BANNE
pies que le temps a respectés doivent-ils leur état de conservation à leur petite dimension et à leur épaisseur. Il en est aussi, parmi ces voûtes, qui se sont sou- i tenues jusqu'à nos jours, parce qu'elles | sont fortifiées, de distance en distance, par des arcs en briques qui se prolongent de droite et de gauche dans la voûte.
Serrurerie. Bander un ressort : lui donner de la force.
Banne, s. f. — Toile placée au-devant d'une boutique pour garantir les marchandises du soleil : cette toile tient à la devanture par une sorte d'armature
Fig. 380.
(fig. 380). A Paris, la banne doit être établie au moins à 3 mètres au-dessus du sol, et la saillie ne peut excéder lm,50. (Ordonnance du 24 décembre 1823.)
Toutefois, en vertu de la décision du préfet de police du 15 février 1850 :
1° les bannes ou stores peuvent être tolérés à 2m,50, s'il est reconnu que les localités ne permettent pas de leur donner plus d'élévation ; — 2° les bannes ou stores ne peuvent être garnis de joues, à moins d'une permission spéciale, qui n'est accordée qu'autant qu'il n'en résulte aucun inconvénient pour la circulation.
Enfin, l'article 85 de l'ordonnance de police du 25 juillet 1862, concernant la sûreté, la liberté et la commodité de la circulation, porte qu'aucune banne ne devra, dans sa partie la plus basse.
f — BANQUETTE.
avoir moins de 2m,50 d'élévation audessus du sol.
La bâche (voy. ce mot) reçoit aussi le nom de banne.
Banquette, s. f. — 1° Sorte de trottoir bordé de pierres, de pavés ou de briques et qu'on ménage pour les piétons le long d'une chaussée, d'un pont ou d'une rue.
La banquette n'a pas plus d'un mètre environ de largeur (voy. Trottoir).
2° Chemin, en forme de degré, pra-
Fig. 381.
tiqué sur le talus d'une voie ferrée, en dehors de la couche de ballast (fig. 381).
On donne à la banquette un revers incliné du côté des terres et on la recouvre souvent de gazons posés à plat ou d'un pavage.
3° Les terrassiers donnent ce nom à des retraites ménagées dans la hauteur d'une fouille, pour y jeter les terres qu'on déblaie du bas, afin de les ren-
Fig. 382.
voyer de là sur le bord de la berge, ou bord de la fouille (fig. 382), et à des échafauds formés de boulins et de planches, qui servent au même usage (fig.
Si la tranchée est profonde, on établit des banquettes à 2 mètres de dis-
BAPTISTÈRE
BAPTISTÈRE
tance verticale les unes des antres. Sur une hauteur de § mètres de fouille, on fait deux banquettes séparées de lm,75.
On distingue alors le jet sur banquette et le jet sur berge (voy. Jet).
Fig. 383.
Architecture hydraulique. Nom qui
s'applique à de petits rebords pratiqués de chaque côté d'un canal d'aqueduc ou d'égout ; on peut y marcher pour les besoins du service, du nettoyage et des réparations (voj . égout).
Architecture militaire. Espace qui règne le long du talus intérieur d'un parapet. On donne à cet espace lm,30 de large pour permettre à deux rangs de tirailleurs de s'y placer.
Le chemin couvert est aussi muni d'une banquette.
Baptismaux (Fonts).
Fonts.
Vov.
Baptistère, s. ni. — Ce mot vient de baptisterium qui, chez les Romains, désignait un bassin dans la celle frigidaria ou frigidariuni, l'une des salles qui faisaient partie des bains publics ou privés. Le baptisterium était construit en pierre ou en marbre ; sa forme était circulaire ou demi-circulaire ; on y descendait par des gradins, et les dimensions en étaient assez grandes pour permettre à plusieurs personnes de se baigner à la fois et même d'y nager.
Nous donnons (tig. 384) le plan et la coupe du baptisterium des bains de
Pompéi (voy. Bains). Le bassin est circulaire ; son diamètre est de 3m.88 ; deux gradins y sont pratiqués, et il y a. au fond, un siège sur lequel le baigneur pouvait s'asseoir et se laver ; un conduit, partant du bas, servait à vider la
Fig. 384.
cuve : un autre, placé en haut, recevait le trop-plein. Une voûte, appareillée par assises horizontales de tuf, était percée d'une ouverture oblique. On ne sait s'il n'y avait point une baie circulaire à la partie supérieure. A la naissance de cette voûte est une frise qui était ornée de bas-reliefs se détachant sur fond brun. Les murs étaient décorés de peintures ; le bassin et les gradins, revêtus de marbre. Les murs sont construits en tuf et en briques, comme la voûte.
