S0X1OTTE
t. A — Appareil serrant an battage des pilotis employés dans les fondations des ports et ouvrages hydrauliques.
Les sonnettes sont, en général, des systèmes propres à élever à une certaine hauteor nne masse pesante en fonte appelée mouton, qui retombe sur la tête du pilotis. Celle-ci est consolidée par nne frelie et la pointe dn pien est armée d'nn sabot pour que le travail qni résulte de l'écrasement des extrémités ne Boit pas perdu.
Le pilot est disposé verticalement, puis enfoncé, sous nn effort modéré, jusqu'à ce qu'il commence a offrir une certaine résistance. On le bat ensuite plus énergiquement et on l'amène ktefut, ce qui signifie qu'il ne s'enfonce plus, s'il a 0m;2ô de diamètre, que de 0",fJ04 à O^.OOâ pour chacune des dernières volées de (rente coups d'un mouton de 3 à 400 kilogr. tombant d'une hauteur de l™,30. On peut alors, en toute sécurité, faire porter à ce pieu une charge de 25,000 kilogrammes.
On distingue les sonnette» à bras ou à tiraudet', les sonnettes à déclic et les sonnettes à vapeur.
Les sonnettes à Hraudes se composent essentiellement d'un mouton suspendu sur une poulie pur un cordage. L'extrémité de ce cordage est attachée à un faisceau de cordes sur chacune desquelles des hommes , tirent ensemble et lèvent le mouton, qu'ils laissent retomber en lâchant loua en même temps.
Chacun de ces appareils est ainsi disposé : il est formé de deux parties, l'une horizontale et l'autre verticale. La partie horizontale, représentée en A (Mr. 2606), est triangulaire el se noiame eni-aijure. Elle comprend une forte pièce de bois aa appelée semelle ut sur laquelle une autre h, nommée queue, vient s'assembler d'équerre.
Deux contre-fiches ou pièces biaises c, c relient les extrémités de la semelle el de la queue et maintiennent ces pièces dans leurs positions respectives. Cet assemblage de poutres, qui constitue la base de l'engin, cet garni de madriers sur lesquels, pour donner de la stabilité à la sonnette, on
place des pierres ou une u
Fig. !60S.
façon toutefois £ ne pas gêner les nom nu employés à la manœuvre.
La partie verticale de la machine i
Fig. 2807.
compose de deux montants d, d appelés jumelles, assemblés à tenons et mortaises
dans la semelle aa, réunis à leur sommet par une clef ou télé, nommée aussi chapeau, et maintenus par deux contre-iicbes ee appelées hanches, qui s'opposent au déversement latéral. La verticalité des jumelles est encore assurée contre le déversement dans le sens perpendiculaire à la semelle par un arc-boutant h (fig. 2607) qui s'assemble, d'une part, avec une traverse placée sous le ebapeau, de l'autre, avec la queue et qui est muni d'échelons ou 'chevilles de bois servant à montée jusqu'au sommet de la sonnette. C'est à cette disposition que cette pièce doit aussi le nom de rancher.
Entre les deux jumelles est placée une poulie fixe g sur laquelle passe uue corde attachée, à l'une de ses extrémités, au sommet de la masse prismatique m, dite mouton, qui sert à frapper sur la tête des pieux et terminée, à l'autre bout, par trente ou quarante cordons ou tiraudes sur lesquels agissent les manœuvres.
Le mouton est dirigé, dans ses mouvements d'ascension et de descente, par
Pif . 2608.
deux tenons ou ailerons munis de clefs (fig. 2608) qui s'engageât dans l'intervalle laissé entre les jumelles.
Ce mouton est une forte masse prismatique en bois ou en fonte de fer et qui, dans le premier cas, est freltée ou cerclée à ses deuxextreujilés supérieure et inférieure. Le pieu est placé sous le mouton et maintenu aussi verticalement que possible au moyen d'un guide o, appelé bonhomme, auquel il est attaché par une corde et qui glisse entre lesjumelles. L'opération par laquelle on pose le pilotis verticalement sous le mouton se nomme mettre le pieu en fiche ; cette opération est dirigée par un ouvrier connu SOUS le nom à'enrimeur.
Les ouvriers qui manœuvrent la sonnette
à tiraudes donnent trente coups de mouton de suite, ce qui constitue une volée.
Dans certains pays l'on construit des sonnettes à un seul montant, et dans lesquelles le mouton est maintenu dans sa
Fîg. 2609.
direction (fig. 2609) par des guides ou bras encastrés qui sont eux-mêmes munis do boulons mobiles transversaux glissant sur les faces de devant et de derrière du montant. Le montant, assemblé par le pied dans une semelle, est maintenu latéralement par des contre-fiches et d'arrière en avant par un arc-boutant.
La sonnette à déclic diffère de la sonnette à tiraudes en ce que la corde du mouton, au Heu d'être tirée par des hommes, vient s'enrouler autour d'un treuil à engrenage (lig. 2610) sur l'arbre duquel est fixée une roue dentée. Celle-ci engrène avec un pignon dont l'arbre porte, à chaque bout, une manivelle. Ce pignon est susceptible de recevoir un mouvement de translation dans le sens horizontal, de manière à être engrené ou dêsengrené avec la roue, mouvement qui s'opère par les soins d'un ouvrier lorsque le mouton est élevé à la hauteur convenable.
La grande roue dentée et le treuil, sollicités alors par le poids du mouton, tournent en sens inverse et la masse vient frapper la léte du pieu.
Pour empêcher la corde de continuer a
ae dérouler, en vertu de la vitesse acquise, un ouvrier qui a désengrené le pignon
serre fortement, dès qu'il entend le coup de mouton, un frein placé sur l'arbre du treuil.
