BAS-COTÉS
BASCULE
reté différentes. Il a été employé à des ouvrages de sculpture par les Grecs et par les Égyptiens.
Il existe peu de colonnes en basalte dans les édifices de l'antiquité. On en trouve la raison, non-seulement dans La difficulté qu'il y a à se procurer des morceaux de cette pierre de grande dimension, mais aussi et surtout dans sa couleur désagréable, et dans le mauvais effet qu'elle devait produire.
Basalte calciné \ Un autre usage actuel du basalte consiste dans son emploi pour la fabrication de certains mortiers. On le réduit en pouzzolane ; à cet effet, on le chauffe h une forte température, on le bocarde, puis on le réduit en poudre et on le passe au crible. Mêlé à la chaux, ce basalte donne un excellent mortier hydraulique. Les proportions du mélange sont les suivantes : deux parties de chaux éteinte par immersion et mesurée en poudre et trois parties de poudre de basalte calciné (1).
Bas-côtés ou Collatéraux, s. m.
pi. — Nefs latérales des églises, ainsi nommées parce qu'elles sont moins élevées que la nef principale.
Les plus anciens monuments de l'Egypte offrent des exemples de galeries analogues. Les basiliques civiles des Romains et les églises des chrétiens possédaient de véritables bas-côtés couverts de plafonds ou de charpentes apparentes qui ne dépassaient pas le dessous des fenêtres éclairant la nef principale. Quelques-uns de ces édifices avaient même un double rang de bascôtés.
C'est à partir du xic siècle que les constructeurs voulurent établir sur ces galeries secondaires des voûtes retombant sur des colonnes monocylindriques isolées. Ils formèrent, d'abord, de simples berceaux sur plan circulaire pénétrés par des arcs bandés d'une colonne à l'autre. Plus tard, la voûte d'arête avec
(1) Th. Château, Technologie du bâtiment.
arcs doubleaux et arcs ogives fut adoptée. Dans la suite, les bas-côtés se garnirent de chapelles en face de chaque travée do l'édifice. Les églises de style grec ou romain des xvie et xvnc siècles rappellent ces dispositions.
Bascule, s\ f. — On dit, d'une manière générale, qu'une pièce de bois, de métal ou autre matière est en bascule, quand elle est posée en équilibre, de telle façon qu'on puisse lever ou baisser ses extrémités au moyen d'un point d'appui. Ce principe est appliqué à la fermeture soit des portes, soit des fenêtres, avec diverses modifications.
1° La bascule de fermeture proprement dite est composée de deux verrous entrant l'un, dans la traverse du haut, l'autre, dans la traverse du bas ; leurs extrémités sont reliées à une pièce de fer qu'une clef ou un bouton fait basculer dans un sens ou dans l'autre ; de cette façon, les deux verrous peuvent être levés ou baissés à volonté (voy.
Crémone).
2° Dans la bascule à pignon, le mouvement est produit par un pignon dont les dents s'engrènent dans celles qu'on a pratiquées sur les côtés des verrous ; quand le pignon reçoit un mouvement de rotation, l'un des verrous monte et l'autre descend ; la serrure à bascule sert de fermeture aux armoires et aux meubles.
3° La bascule de loquet est une pièce qui, fixée à l'extrémité de la tige du bouton ou du lacet de la boucle d'un loquet à bascule, sert à soulever le loquet (voy. ce mot).
4° Bascule de porte-charretière. Il y en a de différentes sortes : un système qui a été appliqué au moyen âge (1) consiste dans l'emploi d'une barre en bois ou fléau pivotant sur un axe et entrant dans deux entailles faites dans les ébra-
(1) Viollet Le Duc. Dictionnaire raisonné de l'architecture française.
BASCULE
BASCULE
sements de la porte, quand les vantaux ! l'autre. Le mouvement est donné à cette
sont poussés (fig. 416).
bascule par une tige en gros fil de fer rond. L'extrémité de cette tige est une poignée, dans le cas d'une bascule en bois (fig. 417), et, dans le cas d'une bascule en fer (fig. 418), cette extrémité est
Fig. 416.
Un autre genre de bascule de portecharretière est celle qui est formée d'une barre de bois ou de fer tournant sur un boulon passé dans un trou central a et dont les extrémités s'engagent dans deux crampons coudés, en fer,
Fig. 418.
munie d'un anneau qui s'engage dans une serrure S fixée sur la porte et qu'on appelle auberonnière.
