SERPENTINE
SERRE
verte. On en dislingue deux variétés :
Tune composée de fragments de serpentine vert noirâtre avec filons de chaux carbonatée vert clair et dont la teinte rappelle celle du porphyre vert antique ; l'autre, de couleur foncée, tirant sur le noir verdâtre et quelquefois traversée par des veines de carbonate de chaux blanc et spathique.
La serpentine de Saint-Véran s'emploie dans la décoration et dans la marqueterie.
2° La serpentine de Maurins, également dans les Hautes-Alpes.
Cette roche est traversée dans tous les sens par des filons de chaux carbonatée spathique à nuance tantôt blanche, tantôt vert clair ou vert céladon. On en extrait des blocs qui ont jusqu'à 3m,50 de longueur et qui peuvent servir à faire des colonnes.
3° La serpentine du Peck-Cardaillac (Lot) a une couleur vert olive, vert pistache, vert noirâtre. On peut l'employer comme tables, dessus de meubles, etc. On s'en est servi pour la décoration des églises élevées aux environs de cette carrière.
4° La serpentine de Féru, dans le même département, se laisse facilement travailler sur le tour.
5* La serpentine de Burinco (Corse) est connue dans la marbrerie sous le nom de vert de mer. Sa couleur est verte plus ou moins foncée ; elle est traversée par de nombreuses veines vert clair ou vert émeraude qui se croisent dans tous les sens et qui sont formées de chaux carbonatée colorée par une espèce d'amiante. Cette serpentine prend un très-beau poli et produit un très-bel effet.
La carrière a fourni des blocs qui ont jusqu'à 4 et 5 mètres de longueur *.
6° La serpentine de Suze (Italie) dite vert de Suze.
7° La serpentine du val Sésia (Italie), dont quelques échantillons, de couleur vert émeraude, ressemblent à la roche serpentineuse connue sous le nom de vert antique.
1 Th. Château, Technologie du bâtiment.
8° La serpentine du Prato (Toscane), de couleur sombre, quelquefois traversée par des veines de serpentine pure de couleur claire, verdâtre ou blanchâtre. Elle brille peu sous le poli, mais se laisse très- facilement travailler et peut, par conséquent, servir à l'exécution des sculptures les plus délicates. La cathédrale de Florence, le campanile de Giotto, l'église Saint-Jean offrent de nombreuses applications de son emploi.
Une variété de serpentine du Prato, de couleur vert foncé, est la plus estimée.
9° La serpentine de Gènes ou vert de Gènes, formée de fragments verts, verts noirâtres, quelquefois rouges ou bruns et d'un ciment de chaux carbonatée blanche ou verdâtre.
10° La serpentine de Saint-Jean (Grenade), renfermant un grand nombre de parties calcaires formées par de la chaux carbonatée cristallisée et colorée en vert clair; les parties serpentineuses forment des veines d'un vert foncé, quelquefois noirâtre. Cette roche, qui n'est surpassée par aucune autre pour sa belle couleur verte, est très-propre à la décoration et a été employée par les Maures à l'Alhambra.
11° La serpentine de la Haute-Egypte, dite pierre de Baram, qui a été exploitée par les anciens.
Serre, s. f. —Bâtiment où l'on réunit, pour les garantir contre les rigueurs de l'hiver, les arbrisseaux ou les plantes qui ne sauraient résister au froid.
On distingue :
1° La serre froide, celle où la température peut descendre, à la rigueur, jusqu'à 0°, mais jamais au-dessous. Ou donne généralement à ces serres le nom d'orangeries, parce que les plus commuues sont celles destinées à recevoir les orangers pendant Thiver. Toute sal'e recevant le jour par de grandes et larges baies ouvertes au midi peut être transformée en serre froide.
Il suffit d'empêcher la gelée d'y pénétrer et de donner de l'air depuis le matin jusqu'à trois heures de l'après-midi.
2° La serre tempérée, qui peut être construite à un ou deux versants, de forme
SEHRE. — V
bombée ou Je toute autre forme, selon les circonstances -locales. La température doit y «ire de 1 5 a 20 degrés le jour et de 12 a 15 la nuit, ce qui permet d'y cultiver un grand nombre de plantes inlerlropicales.
Quelle que soit sa forme, la serre tem périe est toujours précédée d'un vestibule vitré servant d'antichambre, afin que l'air extérieur ne soit jamais introduit directement dans l'intérieur de la serre.
