ABSIDE
position spéciale : ils sont construits en face du bâtiment des voyageurs, sur le quai opposé, et, comme le montre la ligure 27, ouverts d'un seul côté et garnis de bancs. Ordinairement on les fait en pan de bois, avec remplissage en briques.
Abside, s. f. — Ce mot vient du grec otyt'ç, qui signifie voûte. On l'employait pour désigner, dans la basilique romaine, un enfoncement demi-circulaire qui terminait la galerie principale et où Ton plaçait les sièges des juges.
L abside était recouverte par une voûte en cul-de-four (voy. Basilique); il en était quelquefois de même dans les temples ; c'était alors comme une niche pour la statue de la divinité à laquelle était consacré l'édifice (voir pour la figure la partie foncée du plan présenté à l'article Adijtum).
Dans les basiliques civiles, devenues les édifices religieux des chrétiens, févêque remplaça le juge ; X abside devint le sanctuaire et prit aussi le nom de presbyteriwm ; l'autel y fut élevé; des bancs y furent placés pour les prêtres et les diacres.
C'était la partie du monument que l'on décorait avec le plus de richesse ; le pavé se faisait en marbre ou en mosaïque; les murailles étaient souvent revêtues de métaux précieux ou ornées de peintures.
A l'époque romano-byzanline, le clergé prit place en avant de l'autel, qui fut agrandi; la forme semi-circulaire de Yabside commença à se modifier.
On donne, aujourd'hui, ce nom à la partie qui termine le chœur, soit par un hémicycle (fig. 28), soit par des pans coupés (fig. 29), soit par un mur plat (fig. 30). Dans ce dernier cas, Yabside est dite carrée; la cathédrale de Laon en offre un exemple ; mais on n'en voit généralement que dans les édifices de peu d'importance. Quelques églises ont des abstdes jumelles , c'est-à-dire placées symétriquement de chaque côté de l'axe
de la nef principale ; l'église du Thor, à Toulouse, est terminée par deux absides de ce genre (fig. 31).
Fig. 28.
La partie extérieure de Yabside se nomme le chevet (voy. ce mot).
Quelquefois les croisillons du transept (voy. ce mot) sont terminés aussi par des
Fig. 29.
chapelles en forme d'abside, comme le montre la figure 29. Certaines églises ont une seconde abside, placée à l'extré-
Fig. 30.
mité opposée au chœur, et qui prend alors le nom de contre-abside.
Un grand nombre de monuments religieux ont leur sanctuaire entouré de
Fig. 31.
bas-côtés (voy. ce mot) et de chapelles secondaires appelées chapelles absidales ou absidioles : on en rencontre surtout dans les églises qui datent du xmc siècle;
ACAJOU
ACAJOU
généralement, la chapelle absidale située dans Taxe de l'église est dédiée à la Vierge et prend plus d'importance que les autres absidioles.
Acacia, s. m. — Bois de construction. Il faut distinguer Yacacia véritable du faux acacia ou robinier. Le premier, moins répandu dans nos pays que le second, offre cependant un bois dur et liant, propre à la charpente et à la menuiserie.
Le robinier présente, en France, trois espèces : Yacacia blanc ou faux acacia proprement dit, le robinier visqueux., qui sert surtout à la décoration des jardins, et Yacacia rose ou robinier hispide.
Le bois du faux acacia est d'une couleur jaune verdâtre et d'un grain peu serré, mais assez fin pour prendre le poli. Il est dur, nerveux, résiste bien à l'humidité et ne se laisse pas attaquer par les vers. Il sèche facilement et n'est pas trop sujet à se gercer. On en fait d'excellents pilotis. Son poids spécifique varie de 0,785 à 0,820.
Académie, s. f. — L'origine de ce mot est la suivante : on nommait ainsi, à Athènes, un jardin situé dans le Céramique, un des faubourgs de cette ville, qui en était éloigné d'environ un mille. Le terrain sur lequel était établi ce jardin avait été légué aux Athéniens, par un certain Académus, pour faire un gymnase. C'est dans ce lieu que se réunissaient les philosophes.
Aujourd'hui, l'on désigne ainsi un établissement composé d'une ou de plusieurs salles où s'assemblent des gens de lettres, des savants, des personnes qui font profession des arts libéraux.
Acajou, s. m. — Arbre de l'Amérique méridionale, dont le bois, rouge brun ou marbré de jaune et de blanc, es1 susceptible d'un beau poli et brunit en vieillissant. Ou l'emploie en placages.