5° On appelle bascule de sonnette une pièce à deux branches, généralement en fer, qui fait partie de l'établissement des sonnettes. On distingue : la bascule ver-
Fig. 417.
placés dans une position inverse l'un de
Fig. 419.
ticale (fig. 419), qui sert à changer la hauteur d'un fil de tirage, et la bascule
BASCULE
BASE
horizontale (fig. 420), destinée à traverser l'épaisseur d'un mur et à conser-
ver on à changer la direction d'un mouvement. Ces différents systèmes peuvent être apparents, entaillés, ou sous platine. La bascule verticale que nous donnons est apparente, à tourillon et sur support ta pointe. La bascule horizontale
culer le châssis et lever ou baisser le pont (voy. Pont-levis).
Base,. ç./". — On désigne ainsi, d'une manière générale , l'empâtement qui forme la partie inférieure d'une ordonnance d'architecture, d'un pilier, d'une colonne, d'un piédestal.
La base donne plus d'assiette aux constructions, les garantit contre l'humidité du sol, élève les supports et, suivant la façon dont elle est ornée, contribue à la décoration.
Les formes et les proportions des bases, dans l'architecture de toutes les époques sont très-variées.
La base primitive, simple dé carré sans moulures, se nomme plinthe. Les
Fig. 421.
n'est pas apparente, et pour éviter le frottement contre la maçonnerie, le trou de passage est garni d'un fourreau dans lequel se meut le tourillon (fig. 421).
Les mouvements de sonnette et les sonnettes mêmes sont aussi des pièces posées en bascules (voy. Mouvement, Sonnette).
6° On appelle encore bascule, dans une serrure, la partie que le foliot fait mouvoir et qui sert à ouvrir le demi-tour (voy. Serrure).
Architecture militaire. Bascule de pont-levis : châssis de forte charpente qui est placé dans l'ébrasement d'une porte et sert à lever ou baisser un pontlevis.
Ce châssis est soutenu, dans son axe, par deux tourillons ; à ses quatre angles sont fixées des chaînes de fer dont deux supportent le tablier du pont et les deux autres, placées à l'intérieur de la porte, se tirent de haut en bas pour faire bas-
Fig. 422.
anciens monuments de l'Egypte présentent des exemples de socles ou de tores qui forment empâtement (fig. 422).
Les Grecs ne donnaient point de hase à l'ordre dorique : la colonne reposait directement sur le sol et même on peut dire que, d'une manière générale, les Romains n'en donnèrent point à cet ordre. Les règles établies aujourd'hui pour cet ordre et même pour les ordres divers sont toutes de convention, car on n'a pu encore fixer les principes qui ont donné naissance aux formes si variées que nous présentent, à cet égard, les monuments de l'antiquité.
Vitruve n'indique que deux espèces de bases générales : Yatticurge et Yionique. La première, dite aussi base at-
Fig. 42:3.
tique, est considérée par la plupart des
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maîtres comme convenant le mieux au dorique ; elle est composée de deux tores séparés par une scotie comprise entre deux iilets (fig. 423), le tore inférieur s'appuyant sur le sol. Nous devons faire remarquer, toutefois, que Vignole n'a pas employé cette base pour Tordre dorique, comme nous le verrons ci-dessous.
Dans les ordres adoptés par les modernes le piédestal dorique a une base composée de deux scoties, d'un talon renversé, d'une baguette et d'un filet (voy. Dorique).
La base ionique, que les modernes ont mise en usage, d'après la description donnée par Vitruve, ne se rencontre pas dans les ordres ioniques de l'antiquité, où la base attique paraît avoir été seule employée. Les divisions indiquées par l'architecte romain sont les suivantes (fig. 424) : un tore, une scotie comprise
aiilfil
Fig. 424.
entre deux filets, deux astragales semblables, une seconde scotie pareille à la première, avec les mêmes filets, enfin une plinthe. Nous ferons remarquer ici le contraste qui existe entre la grosseur du tore et la faiblesse du filet qui repose sur la plinthe. Le piédestal comprend, à sa base, un filet, une baguette, un talon renversé, un filet et un socle (voy.
Ionique).
JUUUUUUUlll
Fig. 425.
Les Grecs donnèrent à l'ordre corin-
thien la base attique, comme on le voit au monument de Lysicrate, dont les colonnes possèdent une base de ce genre, mais sans plinthe (fig. 425). Il semble même qu'elle n'ait été remplacée par la base dite corinthienne que postérieurement à Vitruve, puisque cet architecte ne fait pas mention de cette dernière.
