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VITRE

En Gaule, dés le Ve siècle, plusieurs basiHques gauloises, à l'imitation des basiliques romaines, étaient ornées de vitres colorées.

Cet usage devint général. Toutefois ce n'est réellement qu'au xue siècle, époque à laquelle remontent les plus anciennes verrières qui nous soient parvenues, que commence pour nous l'histoire de la peinture sur verre-

Les vitraux des églises furent d'abord de véritables mosaïques, composées d'un assemblage de pièces de verre teintes dans la pâte et de dimensions variables, que l'on reliait entre elles au moyen de tiges de plomb qui dessinaient les principaux motifs du sujet représenté, tandis que l'ensemble de la verrière était consolidé par une armature générale de fer.

Les couleurs généralement employées sont le blanc, le vert, le violet, le jaune et le rouge.

Certains archéologues ont donné à ce genre de mosaïques le nom de peinture en verre pour le distinguer de la peinture sur verre, exécutée avec des couleurs vitrifiables appliquées au pinceau à la surface, procédé qui, s'il était connu auparavant, ne fut toutefois remis en vigueur qu'au XIIe siècle.

C'est alors en effet que les verriers commencèrent à rehausser les couleurs de leurs verres avec des noirs vitrifiables pour accuser les contours et les ombres.

Les plus remarquables verrières qui nous soient parvenues de cette époque sont celles qui décorent le chevet de l'église de Saint- Denis.

Le système de vitraux en marqueterie prévalut jusqu'au xve siècle. Toutefois, vers le commencement de ce siècle, on se mit à pratiquer la peinture sur verre proprement dite. C'est alors également qu'apparut l'emploi des verres doublées, c'esl-àdire à deux couches, l'une colorée, l'autre incolore. Le système en usage était le suivant: on traçait un dessin sur la face colorée du verre ; on enlevait à Témeri et à l'eau, jusqu'à la couche incolore, toute la partie du verre coloré in iiquée par le dessin ; on

appliquait ensuite un émail d'or, d'argent et d'une autre couleur sur le fond champlevé, puis on repassait la pièce au feu. C'est par ce procédé que furent obtenues les riches bordures qui ornent les draperies des figures dans les verrières du xv6 siècle.

Néanmoins cène fut véritablement qu'au xvi6 et au xvn6 siècles que le système de la peinture sur verre à l'aide de couleurs vitrifiables se substitua au système des vitraux en mosaïque.

Le nouveau procédé permit de diminuer le nombre des plombs d'assemblage, qui furent même parfois remplacés par des montures en fer.

C'est après cette période que commença la décadence de la peinture sur verre, décadence qui était complète à la fin du siècle dernier.

Sous le premier empire, des essais eurent lieu pour ressusciter cet art, essais qui sont dos à Dihl et à Brongniart.

Les procédés de coloration des verres ont depuis fait des progrès (voy. Verre) et cette branche de l'art tend à reconquérir une place digne des effets décoratifs qu'elle est appelée à produire. Toutefois quelle que soit la perfection du dessin et des procédés d'exécution dont témoignent les vitraux sortisdes mains des artistes contemporains, la vivacité et l'éclat des tons des vitraux anciens n'ont pu encore être égalés.

Vitre, s. f. — Nom que l'on donne aux pièces de verre qui garnissent les châssis des croisées et certaines clôtures en verre.

La vitre, dite aussi carreau, se pose à l'extérieur des fenêtres ou des portes dans de petites feuillures pratiquées à cet effet dans les montants et dans les traverses et petits bois des châssis. Le carreau, coupé d'équerre, le plus juste possible, est fixé au moyen de poihtes fines en ferre courbées dans le sens longitudinal du bois, pour ne pas paraître sous le mastic.

Ce mastic, avec lequel le vitrier ferme les joints, sert à empêcher l'air et Peau de pénétrer dans la pièce entre le verre et la menuiserie.

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