‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 5)Chapitre 481 sur 553 · THÉORIE · texte numérisé non relu

THÉORIE

plus importants et les foyers ouverts au public ;

2° La salle et ses dépendances;

3° La scène et ses accessoires; les pièces destinées à l'administration et aux artistes du théâtre.

Il y a, de plus, deux appendices latéraux qui présentent l'un la loge du chef de l'État et ses dépendances ; l'autre, les salons, cabinets et offices d'un restaurant.

Voici la légende indiquant les divisions de ce plan et leurs destinations diverses :

1, place de l'Opéra; 2, portique, au-dessous porche principal; 3, grand foyer, audessous vestibule principal couvert à ses deux extrémités, donnant accès aux escaliers et aux galeries latérales qui mènent aux bureaux de distribution des billets; 4, à gauche, foyer des fumeurs, à droite galerie des rafraîchissements, au-dessous galerie conduisant aux bureaux de distribution des billets; 5, 5, restaurant et dépendances, au-dessous porche ouvert aux voilures; 6, cage du grand escalier dont les rampes diverses conduisent au niveau du couloir de l'amphithéâtre, des baignoires et de l'orchestre des spectateurs, au premier étage et enfin à un salon circulaire situé sous la salle et destiné aux personnes qui attendent leurs voitures; 7, escaliers secondaires desservant tous les étages; 8, la salle comprenant, sur le pourtour, les loges avec leurs salons placés derrière, et les quatre divisions suivautes : l'amphithéâtre des premières, le parterre, l'orchestre des spectateurs et l'orchestre des musiciens; 9, 9, loges du chef de nî*at,avec grand salon circulaire et dépendances; au-dessous, porche sous lequel entrent les voitures; 10, scène; 11, 11, remise des décors; 12, foyer de la danse; 13, foyer du chant; 14, magasin des accessoires; 16, loges et galeries des choristes hommes; au-dessous, loges et galerie des choristes femmes; 16, escaliers des artistes; 17, 17, loges des premiers artistes du chant et dépendances, au-dessus etau-dessous loges des autres artistes, bureaux et dépendances; 18, cour; 19, grande cour d'entrée de l'administration et des artistes.

Nous n'entrerons pas ici dans le détail des richesses décoratives qui ont été déployées dans cet édifice, non plus que des divers systèmes adoptés d'après les perfectionnements les plus récents pour le chauffage et la ventilation (voy. ces mots); nous signalerons seulement, au point de vue général, l'accentuation très-nette que M. Garnier a su faire au dehors des principales divisions de l'intérieur. Une loggia somptueusement décorée annonce au spectateur la partie réservée à la circulation du public; la salle et la scène sont indiquées la première par la coupole qui la surmonte, la seconde par un fronton triangulaire qui domine l'ensemble, accentuant ainsi la plus vaste des divisions du monument; enfin les bâtiments d'administration placés derrière la salle sont également accusés par des formes spéciales et le tout s'harmonise de manière à conserver intacte l'unité de composition.

Théorie, s. f. — Ensemble des connaissances d'un art acquises par l'étude ou que l'on reçoit de l'enseignement.

Quatremère de Quincy reconnaît trois degrés d'étude ou d'instruction théorique. Il distingue : la théorie des faits et des exemples ou théorie pratique ; la théorie des règles et des préceptes, qu'il appelle théorie didactique et la théorie des principes ou des raisons sur lesquelles reposent les règles ou théorie métaphysique.

Appliquée à l'architecture, la première de ces trois divisions comprend l'enseignement par lequel on apprend aux élèves à se régler sur les inventions et les ouvrages des prédécesseurs, à prendre pour modèles certains maîtres ou certains monuments, sans s'inquiéter des principes qui ont fait agir ceux dont on imite les œuvres.

La théorie des règles et des préceptes ou théorie didactique est celle qui, par l'étude particulière ou par les leçons du maître ou de l'école, apprend à distinguer dans les ouvrages de l'art certains points communs où leurs auteurs se sont rencontrés, à comparer ces ouvrages entre eux, à s'efforcer d'établir les meilleurs rapports entre les formes, les proportions les mieux appropriées au carao-

1ère spécial de chaque sorte d'ordonnance, les détails d'ornements sur lesquels se sont accordés les artistes les plus accrédités.

La théorie métaphysique, qui est en môme temps la théorie véritable de l'art, remonte aux sources d'où émanent les règles; elle analyse les préceptes, en pénétre l'esprit s'appuyant comme base sur les lois mêmes

de noire nature, les causes des impressions que nous font éprouver les œuvres d'art.

Thermes. — Mot qui vient du grec thermai signifiant ètuves, bains chauds et qui servait à désigner, à l'origine, les bains d'eau ebaude on la chaleur était empruntée à des sources thermales ou produite par des moyens artificiels. Dans la suite, on

donna, par extension, le nom do thermes à des édifices qui renfermèrent tout ce qui composait un établissement de bains complet : bassins froids, bains de vapeur, d'eau chaude, etc. Enfin sous les empereurs romains les thermes devinrent une sorte d'agglomération d'établissements d'utilité et de plaisir, tels que battu, palestres, gymnases, rpkatristéres, exédres, xystes, éphébées (voy. ces mots).

