TUNNEL
et jusque dans les régions les plus diverses de l'Amérique.
Le sol de la France et celui de l'Angleterre présentent de nombreux tumulus, dont l'érection remonte à l'époque qui a précédé la conquête romaine.
Dans la Grande-Bretagne, ces monticules, connus sous le nom de barrons, ont des formes assez variées; les uns ressemblent à une demi-sphère, les autres à un demi-œuf posé sur le plat ; quelquesuns sont très-allongés ; d'autres sont coniques ou ont l'aspect de cloches. On en trouve même qui sont doubles, c'est-à-dire accolés.
Les tumulus de la Gaule ont l'aspect de buttes coniques ou allongées, ayant quelquefois une grande hauteur.
Certains de ces monuments sont composés de pierres et non de terres amoncelées ; on les appelle Galgals.
Enfin, toutes les observations faites dans tous les pays tendent à confirmer cette assertion, que les monticules de terre furent, avec les pierres brutes dessus, les premiers monuments funéraires élevés par la main de l'homme.
Tune, *. f. — Couchis de fascines traversé de plusieurs rangées de piquets et de clayons que l'on recouvre d'un lit de gros gravier de 0»,16 à 0m, 19 d'épaisseur, et qui sert à arrêter le pied des travaux exécutés dans l'eau.
Tunnel, s. m. — Voie de communication souterraine.
Les tunnels sont percés particulièrement pour livrer passage à des canaux ou chemins de fer.
L'exécution de la fouille d'un tunnel s'opère avec les mêmes outils et à très-peu près par les mêmes moyens que pour les tranchées à ciel ouvert, lorsque l'on a affaire à des terrains moyennement résistants ; si l'on doit percer des roches d'une dureté exceptionnelle, on se sert d'outils perforateurs spéciaux, dont la description nous ferait sortir du cadre que nous nous sommes imposé.
Quoi qu'il en soit, on doit faire précéder cette fouille de travaux préparatoires ayant
pour objet d'assurer toute sécurité aux ouvriers, et qui consistent surtout dans l'étalement, le blindage et le muraillement des galeries, ainsi que dans l'emploi de moyens de ventilation.
Ces fouilles s'attaquent & la (ois par les deux extrémités et par des puits pratiqués de distance en distance. Les déblais des extrémités s'enlèvent à la brouette, an tombereau ou au wagon : leur montage par les puits s'effectue au moyen de treuils ou autres machines élévatoires placées à l'orifice de ces puits. Les étalements se font au moyen de cintres en charpente diversement agencés.
Dans les terrains résistants, on se contente d'un simple revêtement en maçonnerie; dans les terrains à charge exceptionnelle, daas les argiles, etc., ou donne à ce revêtement (lig. 2811) une forte épaisseur et un fruit intérieur plus ou moins prononcé.
Fig-. 1811.
Tnrblne, s. f. — Mot qui a été employé en architecture comme synonyme de tribune, pour designer soit certains petits jubés d'église, soit la tribune de l'orgue,
Turqnln. s. m. — Variété de marbre bleu à fond bleuâtre, avec veines plus inenses qui se fondent insensiblement dans la couleur de la masse.
Taya {voy. Thuya).
Tuyau, s. m. — Nom général que l'on donne, dans une infinité de travaux d'ouvrages el d'emplois divers, à toute espèce de conduit, ordinairement en forme de tube, qui sert, soit à l'écoulement ou à l'évaporation des liquides, soit à la transmission des liquides ou de gaz, soit encore à l'ex-
pulsion de la fumée, a la circulation de la chaleur, à la conduite et à la propagation des sons, etc.
Les matières employées pour la confection des tuyaux sont très-diverses : l'argile, le plomb, le zinc, le cuivre, la fonte, le fer, le ciment, etc.
Les tuyaux de conduite d'eau ou de jos sont à brides, à emboîtement ou à cordon {voy. Conduite}.
Les tuyaux que les plombiers fabriquent se divisent en tuyaux fondus qu'ils coulent dans des moules, et tuyaux roulés, faits de feuilles de plomb roulées sur un mandrin et soudées.
