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un cheval. Il y a des binards qui portent un plateau mobile sur lequel sont placés les matériaux, comme le montre la ligure 520 ; une chaîne s'enroulant sur
Birloir, s. m.
Tourniquet qui retient le châssis d'une fenêtre à guillotine.
Bisaiguë. — Voy. Besaiguë.
Biscuit, s. m. — 1° Nom que l'on donne à un carreau de poêle ou à toute autre pièce de poterie en terre cuite non émaillée ;
2° On appelle encore biscuits ou incuits des parties dures et pierreuses qui proviennent de la calcination incomplète de la chaux ; ce sont des morceaux qui n'ont pas été entièrement décomposés par la chaleur ; on doit les recuire pour en obtenir une bonne chaux. Il existe une seconde espèce de biscuits, nommée chaux brûlée par les chaufourniers ; ce sont des fragments à la surface desquels la chaux s'est combinée avec d'autres oxydes en formant une enveloppe qui a empêché la calcination à l'intérieur ; on doit les recuire au moufle.
Biseau, s. m. — 1° Angle ou arête rabattue ;
2° Plan intermédiaire établi entre deux surfaces voisines taillées à angle droit.
Le biseau ou chanfrein était forl en
Fig. 520.
un treuil établi à l'avant permet de manœuvrer le plateau. Dans ce cas, le binard est de grande dimension et l'on attelle des chevaux à la tête du timon. !
D'autres chariots à timon, de petite dimension, et traînés par des hommes sont appelés diables (voy. ce mot).
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usage, pendant la période ogivale, poulies tableaux des portes et des fenêtres, et principalement aux endroits où un passage fréquent pouvait briser les arêtes. Les bois de charpente étaient aussi biseautés sur leurs angles jusqu'au droit des assemblages, pour laisser aux pièces toute leur force dans ces points ;
3° About d'une pièce de bois coupée obliquement ou en sifflet ;
4° Petite face inclinée d'un tranchant d'outil aciéré servant aux menuisiers et aux charpentiers pour couper les bois .
Bistre, s. m. — Couleur brune que l'on confond quelquefois avec la terre d'ombre (voy. Ombre).
Le bistre se prépare au moyen de la suie de bois, particulièrement avec celle du hêtre. Pour l'obtenir, on réduit la suie en poudre impalpable ; on la laisse vingt-quatre heures dans l'eau bouillante ; puis on décante ; il reste une pâte qu'on mélange avec de Peau gommée et qu'on dessèche à l'étuve.
Cette couleur ne s'emploie que dans la peinture à l'eau. Autrefois, les architectes s'en servaient à la place de la sépia et de l'encre de Chine.
Bitume, s. m. — On donne ce nom à des corps essentiellement composés de carbone et d'hydrogène et qui sont les uns solides, les autres mous ou liquides à la température ordinaire.
Le bitume solide est noir ou brun foncé ; sa cassure est conchoïde et son éclat luisant. Sa densité est de 1,16 environ ; il fond à 100°, s'allume aisément et brûle en répandant une épaisse fumée et une odeur particulière.
Le naphte et le pétrole sont des variétés de bitume ; Yasphalte est un mélange d'un calcaire poreux, avec 6 ou 12 p. 100 de bitume naturel ; cette pierre, couleur de suie, sert à fabriquer les mastics bitumineux employés dans les constructions.
L'usage du bitume, appliqué à l'art de
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bâtir remonte aux temps les plus anciens. C'est le bitume Liquide qui fut
employé, à l'époque de Sémiramis, pour liaisonner les assises de briques avec lesquelles les murs de Babylone furent construits. Cette espèce de ciment ne peut s'employer qu'avec la brique : il se lie très-bien à cette matière, mais il a l'inconvénient de résister mal à l'action du soleil qui, en le ramollissant, mine insensiblement les joints.
Un des gisements encore exploités aujourd'hui est le lac Àsphaltite ou mer Morte. Le lac de Poix, dans l'île de la Trinité aux Antilles, fournil encore une grande quantité de cette matière, à l'état naturel.
Entièrement délaissé pendant une période de trois ou quatre mille ans, l'usage du bitume a été remis en vigueur vers la fin du siècle dernier, et aujourd'hui cette matière a conquis dans les arts et dans l'industrie une place digne des qualités qu'elle possède.
Toutefois, si son emploi comme mortier destiné à relier les matériaux est efficace contre les filtrations, il entraîne à de fortes dépenses et peut être remplacé, dans la plupart des cas, par les bétons, les chaux et les ciments hydrauliques.
C'est du Val-de-Travers et de Seyssel que proviennent surtout les bitumes employés en France, dans les constructions. On s'en sert à l'état de mastic bitumineux pour les dallages intérieurs et extérieurs, les sols des terrasses, les couvertures, les chapes de ponts, etc.
Ces mastics se préparent de la façon suivante : on fait fondre des minerais dans une quantité de bitume ductile, telle que le mélange contienne toujours 15 à 16 p. 100 de son poids de bitume. On le livre au commerce en pains formés à l'aide de moules.