La base corinthienne, telle que les modernes l'ont adoptée, est un composé de la base attique et de l'ionique. Elle a (fig. 426) deux tores comme la base at-
Pig. 426.
tique, deux astragales el deux scoties comme l'ionique. Le demi-diamètre de la colonne forme la hauteur de la base et le quart de cette hauteur fait celle de la plinthe.
Notons ici que les scoties sont égales dans la base de l'ordre corinthien moderne, tandis que, chez les anciens, la scotie supérieure est plus petite que l'autre. La base du piédestal est formée d'une baguette , d'un talon renversé , d'un filet, d'un tore et d'un socle (voy. Corinthien).
La base composite diffère de la base précédente par cela seulement qu'elle a un astragale de moins. On voit cependant des exemples de colonnes composites pourvues de la base attique, par exemple à l'arc de Vérone et aux thermes de Dioctétien. La base du piédestal comprend : une baguette, un talon renversé, un filet, un tore et un socle (voy. Composite).
A ces diverses bases les Romains ont ajouté la base toscane. Vitruve lui attribue une hauteur égale à la moitié de son épaisseur, une plinthe circulaire, égale en hauteur à la moitié de son diamètre, un tore avec un congé ayant clans leur ensemble la hauteur de la plinthe.
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Les modernes ont assigné à cette base (fig. 427) les proportions suivantes : ils lui donnent un tore, un filet et une
206 — BASE
vert des colonnes pourvues de bases ioniques diversement disposées. Les
plinthe. La hauteur totale est de un demi-diamètre ou un module et se divise ainsi : six parties à la plinthe, cinq au tore et une au tilet. Le piédestal est lui-même pourvu d'une base, qui est formée d'une plinthe et d'un filet, le tout ayant une hauteur égale à six parties (voy. Toscan).
Comme nous le disions plus haut, la base adoptée par Vignole pour Tordre dorique est analogue à la base toscane ; la différence consiste dans un astragale
Fig. 428.
qui sépare le tore du filet. Mais les Romains donnèrent à cet ordre des bases à profils différents ; nous citerons celle du Cotisée (fig. 428).
Nous ne quitterons pas les bases qui appartiennent aux ordres anciens proprement dits ou qui ont été adoptées pour les ordres modernes dérivés de l'antiquité, sans noter l'influence que l'architecture grecque a eue sur les formes données aux colonnes et particulièrement aux bases dans l'architecture persépolitaine. La figure 429 représente la base grecque antique d'une colonne que Ton a trouvée à Pasagardes, la ville sacerdotale, la ville des mages. Le tore est séparé du fut par un astragale. A Persépolis même, on a décou-
unes sont simplement placées au-dessus d'une double plinthe (fig. 430) ; les
Fig. 430.
autres surmontent une sorte de cloche, de lotus ou de calice renversé, ornée de feuilles tombantes et reposant sur une
Fig. 431.
plinthe circulaire, comme certaines colonnes égyptiennes (fig. 431).
Tout en constatant cette influence de l'art grec sur les monuments de ces contrées asiatiques, on remarque combien, là comme dans les édifices mêmes de la Grèce et de Rome, sont arbitraires les formes et les proportions des bases.
Les bases de la période romanoh> zantiiie se distinguent très-nettement des bases romaines en ce qu'elles reçoivent le fût de la colonne, sans h transition représentée par le congé.
Jusqu'au xic siècle, les profils rappellent, en les perdant peu à peu, les
BASE
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traditions romaines. A partir de cette époque, les scoties ont plus de saillie : néanmoins c'est le principe de la base attique que Ton retrouve toujours sous ces transformations.
Lis bases du xne siècle se distinguent par un appendice rachetant les angles
les imiter servilement. La plupart des architectes de cette époque ont donné à Tordre dorique la base attique.
Fig. 432.
des plinthes carrées et que l'on nomme griffe (fig. 432) ; c'est alors un motif dedécoration.
Au xme siècle, le tore inférieur dépasse la plinthe, qui devient octogonale
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et se relie par un glacis avec un socle souvent cubique, comme le montre la figure 433 (i).
Au xive siècle, la scotie qui sépare les deux tores disparaît, comme on le voit en A (fig. 434). Le xve siècle réunit ces deux moulures en un seul tore B, qui devient polygonal comme la plinthe et qui est pris dans la même assise.
La Renaissance est revenue aux profils des bases antiques, sans toutefois
(i) Viollet Le Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française.
Fig. 434.