Tuyaux de cheminée, conduit par lequel passe la lumée, et dont la longueur se mesure du dessus du manteau de la cheminée jusqu'à la sortie du comble. En ce point le tuyau est couronné d'un mitron en terre cuite, auquel on ajoute souvent, pour augmenter le tirage, un tuyau en télé surmonté lui-même d'une mitre quelconque.
La construction des tuyaux de cheminée se fait soit en plâtre pigeonne, soit au moyen de briques ordinaires ou de formes spéciales, soit encore à l'aide de cylindres ou de prismes creux en fonte ou en poterie, eu saillie sur les murs ou faisant corps avec eux.
Les tuyaux de métal offrent l'avantage d'occuper peu d'espace ; mais placés dans l'intérieur des maçonneries, ils se dilatent et peuvent (aire fendre les murs. De plus, leur température élevée peut réduire en chaux les pierres qui composent ces derniers et leur enlever ainsi toute leur solidité.
On a employé les briques Gourlier (lig. 2812); mais les tuyaux ainsi construits
ont l'inconvénient de présenter trop de joints. On a essayé aussi la disposition indiquée en plan et en coupe par la ligure
2813, disposition dans laquelle les pièces du terre cuite ont la même hauteur que les assises en moellons, mais ou se retrouve le
HBaœ
OUfl
Fig. 3813.
même inconvénient du grand nombre de joints verticaux, susceptibles en cas de tassement de s'ouvrir et d'établir des communications des tuyaux entre eux et avec les appartements.
Oo a donc remplacé ce système par celui de pièces en terre cuite réunies entre elles (Iig. 2814), de manière à n'offrir de joints verticaux que sur les faces extérieures des
Fig. Ï8M.
Enfin tous les points verticaux peuvent être évités par l'emploi du système que représente la figure 2815, et qui sont des portions de cylindres accolées que l'on appelle aujourd'hui wagons (voy. ce mol).
Fig. 2815.
On obtient le dévoiement des tuyaux, au moyen de pièces obliques diversement inclinées.
Depuis quelques années, on remplace parfois les tuyaux séparés, qui écoulent la
TUYAU, fumée de chacun des foyers d'une habitation, par un tuyau commua, daos lequel viennent se réunir tous les conduits particuliers des différents étages d'une maison. On donne à ces conduits généraux le nom de tuyaux unitaires.
On donne diverses qualifications aux tuyaux de cheminée, suivant la place qu'ils occupent.
Ainsi l'on appelle :
Tuyau adossé ou apparent, un tuyau qui fait saillie sur le nu du mur;
Tuyau dans œuvre ou dans l'épaisseur, un tuyau construit avec le mur et ménagé dans son épaisseur;
Tuyau en Iwtte, tuyau évasé par le bas, au-dessus du manteau ;
Tuyau dévoyé, tuyau qu'on monte incliné, pour le faire passer à côté d'uu autre.
Législation. Il est, en général, défendu d'appliquer un tuyau de cheminée à un pan de bols ou aune cloison en menuiserie mitoyens ou non.
Quand le tuyau doit passer à proximité d'une pièce de bois, il faut entourer cette pièce d'un manchon de 0m,16, ou laisser, entre elles et le tuyau, un vide de même dimension.
Il est interdit de foire passer, a travers un tuyau, une solive ou toute autre pièce de bois, même recouverte d'une forte couche de maçonnerie.
Un arrêté du préfet de la Seine, en date du 8 août 1874, réglemente ainsi qu'il suit la construction des tuyaux de fumée dans l'intérieur des maisons de Paris.
Article premier. — IL est interdit, d'une manière absolue, de pratiquer des foyers et des conduits de fumée dans les murs mitoyens ni dans les murs séparatifs de deux maisons contiguês, qu'elles appartiennent ou non au même propriétaire.
Abt. 2. — Il est permis de pratiquer des conduits de fumée dans l'intérieur des murs de refend en moellons et ayant au moinsOm,<0 centimètres d'épaisseur, et dans les murs en briques, ayant au moins 0m,37 centimètres d'épaisseur, enduits compris.