L'exécution des aires ou dallages en bitume varie suivant que ces surfaces doivent supporter le passage de l'honni te, des animaux ou des voitures. Les aires ou dallages qui n'ont à supporter que le passage de l'homme, tels que les trot-
loirs, dallages intérieurs pour cuisines, caves, rez-de-chaussée s'exécutent ainsi : le bitume est fondu de nouveau avec une dose de sable suffisante pour lui donner de la raideur, sans lui enlever sa souplesse : puis on Té tend, par couches de 0m,08 à 0m,12 d'épaisseur, sur un lit de gravier de 1 à 2 ou 3 centimètres d'épaisseur, encadré provisoirement par des règles, dont la hauteur sert à déterminer l'épaisseur de la couche d'asphalte ; le terrain a été préalablement dressé et fortement tassé, puis recouvert de béton hydraulique ayant 0m,10 à 0m,12 I d'épaisseur.
Dans les dallages de ce genre, le revèi tement en bitume et sable exige, dans le | cas d'une épaisseur de 0m,10. 17 kilogr. de mastic et 10 kilogr. de gravier par mètre carré ; dans le cas d'une épaisseur de 0m,15. il faut 24 kilogr. de mastic pour 14 kilogr. de gravier, non compris celui qui est employé au granitage. En effet, pour les trottoirs ou dallages extérieurs, avant le refroidissement de la couche de bitume étendue, on répand, à la surface, du sable fin, qu'on incruste en frappant dessus avec une batte. Cette opération, dite granit âge, a pour objet d'augmenter la résistance au frottement : mais on a observé qu'elle ne donnait pas. à ce point de vue, un résultat satisfaisant ; au contraire .
moins l'asphalte est mélangé de sable, et mieux il résiste au frottement.
On fait aussi des aires cannelées en asphalte comprimé avec un rouleau portant à la surface un quadrillé en relief, qui imprime la même ligure en creux, ou bien avec des règles métalliques sur lesquelles on frappe avec une massette. Ces aires sont utilisées pour les passagesdes portes cochères et pour les sols d'écuries, fournissant des points d'appui ou d'arrêt aux pieds des chevaux.
Dans les dallages d'écurie, on commence par étendre, sur le massif de béton et de mortier que l'on a préalablement établi, un mélange de 40 kilogr.
de mastic, 60 kilogr. de gravier et 4 ki-
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logr. de goudron minéral, le tout sur une épaisseur de 0m,02 ; sur ce second massif, on coule une couche de mastic pur de 0m,015 d'épaisseur et, avant qu'il soit refroidi, on y imprime, à l'aide d'un rouleau cannelé, ou par tout autre moyen, des rainures croisées qui offrent une assiette sûre au pied des animaux.
V asphalte naturel, pulvérisé, sert encore à l'exécution des chaussées empierrées. On nivelle d'abord le sol et on le recouvre d'une couche de béton hydraulique, de 0m,15 d'épaisseur ; puis, on pose deux règles de 0m,06, espacées de 1 mètre environ ; on répand entre elles de l'asphalte en poudre, chauffé au ramollissement; enfin, l'on comprime à l'aide de rouleaux de poids différents ; les bandes ainsi formées se soudent entre elles et donnent un sol compacte, uniforme et facile à réparer, mais glissant pour les chevaux. On peut le remplacer par un pavage composé de mastic d'asphalte et de cubes de grès alternés suivant la disposition d'un damier.
Les terrasses, les balcons peuvent également être recouverts d'un dallage en asphalte de 0m,12 à 0m,15 d'épaisseur, remplaçant avantageusement le plomb ou le zinc en feuille et les ciments hydrauliques.
Des aires en bitume se placent aussi sous les parquets, particulièrement au rez-de-chaussée, pour les isoler de l'humidité. On en fait encore des enduits pour couvertures, pour murs verticaux ; dans le même but on utilise aussi Yasphalte laminé préparé à l'aide de toiles imprégnées de mastic de chaque côté et comprimées entre des cylindres de fonte.
V asphalte est aussi employé, comme joints de pavés, dans les sols humides, ou en couches minces comprises dans les fondations, soit entre deux assises de pierres, soil entre des couches plus épaisses de béton, pour éviter toute infiltration.
Quand on emploie le bitume comme
joints de pavés, on procède de la manière suivante : on dispose sur une aire de sable les pavés espacés de 0m,10 à 0m, 12 ; on remplit les joints avec du sable au moyen de coins, jusqu'à la distance de 0m,05 à 0m,06 de la surface, et on achève le remplissage avec du mastic.
Dans les établissements agricoles le bitume est d'un excellent usage pour la construction des silos employés à la conservation des grains et d'où la moindre humidité doit être proscrite.
Les rejointoiements en mastic bitumineux sont propres aussi à préserver les murs de l'humidité. On nettoie le joint à fond, on le gratte, on le lave à la brosse et on le fait soigneusement sécher ; ensuite on étend le mastic chaud et on le fait pénétrer en le lissant au moyen d'une spatule en fer chauffée à l'avance.
