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III. ÉTABLISSEMENT DE LA CHAUSSÉE : OU

distingue les chaussées pavées et les chaussées en empierrement.

Les premières sont les meilleures, mais les plus coûteuses ; aussi ne les emploie-ton que pour les routes très-fréquentées.

Elles sont formées d'une couche de matériaux volumineux taillés régulièrement, et rangés sur un lit de sable de 0m,15 à 0-,20 d'épaisseur et qui sont maintenus latéralement par des pavés de grande dimension appelés bordures ou parements (voy. Pavage).

Les chaussées en empierrement se composent de matériaux peu volumineux, irréguliers et qui s'enchevêtrent les uns dans les autres. Si le soi est peu résistant, on forme une fondation avec un rang de pierres, de grès ou de moellons plats qui répartissent la pression sur une plus grande surface. Au-dessus on dispose des pierres cooiques, la plus petite base en haut; enfin on étale sur ces dernières des couches de cailloux roulés ou de pierres plus petites qui remplissent les vides et que l'on tasse avec des rouleaux compresseurs. Si le sol est résistant, on supprime la fondation et on place directement sur le terrain. les pierres. coniques. Daus les deux cas, on maintient ces pierres par des bordures. De plus, si la route est exposée à recevoir une grande quantité d'eau pendant les pluies ou qu'elle soit située sur Je penchant d'une montagne, on établit, de distance en distance, des rigoles appelées écharpes ou des ruisseaux empierrés nommés cassis, qui sont disposés transversalement où en biais par rapport à la chaussée et qui conduisent l'eau dans les fossés.

Le mode d'empierrement des chaussées a été perfectionné par l'adoption, presque générale aujourd'hui, du système déchaussées en cailloutis dites à la Mac- Adam (voy. Çailloutis).

C'est sur les accotements réservés aux piétons que sont placés les divers accessoires qui accompagnent ordinairement les routes, tels que les plantations et les bornes kilométriques. En outre, au croisement des route* sont disposés des poteaux ou des colonnes sur lesquelles sont indiqués le numéro, les points extrêmes de la route et la distance qui esiste entre le croisement et les deux villes les plus rapprochées.

Historique des routes. Dès les temps les plus reculés la construction des routes fut considérée comme étant d'une grande importance. On cite une route très-ancienne qui existe encore entre Bagdad et Ispahan et qui remonterait au temps de Sémiramis. Les Égyptiens et les Grecs distinguaient plusieurs sortes de routes et donnaient le nom de chemins royaux à celles qui étaient d'un intérêt général.

Les Carthaginois passent pour avoir les premiers construits des routes pavées ; mais on ne connaît pas les procédés qu'ils employaient à cet égard.

Les Romains adoptèrent ce système en le perfectionnant et nous croyons devoir donner ici quelques détails sur ce qu'on a appelé les routes ou voies romaines.

On les divise en voies militaires, plus souvent appelées consulaires ou prétoriennes et voies vicinales. Les premières étaient destinées a faciliter les mouvements des armées et à relier la capitale aux plus graodes villes du territoire et aux points stratégiques les plus importants.

La construction et l'entretien de ces routes étaient à la charge de l'État; aussi les établissait-on avec un tel soin que quelquesunes d'entre elles sont encore en ban état, malgré un défaut d'entretien qui a duré pendant plusieurs siècles.

Voici quels étaient les procédés mis en œuvre, notamment pour les voies appartenant à la période de l'empire.

Comme le roulage et la circulation étaient bien moins considérables chez les anciens Romains que chez les peuples modernes, la largeur que l'on donnait à la chaussée des routes de premier ordre était assez faible : 3-,50 à 4 mètres en moyenne. On commen-

fait par indiquer cette largeur en Iraçanl deux petites tranchées peu profondes et parallèles appelées sulci; on creusait alors la terre entre ces deux limites jusqu'à ce que l'on arrivât à un sol résistant.

Dans le cas d'un terrain marécageux, on établissait un pilotis. L'encaissement formé prenait le nom de gremium. On y plaçait : 1° un Ht (statumen) de pierres couchées à plat les unes à coté des autres et reliées quelquefois par du mortier; ï« un blocage (rudus ou ruderatio) composé de chaux, de petites pierres et de briques concassées ; 3° le nuclevs ou noyau, formé de sable et de chaux ou de sable et de terre glaise ou bien encore decbanx et de tuileauxgrossièrement pulvérisés; cette couche, ainsi que la précédente, était fortement damée; 4° le pavimentum, que l'on faisait tantôt avec un béton de cailloux, tantôt avec un pavage en blocs irréguliers, posés sur mortier. La flg. 2523 représente une coupe faite sur la chaussée d'une voie romaine et qui montre les différentes couches qui la composaient.