Art. 3. — Les conduits de fumée engagés dans ers murs ne pourront eîrc cxfcntf*
qu'en briques ou avec des matériaux en terre cuite pouvant se relier, au moyen de harpes courtes et longues, avec les matériaux constitutifs du mur.
Il est absolument interdit de se servir, pour cet usage, de boisseaux ou pots en terre cuite ou en plâtre, et de pigeonner ces conduits avec des moules dans l'intérieur des murs.
Art. t.— Tout conduit de fumée présentant une section intérieure de moins de 60 centimètres de longueur sur 25 centimètres de largeur devra avoir, au minimum, une section de 4 décimètres carrés de superficie; le petit côte des tuyaux rectangulaires n'aura pas moins de 20 centimètres et le grand côté ne pourra dépasser le petit de plus d'un quart. Les angles intérieure seront arrondis sur un rayon de 5 centimètres au moins, et ces parties retranchées seront comptées dans la section.
Entre la paroi intérieure des tuyaux engagés dans les murs, et le tableau des baies, pratiquées dans ces murs, il sera toujours réservé un dosseret de maçonnerie pleine ayant au moins 45 centimètres d'épaisseur, enduits compris.
Cette épaisseur pourra être réduite a 25 centimètres, à la condition que le dosseret soit construit en pierres de taille dure ou en briques de bonne qualité.
Art. 5. — Les tuyaux de cheminée non engagés dans les murs ne seront autorisés, que s'ils sont adossés à des piles en maçonnerie ou à des murs en moellons ayant au moins 40 centimètres d'épaisseur, enduits compris, ou à des murs en briques ayantau moins 22 centimètres d'épaisseur, ou dans le dernier étage, à des cloisons en briques de 11 centimètres d'épaisseur.
Ils devront être solidement attachés au mur tuteur.
Ceux qui présenteront une section de 0"B0 de longueur sur 0",25 de largeur, pourront être en plâtre pigeonne à la main.
ART. 6. — L'épaisseur des languettes, parois et costières des tuyaux engagés dans les murs ou adossés ne pourra jamais être inférieure à Omfi, enduits compris.
Art. 7. — Les tuyaux de cheminée ne pourront dévier de la verticale de manière a former avec elle un angle de plus de 30 degrés.
Us devront avoir une section égale dans toute leur hauteur et seront facilement accessibles à leur partie supérieure.
ART. 8. — Ne sont pas assujettis aux prescriptions de construction, indiquées dans les articles précédents, notamment en ce qui concerne la nature des matériaux à employer : 1° les tuyaux de fumée placés k l'extérieur des habitations ; 2* les tuyanx des foyers mobiles ou à flamme renversée, pourvu que ces tuyaux ne sortent pas du local où est le foyer ; 3° enfin les tuyaux de fumée d'usine, autant qu'ils ne traversent pas d'habitation.
Tuyau de descente, tuyau de chute (voy. Descente, Fosse),
Tuyau de ventilation (voy. Ventilateur).
Tuyaux de chaleur. Tuyaux de fonte, qui sont disposés dans un poêle de construction, pour recevoir de l'air qui s'y chauffe avant de passer dans le réservoir d'où il sort par les bouches de chaleur.
Tuyau d'orgue (voy. Orgue).
Tuyère, s. f- — Tuyau en fer, par lequel le vent du soufflet arrive à la forge.
On fait également usage de tuyères de grande dimension dans les hauts-fourneaux.
Ces conduits sont placés à la base du four; la figure 2816 représente une section de l'orifice d'un haut-fourneau, dans lequel est placée l'extrémité de la tuyère T,
tfig. ÎB19.
Tympan, s. m. — 1° Partie d'un fronton comprise entre les deux corniches rampantes et la corniche horizontale.
Suivant la forme du fronton même, le tympan peut être triangulaire ou terminé ù sa partie supérieure pur une courbe. Il est encore simple ou orné de nculptures.
