nombreux monuments qu'elle a produits, présente, en résumé, la remise en honneur du plein cintre, la reproduction

des ordres grecs et romains modifiés et soumis à des proportions maintenues dans des limites étroites, les accouplements de colonnes, l'emploi d'ordres superposés, de frontons brisés et de frontons circulaires. Les feuillages et les enroulements de toutes sortes, avec des animaux réels ou imaginaires, agencés en arabesques (voy. ce mot), se rencontrent fréquemment dans les édifices du xvi* siècle.

De l'Italie le style de la Renaissance se répandit d'abord en Fiance, puis dans le reste de l'Europe. Ce style est surtout caractérisé, dans l'architecture française, par le mélange, la combinaison de formes d'origines différentes, l'alliance du plein cintre et de l'ogive,remploide l'arc surbaissé,revétus les uns et les autres d'ornements du style flamboyant.

Il faut remarquer toutefois que les églises dites gothiques subsistèrent néanmoins comme isolées au milieu des productions nouvelles, palais, châteaux, hôtels, édifices publics ou privés. Les monuments religieux qui furent élevés à cette époque conservèrent généralement comme par le passé le plan en forme de croix; maisl'emplacement traditionneldu transsept fut modifié suivant les circonstances ou le caprice de l'architecte; tantôt il coupe la nef principale vers l'une de. ses extrémités, comme dans la croix latine; tantôt au milieu, comme dans la croix grecque.

A mesure que Ton s'éloigne de la période ogivale, l'originalité devient plus rare, le style tend à l'imitation plus ou moins heureuse des œuvres de la Grèce et de Rome. Les points d'appui sont des colonnes à fûts cylindriques ou des piliers quadrangulaires décorés de pilastres; ces supports sont exécutés dans des proportions analogues à celles que les anciens mettaient en usage; les chapiteaux se couvrent de feuillages antiques et quelquefois aussi d'ornements capricieux. Les fenêtres se terminent par des arcades dans lesquelles le plein cintre alterne souvent avec l'ogive. Ces baies conservent, dans un grand nombre d'édifices, leurs amortissements aigus. Les voûtes à grande portée sont encore cons-

Page 1