Le nom de baptistères fut appliqué, par les premiers chrétiens, aux lieux où
BAPTISTÈRE. — 189 -
Ion administrai le baptême : c'étaient des édifices construits sur plan circulaire ou polygonal, au milieu desquels était placée une cuve de même forme ; on y descendail par des marches. Les baptistères octogones furent le type adopté définitivement pour les constructions de ce genre. Un grand luxe y fut déployé ; on les orna de colonnes, de sculptures, .1.- peintures, de niches ou d'exèdres, d'autels pour la communion donnée aux iidèles après le baptême. Des petites chapelles y furent même ajoutées.
La figure 385 représente le plan du baptistère de Florence. Le bassin avait
Fig. 385.
probablement, pour diamètre, toute la largeur comprise entre les huit colonnes indiquées sur la figure. Ces colonnes sont en porphyre, et placées à la distance de 5m/12 des murs d'enceinte, formant portique intérieur. Elles supportent un second rang de colonnes de moindre dimension, qui soutiennent la partie supérieure de l'édifice. Un vestibule précède la salle consacrée au bapléme ; il est orné de colonnes et de deux niches ou exèdres. Deux chapelles occupaient les côtés de la rotonde. Des ou-
; vertures sont placées au-dessous de la toiture ; mais il est probable que la partie centrale était découverte, pour
1 donner un jour suffisant. Les murs sont construits en tuf et en briques. La décoration est composée à l'aide de fragments antiques. Le vestibule est orné de marbres précieux ; les entrecolonneînents latéraux sont fermés par des dalles en marbre jusqu'à mi-hauteur du
BAPTISTERE.
fût des colonnes ; les voûtes des exèdres sont décorées de mosaïques. Ce baptistère date du ive siècle.
Parmi les édifices de l'architecture chrétienne auxquels on donne le nom de baptistère, un des plus célèbres est celui de Pise, dont la construction fut commencée, en 1153, par Dioti Salvi. Le plan de ce monument est circulaire (fig. 386) et l'ensemble présente l'aspect d'une grande rotonde élevée sur un sty-
Fig. 386.
lobate à trois degrés, qui supporte deux ordres de colonnes corinthiennes engagées dans le mur. Ces colonnes soutiennent elles-mêmes des arcs en plein cintre ; celles qui appartiennent à l'ordre supérieur sont beaucoup plus nombreuses que celles de l'ordre inférieur ; ainsi, chaque arcade du premier ordre supporte deux colonnes du second (fig.
387). Au-dessus des arcs de ce dernier ordre est une espèce de couronne crénelée environnant tout l'édifice et composée d'une foule de triangles découpés à jour, au sommet desquels est une petite statue et une autre dans le milieu. Le tout est surmonté d'une coupole allongée dont le tambour est orné de pilastres qui soutiennent une seconde couronne disposée comme la première.
La convexité de ce dôme est divisée en douze cordons qui vont se réunir au sommet, sur lequel est placée une statue de saint Jean-Baptiste. Des fenêtres avec
BAPTISTÈRE
BAPTISTÈRE
frontons à jour sont pratiquées entre ces cordons ou filets. Tout l'édifice est de marbre ; la coupole est couverte en plomb. L'entrée est fermée par une
belle porte en bronze. A l'intérieur; trois gradins sont disposés autour du monument et forment une sorte d'amphithéâtre qui facilitait aux spectateurs
Fig. 387.
la vue des cérémonies du baptême, que Ton faisait au centre du b<f[>tist{>re. Deux portiques superposés entourent .l'édifice. Le premier est formé de colonnes, le second de piliers. Au milieu du baptistère est une grande cuve octogone de marbre avec des rosettes sculptées sur les faces. Elle est élevée sur trois degrés et divisée en plusieurs comparti-
ments ; le plus grand au milieu, les autres sur le pourtour. Il est probable que le prêtre se tenait dans la division du milieu, où il était à portée de baptiser successivement dans les autres divisions, qui formaient des cuves pleines d'eau dans lesquelles on plongeait les enfants.
D'abord isolés, ces édifices furent,