Parmi les édifices de ce genre les plus remarquables par les vastes proportions et

par la façon dont y sont ménagés les différents services que nous venons d'indiquer, nous citerons les thermes d'A ntonin Garacal la que la figure 2707 représente en plan. La forme générale est celle d'un rectangle ABGD. De chaque côté de l'entrée, placée en G, sont établies des cellules pour bains séparés avec escaliers et portiques, le tout formant une suite de deux étages de berceaux. Chacune de ces cellules comprend une anti-salle et une salle de bains pouvant contenir plusieurs personnes.

L'entrée G donne accès dans une vaste cour divisée en jardins et promenoirs où s'élèvent en un seul groupe les services principaux de l'établissement : 1° E le bain froid, appelé natatio, grand bassin découvert où Ton pouvait nager et flanqué d'espaces couverts M où se tenaient ceux qui voulaient se jeter dans le bassin ou assister seulement aux exercices de natation; 2° des salles K dans lesquelles on quittait les vêtements; 3° des vestiaires L, apodyteria, où se trouvaient les esclaves chargés de veiller sur les habits des baigneurs ; 4* des salles L destinées aux onctions et à la réserve du sable dont se servent les lutteurs; 5° des pièces N pour les personnes qui veulent se reposer ou converser.

F, le tepidarium ou salle tiède avec quatre bains d'eau chaude, alvei, dans les angles et deux bassins circulaires, labra, sur les grands côtés du parallélogramme.

OE, le second tepidarium, servant de vestibule au bain d'eau chaude I, caldarium. Deux cours P contiennent les fourneaux et réservoirs d'eaû chaude.

Le bain d'eau chaude est une grande salle circulaire recouverte d'une calotte hémisphérique, contenant un large bassin également circulaire et munie, sur ses parois, de renfoncements où sont établis des bassins plus petits à l'usage de ceux qui veulent prendre leur bain isolément.

Cette salle est éclairée, aurez-de-chaussée et à l'étage supérieur, par des ouvertures garnies de claires- voies vitrées.

Attenantes au caldarium, des salles tièdes Q, avec bassin d'eau tiède, servent de transition entre la température du caldarium et celle de l'extérieur; viennent ensuite des salles froides R qui s'ouvrent sur les jardins.

De là on pénètre, par des salles découvertes servaut aux exercices, dans les petites chambres tièdes qui précèdent le sudatorium M. Les pièces F, F contiennent des chaudières. De vastes péristyles T accompagnés d'exèdres sont destinés à ceux qui veulent se promener et écouter les rhéteurs. Des espaces U servent à l'instruction des élèves de gymnastique. Des

bibliothèques avec vestibules particuliers occupent les divisions du plan marquées W, et les angles V sont occupés par des bassins d'eau froide pour ceux qui s'exercent dans le xysle X. Des gradins établis parallèlement à la longueur de ce dernier espace reçoivent les spectateurs des jeux.

Le xyste est flanqué de palestres Z avec salles d'académie a et celles réservées aux discussions 6. Un portique c circule derrière ces pièces. De petites salles tfsont destinées aux conférences faites par les philosophes et les rhéteurs. Enfin des réservoirs g sont alimentés par un aqueduc h.

Il n'y avait pas seulement à Rome des thermes publics, où la foule, admise d'abord moyennant une légère rétribution, le fut gratuitement à partir des Àntonins; les familles riches en faisaient construire dans leurs palais ; mais c'est surtout dans les édifiées ouverts à tous, comme celui décrit ci-dessus, que le plus grand luxe était déployé. Dans les thermes publics tout était colossal et traité avec une richesse excessive. La façade des thermes de Garacalla s'étendait sur une longueur de 338 mètres ; le bâtiment principal avait 218 mètres de longueur sur 112 de profondeur. Le frigidarium ou bassin froid avait 52 mètres sur 27 mètres ; le tepidarium, 86 mètres sur 24 mètres; le caldarium 35 mètres de diamètre intérieur. La retombée des voûtes était supportée par des colonnes de granit de 14 mètres de hauteur.

Les murs étaient construits en maçonnerie de blocage, revêtus en briques triangulaires et reliés par des assises de grandes briques qui régnaient dans toute leur épaisseur et étaient espacées de lm,35 environ.

Les voûtes étaient formées d'une espèce de béton de pierres ponces supporté par de grandes briques de revêtement posées à plat . Des dalles de marbre ou des enduits en stuc décorés de peintures étaient appliqués sur les parements.

Dans tous ces édifices de belles mosaïques ou des compartiments de marbres colorés couvraient le sol ; les colonnes, les baignoires, les bassins étaient formés de marbres précieux, de granit, de porphyre

Page 1