BEC-DE-CANE
BEC-DE-CORBÏN
Bec-de-cane, s. m. — 1° On donne
ce nom à une serrure dont le pêne à demi-tour est taillé en chanfrein pour que la porte se terme en la poussant.
On appelle particulièrement bec-decane une serrure qui fonctionne sans clef et qui s'ouvre à l'aide de boutons ou de béquilles (voy. ces mots).
La ligure 474 représente l'intérieur d'une serrure de ce genre : la plaque ou foncet, qui recouvre le mécanisme, a été enlevée : g est le palastre ; a. la tète du
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Fig. 474.
péne demi-tour : d. le foliot, bascule à deux branches qui est munie d'une tige cylindrique percée d'un trou carré :
dans cette ouverture on introduit une tige également carrée et fixée d'une part à un bouton, puis s'emboîtant de l'autre, dans un second bouton, comme le montre le plan placé au-dessous ; un ressort à boudin f presse contre la tête du pêne et la maintient au-delà du rebord dans la gâche : la porte est alors fermée : on peut ouvrir du dedans et du dehors, en imprimant aux deux branches du foliot un mouvement de bascule qui fait marcher le pêne : la figure 475 représenté la position du pêne, quand
on a fait tourner le boulon et basculer le foliot.
Ce genre de serrure est le bec-de-cane ordinaire, poli, à cloison et servant à la fermeture des portes intérieures d'appartement ; il est souvent pourvu d'un second pêne ou verrou de nuit à bouton de coulisse.
On distingue encore : le bec-de-cane poli, sur platine ou sans cloison, qui sert à la fermeture des armoires ou des volets brisés et qui n'a qu'un bouton ou un anneau à charnière, dont la tige est fixée par un écrou ; le bec-de-cane à curette, sorte de petit verrou en cuivre à ressort, qu'on emploie aussi à la fermeture des volets ; le bec-de-cane de tirage en cuivre, encloisonné à queue.
2° Le nom de bec-de-cane était appliqué aussi autrefois à la pince plate.
3° On donne encore le nom de bec-decane à un outil à fût dont le fer, recourbé en forme de croissant, est propre à pousser des moulures, à les arrondir ou à les dégager.
Bec-de-corbiii, s. m
Sorte
Fig. 470.
de moulure B faisant partie d'un profil de menuiserie (fig. 476).
2° Outil à fût dont le fer. à son extrémité, est recourbé en croissant et qui
BÉDOULE.
BEFFROI
sert à refouiller les moulures, à dégager et arrondir le derrière des talons (fig.
Fig.
Bec d'oiseau. — Ornement trèscommun dans les monuments à pleincintre de l'architecture anglaise, et qui consiste en un bec crochu s'adaptant sur la courbure d'un tore, dans une archivolte, par exemple.
Bé chevet, s. m. — Charpente.
Poutre formée de deux pièces accolées ayant la forme de coins très-allongés, de façon que l'ensemble ait une même épaisseur dans toute son étendue.
Bécon (Granit de). — Granit commun, très-dur, que Ton extrait de la carrière Yvon, commune de Bécon.
arrondissement d'Angers. ■
Cette pierre, de couleur gris-blanchâtre, à éléments moyens, porte jusqu'à 2 mètres de hauteur d'assise.
Bédoule (Chaux et ciment de la).
— 1° Chaux hydraulique ordinaire fabriquée à l'usine de la Bédoule de Roquefort (département des Bouches-du- Rhône).
2° Ciment qui provient de la même usine et qui a 0,75 pour indice d'hydraulicité. La résistance 'de ce produit h l'arrachement est de 7k,90 par centimètre carré : sa résistance à la rupture par éçrasemenl est de B3k,8;
JLa chaux et le ciment de la Bédoule sont utilisés dans le département des Bouches-du-Rhône et les départements voisins. Ces produits s'exporteni en Algérie, en Espagne, <in [talie, en Turquie et en Egypte.
Beffes (Chaux de). — Chaux hydraulique ordinaire, très-répandue dans le centre de la France et qui est d'un emploi général dans les travaux des ponts et chaussées et du génie militaire.
