TÊTE
ordinairement revêtu d'une chaîne de pierre ou d'une jambe étriêre ;
Tête de voussoir, la face antérieure ou postérieure d'un voussoir ;
Tête de chaussée, le commencement d'une chaussée pavée. Dans une chaussée bombée, une partie de pavé placée au-devant de deux ruisseaux qui se réunissent pour n'en former qu'un ;
Tête de chat, un petit moellon presque rond ;
Tête de chevalement, pièce de bois posée horizontalement sur deux étais pour soutenir un pan de mur, une pile, un angle de façade, pendant que l'on fait une reprise en sous-œuvre ;
Tête de poteau, bout d'un pieu que l'on a recepé dans un pilotis.
Tête de cabestan, partie de Taxe qui est percée de mortaises destinées à recevoir les extrémités des barres servant à faire mouvoir cette machine ;
Tête de marteau, partie carrée ou ronde opposée à la pointe ou panne d'un marteau ; Tête de clou, partie du clou sur laquelle on frappe pour enfoncer;
fête plate, forme de la tête des clous à ardoises, à lattes et d'épingle ;
Tête de champignon, tête ronde, plate ou creuse en dessous des clous à pointe, des clous rivés, des boulons ;
Tête fraisée, tête de clou que l'on fait plate dessus et convexe dessous, de manière à ce qu'elle entre dans le bois, la pierre, le métal, et que le dessus affleure le nu ;
Tête à la romaine, tête de vis de forme sphérique et que l'on a percée d'un trou au milieu pour la tourner ;
Tête perdue, tête de boulon, vis, clou encastré dans la pierre ou le bois et qui n'en excède pas le parement.
Fig. 2698.
On donne encore le nom de tête de chu à un ornement de sculpture de la forme indi-
quée par la fig. 2698 qui était employé, dans l'architecture romane, pour décorer les bandeaux et les archivoltes.
Tête de pêne, partie du pêne qui entre dans la gâche.
Tête de palastre, partie de la serrure qui affleure l'épaisseur de la porte et dans laquelle est pratiqué le passage du pêne. On dit aussi têtière.
Tête de pivot, partie saillante d'un pivot à équerre.
Tête de capucin, outil dont une extrémité est recourbée et qui sert à tourner les barreaux de grille pour les fixer en place.
Têtière, s. f. — Tête de la cloison de la serrure par où passe le pêne.
Têton, s. m.— Petite saillie que portent les lames de certains forets ou fraises appelés forets ou fraises à tétons.
Tétrastyle, s. m. — Édifice qui possède en façade une ordonnance de quatre
Fig. 2699.
colonnes. Tel est le temple de la Fortune virile à Rome (Hg.2699).
Têtu, *. m. — Marteau à tête carrée qui sert à abattre la pierre pour la dégrossir près des arêtes. La fig. 2700 montre deux têtus de formes différentes.
On emploie aussi cet instrument pour assurer la pierre sur le mortier quand on la met en place.
Théâtre, s. m. — Édifice destiné aux représentations scéniques.
L'origine des théâtres est généralement attribuée à la célébration des fêtes de Bacchus, pendant lesquelles un récitateur
chargé de raconter on de chanter quelque bit relatif à l'histoire du dieu se tenait d'un coté de l'autel ou thymeie qui lui était con-
Pig. 2700.
sacré, pendant que les spectateurs se tenaient de l'autre coté.
Eu effet, tous les théâtres antiques présentent ces trois divisions principales : l'autel, la acéne, et les gradins.
Dans les premiers temps, le creux d'un vallon ou quelque partie circulaire de montagne furent les endroits choisis pour ce genre de spectacles.
Plus tard, on établit, pour ces fêtes, des échafauds temporaires et enfin de véritables théâtres construits en charpente.
Mais ce n'est qu'après l'écroulement des anciens gradins de bois que l'on songea à élever ces édifices en maçonnerie. Le premier, ou du moi os l'nn des premiers théâtres en pierre fut édifié à Athènes, 500 ans avant Jésus-Christ, sous le nom de théâtre de fiacchus. Ou choisissait pour emplacement la pente d'une colline, de l'acropole de la ville, par exemple, et l'on y taillait des gradins que l'on complétait, au besoin, par des blocs de rapport et de la maçonnerie. Ces gradins formaient un amphithéâtre demi-circulaire d'où les spectateurs jouissaient ordinairement d'un horizon étendu ; ainsi quand cela était possible, on plaçait ces édifices sur le versant d'une montagne avec vue sur la mer, comme a Sicyone, à Taras et à Taormina.