FiR. 251).

Le milieu de la chaussée .était bombé, ce qui lui avait fait donner le nom d'agger, qu'on appliquait qucquefoiB à toute la voie- Cette chaussée, était encadrée et soutenue de chaque côté, par des pierres de bordure appelées umbenes solidement enfoncées dans le soj ; ces bordures comprenaient, de place en place.de gros blocs cunéiformes qui avaient sans doute pour objet d'aider les voyageurs à remonter a cheval.

Les voies romaines étaient divisées au moyen de pierres appelées bornes ou colonnes militaires et qui portaient des inscriptions indiquant le nombre de lieues et de milles compris entre la ville voisine et le lieu où elles étaient posées (voy. Militaire).

A l'époque des invasions des Barbares l'entretien des . routes que les Romains avaient établies dans toutes les provinces de leur vaste empira fut complètement abandonné; la plupart de ces voies furent détruites en partie ou en totalité. Charlemagne essaya de les rétablir ; mais les travaux qu'il entreprit furent délaissés par ses successeurs. C'est à Philippe-Auguste que Ton attribue généralement la création du premier système de grondes rouie» eu France. C'est de cette époque que date

JLouîsXIVconttnuacetteœuvre; Louis XV créa une administration spéciale pour les voies publiques et, sous Louis XVI, les routes se divisaient en quatre classes, suivant leur importance et leur largeur :

les route* de la première classe avaient 42 pieds de largeur; celles de la deuxième avaient 36 pieds; celles de la troisième eu avaient 30 et celles de la quatrième, 24 seulement.

Depuis le commencement du xix* siècle il a été dépensé des sommes considérables

l'habitude de planter des arbres sur les grandes routes,

On construisait aussi sur les chemins des fontaines entourées de bancs de pierre. La guerre de Cent Ans amena la ruine d'un grand nombre de routa. Quelques efforts faits ensuite par le pouvoir royal en vue d'améliorer l'état des choses n'eurent pas de résultats sensibles.

Enfin Henri IV créa la charge de grand voyer et en revêtit Sully, qui fit réparer les routes et y rendit générale la plantation des ormes.

pour oe genre de travaux d'utilité publique. On distingue aujourd'hui, en France, quatre catégories de routes t

1° Les routes nationales, qui sont exclusivement construites 'et entretenues aux frais de l'État. Elles se subdivisent en trois classes : la première comprend les routêê qui conduisent de la capitale aux frontières et aux grandes villes maritimes; la deuxième, celles qui, suivant la même direction, ont une moindre importance; la troisième, toutes les rouées qui assurent les communications d'intérêt général ,

uni partir da la capitale pour arriver bus frontières. La largeur des unes et des autres n'est plus réglée aujourd'hui d'une manière uniforme ; elle eat déterminée, a chaque nouvelle création, par le décret même d'institution, Cependant, en général, on donne 14 mètres à la chaussée de celles

î - ROUTE.

routa spéciales, dites roule» itratigique». qui sont particulièrement destinées a faciliter les opérations militaires.

Nos routet sont généralement empierrées ou macadamisées, ei ce n'est aux abords ou à la traversée ries villes ou villages» où l'on emploie presque constamment le pavé.

de première classe, 12 mètres a celle de la deuxième et de 10 à 11 mètres a celle de la troisième,

2« Les routes départementale* sont tracées pour l'utilité particulière des départements et entretenues a leurs frais.

3" Les chemina di grandi communication

Nous donnerons ici quelques profils types qui indiquent divers modes de construction de ces routes.

La fig. 2624 représente : en A nne roula arec empierrement, caniveaux et bordure en pierre; en B une route empierrée avec accotoments surélevés, fossés et conduit

sont entretenus aux frais des déparlements et des communes intéressées,

4* Les chemin* vieinauui OU communaux, destinée a établir tes communications utiles à l'intérêt privé des communes, sout ouverts et entretenus aux frais de ces

Il existe, en outre, une catégorie de

souterrain pour l'écoulement des eaux de pluie ; en G une route avec chaussée pavée,

accotements surélevés et fossés ; en D une roufs avec chaussée en pavés, bordures en empierrement, accotements plantés d'arbree et fossés d'écoulement. Ces profils sont ceux de routes en rase campagne.

Nous donnons (fig. 3525) en A une route

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