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que l'emplacement choisi soit un terrain élevé, sec, mais non pas aride ; car la présence d'une certaine quantité de végétaux ne peut que contribuer à l'assainissement de l'air et à l'agrément de la vue.

L'exposition des salles joue aussi un graud rôle dans la salubrité d'un hôpital. Dans nos pays, les vents froids viennent du nord et du nord-est, les vents humides de l'ouest et du sud-ouest ; il nous semble donc que les salles, qui doivent être éclairées sur les deux faces, sont dans la meilleure orientation possible, si les fenêtres s'ouvrent d'un côté au sud-est et de l'autre au nord-ouest. D'ailleurs, la question n'est pas résolue d'une manière définitive, et les expositions sud-nord, est-ouest, trouvent des défenseurs parmi les hommes les plus compétents.

On a beaucoup controversé aussi sur la question de savoir s'il faut établir, dans une grande ville, quelques hôpitaux seulement pouvant contenir un grand nombre de lits, ou de nombreux hôpitaux disséminés sur différents points et ne pouvant donner asile à plus de 200 ou 300 malades; cette dernièresolulion nous parait préférable à la première et permet, en outre, de donner plus d'espace par chaque lit ; car, en effet, dit M. Hippolyte Jacquemet dans sou ouvrage sur les hôpitaux, « l'expérience a «démontré, en s'appuyant comparative- « ment sur la superficie totale des maisons « de secours, la distribution des bâtiments « et la mortalité, qu'il n'était pas possible « de disposer convenablement un hôpital, « à moins que chaque lit ne représentât au « moins 50 mètres carrés de terrain », et c'est là seulement une limite qu'il est bon de dépasser largement.

Examinons maintenant quelle doit être, à un point de vue général, la disposition à donner à ces sortes d'établissements.

On a beaucoup vanté la disposition des salles de malades branchées sur une arête ou cour centrale ; mais, s'il y a là avantage au point de vue des commodités du service et de la surveillance, il y a aussi de grands inconvénients : le renouvellement de l'air est difficile au sommet des cours triangu*

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laires qui séparent les salles; en outre, quelques-unes de ces cours ne peuvent jamais recevoir les rayons solaires dans une partie de leur étendue. Il en est de môme pour les formes carrées, rectangulaires ou en croix. La forme en H, où les pavillons sont parallèles avec les services placés au centre, parait plus rationnelle; c'est sur un plan de ce genre qu'a été construit Vhôpital de la marine à Rochefort. La disposition en pavillons isolés, mais reliés ensemble, à l'une de leurs extrémités, par des portiques ou de larges corridors établis seulement au rez-de-chaussée, semble avoir prévalu dans ces derniers temps.

C'est d'après ce système qu'a été élevé, à Paris, l'hôpital Lariboisiôre , dont nous donnons plus loin le plan. Mais cette solution qui, au premier abord, satisfait à plusieurs côtés du problème, est peccable sous bien des rapports, et parmi l'un des plus grands inconvénients nous signalerons l'agglomération des malades, qui a dû limiter l'espace de terrain, en raison de la dépense déjà considérable et, par suite, l'étroitesse des cours où le soleil pénètre difficilement et où les pavillons portent ombre l'un sur l'autre. L'expérience a prouvé, d'ailleurs, que l'hôpital Lariboi- 6ière est un des établissements de ce genre, surtout si on le compare aux hôpitaux étrangers, où la mortalité est la plus considérable.

La fameuse infirmerie de Blackburn, en Angleterre , parait être une application assez heureuse du système des pavillons

Fig. 1586.

isolés. L'ensemble des constructions se compose d'un bâtiment central renfermant

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les services et huit pavillons isolés (fig. 1586) à deux étages chacun et alternant à droite et à gauche d'un corridor qui s'étend dans toute la longueur de l'édifice ; chacune des salles ne renferme que huit lits, c'est-à-dire que l'établissement tout entier ne peut donner asile qu'à un petit nombre de malades, ce qui est une excellente condition hygiénique.

Au lieu de disposer Taxe des pavillons perpendiculairement à la galerie, comme dans l'infirmerie de Blackburn, M. E. Trélat, professeur de constructions civiles au Conservatoire des arts et métiers, est d'avis de les disposer tous sur une même ligne. On évite ainsi les cours étroites et l'ombre projetée d'un bâtiment sur l'autre.

De toutes les considérations qui précèdent, il résulte que la meilleure solution du problème consiste dans un seul bâtiment unique ne pouvant contenir que peu de salles et partant peu de malades. C'est démontrer la nécessité de petits hôpitaux.

Examinons maintenant quelles doivent être les dispositions particulières. Tout d'abord étudions le nombre d'étages qu'il est convenable de donner aux pavillons destinés aux malades. De nombreuses observations ont prouvé quesi plusieurs 6alies sont superposées, la mortalité la plus considérable a lieu dans les étages supérieurs. Au point de vue rigoureux de l'hygiène, il ne faudrait pas dépasser deux étages.

L'humidité naturelle du sol étant particulièrement nuisible à la guérison des malades, le rez-de-chaussée ne doit pas être employé pour les salles, à moins d'être élevé d'un ou deux mètres, au moyen d'un soussol, que l'on peut utiliser pour certains services de l'établissement.

