LAITANCE
remarque sur le bord des tables de plomb qui viennent d'être coulées.
Fig. 1623.
Lais et relais. —Terrain d'alluvion que les eaux de la mer et des rivières ont insensiblement abandonné (voy. Alluviori).
Lait (de chaux). — Peinture à l'eau qui se prépare au moyen de ebaux grasse bien blunche éteinte par immersion, délayée dans une petite quantité d'eau et passée au tamis. On la laisse alors reposer pendant quelques jours, puis on la mélange avec de l'eau filtrée ; on obtient ainsi une couleur employée, dans un grand nombre de cas, par les peintres pour recouvrir les murs extérieurs et intérieurs. On applique le lait de chaux au moyen d'une brosse emmanchée au bout d'un bâton.
Il est seulement nécessaire, pour enlever la teinte jaunâtre que prend cçtte peinture, d'y mêler un peu de noir de fumée ; on y ajoute même un peu de colle pour lui donner du corps.
Laitance, s. f. — Chaux délayée qui se sépare du mortier en plus ou moins grande quantité dans l'immersion du béton sous l'eau.
Cette perte de chaux oblige â en forcer la dose dans le mortier employé à la fabrication du béton destiné à être coulé.
La laitance n'est pas seulement formée par la chaux, mais aussi par la vase qui s'est déposée sur le fond après le dragage et qui se soulève pendant l'immersion du béton. Ce mélange de chaux délayée et de vase s'écoule naturellement pour peu qu'il y ait le plus léger courant, si le béton est coulé dans une enceinte non jointurée :
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mais si l'enceinte est bien close, il s'accumule et il devient nécessaire de l'enlever, soit en la balayant hors de l'enceinte, lorsque cela est possible, soit en la chassant vers un puisard d'où on l'enlève â la drague à main ou bien avec une pompe.
On facilite le balayage . de la laitance en coulant le béton par gradins allongés donnant lieu à un talus de 0B,28 de base pour 4 à 5 mètres de hauteur.
Laiterie, *. f. — Local où Ton conserve le lait jusqu'à son emploi ou jusqu'à sa transformation en beurre ou en fromage. Une laiterie est accompagnée aussi des locaux nécessaires à la fabrication de ces deux produits. Les conditions générales pour rétablissement convenable d'une laiterie sont : 1° le maintien d'une température constante comprise entre 10° et 14°, cl qui s'obtient par l'épaisseur des parois du local, l'enfoncement ou le demi-enfoncement dans le sol, par une exposition convenable ou même par l'installation d'un petit appareil de chauffage pour l'hiver; 2° une grande propreté pour laquelle il faut un bon pavage, des matériaux de construction convenables pour les parois, et surtout la proximité d'une source d'eau permettant des lavages continuels *. L'exposition au nord est la meilleure dans nos pays. La porte doit fermer hermétiquement à clef; on fait souvent une double porte. Les fenêtres doivent être de très-petites dimensions, pourvues d'un grillage à l'extérieur pour empocher l'entrée des animaux nuisibles, et intérieurement de deux châssis, l'un vitré, l'autre en canevas de grosse toile afin de s'opposer à l'introduction des insectes, tout en permettant le renouvellement de l'air pendant la bonne saison.
L'assainissement et l'assèchement du local, l'enlèvement des odeurs se font au moyen de ventilateurs en planches ou en poterie. Le sol de la laiterie doit être solidement pavé pour s'opposer aux infiltrations, on emploie soit les pavés en grès, les
1 BoucharJ, Constructions rurales.
LAITERIE
LAITERIE
dalles en pierre dure avec joints en ciment ou mortier hydraulique, soit une couche de bitume ou de ciment hydraulique, en forme de cuvette, avec rebords remontant de 0m,20 au long des parois. Celles-ci doivent être revêtues d'un rang de dalles de 0œ,30à0mt50 de hauteur ou de carreaux de faïence.