Les sonnet tes à dédie peuvent élever beaucoup plus haut que les sonnettes à tiraudes un mouton d'un poids beaucoup plus considérable, 5 à 61)0 kilogr. au moins au lieu de 2 à 300. Ce mouton est en fonte et a la forme d'un tronc de pyramide quadrangulaire.
Un inconvénient du frein manœuvré par l'ouvrier est que celui-ci peut s'en servir pour amortir le choc du mouton, ce qui empêche de s'assurer que le pilot a atteint le refus jugé nécessaire.
Four y remédier, le mouton est saisi par une pince dont les branches croisées tendent à se rapprocher dans le bas par l'effet de leur poids et d'un ressort conve-
nablement disposé. Le mouton étant saisi de cette façon, le treuil le fait monter. Quand il arrive au haut de la sonnette les bords supérieurs de la pince rencontrent des obstacles qui les forcent h se rapprocher et, par suite, celle-ci s'ouvre et laisse tomber le mouton. Ou redescend la pince et la manœuvre recommence.
Lorsqu'on agit dans un sol recouvert d'eau ou dans une tranchée où le guide du pilotis atteint la semelle de la sonnette, on continue le battage avec un faux pieu frettédes deux bouts, maintenu sur la tête du pilot par une fiche en fer et attaché au bonhomme.
Aujourd'hui on emploie des i
Fig. t6ii. "
dans lesquelles le mouton est mû par la vapeur. Parmi les machines de ce genre nous citerons la sonnette à vapeur à action directe (système Chrétien) représentée par la fig. 2611.
Son organe principal est un cylindre de û-,24 de diamètre et de 2» ,80 de longueur. La tige du piston se lermine par une chape dans laquelle est une poulie. Autour de celle-ci s'enroule une chaîne attachée à l'une de ses extrémités au tambour d'uu treuil et portant à l'autre un encliquetage spécial devant soulever le mouton.
La fonction du treuil est de régler la longueur de la chaîne suivant le degré d'enfoncement du pieu, de manière que le piston soit vers l'extrémité supérieure de
sa course lorsque le crochet vient saisir le mouton sur la tête de ce pieu.
Cette position étant donnée et la vapeur étant introduite dans la partie supérieure du cylindre, le piston descend et soulève le mouton d'une quantité égale au double de la course qu'il exécute lui-môme.
Lorsque ce mouton est à la hauteur voulue, le mécanicien change la distribution par un mouvement brusque du levier de manœuvre. La masse de fonte entraine d'abord la chaîne dans sa chute, mais aussitôt le déclic fonctionne et le mouton se décrochant tombe librement, tandis que Pencliquetage le suit un peu plus lentement et vient le saisir de nouveau dès qu'il s'arrête sur la tète du pieu.
On peut ainsi frapper jusqu'à vingt coups de mouton par minute.
Si le battage se fait sur terre ferme, le châssis inférieur qui porte l'engin est monté sur galets ; lorsque le travail s'exécute dans l'eau, ce châssis se po3e Bur un bateau.
2» Petite cloche montée sur un ressort et qui sert à mettre en communication les différentes pièces d'un appartement ou l'extérieur avec l'intérieur. Cette cloche est attachée par un fil de tirage et se trouve fixée de la façon suivante : au milieu de la petite spire du ressort a (fîg. 2612) est ré-
1WUVWWW
Fig. 2612.
serve un petit carré qui reçoit la tète d'une broche ou pointe qui la lient suspendue. Ce ressort est placé de manière à être bandé par le fil de tirage qui tire sur la bascule ou petite branche et c'est au bout de sa grande branche que la sonnette est rivée inébranlablement.
Le fil de fer qui sert au tirage doit généralement traverser des murs, des cloi-
sons et souvent même des étages; qu'il faut percer au moyen des vrilles, de chassepointes et de mèches de différentes longueurs.
C'est dans ces trous qu'avec une broche munie'd'un œil long et étroit comme celui d'une aiguille l'ouvrier poseur passe son (il de fer. Ordinairement on introduit dans ce trou une douille de fer-blanc appelée tuyau et qu'on scelle par les deux bouts ; cette douille empêche les plâtras et les débris de pierres de comprimer le fil dans son passage et de Jui faire éprouver un frottement qui arrêterait tout le jeu des mouvements.
On emploie des ressorts de rappel 6 pour remplacer le fil de fer qui, après avoir sonné, pourrait être retenu par des frottements; au moyen de ce rappel, tout l'appareil revient dans son premier état. Les ressorts de r.envoi ou à pompe c servent au même usage.
Les bascules (voy. ce mot) permettent de changer la hauteur ou la direction du tirage.
Le fil est attaché à des mouvements (voy. ce mot) ; le plus voisin de celui qui sonne est appelé mouvement de tirage ; il change en horizontale la direction imprimée par le sonneur.
C'est entre les branches de ce mouvement qu'on place la pointe d'arrêt devant laisser à ces branches assez de mouvement libre et les arrêtant alternativement où il faut, de manière à empêcher un renversement et produire le choc désiré.
Le fil s'attache ensuite aux divers mouvements jusqu'à la bascule de la sonnette.
On appelle conduits de petits crampons d à double pointe qui servent à maintenir le fil de tirage dans sa direction.
Les sonnettes sont classées par numéros et l'on n'emploie guère que celles portant les numéros 4 à 12. Le mouvement se donne au Gl de tirage par l'intermédiaire d'un cordon ou d'un coulisseau (voy. ces mots).
Aujourd'hui on remplace souvent les sonnettes par des timbres ou des sonneries électriques (voy. Sonnerie, Timbre).