La grandeur des salles doit être calculée en raison de la quantité d'air qu'il est nécessaire de fournir, par heure, à chaque malade. Cet air, une fois introduit, est vicié par plusieurs causes : le malade, en respirant, produit de l'acide carbonique et de la vapeur d'eau ; le linge mouillé, les liquides, les surfaces de chauffé donnent également lieu à des évaporations malsaines ; des miasmes s'échappent du lit des

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malades et répandent dans l'atmosphère de la salle une odeur de putréfaction trèsdifficile à chasser ; toutes ces raisons ont amené plusieurs auteurs à fixer de (30 à 150 mètres cubes d'air, par heure et par malade, la quantité qu'il est nécessaire d'introduire. Sans nous arrêter à ce chiffre, nous constaterons seulement ici qu'un hôpital ne sera salubre qu'autant que ses salles, vastes et aérées, ne contiendront qu'un nombre très-limité de malades.

Les salles doivent recevoir le jour et l'air par les deux faces ; les fenêtres doivent monter jusqu'à la hauteur du plafond pour que la couche supérieure de l'air, la plus infectée, ait une libre issue ; l'appui doit être descendu au niveau du sol pour permettre au besoin le renouvellement complet de l'air. Ces ouvertures peuvent être divisées sur la hauteur en plusieurs parties susceptibles de s'ouvrir séparément.

Il est bon d'arrondir les angles des murailles et des plafonds en particulier, pour ne pas offrir de séjour aux corpuscules organiques qui vicient l'atmosphère des salles.

Les lits sont rangés en deux files, appuyés, par leur tête, contre les murs longitudinaux ; leur nombre, qui est considérable pour une seule salle, dans certains hôpitaux, où il va jusqu'à 60 et 80, ne doit pas dépasser 20 ou 30 ; le général Morin, dans ses éludes sur la ventilation, fixe même ce chiffre de 12 à 18. Les trumeaux des fenêtres doivent comprendre deux lits, ce qui leur attribue 3 mètres de largeur, en donnant l mètre à chaque lit et 0m,y8 ou 1 mètre à la ruelle de séparation.

Les fenêtres ont lm,40 à lm,50 dans les embrasures, ce qui fait, pour ces baies, un espacement de4m,40 ou 4m,50d'axe en axe. La largeur des salles, dans œuvre, doit être d'au moins 9 mètres ; la longueur des lits étant de lm,90, il est réservé au milieu, pour le service, un passage de 5m,20. La hauteur des salles est de 5 mètres environ, et dans ces conditions le cube d'air dévolu à chaque malade est de 45 à 50 mètres; quantité suffisante si une bonne ventilation est assurée.

Les parois doivent être entièrement

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lisses, pour ne pas offrir de réceptacles aux poussières miasmatiques ; on les revêt, soit d'un enduit ordinaire blanchi à la chaux, soit d'un enduit de stuc verni. Le sol doit être parqueté et ciré.

L'éclairage au gaz présente de graves inconvénients, et son influence délétère se traduit, chez les malades, par un affaiblissement général et des accidents locaux; il serait bon de le remplacer par un éclairage analogue à celui que l'on emploie pour les cellules des prisons, c'est-à-dire par un foyer lumineux placé dans l'intérieur du mur (voy. Cellule).

Il faut établir, près de chaque salle, des cabinets d'aisances qui en soient séparés par un vestibule cha.uffé. Les sièges, les urinoirs, les fosses (voy. ces mots) doivent être construits d'après les meilleurs systèmes connus; nous noterons seulement l'avantage que présentent sur les fosses fixes les fosses mobiles, avec appareil diviseur (voy. Diviseur).

Les escaliers qui conduisent dans les

salies sont vastes et bien éclairés, à marches

peu élevées, à rampes droites et à paliers

de repos.

Les salles consacrées aux malades des

deux sexes doivent être complètement distinctes les unes des autres; il est même nécessaire que l'un des côtés de l'hôpital soit occupé par les hommes et l'autre par les femmes. Outre ces deux grandes divisions générales, il faut séparer les maladies médicales des maladies chirurgicales et séquestrer, dans des bâtiments spéciaux, les affections contagieuses. Il est bon aussi que des salles de rechange soient ménagées pour suppléer celles qui seraient trop encombrées ou même en permettre le nettoyage régulier.

Les malades des deux sexes doivent avoir leurs promenoirs couverts et des cours plantées d'arbres en nombre suffisant pour récréer la vue et assainir l'atmosphère, mais jamais assez considérable pour engendrer l'humidité. Il est nécessaire que ces cours soient spacieuses, que leur largeur soit au moins le double de la hauteur des bâtiments, que leur surface soit bombée et

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bien entretenue pour éviter les eaux stagnantes. Des rivera pavés doivent accompagner les bâtiments et être bordés par des ruisseaux à pentes rapides.

Le service très-important des bains est établi, soit dans un pavillon spécial, soit dans le corps de logis affecté aux principales dépendances de rétablissement (voy . Balai).

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des morts, ainsi que de la salle d'autopsie,

que l'on placera dans le voisinage l'une de

l'autre.

Tout hôpital doit encore posséder une chapelle et c'est particulièrement dans celte partie que la décoration peutétre appliquée, toutefois avec, une grande réserve. Les autres corps de bâtiments demandent à être traités arec la plus grande simplicité.

Une salle d'opérations , distincte salles des malades, doit être construite avec des gradins en amphithéâtre pour les assistants.

Les cuisines, les buanderies, seront éloignées aussi des salles consacrées aux malades pour éviter à ceux-ci les odeurs nauséabondes qui s'en exhalent.

Il en est de môme de l'asile provisoire

Les autres dépendances de l'établissement hospitalier sont les logements du directeur, de l'aumônier, des sœurs et des divers employés ; la pharmacie, la lingerie, etc

Le plan de l'hôpital Lariboisiére, que nous donnons ci-dessus (fig. 1587i, accompagné d'une légende, peut donner une idée des différents services qui doivent entrer dans un hôpital de première classe.

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