ULCÈRhl. — 1
2' Tympan dé porte ou de fenêtre, surface comprise entre l'extrados de l'arcade qui Burmon te cette porte et celte fenâtre et la ligne horizontale passant par les naissances de l'arc.
Au moyen âge, les baies étaient fréquemment terminées à leur partie supérieure par un linteau, au-dessus duquel était un arc de décharge.
L'espace compris entre cet arc et le linteau est le tympan, que l'on trouve simple ou décoré de bas-reliefs, comme celui que représente la figure 2817.
3° Surface pleine ou ajourée comprise entre l'extrados d'une arcature et le bandeau qui la couronne (voy. Arcade, Arcature, Arche, Pont).
AprèsavoirrenvoyéaumotPorte.notisemprunterons à M. Viollet-le-Duc ce qui suit :
« Les tympans les plus remarquables, « datant du xii* siècle, ceux des portes des « églises de Vézelay, de Saint-Benolt-Bura Loire, de Charlieu, du portail occidental « de la cathédrale de Chartres, de la porte a Sainte-Anne de Notre-Dame de Paris, de « la porte centrale de la cathédrale de « Senlis; parmi ceux du xm* siècle, les « tympans des portes latérales des cathé-
0 — CNCTUARIUM.
( drales de Chartres, de Reims, des por-
Pig. ÎB17.
( taila des cathédrales de Paris, d'Amiens, i de Bourges , etc. »
Ulcère, s, m. — Vice du bols, dont l'origine est le plus souvent dans les racines de l'arbre ; la sève se porte quelquefois avec trop d'abondance sur une partie du tronc; il en résulte une suppuration des fluides et bientôt celle du bois qui avoisine le point ulcéré. Le mal s'étend quelquefois assez pour dépouiller l'arbre de son écorce et le faire périr.
Umbo. — ■ Mot latin par lequel les Ro^ mains désignaient les grosses pierres disséminées sur la bordure d'un trottoir (voy. ce mot).
Unctnarlwn. — Pièce des bains antiques où l'on conservait les huiles et les parfums, dont ou se servait avant comme après le bain.
On disait aussi eteothesium (voy.ee mot)
URINOIR. — t
TTnl, e, adj. — Se dit en général de tout ce qui est plan, sans ressauts, moulures ni sculptures.
Urinoir, s. m. — Endroit disposé pour uriner, sur la voie publique ou dans les établissements publics on particuliers.
Les plus simples des urinoirs sont les doubles plaques de la\e ou de granit scellées au ciment dans les angles des murs. Viennent ensuite les séries de cases formées de plaques d'ardoises posées verticalement (fig. 2818), devant un parement de même matière. Dans les parcs, les jardina
Fig. 281
publics, on dispose les cases de manière à former des édicules que l'on accompagne decandélabres(ug.2819)etque l'on fait généralement doubles, les plaques de séparation étant surmontées d'un couronnement plus ou moins orné. Le sol, également en ardoise ou en granit, est fait en rigole avec pente conduisant les liquides a l'orifice d'un conduit qui les mène à l'égotil voisin.
Ces stalles, établies dans les rues on sur les places, sont souvent abritées par des toits en auvent et accompagnées de plaques de tôle dressées au-devant, de manière à masquer en partie l'urinoir tout en laissant le passage libre.
La figure 2820 représente le plan d'un de ces urinoirs adossé contre un mur.
Les stalles ont 0m,70 de largeur, ia,GQ de hauteur et 0*,40 de profondeur.
Un tuyau de plomb, de flm,0ï de diamètre, amène à la partie supérieure de ces stalles, dans un régulateur à déversoir qui assure un débit régulier et abondant, des eaux
prises sur la conduite publique. Ces eaux se répandent en nappe uniforme sur la
surface des ardoises et entraînent avec elles les urines ; le tout vient tomber dans
Fig. 2820.
une cuvette en granit, et est dirigé, par une galerie, dans l'ègout public.
Une marquise en tinc abrite en cas de pluie.
Nous donnons (fig. 2821) une disposition
de même genre, mais placée dans l'angle de deux mars.
Dans les urinoin isolée, que l'on établit, par exemple, sur les places publiques, on