BASTION
5° On appelle bassins, dans an port de mer, les endroits qui servent d'abri aux
navires. Les uns sont fermés au moyen d'une écluse et peuvent se mettre à sec; les autres sont ouverts et se remplissent ou se vident suivant les heures de marée. Il y a, en outre, les bassins de construction el de radoub.
Bastaing, s. m. — Nom que les ouvriers charpentiers et menuisiers donnent à une pièce de bois d'échantillon qui a, comme équarrissage 0m,18 sur
0m,06 et qui sert à faire soit des cadres de panneaux, soit des solives de plancher de peu de hauteur.
Bastide ou Bastille, s. f. —
1° Ouvrage de fortification provisoire au moyeu âge.
Ce n'est qu'à partir du xme siècle que ce nom fut appliqué à des réduits en maçonnerie se reliant à l'enceinte d'une ville ou formant têtes de ponts.
Les portes et l£s bastides ne faisaient souvent qu'un même corps d'ouvrage auquel on donnait le nom de bastille ; telle était la forteresse élevée à la porte Saint-Antoine, à Paris.
Avec L'artillerie à feu, les bastilles des enceintes se transformèrent et prirent le nom de bastions (voy. ce mot).
2° On désigna ainsi, au moyen âge, dans le midi de la France, certaines villes construites sur plan régulier.
Lot, Montpazier. Cette dernière cité offre particulièrement le type véritable de ce qu'on appelait alors une bastide : elle présente ce caractère spécial qu'elle est coupée par quatre rues se croisant à angle droit et laissant entre elles, au centre de la ville, une place publique entourée d'arcades, et ce qu'il y a de singulier, c'est que ces arcades ne se trouvent point en arrière des rues, mais, au contraire, les couvrent transversalement de toute leur largeur ; les voitures, comme les piétons, passent, alors sous les maisons (fig. 442) (1).
Bastion, s. m. — Nom que l'on donne à des ouvrages de fortification qui, vers la fin du xve siècle, remplacèrent les bastilles.
Ce furent d'abord de grosses tours rondes flanquant les angles saillants de l'enceinte et portant plusieurs étages de batteries.
Devenues des ouvrages en terre dans lesquels la forme ronde était combinée avec des parties droites qui s'avançaient pour protéger les fossés, ces parties saillantes ne prirent effectivement le nom de bastions qu'à partir des premières
Fig. 442.
Telles sont Libourne, Villeneuve-sur
Fig. 443.
1 années du xvne siècle ; on les appelait
auparavant boulevards ou plates-formes.
Aujourd'hui, le bastion, ainsi que le
{{) De Caumont, Abécédaire (/'archéologie.
BATARDE AU
BATARDE AU
montre la figure perspective 443, est triangulaire. Le sommet de l'angle s'appelle le saillant ; les deux parois qui vont en s'ouvrant de chaque côté sont les pans ou faces ; les parties qui réunissent ces pans à l'enceinte sont les flancs ; entre deux bastions, le rempart prend le nom de courtine ; la largeur du bastion à l'intérieur est la gorge : la bissectrice de l'angle saillant se nomme la capitale. Des pièces d'artillerie avec embrasure sont établies sur les faces et les flancs.
Les bastions peuvent être vides ou pleins ; dans le premier cas, le terreplein contourne les flancs et les faces, et l'intérieur est à un niveau plus bas ; dans le second cas, tout l'intérieur est au niveau du terre-plein.
La paroi extérieure, revêtue de maçonnerie, dans les ouvrages de fortification permanente se nomme contrescarpe (voy.
ce mot).
Quelquefois, les bastions sont détachés des murailles ; leur gorge est alors fermée ; et ils ne communiquent avec la place que par des chemins couverts ou des galeries souterraines.
Bâtard, adj. — On appelle matériaux bâtards, des matériaux tels que pavés, ardoises ou carreaux de terre cuite retaillés qui n'ont pas les dimensions données aux échantillons de commerce.
On nomme aussi mortier bâtard un mortier ordinaire dont on a rendu la prise plus énergique, en y ajoutant une certaine quantité de ciment de Vassy.
Bâtarde, adj. — Voy. Lime et Porte.
Bâtardeau, s. m. — Digue établie au milieu du courant d'une rivière ou d'un canal, pour préserver des infiltrations un travail que l'on exécute.
Il est plusieurs sortes de bâtardeaux : 1° Si les eaux ont un faible courant, comme dans les canaux ou les fossés d'eau dormante, on se contente d'une
levée de terre, avec talus au dehors et au dedans et consolidée, au besoin, par une série de pieux, suivant la profondeur des eaux.
2° Si la profondeur de l'eau atteint lm,o0, sans toutefois dépasser 2 mètres et que la vitesse du courant soit assez grande, par exemple, dans les fondations de piles de ponts sur les rivières, on donne au bâtardeau une solidité suffisante pour résister à la fois à la poussée de l'eau et à la corrosion.
Si la roche n'est pas trop dure, on enfonce une double file de pieux éloignés de 1 mètre environ, comme le montrent la coupe B et le plan P (fig. 444) ; on relie les pieux de chaque file par des moises boulonnées, entre lesquelles on
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Fig. 444.
place des palplanches jointives. On nettoie l'intervalle des deux enceintes ainsi formées, en draguant le sable et la vase qui recouvrent le bon sol ; puis on relie ces deux cloisons, à leur partie supérieure, par des liernes horizontales placées de deux en deux pieux, chevillées sur ces derniers et assemblées à entailles avec les moises. Ensuite, on remplit
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