Comme conditions essentielles de la santé des plantes une serre tempérée doit présenter un renouvellement d'air et un arrosage faciles.
Pour obtenir la première de ces conditions on établit, dans le bas, des tuyaux communiquant avec le dehors el disposés de manière à se trouver en contact avec lus tuyaux de chaleur par lesquels la terre est chauffée. L'air s'échauffe donc au contact de ces tuyaux et ne parvient aux plantes qu'après avoir acquis une température égale ou supérieure à celle de l'atmosphère de la serre.
L'eau d'arrosage est amenée dans un bassin ou réservoir en maçonnerie, placé autant que possible au centre de la serre tempérée. L'eau y séjourne, acquiert la température de la serre et peut alors être mise en contact avec les racines des plantes.
La fig. 2557 représente la coupe d'une
serre à un seul versant, de forme bombée et dans laquelle on voit nu massif ceotnl sur lequel sont cultivées les plantes « pleine terre, et autour duquel on peut circuler ; a gauche sont établis les tuyani de chaleur.
Des consoles fixées sur des tringle» wpendues à la toiture supportent des lablettes en fer où l'on place des pots le fleurs. Comme toutes les serres doivent l'être, celle-ci est exposée an midi et garnie de larges vitraux. Des châssis ouvrant) permettent de faire pénétrer l'air par le haut et le bas du vitrage. Un chemin de surveillance, établi avec garde-Ion à a partie supérieure de la toiture, permet, a outre, d'étendre les claies qui doivent protéger la serre contre les ardeurs du soleil.
La fig. 2558 représente an système de claies employé au jardin botanique de Gand. Ce sont des tringles de sapin réunies entre elles par des cordes mine»
Fig. M58.
et qui peuvent se rouler et se dérouler, (h voit en A les tringles en partie roulées a déroulées avec la cordelette et la poulr qui en permet la manœuvre et en B l'assemblage de ces tringles.
Une double serre courbe est représenw en coupe par la fig. 2559 '. Dans la sema bas se trouve le massif en terre soutes par de petits murs et les consoles Bupperlaul lus pois; dans celle du baut sont irt talliies des étagères en métal qui reçoit «s également des rangées de pots de dimrrsions différentes. Nous donnons (fig. 25*
1 Ci-ur Daly, RtiAie d'architecture, I84S-M-
an quart d'exécution, le détail du balcon en fer qui sépare ces deux
l?77 — SERRE.
dîna ménagés dans le sol. Le terre-plein
Vie- 25BO.
n'est plus dans le milieu, occupé par le
Fig. 3559.
Un autre système d'étagères est représenté par la tig. 2561; ce sont de simples gra-
cbemin de service. Deux tuyaux suffisent à chauffer cette terre.
Ces diverses dispositions peuvent être adoptées pour des serres dans lesquelles la température est plus élevée. Souvent aussi on donne à la serre de plus grandes dimensions, qui permettent d'y cultiver des plantes d'une certaine hauteur. La fig. 2562 représente un modèle de serre qui avait été construit par M. Haury à l'Expo-
sition universelle de 1867 et qui se composait d'un pavillon central et de deux ailes, le tout en vitrage porté sur un soubassement en briques.
3° La serre chaude, d'un usage plus restreint que les serres tempérées, est destinée à certaines familles de plantes telles que les palmiers, les cycadées, les broméliacées
SERRE
SERRE
et les gesnériacées. La température y est maintenue entre 25 et 30°; souvent elle fait partie d'une seule et môme construction avec la serre tempérée, dont elle n'est se. parée que par une cloison vitrée. Selon qu'on doit ou non surcharger d'humidité l'atmosphère de cette serre, on la nomme serre chaude humide ou serre chaude sèche. Ce dernier genre convient aux plantes que nous venons de citer.
La serre chaude humide est principalement destinée à la famille de» orchidées. La fig. 2563 montre, en coupe, une serre d'orchidées du jardin botanique de Liège. Les
Fig. 2563.
terres sont placées au-dessus du sol de la serre et un système de circulation d'eau chaude à air libre fait régner dans ce local une atmosphère à la fois chaude et humide, nécessaire à cette espèce de plantes.
4° La serre à forcer est une serre chaude sèche dans laquelle on obtient, au moyen de la ohaleur artificielle, des fruits et des fleurs en dehors des époques naturelles de floraison et de fructification à l'air libre.