Les gradins étaient divisés par des escaliers dirigés vers le centre et quelquefois aussi par une ou plusieurs ailées circulaires comme eux, ainsi qu'on le voit sur le plan
THÉÂTRE. — t
Nous donnons (flg. 2702), à l'échelle de 0ra,0O0!> pour métré, le plan du théâtre de Taormiriii, en Sicile, d'après le relevé qu'a fait M. Henri Labrouste dea ruines qui subsistent.
Cet édifice est taillé presque entièrement dans une montagne de roche au sommet
de laquelle il se trouve et d'où l'on découvrait la mer; on estime que près de trente mille spectateurs y pouvaient trouver place. Un voit encore bien indiqués les deux bâtiments en ailes et l'épiscenion, avec sa façade décorée de colonnes.
La coupe que présente la (flg. 2703), à
l'échelle de 0»,00125 pour mètre, montre encore les divisions des gradins dans le sens de la hauteur, la galerie du haut, les piliers quadrangulaires supportant les voûtes qui recouvraient le portique extérieur en hémicycle; l'épiscenion et l'une des portes donnant accès aux bâtiments en ailes.
Sous la scène existe un passage voûté qui donnait issue sur le côté de la montagne regardant la mer.
Les dispositions générales des théâtres romains étaient à peu près les mêmes que celles des théâtre* grecs.
Les gradins étaient établis en demi-cercle et divisés en compartiments cunéiformes (cunei) par des escaliers qui servaient aux spectateurs à descendre jusqu'à la rangée où se trouvaient leurs places respectives quand ils avaient débouché dans l'enceinte par les portes (vomitoria) où aboutissaient des escaliers parlant des passages couverts ménagés dans l'épaisseur du bâtiment.
Au bas du corps de l'édifice occupé par les spectateurs et nommé eaeta, était IVchestre. Celte dernière partie, qui avait la forme exacte d'un demi-cercle, ne servait pas, comme l'orchestre grec, aux évolutions des chœurs, mais contenait des sièges réservés aux magistrats et aux personnages. L'orchestre était séparé par un mur bas
(pulptium) de la partie occupée par les acteurs et que l'on appelait avant-scène (proscenium); le nom de scène était appliqué au mur formant le fond du théâtre. Ce mur était percé de trois portes où étaient placés les vestiaires des acteurs ainsi que les magasins du théâtre on postceniim.
La flg. 2704 représente le plan du théâtre d'Herculanum, dans lequel on voit en A les corridors divisant l'édifice en précinctions, B les cunei, G l'orchestre, D le proscenium, E les magasins.
Un grand rideau orné de figures, qui se baissait au lieu de se relever comme les nôtres, séparait avant le spectacle et pendant les entr'actes, le proscenium de la partie de L'édifice réservée au public. Les gradins, l'orchestre et le proscenium étaient entièrement découverts, et les représentations avaient lieu en plein jour,
Un portique établi derrière le proscenium ainsi que ceux qui étaient distribués sur la hauteur du théâtre servaient de refuge en cas de pluie. Dans la suite on prit le parti de couvrir tout le théâtre par une grande toile, appelée velarium, qui s'ouvrait et se fermait à volonté, était richement décorée et se fixait à des mâts implantés sur les murs d'enceinte.
Certains théâtres romains étaient construits sur de vastes proportions : ceux de
Marcellus et de Pompée pouvaient contenir, l le premier seize mille spectateurs et le second, parait-il, jusqu'à quarante mille. |
Ces chiffres sont sujets à discussion, mais il n'en est pas moins certain que les proportions suiyaot lesquelles ces édifices
étaient construits nécessitaient des dispositions spéciales pour que de tous les points on pût juger les physionomies et entendre les acteurs.
Ainsi ces derniers se couvraient la tête de masques très-accentués, divises un tragiques, comiques et salyriques et dont la bouche, très-largement ouverte , était garnie de feuilles métalliques destinées à renforcer la voix. En outre, plusieurs machines fonctionnaient Bur la scène et secondaient le jeu des acteurs; on y comptait :
L'ekktfclima, sorte d'échafaudage en bois, porté sur des roues qui pouvaient servir à donner le spectacle d'une scène d'intérieur ;
Le pegma, autre machine en bois, où plusieurs étages, placés dans la partie basse de l'échafaudage, pouvaient en sortir comme d'une gaine, s'élever à une certaine hauteur et y rentrer ensuite ;
Le geranos, sorte de grue servant à enlever un personnage dans les airs ;
L'anapiesma, qui faisait monter de dessous le théâtre sur la scène les divinités infernales ;
Le rarmoeipéion et le bronthéion servant à imiter la foudre *.