Le sol est en pente, avec une ou plusieurs rigoles d'écoulement aboutissant au point le plus bas, à un trou d'évier percé dans la muraille. Si la laiterie est souterraine, le conduit d'évier doitôtre prolongé jusqu'à un puisard. Un plafond est indispensable; le meilleur est celui qui est voûté, en moellons piqués, non enduit. Les murs sont recouverts d'un badigeon, la peinture à l'huile ne devant pas être employée parce qu'elle s'écaille.
La couverture doit être en matériaux peu conducteurs de la chaleur, en paille ou en roseaux, si le bâtiment est isolé ; en tuiles épaisses, si l'on ne peut appliquer le premier système de couverture
La manipulation du laitage se fait sur une table ou dressoir en bois, en pierre ou en ardoise, que l'on établit, au milieu de la pièce, dans le premier cas, sur de petits socles reliés entre eux par des traverses ; dans le second cas, sur des pierres posées debout ou des montants en briques à plat.
Autour de la laiterie, on fixe plusieurs rangs de tablettes pour les vases à lait et les fromages.
Une pierre d'évier est établie dans une pièce attenante pour le lavage des vases.
L'eau est amenée par des tuyaux et introduite dans chaque pièce par des robinets placés à la partie où le pavage est le plus élevé ; dans les grandes laiteries un réservoir est installé à l'intérieur.
Une hauteur de 2 mètres est suffisante pour une laiterie ; cette hauteur, si le local est voûté, est comptée jusqu'à la nais- . sance de la voûte. Une largeur de 2 mètres est également convenable, les tablettes n'ayant que 0m,50 de large S s'il
Bouchard, Constructions rurales.
y a un dressoir simple, il faut donner 3m,50 et 4m,00 s'il est double.
Les dispositions diverses que l'on attribue aux laiteries varient avec leurs destina lions différentes ; elles peuvent être, séparément ou simultanément, simples dépôts de lait ou fabriques de beurre ou fromageries.
1° Les laiteries proprement dites, ou dépôts de lait, comprennent ordinairement deux pièces (Hg. 1624), l'une A avec tablettes et dressoir, l'autre B avec évier, réservoir à eau el quelques tablettes pour les vases vides. Les caves des bâtiments d'une exploitation rurale sont très-propres à servir de dépôts pour le laitage.
Fig. 1624.
Dans les grandes laiteries on place des rafratchissoirs ou bassins pleins d'eau, dans lesquels on plonge les vases pleins de lait, et des fourneaux à chaudière pour faire bouillir le lait.
Si la laiterie n'est pas enfoncée dans le sol, l'établissement de murs à double paroi est un excellent moyen d'obtenir une température constante.
2° Les beurreries exigent une pièce de plus que les laiteries simples pour l'installation de la baratte. Les conditions nécessaires à ce nouveau local sont une grande clarté et un dallage solide.
La fîg. 1625, empruntée à l'ouvrage de M. Bouchard sur les constructions rurales, donne le plan d'une laiterie à beurre composée d'une laverie A, de la laiterie proprement dite B et de la beurrerie G.
On peut recommander l'adjonction d'une cave pour la conservation du beurre pendant plusieurs jours.
3° Les fromageries ont, en général, besoin
de deux pièces : l'une, chaude el munie d'un petit fourneau; l'autre, très-sèche et dans laquelle les fromages peuvent recevoir
l'action de l'air, tout en étant à l'abri des insectes. La disposition que nous avons donnée pour les laiteries à beurre peut convenir pour les fromageries ; la fabrication elle dépôt des fromages auraient lieu dans la pièce où est placée la baratte.
Comme laiterie à triple usage, on peut également adopter le même aménagement, en ajoutant, soit au rez-de-chaussée, soit à l'étage supérieur, une pièce pour la fromagerie. Le pfaa que nous donnons ici (fig. 1626) est présenté par M. Bouchard comme type de laiterie complète. On y voit en B
Fig. 1626.
une laverie servant pour lesdiverses pièces, avec deux éviers et une table adossée a un petit escalier qui descend à la laiterie A. Cette salle contient deux dressoirs, des tablettes au pourtour et un évier au niveau du pavage. La beurrerie est en C ; elle est accompagnée d'un cabinet D quiren-