L'acajou ^ livre en billes au commerce; il offre plusieurs variétés, sui-
vant les dessins que présentent les veines :
L'acajou moucheté, qui présente des taches moins foncées que le fond sur la surface des billes, ces taches devenant, au contraire, plus foncées que le bois, quand celui-ci a été travaillé ;
L'acajou ronceux, dont les veines offrent l'aspect de fourches ;
L'acajou moiré, qui s'emploie plus souvent massif que Yacajou ronceux, toujours débité en placages ;
L'acajou uni, dont le grain et la couleur seuls varient.
Ce bois a été introduit, pour la première fois, en France, par les Espagnols, qui l'obtenaient des noirs de Saint- Domingue (1), île dont les montagnes en contiennent des quantités considérables.
On en trouve aussi dans les autres îles des Antilles, au Mexique, dans la république de Honduras, au Brésil, en Afrique et même en Asie.
L'acajou de Saint-Domingue est celui qui a la couleur la plus vive, les fibres les plus fines et les plus serrées ; sa densité varie de 0,82 à 1,00. On l'a employé, au début, comme bois de construction ; mais sa rareté le fait aujourd'hui réserver pour la menuiserie et l'ébénisterie.
L'acajou de Cuba, plus lourd, à couleur moins vive et à fibres plus grosses, mais aussi serrées que le précédent, est , également devenu un bois précieux.
L'acajou d'Afrique, que l'on exploite par le Sénégal, a une nuance un peu vineuse ; il est plus lourd, plus dur et plus difficile à travailler que les deux variétés décrites ci-dessus.
Au contraire, Yacajou de Honduras est très-léger, sa densité variant de 0,65 à 0,70; ses pores sont larges; le grain en est tendre ; il est facile à travailler, peu veiné et ne se fend pas. Il est excellent pour la menuiserie et l'ébénisterie.
Pelntl're. La peinture en décors a utilisé ce bois, dont l'imitation est très-
(1) A. Dupont et Bouquet de la Grye, Les Lois indigènes et étrangers.
ACAJOU
ACANTHE
précieuse par la richesse des effets et la variété des tons.
L'acajou est, en effet, de toutes les essences celle que Ton préfère, en raison de la beauté des veines, flammes ou accidents de son bois.
Nous dirons ici quelques mots des procédés d'exécution employés par les peintres.
Les fonds se préparent de la manière suivante : pour les travaux fins, les enduits ou premières couches doivent être composés de blanc de céruse et d'ocre jaune seulement; la dernière couche, d'ocre jaune pur broyé fin et de jaune de chrome en dixième partie ; le tout glacé.
Pour les travaux courants, les tons doivent être différents : on prend de l'ocre jaune et de l'ocre rouge en égale quantité, on les mélange bien et l'on met seulement 1/30 de blanc de céruse.
Cette petite quantité de blanc de céruse suffit pour ôter la crudité et ne diminue pas l'intensité du ton.
Les teintes de fond une fois sèches, on procède au décor. Les variétés que l'on imite plus spécialement sont les acajous lamés, moirés et mouchetés.
L'acajou lamé, le plus facile à exécuter, s'imite ainsi : avec un glacis à l'eau, contenant partie terre de Cassel et un tiers Sienne calcinée, on couche le panneau et on l'adoucit; ensuite, au moyen d'une clairette ou, à son défaut, d'une éponge, on fait, dans la longueur du panneau, des lames fines et rapprochées ; on les mélange un peu l'une dans l'autre par place et l'on adoucit, à droite et à gauche, dans le sens horizontal. On reglace à peu d'épaisseur, avec un glacis composé d'une partie de terre de Sienne calcinée et de 1/10 de laque carminée; enfin, avec la veinette, on fait la veine, en suivant la forme de l'ébauche et l'on adoucit légèrement dans les deux sens vertical et horizontal.
Pour Y acajou moiré, on glace le panneau, puis on donne des coups d'épongé en descendant de haut en bas ; avec le martinet ou la peau à gerber, on traverse
ensuite ces coups d'épongé dans le sens horizontal. Enfin, à l'aide d'une clairette moyenne, on corrige les effets trop prononcés et on adoucit horizontalement. La veine se fait comme ci-dessus.
h' acajou moucheté exige quatre opérations distinctes :
1° On glace le panneau avec une teinte de terre de Cassel pure et de l'eau, puis on le bat avec la topette pour faire le grain.
2° On étend une teinte d'acajou formée, par égales parties, de terre de Cassel et de Sienne calcinée; avec une clairette assez grande on fait les spaltes ou éclaircies, que l'on adoucit dans le sens de leur direction. Avant que cette couche soit sèche, on fait les nœuds, au moyen d'une brosse moyenne, que l'on tourne entre les doigts, après l'avoir remplie de la teinte d'acajou, dont on a réservé une partie en pâte sur la palette.
On adoucit avec le blaireau dans le sens de la longueur du panneau.