Il fut construit, pendant le règne des empereurs, un grand nombre de théâtres dans toutes les provinces de l'empire romain. On retrouve en France les ruines encore importantes de monuments consacres aux spectacles; tels sont les théâtres de Nîmes, d'Arles, d'Orange, etc.
Aux édifices de ce genre il convient de rattacher les odéons ou théâtres de musique, dont le plus célèbre fut l'odèon de Périclès à Athènes (voy. Odêon).
Interrompue a la suite des invasions des Barbares, la construction des théâtres ne fut reprise que vers la fin du moyen âge, à une époque que l'on ne saurait déterminer d'une manière précise.
Les représentations dramatiques avaient lieu jusque-là sur des échafaudages temporaires, dressés sur la voie publique ou dans de vastes salles. C'est au xvi* siècle que furent édifiés les premiers théâtres permanents. Mais les architectes qui les éle-
< Caumont, AbécMairt d'archéologie.
THÉÂTRE. — t:
vèrent s'appliquèrent surtout à imiter les théâtres antiques et non pas à mettre ces édifices en rapport avec les usages modernes. Ce n'est qu'au siècle suivant que l'on commença à leur donner les dispositions qu'ils présentent aujourd'hui.
On remplaça d'abord les gradins par des rangs de loges ou des balcons et la scène devint plus profonde alin de faire jouer les machlnesetd'obtenirdes effets pittoresques.
Un des premiers et des plus importants théâtres construits en France auxvn" siècle fut celui que lit édifier au Palais- Royal lecardinal de Richelieu; à l'intérieur de la salle étaient disposés vingt-sept gradins et deux rangs de loges. Des banquettes placées sur les eûtes de l'avant-scène étaient réservées à la noblesse; les femmes occupaient les fauteuils ou des chaises qu'elles se faisaient apporter dans les gradins; au parterre on se tenait debout.
Les représentations avaient alors lieu dans le jour. Plus lard on les donna le soir et il fallut éclairer les salles de spectacle, ce qui entraîna l'emploi du lustre (voy. ce mot).
Les théâtres modernes diffèrent en tous points des théâtres anciens : ils sont d'abord infiniment moins vastes, puis ils sont toujours couverts. Ils présentent généralement trois divisions principales : une partie antérieure, la salle et la scène.
La partie antérieure renferme un vestibule, des escaliers qui mènent aux étages supérieurs, des bureaux et, le plus souvent, nne grande pièce qui Bert de lieu de réunion au public pendant les entr'actes et qu'on nomme foyer.
La salle, destinée à recevoir les spectateurs, occupe l'édifice dans toute sa hauteur jusqu'à la naissance du comble, et ses parois intérieures portent plusieurs galeries saillantes disposées les unes au-dessus des autres et auxquelles on accède par des corridors. Ces galeries sont divisées sur une partie de leurlargeur par des cloisons qui forment des loges découvertes.
Un système différent est mis en usage en Italie : le mur de la salle s'élève verticalement depuis le niveau du sol jusqu'au pla-
fond et est percé de plusieurs rangs d'ouvertures pour les loges des spectateurs.
La figure de la salle est généralement elliptique, forme que l'expérience a fait reconnaître comme étant la plus favorable à l'audition et à la vne. Cependant il est une autre forme que l'on peut adopter et qui est avantageuse : c'est celle du cercle
Fig. 5705.
tronqué vers le quart par l'ouverture de l'avant-scène et, vers le cinquième, par celle du rideau. Les salles du théâtre de Saiot-C ha ries à Naples, du théâtre de Bordeaux, dont la fig. 2705 représente le plan, du théitre Français, de l'Opéra à Paris, ont été établies d'après cette disposition.
L'éclairage de la salle se Tait, avons-nous dit, au moyen d'un lustre qui descend d'une ouverture où lunette pratiquée au milieu du plafond.
Toutefois cet appareil a l'inconvénient de gêner la vue pour un certain nombre de spectateurs placés dans les galeries les plus élevées et de produire une chaleur, souvent
Aussi a-t-on essayé, au théâtre du Châtelet et au Lyrique, à Paris, de supprimer le lustre et de le remplacer par un verre de grande dimension, dépoli et ciselé, au-dessus duquel on concentre un grand nombre de becs de gaz, de sorte que la lumière est comme tamisée et arrive dans la salle considérablement adoucie. Mais on parait renoncer à cette innovation, en raison précisément du peu d'éclat qui en résulte ; le
lustre, au contraire, a l'avantage d'être un splendide ornement et de donner à la salle un air de fête.