Ce genre de serres est ordinairement construit à un seul versant. Sur le mur du fond on adosse des arbres fruitiers tels que les pêchers et les abricotiers. Des pruniers et des cerisiers nains cultivés en pots, des groseillers, quelques ceps de vigne et des centaines de pots de fraisiers occupent la plus grande partie des étagères, sur lesquelles on place également des plantes rares dont ou veut hâter la floraison.
Chez les horticulteurs de profession les j serres à forcer sont divisées en deux parties distinctes, l'une pour les fleurs, l'autre pour les fruits.
Enfin les aquariums sont des serres destinées à la culture des plantes aquatiques.
Ces plantes exigeant beaucoup de lumière, ['aquarium doit avoir une large toiture vitrée qui se rapproche le plus possible de la surface de l'eau. Dans les grands aquariums on amène l'eau à la température nécessaire au moyen de tuyaux placés an fond des réservoirs. Au point de vue du chauffage de ces locaux, deux systèmes sont employés : le chauffage à eau chaude et le chauffage à la vapeur.
Nous ne nous prononcerons pas entre ces deux systèmes, qui ont chacun leurs défenseurs parmi les horticulteurs ; nous dirons seulement ici quelques mots des conduits dont on se sert : ce sont des tuyaux en fonte ou en cuivre. La jonction de ces tuyaux exige certaines précautions à cause de la dilatation du métal.
Au jardin botanique de Gand on emploie le mode de réunion suivant : les loyaux sont en cuivre et n'ont que 0m,07 de diamètre. La fig. 2564 représente la disposi-
.Fig. 2564.
tion employée : deux systèmes de quatre tubes, au lieu de se prolonger sur toute la longueur de la serre, aboutissent à des cylindres qui sont eux-mêmes reliés par des tubes à double courbure. La disposition adoptée dans les angles est repré-
Fig. 2565.
sentée par la fig. 2565 : un tube à triple courbure relie le système inférieur au système supérieur.
Dans les grands jardins la serrey objet d'agrément, peut servir de promenade on de refuge contre l'intempérie des saisons
SERRURE. — 1279 -
Oo doit donc y ménager des allées et des lieux de repos.
Serrure, s. f. — Mécanisme en fer et quelquefois en cuivre que Ton emploie pour fermer les portes, les vantaux d'armoire, les coffres, tiroirs et meubles de tous genres.
Cet appareil se compose de trois parties distinctes : 1° la serrure proprement dite, bâti de fer qui renferme le pêne ou verrou de la serrure; 2° la clef qui le fait mouvoir; 3° la gâche, pièce de fer dans laquelle ce pêne va se loger et qui est fixée au moyen de vis ou scellée sur le chambranle de la porte.
La boite rectangulaire qui renferme le mécanisme se compose d'un fond ou plaque de tôle rectangulaire appelé palastfe et de quatre côtés dont l'un, plus saillant, est le rebord, la tête ou têtière, à travers lequel passe le pêne et les irois autres formant la cloison. Ces pièces sont maintenues ensemble de la manière suivante : deux étoquiauxoa petites tiges de fer, à section carrée, de 0m,002 à 0m,003 d'épaisseur sont rivés à la fois sur le palastre et sur la cloison ; ces deux pièces sont, de plus, unies à la lime et au bout de la cloison ; de chaque côté est ménagé un petit tenon qui se taille à queue d'aronde et assemble cette pièce avec le rebord. Celui-ci, suivant les serrures, est percé de deux trous pour faire passer les vis qui doivent le fixer sur l'épaisseur de la porte. Dans le même but, le palastre est percé aussi de deux, trois ou quatre trous qui reçoivent des vis d'attache.
La fig. 2566 représente une boite de
Fig. 2568.
serrure ainsi composée, le mécanisme intérieur étant enlevé : A le palastre, B la cloison, C le rebord, tête ou têtière, percé d'un trou rectangulaire pour le passage du
SERRURE
pêne et de deux trous circulaires pour les vis, puis les étoquiaux et les trous faits au palastre. C'est sur ce dernier que sont montées, au moyen d'étoquiaux, d'arrêts et de vis, les pièces du mécanisme : pênes à demi tour, pênes dormants, gros pênes, pênes à verrous de nuit, grands ressorts à gorge, équerres, picolets, foliots, ressorts à boudin, planches (voy. ces mots).