L'ordre toscan a été employé par les modernes aux constructions d'un style sévère en conservant à la base les proportions que lui donnaient les anciens.
C'est du goût de l'architecte et du caractère qu'il veut donner aux édifices qu'il construit, que dépend la mesure dans laquelle il doit s'astreindre à suivre les règles que nous venons d'indiquer.
La forme et la nature des bases leur ont fait donner différents noms ; ainsi l'on appelle : base continuée, une sorte de retraite ornée d'une moulure quelconque, d'un tore par exemple avec filet et adoucissement et qui, placée à la base d'un pilastre ou d'une colonne, se prolonge en formant ceinture à la partie inférieure d'un bâtiment ou d'un étage ; base mutilée, la base d'un pilastre qui n'est profilée que sur les côtés ; base rudentée, une base dont les tores sont taillés en manière de câbles (voy. ce mot) ; base de fronton, la corniche horizontale opposée à l'angle du sommet.
Basilique, s. f. — Selon quelques auteurs, ce mot signifie maison royale et désignait chez les rois de l'Orient, successeurs d'Alexandre, la salle de leur palais où ils rendaient la justice.
Les Grecs possédaient des édifices analogues, tels que le Portique Royal d'Athènes, qui servait de tribunal à l'anhonte-roi. Le grand portique double de Paestum était, sans doute, une basilique ouverte où se traitaient les affaires publiques et commerciales.
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Les Romains ont donné ce nom aux vastes édifices qui servaient de lieux de réunion aux négociants et de cour de justice.
L'origine des basiliques romaines remonte à deux siècles environ avant l'ère vulgaire: le censeur Porcius Caton en lit construire une qui fut appelée Porcia. Le second édifice de ce genre, du nom de Fulvia, fut élevé par Marcus Fulvius Nobilior, en l'an 179 avant J.-C. La troisième basilique, bâtie par le censeur Tibère Sempronius, pendant l'année 169, reçut le nom de Sempronia. Enfin, depuis cette époque jusqu'au règne de l'empereur Domitien, de nombreuses basiliques ne cessèrent de s'élever à Rome et dans les provinces de l'empire.
Les premières basiliques romaines, généralement élevées sur l'un des côtés d'un forum ou place publique, semblent avoir été composées de galeries formées par des colonnes, la partie réservée au tribunal ayant seule une enceinte. On a beaucoup agité, d'ailleurs, la question de savoir si ces édifices étaient clos de
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murs ; il semble plutôt qu'ils aient dû généralement être ouverts de tous les côtés pour faciliter la circulation de la foule; ou du moins, silesfaces latérales
étaient fermées par <l<\s murs, il paraît que la façade principale n'avait qu'une
simple colonnade qui laissait la circulation libre, comme le montre le plan de la basilique de Pompéi (fig. 435).
Cet édifice répond à la description générale que Vitruve donne des basi- \ liques. D'après cet auteur, c'étaient des salles quadrangulaires deux ou trois fois plus longues que larges et divisées ordinairement en trois nefs par deux rangs de colonnes superposées. Les ailes, plus étroites que la partie du milieu, avaient un plafond servant de plancher à <li\s ! galeries supérieures qui régnaient le I long de la nef centrale. Le rez-de- I chaussée servait aux plaideurs et aux ! gens d'affaires ; dans les galeries, circu- I laient les promeneurs et les oisifs. Un mur d'appui assez haut empêchait ces derniers d'être en vue des négociants.
Des fenêtres cintrées éclairaient l'intérieur. Dans l'axe de la basilique, à l'extrémité opposée à l'entrée, s'élevait, sur quelques marches, au centre d'une espèce de niche, le tribunal du juge ; de chaque côté on réservait souvent deux chambres appelées chalcidiques, destinées sans doute aux juges ou aux commerçants pour les transactions particulières. Un porche ou narthex précédait les trois nefs.
La seule partie qui fût voûtée était l'hémicycle destiné aux juges; cet endroit du monument était, d'ailleurs, le plus décoré ; il était souvent orné de statues et d'ouvrages de sculpture. Tantôt cet hémicycle était en saillie à l'extérieur, tantôt c'était un avant-corps formant niche à l'intérieur.
Toutefois les règles et les proportions indiquées par Vitruve ne furent pas suivies dans la construction qu'il fit luimême de la basilique de Fano, dont la figure 436 donne le plan, et qui ne présentait qu'un ordre de grande dimension supportant la couverture ; il faut en conclure que v^ édifices variaientde formes et de dimensions suivant les localités et les circonstances.