La partie inférieure de la salle qui touche immédiatement à la scène et qui est en contre-bas du plancher de celle-ci, de fm,70 environ, est réservée aux musiciens, disposée sur une table d'harmonie et reçoit le nom d'orchestre. A la suite vient le parquet, occupé par plusieurs rangées de sièges et désigné aussi, quelquefois, mais improprement, sous le nom d'orchestre. Enfin au delà du parquet, se trouve le parterre qui se prolonge, dans certains théâtres, sous le premier étage des gajeries. Dans quelques théâtres le parterre est suivi d'un amphithéâtre ou sorte de galerie de rez-de-chaussée précédant les galeries de balcon et qui est garnie de sièges à prix élevé.
C'est d'ailleurs en raison du prix des places que les sièges sont plus ou moins espacés. Les rangs doivent être distants de 0m,90 environ d'axe en axe à l'orchestre, au balcon et au premier amphithéâtre, de 0n,85 dans les premières loges, de 0œ,80 au parterre et dans les galeries supérieures et à l'orchestre et de 0m,55 partout ailleurs.
La scène communique avec la salle par une large baie, appelée ['ouverture de la scène, et qui se ferme à volonté, au moyen d'un vaste rideau que l'on manœuvre par le haut.
Cette partie du théâtre comprend deux divisions principales : 1° Yavant-scéne, placée entre l'orchestre et le rideau; 2° la scène proprement dite.
L'avant-scèoe est accompagnée, à droite et à gauche, de loges dites loges d'avantscène et dont il faut signaler ici l'inconvénient; les sons s'y engouffrent et ne sont pas renvoyés dans la salle comme il le faudrait.
Une série de becs de gaz appelée rampe et placée tout à fait en avant de la scène sert à l'éclairer.
« Il serait préférable d'employer, pour cet objet, dit M. Léonce Reyuaud dans son Traité d'architecture, des foyers lumineux entièrement soustraits à la vue des
spectateurs, distribués latéralement sous les premières loges d'avant-scène, à peu près au niveau de la tête des acteurs, et disposés de telle façon que la lumière soit uniformément répartie sur toute la largeur de la scène, tout en diminuant d'intensité à mesure que les plans se reculent. »
Au milieu de la rampe se trouve le trou du souffleur, qui est caché aux spectateurs par une sorte d'écran.
La scène s'étend depuis le rideau jusqu'au mur du fond. Elle se prolonge, en outre, sur ses côtés latéraux d'une quantité au moins égale à sa largeur visible. Le sol en est formé par un plancher composé de traverses de bois situées à une certaine distance les unes des autres et des feuilles de parquet mobiles qui s'élèvent et s'abaissent, vont et viennent au moyen de rainures pratiquées dans les traverses.
Ces pièces de parquet constituent les trappes et les trapillons qui servent au jeu des décorations.
Sous la scène est un espace dont la profondeur est au moins égale à la moitié de la hauteur de l'ouverture de la scène. Cet espace est divisé verticalement par les supports des traverses et de plus, partagé, dans les grands théâtres, en trois étages à planchers mobiles, auxquels on donne les noms de premier, deuxième et troisième dessous. Un espace semblable et distribué de la même manière existe au-dessus de la scène et ses divisions forment ce qu'on appelle les dessus. Cet espace se termine par un gril en charpente chargé de machines, treuils, roues, etc.
Nous donnerons ici les termes employés pour les principales pièces faisant partie de la machinerie des théâtres. On appelle :
Châssis ou coulisses, les décorations qui forment les côtés de la scène et cachent au public la vue des ailes;
Toiles, les décors qui descendent des dessus pour former le fond de la scène, les ciels, les plafonds et généralement toutes les parties supérieures ;
Fermes, des pièces montées sur châssis qui s'élèvent des dessous ou viennent des côtés pour former la partie inférieure des
tableaux de la scèae et les objets ïsoléB qui occupent les divers plans ;
Praticables, les décors qui donnent passage aux acteurs, tels que portes, pools, etc., et les objets réels, (els que meubleB, etc.
La scène est toujours accompagnée d'an certain nombre de dépendances qui serrent de magasins, de bureaux pour l'administration, de foyers pour les acteurs, etc.
Nous donnerons ici (flg. 2706), à l'échelle
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de 0m,001 pour.mètre, le plan du théâtre de l'Opéra construit à Paris par M. Garnier avec des proportions et une magnificence qui en fout le premier théâtre du monde
Entièrement isolé par de larges voies de communication et précédéd'une vaste place publique, cet édifice est composé de quatre parties principales :
1° Les grands vestibules, les escaliers les