La boite de la serrure est fermée par une couverture au foncet, feuille de tôle mince dont les dimensions sont celles de l'intérieur de la boite. On lui ménage (fig. 2567), du côté du rebord, deux petits tenons qui entrent dans ce rebord et affleurent extérieurement; les étoquiaux de la cloison le soutiennent et, sur la partie de la cloison opposée au rebord, on rive un petit tenon dans lequel on taraude un pas pour la vis qui traverse en cet endroit la couverture et la rend solide. Le foncet porte Ventrée et,
Fig. 2567.
dans les serrures à broche, le canon, qu'on y fixe par une embase ou par des pattes rivées ou brasées.
Les pièces extérieures sont : le cacheentrée (voy. ce mot) ; le faux fond, sorte d'embase fixée en dehors du palastre par deux ou trois vis à tête fraisée à l'intérieur; c'est dans le faux fond que la broche est ajustée, rivée et brasée ; le bouton de coulisse, le bouton coudé.
Les serrures habituellement employées sont :
1* Les serrures dites becs de cane (Voy. ce mot) ;
2° Les serrures tour et demi, qui représentent l'espèce la plus répandue et qui servent pour portes d'armoires et portes de logements.
La fig. 2568 représente une serrure d'armoire à tour et demi.
On voit en A une vue de face de Tinté-
SERRURE. — 1280
rieur de cette serrure, le foncet B étant enlevé, en C une coupe horizontale faite sur
«utAF^-t
SERRURE
encoche faite sur le dos du pêne et forme arrêt pour ce dernier. La fermeture estausa complète que peut le donner ce genre de serrure.
Pour ouvrir il faut alors un tour et demi de clef. Au premier demi-tour, la clef soulève la gorge, la retire de l'encoche où elle forme arrêt, accroche la seconde barbe du pêne et lui donne un mouvement de glissement en arrière; elle continue sa rotation, fait un tour entier et accroche la première barbe de manière à ouvrir comme nous l'avons vu plus haut. Le talon indiqué en d sert à fixer le foncet.
La fig. 2569 montre, à moitié d'exécution, Fig. 2568. l'intérieur d'une serrure d'armoire à tour et
l'axe du pêne «. Celui-ci est muni de *** ou les »?** sonl disP°sée8 nn ** harbes et est maintenu dans son mouve- ««""M*"» : le ressort est fixé à la partie ment de glissement par un arrêt c. inférieure du palastre, la gorge au contraire
Derrière le pêne a est une gorge en cuivre dont Tune des branches, recourbée, est pourvue, à son extrémité, d'un œil qui permet de la fixer, à Paide d'une vis, sur le palastre. La clef, qui est forée, est guidée par le canon D et Ja bouieroile e ; le panneton est fendu parallèlement à la tige pour donner passage au rouet ou garniture demicirculaire dont on voit la projection sur la figure.
Dans la position représentée ici, la tête du pêne est en partie sortie de la boite et engagée dans la gâche, il suffit d'un demi-tour de la clef accrochant la barbe du pêne la plus rapprochée du rebord pour faire rentrer la tête du pêne dans la boite et ouvrir la porte. Si, au contraire, en considérant toujours la position représentée par la figure, on fait tourner la clef dans l'autre sens, celle-ci soulève la gorge, dont on voit le bord inférieur en dessous du pêne; le petit tenon ou cran d'arrêt, qui est fixé à la partie supérieure de la gorge et qui entre dans une des deux encoches pratiquées sur le dos du pêne, se soulève également; la clef, continuant sa rotation, pousse la barbe du pêne non plus en avant, comme dans le mouvement précédent, mais en arrière, et la tête du pêne sort tout entière pour entrer dans la gâche; en même temps, le ressort pousse la gorge, dont le tenon retombe dans la seconde I canon et d'autres qui sont dites à entailler,
Fig. 2560.
a son œil placé dans le- haut; le rouet formant la garniture est plus rapproché de la bouterolie; le talon du foncet est à mihauteur de la cloison. Le mouvement est exactement le même.
Ces appareils de fermeture sont appelés serrures encloisonnées à canon. On en fait qul
Fig. 2570.
sont encloisonnées également, mais sans
-i. Jt «.-. . : ^~t j;* a ...
SERRURE
SERRURE
c'est-à-dire que l'on entaille le vantail pour les loger : la fig. 2570 représente une serrure de ce genre demi-grandeur à canon, avec une planche comme garniture, gorge et ressort à pincette.