La htisi/i<iit<> do Pompéi peut donner une idée du mode de construction em-
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ployé souvent à cette époque ; les murs et les colonnes engagées étaient compo-
Fig. 436.
ses de biocailles et de briques ordinaires revêtues de stuc colorié ; les fûts des plus grandes colonnes étaient aussi en briques d'une forme particulière, enduites également de sfuc ; on les superposait les unes aux autres, de façon que leurs joints fussent alternativement recouverts , leurs pointes saillantes formant naturellement le creux des can-
Fig. 437.
nelures, disposition indiquée en plan par la figure 437. Les bases et les chapiteaux sont en tuf volcanique, avec traces d'enduit. Au-dessus des soubassements, sont ménagés des refends peints en marbre de différentes couleurs. La couverture était en tuiles, avec chéneaux et antéfixes en terre cuite.
Sous les empereurs, les basiliques devinrent des monuments d'une grande importance ; les nefs furent souvent au nombre de cinq. Le marbre et les mé-
taux précieux étaient employés à la décoration.
A l'origine du christianisme, les partisans du nouveau culte ne profitèrent pas de suite des basiliques romaines, favorables cependant aux grandes assemblées, mais ils les imitèrent dans leurs dispositions. Les premiers temples chrétiens furent creusés dans le sol ; c'étaient des salles, avec piliers réservés clans la masse pour supporter les voûtes ; on y retrouve le narthex, les nefs parallèles, la tribune ou l'abside réservée à l'évêque et au clergé. C'est sur ces données que les constructeurs établirent les basiliques en plein air.
Parmi les basiliques chrétiennes qui rappellent le mieux les édifices du même nom élevés par les anciens, nous citerons les basiliques de Saint-Paul, de Sainte-Marie Majeure et l'église de Sainte-Agnès hors les Murs.
La basilique de Saint-Paul, élevée sur le chemin d'Ostie, existe encore aujourd'hui telle que la firent construire et achever Constantin et Théodore. Ce monument fut détruit, en partie, par un tremblement de terre et restauré par le Pape Léon III en 816 ; c'est pourquoi la couverture et la décoration générale ont été modifiées ; mais la disposition et la construction se sont conservées dans leur intégrité.
La basilique de Sainte-Marie Majeure, embellie de nos jours, présente, à la fois, un magnifique modèle d'église chrétienne et la copie la plus exacte d'une ancienne basilique.
L'église de Sainte-Agnès hors les Murs, est aussi une imitation scrupuleuse des basiliques romaines.
Cette forme, qui fut adoptée, à partir de Constantin, sauf quelques modifications peu importantes, pour tous les édifices chrétiens de l'Occident, se reconnaît même dans un certain nombre de cathédrales du moyen âge.
La première partie de la basilique chrétienne était le porche, appelé pronaos ou narthex. L'entrée de ce lieu
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était permise indistinctement à tout le monde; c'est là quf s'assemblaient, pendant l'office, les écoutants, catéchumènes el pénitents.
Devant le porche était la cour, souvent entourée de portiques et nommée atrium, area, aïOpiov, aù^. Au milieu de cette cour était un bassin appelé cantharus, destiné aux lustrations qui devaient être faites avant d'entrer dans l'église. Une porte nommée porta speciosa et souvent accompagnée de deux portes secondaires , donnait accès à l'intérieur de l'édifice, divisé en trois nefs. Les deux petites nefs servaient à établir la séparation des sexes, que l'on facilitait en suspendant sur des tringles fixées dans les entrecolonnements des arcades de la nef, des tentures qui dérobaient la vue des uns aux autres. Dans les églises d'Orient, les hommes étaient en bas, au rez-de-chaussée, et les femmes, en haut, dans les galeries.
Faisant suite à la nef, se trouvait le chœur, c'est-à-dire le lieu saint, sacrarium ou sanctuarium , réservé aux prêtres seuls. Cette partie était entourée d'une clôture, et des chaires ou ambons, placés de chaque côté, servaient aux lectures et aux sermons; venait ensuite Yautel, isolé, afin qu'on pût circuler tout autour, et placé au-devant de X abside, absis, ou presbyterium , qui contenait le trône de l'évoque, cathedra, au milieu de la rangée circulaire de sièges pour les prêtres ou participants. De chaque côté de l'hémicycle étaient situées des salles ou pièces pour y pratiquer diverses cérémonies; celles de droite s'appelaient irpoôeci;, pamtorium, oblationarium, secretarium, et servaient de dépôt provisoire pour les offrandes que les diacres recevaient avant de les serrer dans la sacristie. Dans les salles de gauche on déposait les objets sacrés tels que vases, calices, patènes, etc., pour y être nettoyés après la communion.