Cela fait, avec la brosse chargée seulement d'eau pure, on enlève des demicercles en forme de croissant allongé et des pointes blanches au milieu des nœuds ; puis on adoucit comme précédemment.
3° On couche un glacis composé de terre de Sienne calcinée et de laque, après quoi l'on fait des veines. S'il y a des nœuds, les veines se lèvent sur les côtés de ces derniers avec une veinette sans couleur et mouillée seulement.
4° Avec de la laque pure on glace très-légèrement les parties destinées à être brillantes et, avec du noir pur, celles qui doivent être plus vigoureuses.
Acanthe, s. f. — Plante herbacée, sorte de chardon qui sert à l'ornementation.
On en distingue deux espèces principales : Yacanthe sauvage ou épineuse, armée de piquants, h tous les angles saillants de ses feuilles, et Yacanthe molle, sans épines, à larges feuilles flexibles. Selon Vitruve, cette dernière
ACANTHE
oa
ACANTHE
espèce aurait donné naissance au chapiteau corinthien.
« Une jeune fille de Corinthe étant « morte au moment où elle allait se « marier, dit cet auteur (Livre IV, « chap. I), sa nourrice réunit, dans une « corbeille, plusieurs petits objets qui « avaient plu à cette infortunée, les « déposa sur le tombeau et les recou- « vrit d'une tuile, afin de les mettre à « l'abri des injures du temps (fig. 32). « La racine d'une plante d'acanthe se « trouvait, par hasard, en cet endroit, « et lorsque, au printemps, les feuilles « et les tiges commencèrent h pousser, « elles entourèrent la corbeille, dont le « centre était placé précisément au-
« dessus de la racine ; elles s'élevèrent
« le long de ses côtés, et, quand elles
« rencontrèrent les angles saillants de
<( la tuile, elles furent obligées de se
« recourber, en décrivant des espèces
« de volutes. Callimaque, sculpteur cé-
« lèbre par l'élégance de ses œuvres et
« l'habileté de son travail, vint à passer
« par là, remarqua la corbeille et son
« gracieux entourage, fut frappé de la
« beauté de cette nouvelle disposition
« et la reproduisit dans des colonnes
« qu'il fit exécuter à Corinthe. Il fixa
« ensuite les règles et les proportions
« de l'ordre corinthien. »
Les Grecs ont utilisé, dans la sculpture ornementale, Y acanthe sauvage,
dite aussi acanthe épineuse, et cela tient surtout à l'abondance de cette plante en Grèce, comparée à l'excessive rareté de Y acanthe molle. Les édifices grecs encore subsistants en offrent, d'ailleurs,
Fig. 33.
des témoignages irrécusables. Nous trouvons cette plante dans les hélices ou consoles qui divisent en trois parties la coupole du monument choragique de Lysicrate (fig. 33).
Nous citerons aussi les temples d'Apollon Didyméen et de Jupiter Olym-
pien. La figure 34 représente une feuille $ acanthe sauvage provenant d'un des chapiteaux de ce dernier monument.
On a trouvé Y acanthe épineuse fréquemment employée dans les monuments de Pompéi. On la reconnaît encore , bien que modifiée , dans les édifices d'architecture byzantine.
C'est aussi sous l'influence de Fart byzantin qu'on voit, de même, cette plante appliquée à la décoration des édifices de stvle latin.
ACANTHE
Enfin, l'usage n'en disparut, dans les provinces de la Gaule voisines de l'Italie, qu'à l'époque où apparut l'architecture romane.
Quant à V acanthe molle, son emploi dans l'ornementation architecturale est essentiellement romain. Un des plus beaux spécimens de cette plante, utilisé pour la décoration, est Yacanthe molle des chapiteaux du temple de Vesta, à Tivoli ; nous en donnons une feuille (fig. 3o). On trouve cependant quelques applications de Yacanthe épineuse, par exemple au temple de Castor et de Pollux à Rome , au temple de Livie . à
Fig. 35.
Vienne ; mais c'est surtout la première de ces deux espèces que les Romains semblent avoir préférée. Du reste, ils la modifièrent en y mêlant d'autres plantes et en composant des ornements, dont ils couvrirent les modillons, les consoles, les frises, etc..
Il existe une troisième variété d'«canthe, Yacanthe frisée, qui n'est autre chose que ce que nous nommons le bouillon blanc ou chou gras, et qui fut employée à la décoration des chapiteaux, dans certains édifices de l'Italie inspirés de l'art grec.
Enfin, nous citerons Yacanthe que l'on peut appeler conventionnelle, dont l'usage a été très-répandu dans les monuments romains et qui représente soit du laurier, soit de l'olivier.
Certains édifices du moyen âge, et particulièrement ceux qui appartiennent aux premiers temps de la période ogivale, offrent quelques applications de