Elle est fabriquée à Beffes, dans le département du Cher.
Beffroi, s. m. — Système de charpente destiné à supporter des cloches et à permettre leur mouvement quand on les met en branle.
A l'origine, ce nom était donné à une machine de guerre ayant la forme d'une tour, couverte de peaux humides, et qui servait à approcher des murailles d'une ville, pour les saper à couvert et dominer les défenseurs des remparts. C'est par analogie que l'on désigna de même les hautes tours du sommet desquelles des soldats veillaient continuellement et observaient tout pour avertir de rapproche de l'ennemi et empêcher une attaque imprévue. C'est dans la suite que l'on substitua le son des cloches à la voix des sentinelles, et la cloche prit le nom de cloche hannale, parce qu'elle appelait tous les habitants du même ban.
Par extension, on a nommé ainsi, au moyen âge, les tours qui renfermaient les cloches des communes.
L'étymologie de ce mot a été très-discutée ; les uns le regardent comme une corruption du mot effroi : les autres, et cette opinion est la plus vraisemblable, le font dériver de hell, cloche, fried, paix (cloche de paix), nom que l'on donnait, en effet, quelquefois à la cloche du beffroi.
La construction des charpentes destinées, dans les tours d'églises, à soutenir les cloches doit être faite en vue d'éviter, autant que possible, l'effet destructeur des secousses produites par le I ta lancement de ces lourdes masses métalliques. Aussi, le beffroi doit-il être isolé de la tour : on le fait poser sur des corbeaux ou sur une retraite montant de fond. En outre, un fruit considérable est donné aux pans de bois qui forment les faces de ces charpentes.
BEFFROI
BEFFROI
La base du beffroi (fig. 478) est une enrayure sur laquelle s'appuient quatre palées ou pans de bois qui vont en se rétrécissant vers le sommet, de sorte
que l'appareil a du fruit. Il y a une ou deux fermes intermédiaires formant des divisions suivant le nombre des cloches. Ces pans de bois sont généralement composés de poteaux corniers et réunis par des entretoises moisées ou assemblées et successivement espacées de deux mètres. Un ou deux poteaux, appelés poinçons, occupent l'intervalle des poteaux corniers et des écharpes simples ou en croix de Saint-André relient toutes ces pièces entre elles. A chaque étage, des goussets réunissent les entretoises, pour empêcher la déformation des angles. Des coussinets en acier sont fixés au-dessus des sablières hautes et reçoivent des tourillons en fer emmanchés dans les montants ou sommiers en bois auxquels sont attachées les cloches. Nous donnerons un second exemple de construction de ce genre : la figure 479 représente à l'échelle de 0m,01 pour mètre, le beffroi construit par Lassus.
dans la tour de gauche de l'église Saint- Jean-Baptiste de Belleville, à Paris. Ce beffroi comprend deux étages de cloches ; les pans de charpente qui le composent sont formés de pièces inclinées et de pièces horizontales, reliées entre elles par des croix de Saint-André et
pourvues d'armatures à boulons. L'ensemble repose sur un châssis qui s'ap-
Fig. 410.
puie lui-même sur de forts corticaux en pierre encastrés dans la maçonnerie de la tour. Pour prévenir l'ébranlement de celle-ci. les pièces qui forment ce châssis et qui sont placées de manière à glisser dans le sens horizontal, en vertu de la mise en branle des cloches, ont leurs extrémités engagées dans une des entailles faites au mur, sans que leurs abouts touchent au fond de ces entailles. Le jeu qui est ainsi laissé permet à ces pièces un certain mouvement, suivant leur axe longitudinal, qui n'attaque pas la solidité des maçonneries.
On met les cloches en branle au moyen de pédales ou de quarts de cercle. Les beffrois sont souvent munis d'abat-sons voy. ce mot), qui en garantissent l'intérieur contre le vent et la pluie.
Les tours auxquelles on a donné ce nom. à partir du xip siècle, renfermaient
BELBÈZE.