BATI
l'espace compris entre les palplanches intérieures et extérieures avec de l'argile pilonnée par couche et, à défaut de cette matière, avec du béton, pour empêcher l'infiltration des eaux. Un autre système B', P' (fig. 444) est celui où les moises embrassent les pieux. On a ainsi entouré d'un mur à peu près impénétrable remplacement qui doit recevoir la pile ; on épuise l'eau au moyen de seaux, de pompes ou de vis d'Àrchimède.
Si la roche sur laquelle on fonde est trop dure pour laisser pénétrer les pieux on a deux moyens d'obvier à cet inconvénient : 1° On pratique dans le rocher des trous dans lesquels on chasse les pieux et l'on fait descendre le long de ces pilotis des moises embrassantes qui maintiennent le pied des palplanches.
Fig. 445.
2° Le bâtardeau esl formé de fermes en charpente ainsi composées (fig. 445) :
(l»'ii\ montants AB, À' B\ sontreliés,à fleur d'eau, par des moises doubles CG, et à 1 mètre, lm,50 au-dessus de l'eau, par des enlretoises DD'. Ces fermes, placées à lm,50 ou 2 mètres les unes des :i h très, sont réunies entre elles par des planches MM', >"N' clouées intérieure-1 ment aux montants. On remplit alors
l'intervalle d'argile ou de béton, sans craindre l'éloignement ou le rapprochement des montants.
On exécute parfois des bâtardeaux en béton qui permettent de fonder sur rocher des murs de quai, par exemple, ta des profondeurs de 4 à 5 mètres. On drague jusqu'au bon terrain ; on coule un massif de béton de 0m,50 à 0m,60, plus large que le mur à construire et qui s'élève au-dessus des eaux. On refouille ensuite ce massif, sur une largeur égale à celle du mur et jusqu'à la distance nécessaire à la fondation. On a ainsi un bâtardeau étanche, dans l'intérieur duquel on peut maçonner. Quelquefois même, c'est un mur en béton élevé sur un massif également en béton qui forme les parois du bâtardeau.
Les Romains employaient aussi, poulies fondations sous l'eau, une espèce de bâtardeau qu'ils appelaient serca aquaria : c'était une caisse de bois carrée, sans couvercle et sans fond, qu'on enfonçait dans le sol et dont on épuisait l'intérieur. On exécutait ainsi le travail dans un milieu étanche.
Dans l'architecture militaire , on nomme bâtardeau un massif de maçonnerie destiné à retenir l'eau d'un fossé.
Bateau (Bois de). — Bois qui provient de la démolition des bateaux et qui sert pour cloison de remplissage, cloisons de cave, etc.
Batellement, s. m. — Partie basse d'un comble jetant les eaux dans une gouttière ou dans un chéneau : c'est le dernier rang d'ardoises ou de tuiles recoupées qui porte sur les gouttières ou les chéneaux et qui est recouvert par un autre pureau de tuiles ou d'ardoises entières.
Bâti, .v. m. — Assemblage de pièces de bois, de fer ou de fonte, sur lequel reposent certains appareils, tels que les treuils et les cabestans.
Charpente. Réunion de pièces assem-
BATIMENT
BATIMENT
blées, telles que des poteaux reliés par dos sablières. Les pièces principales d'un pan de bois composent un bâti.
Menuiserie. Encadrement que forment les montants et les traverses qui reçoivent les panneaux d'une porte, d'un lambris, ou bien des lames d'une persienne, etc.
On nomme bâti dormant d'une porte ou d'une croisée, un cadre ajusté et scellé dans les feuillures d'une baie e( sur lequel viennent battre, soit la porte, soit les châssis ouvrants de la croisée (voy. Dormant).
Un bâti double est un second bâti disposé à l'intérieur d'un autre, comme le bâti d'un guichet de porte cochère ; dans ce cas, le bâti extérieur se nomme bâti de rive.
On appelle bâti d'encadrement le cadre d'un parquet, d'un panneau, etc. ; bâti de remplissage, un bâti qui divise en petits panneaux un lambris en parquet ; bâti de tenture, un cadre sur lequel on cloue de la toile, que Ton recouvre ensuite de papier ou d'étoffe de tenture.
Bàtière, s. f. — Toit à deux égouts couronnant un clocher qui se termine
par un pignon à chacune de ses extrémités (fig. 446).
Cette sorte de comble appartient surtout à l'époque qui précède le xne siècle.
Batifodage, s. m. — Mélange de terre grasse et de bourre que l'on emploie en certains endroits pour l'exécution des plafonds.
Bâtiment, s. m. — Nom que l'on
donne, en général, à toute construction et qui, dans un sens restreint, comporte l'idée de simplicité et d'économie.
Les bâtiments sont religieux, civils ou militaires.
On appelle industries du bâtiment toutes celles dont le concours est nécessaire à la construction.
Il y a, de temps immémorial, à l'égard des bâtiments élevés sur les voies publiques, des règlements de police qui se rapportent à l'aspect, à la solidité et à la salubrité de ces constructions (voy.
Comble, Façade. Maison. Saillie .
Dans son Dictionnaire raisonne du métré, M. Masselin détaille en trois parlies distinctes le métré d'un bâtiment pour ce qui concerne la maçonnerie :
1° la grosse construction, relevée par attachements figurés : 2° les ravalements, dont on fait le toisé sur place : 3° les raccords, travaux en recherche et attachements écrits {métré sur place et attachements écrits).
C'est ainsi que l'on procède dans les gros bâtiments ; mais dans les petits bâtiments, trop peu importants pour permettre à l'entrepreneur la dépense (rétablissement d'attachements figurés, et, par suite, où le mémoire relevé sur place doit comprendre tous les travaux, on commence le relevé par le métré des plâtres et des ravalements.
Le métré sur place se subdivise de la manière suivante : 1° les souches de cheminées (voy. Souche) ; 2° les crépis ou enduits des combles et greniers ; l'aire du grenier ; 3° les étages formant habitations.
Le détail des pièces comprend ordinairement :
Dans les combles : 1° le plancher haut : 2° le lambris : 3° le carrelage ; 4° les enduits sur murs ; o° les cloisons légères : 6° le garnissage en plâtras et plâtre destiné à éviter l'exiguïté de l'angle formé par le lambris avec le carrelage ; 7° les détails de^ cheminées, châssis, lanternes, etc. ; 8° les pans de bois (voy. ces mots).
BATIMENT