Nous donnerons encore (fig. 2571) une serrure à tour et demi en supposant le pêne
Fig. 2571.
rentré intérieurement et, par conséquent, la porte ouverte.
Cette position est amenée lorsque le panneton de la clef, après un demi-tour, appuie, d'avant en arrière, contre la première barbe du pêne, lui ayant fait parcourir toute sa course dans ce sens, et soulève en même temps la gorge, dont le cran d'arrêt est sorti de la première encoche.
La figure que nous donnons ici représente la clef dans la position indiquée, la tige étant coupée.
Cette serrure est, de plus, à clef bénarde; elle n'a pas de bouterolle. La virole qui se voit sur le pêne sert à maintenir une vis qui correspond, à l'extérieur du palastre, à un bouton dit bouton de coulisse , au moyen duquel on peut foire glisser le pêne sans le secours de la clef quand la serrure n'est pas fermée à tour et demi.
Cette serrure est dite aussi serrure bénarde, parce qu'elle est sans brocbe et a l'ouverture des deux côtés pour la clef, de sorte qu'on peut ouvrir et fermer par dedans comme par dehors avec la clef.
3° La serrure à deux pênes, pêne dormant demi-tour et bouton double. Cette serrure est très-employée pour les portes intérieures d'appartement. Elle renferme (fig. 2572) deux pênes, un pêne dormant a qu'une clef béoarde ouvre à demi- tour en soulevant la gorge h sur laquelle agit un ressort en lame d'acier placé au-dessus. Il y a souvent une planche comme garniture. Le pêne coulant
DICTIOMUIfill DB GOKBTRUCTIOM.
c se meut au moyen d'un foliot d, dans lequel passe un bouton double.
Fig. 2572.
Ce genre de serrure est construit sur différents modèles ; il y a entre autres : les serrures pêne dormant et demi-tour façon Jacquemart^ les serrures pêne dormant et
Fig. 2573.
demiriour à trainette, les serrures pêne dormant et demi-tour avec verrou de nuit, comme celle que représente la fig. 2573.
4° La serrure à pêne dormant, un seul pêne, deux tours, employée pour les portes de cave, avec ou sans garniture et clef bénarde.
Nous donnons (fig. 2574) une serrure de ce genre, système à gorge. Sur le pêne, dont la tête carrée est de forte dimension, sont montés la gorge à deux crans d'arrêt et le
Fig. 2574.
ressort qui est une simple lame d'acier un peu courbée pour appuyer sur la gorge par son extrémité libre. Une planche forme garniture.
SERRURE
SERRURE
5° Les serrures de sûreté parmi lesquelles nous citerons :
La serrure tour et demi, clef forée, comme celle que représente la lig. 2575, qui est à système Bricard, marquée ST et avec ver-
Fig. 2575.
rou de nuit. On emploie ce système pour la fermeture des chambres de domestiques, des portes d'entrée de petits logements.
La serrure de sûreté à deux tours et demi, clef forée (fig. 2576). Cette serrure est armée
de deux pênes indépendants A et B, ce dernier en bec de cane pour le demi-tour, l'autre, qui est carré au bout, pour les deux tours.
Pour ouvrir le premier, on fait tourner la clef de manière qu'elle attaque le bras C d'un levier coudé dont le centre de rotation est sur le pêne dormant A; l'autre bras, qui a son extrémité engagée dans le pêne B, fait alors rentrer celui-ci dans le palastre. Aussitôt que la clef cesse d'agir, ie ressort 0 pousse ie pêne et le fait saillir au dehors. Si maintenant on tourne la clef en sens contraire, le panneton de celle-ci soulève la gorge placée derrière le pêne et à laquelle est fixée la gâchette E, et attaque la première barbe du pêne.
L'extrémité recourbée de la gâchette se trouve ainsi dégagée de son encoche et le pêne entre d'un cran dans la gâche. La clef ayant achevé son tour et n'agissant
plus sur l'ancre ni sur la barbe, l'extrémité de la gâchette tombe dans l'encoche suivante sous la pression du ressort fixé en haut du palastre. En même temps que le pêne auquel elle est liée, l'éqûerre marche aussi en avant et d'une quantité telle que son bras il ne peut plus être rencontré par la clef. Enfin un second tour de clef fait encore avancer le pêne A et amène la troisième encoche sous l'extrémité de la gâchette. Pour ouvrir la porte, il suffit d'exécuter la même opération en sens inverse. Le pêne A rentre dans la boite, l'éqûerre revient à sa position primitive, et un troisième tour de clef, en attaquant le bras C, fait rentrer le bec de cane. Ce dernier peut ainsi être poussé en arrière au moyen d'un bouton de coulisse P. Ces serrures sont toujours munies de gardes et à clefs forées.