Nous donnons (fig. 438) le plan de la basilique de Saint-Clément, à Rome, qui
reproduit les dispositions que nous venons d'énumérer. On y remarque Yatrium ou cour sacrée, appelée aussi
Fig. 438.
station des pleurants ; le narthex ou station des écoutants ; le naos ou grande nef ; les nefs secondaires ; l'autel, isolé en avant de l'abside et couvert par un ciborium ; le chœur précédant l'autel et entouré d'une clôture ; les deux chaires ou ambons.
Dans les basiliques très-étendues les nefs étaient limitées par une sorte de transept qui communiquait avec la nef principale par une large ouverture en arcade appelée arc triomphal.
Le mode de construction de ces monuments varie suivant les pays : en Egypte, les moines des premiers siècles employèrent le grand et le petit appareil, puis la brique. La Grèce, l'Italie et l'Asie présentent le même emploi de matériaux auxquels se mêlent de nombreux fragments de l'art antique. Ainsi, les colonnes, les chapiteaux, les architraves étaient empruntés aux monuments existants. Quand l'arcade rem-
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plaça l'entablement, on la fit souvent en briques et moellons intercalés ; les assises mêmes des murailles étaient souvent disposées de cette façon, comme dans les basiliques de Sainte-Agnès et de Saint-Laurent hors les Murs, à Rome. Les fenêtres étaient fermées par des tablettes de marbre percées de manière à ne laisser pénétrer qu'une lumière douce. La peinture, la mosaïque, les métaux précieux étaient employés à la décora-
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tion. Les charpentes étaient apparentes ou ornées de riches plafonds.
Le plan des basiliques de l'Orient s'écarta de celui que nous venons de décrire à la suite de la construction de l'église Sainte -Sophie de Constantinople.
Le plan de cette basilique est carré (fig. 439) ; au milieu s'élève une coupole hémisphérique percée de vingt-quatre fenêtres et surmontée d'une lanterne.
Fig. 439.
Ce dôme est accompagné de deux autres coupoles collatérales ; et, tout au fond de l'église, se trouve une grande niche ou demi-coupole sous laquelle était Fautel. Le plan circulaire de la coupole qui
porte sur le plan carré de la partie inférieure du dôme, est soutenu par des pendentifs. Les extrémités de la nef sont couvertes par deux demi-coupoles qui, d'une part, ont pour appuis verticaux
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les arcs doubleaux portant sur les quatre gros piliers qui déterminent la partie centrale de la nef et destinés à soutenir la grande coupole, et d'autre part ont, pour bases horizontales, les murs demicirculaires qui s'élèvent au-dessus de la nef et en avant du sanctuaire. L'intérieur de ces coupoles est décoré de peintures en mosaïque. Sur les pendentifs, on voyait autrefois des sujets peints de l'histoire sacrée, qui ont aujourd'hui totalement disparu. Toutes les parois verticales du temple sont ornées de placages en marbres précieux. Ce mode de décoration se répète sur les murs du narthex, le seul qui, dans les églises byzantines de la première époque, ait conservé toute son ornementation. Ce narthex est double et communique, par neuf portes, avec la nef de l'édifice. Audessus des portes étaient des peintures en mosaïque qui n'existent plus. De belles portes en bronze, roulant sur leurs gonds depuis la construction de Sainte-Sophie, décorent ce vestibule de la manière la plus luxueuse. Aux extrémités du narthex il y avait autrefois des fontaines en bronze, destinées aux ablutions auxquelles devaient se soumettre les fidèles avant d'entrer dans le temple.
L'influence de l'art byzantin se fit sentir en Italie, où l'on trouve, dans les différentes églises bâties depuis Saint- Marc de Venise jusqu'à Saint-Pierre de Rome, la forme et la construction des églises d'Orient se rapprochant plus ou moins de celles d'Occident.
Dans les derniers temps, on a cependant fait revivre l'antique forme des basiliques, grâce particulièrement à l'exemple donné, à Rome, par le pape Renoît XIV, qui fit rétablir dans son ancienne splendeur la basilique libérienne ou celle de Sainte-Marie Majeure.
Cette influence se répandit même en France, ainsi que l'on peut en juger par un certain nombre d'églises modernes, construites sur le plan de l'ancienne basilique : telles sont Saint-Philippe du