Les serrures de sûreté à gorges mo&tZes dont les gorges sont au nombre de quatre ou six. Les gorges sont de petites plaques de cuivre telles que celle qui est représentée (fig. 2577); elles sont superposées et toutes percées d'un œil que traverse nn étoquian. Ces gorges sont découpées, à leur partie iofé-
Fig. 2577.
rieure,suivantdesprofilsdifférents, et pourvues d'encoches et de crans d'arrêt qui servent à régler la marche du pêne ; elles som soulevées par la clef, dont le panneton est entaillé à cet effet, un tenon fixé sur n pêne passe, à chaque tour de clef, entre te redents des gorges pour tomber ment dans les encoches voisines.
De petites lames d'acier fixées aux &, par entaille et formant ressort favorises* ce mouvement.
La fig. 2578 représente une ferrure * sûreté à six gorges et à bouton coudé ; «
SERRURE
SERRURE
dernier est soumis à l'action d'un ressort enroulé autour de sa tige. Les gorges, munies
de trois encoches, permettent de faire manœuvrer le pêne en deux tours de clef et une équerre, mue par un demi-tour, agit sur le pêne coulant comme dans la serrure précédente.
Les anciennes serrures de sûreté se distinguent surtout des nouvelles par la complication des garnitures.
Les serrures de sûreté avec ou sans gorge peuvent être à foliotpour le demi-tour. Celle que représente la fig. 2579 est ainsi disposée
Pig. 2579.
et reçoit le nom de serrure en large, parce qu'elle est plus haute que large pour être posée sur des parties étroites; les autres sont des serrures en long*
La serrure de sûreté à pompe, dont la clef a des fentes parallèles â la tige (voy. Clef) et fonctionne comme le piston d'une pompe.
Outre les serrures que nous venons de
décrire et dont le pêne sort de la boite pour
s'engager dans une gâche, on fait des serrures
dont le pêne reste toujours renfermé.
Alors la pièce qui sert de gâche porte un
anneau plat nommé au toron, qui pénètre dans le palastre par une ouverture pratiquée à cet effet. Les serrures de malles et les cadenas ordinaires appartiennent à cette catégorie.
Les serrures sont dites poussées lorsqu'elles ne sont que blanchies extérieurement; les autres sont noires ou polies ; on en fait même qui sont moirées.
A Paris on distingue les serrures en wrrures ordinaires et serrures marquées ou estampillées.
L'estampille indique la provenance de la serrure; la plus estimée est la serrure Bri~ card, marquée ST. Ensuite on compte les marques JPM,FT, AG, T, Union des quincailliers, etc.
11 nous reste à dire quelques mots des serrures dites de précision, à secret ou à combinaisons.
Les serrures à secret sont ainsi nommées parce que quand elles sont fermées on ne peut les ouvrir que d'une certaine manière. Leur ouverture est presque toujours munie d'un cache-entrée, dont la disposition peut varier à l'infini et qu'il faut nécessairement déplacer pour introduire la clef.
Les serrures à combinaisons sont formées d'un mécanisme composé de pièces qu'il faut placer dans un certain ordre pour qu'on puisse obtenir leur ouverture. Les unes s'ouvrent sans clef, dès que ces pièces ont été mises dans la position voulue; les autres s'ouvrent avec une clef d'une construction particulière.
Ces dernières serrures sont très-anciennes. On y compte la serrure égyptienne, qui était généralement employée plus de dix siècles avant notre ère et dont l'usage est encore aujourd'hui très- répandu dans l'Orient. La construction repose sur le principe qui consiste à mettre des obstacles au mouvement du pêne.
Ge principe a été appliqué en 1784 par l'Anglais Bramak, pour sa serrure à pompe. La serrure de ce dernier genre a servi de type à un grand nombre d'appareils analogues, parmi lesquels nous citerons : la serrure à gorge et à délateur de Ghubbs (le
SERRURERIE