D'autres dispositions toutes spéciales doivent être appliquées pour les terrasses ou chapes établies sur plancher en charpente. Le plancher étant solidement établi, de manière à résister au fléchissement, aux dislocations, au travail des bois, et à présenter le moins d'élasticité possible, le massif en béton ou en plâtre sur lequel on applique le bit mue doit être mélangé de foin ou de mousse hachée pour se prêter aux mouvements inévitables de la charpente ; enfin, il faut ménager en dessous et sur les côtés des jours qui permettent à l'air de se renouveler et empêchent ainsi la rapide pourriture du bois.
M. Ch. Barbier, dans Y Encyclopédie pratique de V Agriculteur, recommande aussi l'emploi des sous-joints pour les dallages sur charpente ; on dispose préalablement, et à l'espacement de chaque coulée, une bande de mastic de 0m,10 de largeur sur laquelle viennent se raccorder les deux coulées contiguës.
Il y a encore un moyen d'éviter d'une manière plus sûre le fendillement: c'est d'étendre d'abord sur le béton, avanl sa prise, une toile grossière que Ton fait
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pénétrer en la frappant à la brosse : ensuite on emploie non plus le mastic préparé avec du gravier, mais le mastic pur à trois couches, que Ton saupoudre avec du gravier à mesure de son application. Une fois la couverture ou terrasse achevée, les fissures qui se produisent, particulièrement aux approches de l'hiver, peuvent être fermées facilement, par la compression, avec un fer chaud.
D'autres précautions sont encore recommandées : L'écoulement des eaux exige une pente de 5 p. 100. Le gravier choisi dans les pays chauds doit être très-blanc pour réfléchir les rayons du soleil ; on peut employer, à cet effet. des grès hlancs, des sables quartzeux.
des débris de porcelaine, etc.
C'est surtout employé pour la couverture que le bitume permet une grande économie et peut rendre à l'industrie de réels services dans des cas particuliers, pour des hangars, pour des constructions légères sans importance et dont la durée est déterminée à l'avance. On cloue sur les chevrons un voligeage imbriqué que Ton enduit d'un mélange de trois quarts de goudron et d'un quart de bitume ; puis on le couvre avec du papier, de la toile ou du carton bitumé que l'on trouve tout préparé dans le commerce (voy. Carton). On donne sur le tout une couche du mélange et on la saupoudre avec du sable parfaitement lavé et bien sec. Ce système de toiture, convenablement établi, n'exige d'autre entretien qu'une nouvelle application de goudron granité tous les trois ou quatre ans, et permet, en outre, à cause de sa grande légèreté, de réduire à leur minimum les dimensions des pièces qui composent la charpente. Toutefois, il faut reconnaître que ces toitures n'opposent pas une grande résistance à la force du vent ; qu'elles sont exposées à être détrempées et ridées par les longues pluies : que les grandes chaleurs les dessèchent et qu'elles sont facilement combustibles. Nous ne pouvons donc,
i quel que soit leur avantage pécuniaire, les recommander que pour des abris provisoires.
On a donné le nom de lave fusible à un bitume artificiel composé de 75 parties de craie et de 25 parties de brai. matière extraite du goudron provenant de la houille qui sert à la fabrication du gaz d'éclairage : on l'emploie comme enduit, comme dallage et comme préservatif contre l'infiltration des eaux dans les lieux humides.
D'autres composés ayant pour base le bitume sont utilisés pour faire des enduits ; tels sont la glu marine, le bitume de Judée, le mastic Machabée (voy. Glu. Judée. Machabée .
En peinture, on applique le bitume à la confection d'une couleur dite nuance momie (voy. ce mot). A cet effet, on le fait fondre, à chaud, dans de l'huile de lin. avec addition de cire vierge, pour lui donner du corps et le rendre siccatif.
Bivium. — Voy. Carrefour.
Blaireau, s. m. — Pinceau de poils de blaireau en forme de patte d'oie, qui sert à appliquer le vernis (voy.
Brosse).
Blanc, s. m. — Couleur employée dans la peinture en bâtiment et qui est soit à base terreuse soit à base métallique.
Des savants, et, entre autres. Ghaptal et Davy. ont soumis à l'analyse chimique des couleurs employées par les Romains : ils ont notamment expérimenté sur celles qui ont été trouvées dans les ruines de Portici et des bains de Titus. Il est résulté de ces travaux la certitude que les Romains connaissaient et utilisaient le blanc de céruse. On en trouve, d'ailleurs, le témoignage dans les écrits de Pline et de Vitruve, qui parlent des blancs comme étant obtenus par l'action du vinaigre sur le plomb, produit qui était très-commun de leur
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temps. Toutefois I)a\y ne trouva dans les pots de couleur découverts à Pompéi qu'un blanc formé de craie très-friable, et un autre, qu'il suppose être de l'argile alumineuse très-fine. 11 ne trouva pas non plus de céruse dans les bains de Titus, sans doute parce que cette matière êtail trop commune pour être employée dans de riches décorations.
Parmi les couleurs blanches à base terreuse employées de nos jours, nous citerons les principales :
1° Le lait de chaux qui s'obtient en délayant dans l'eau de la chaux grasse éteinte ; on s" m sert pour composer le badigeon (voy. ce mot).
2' Le blanc de craie qui comprend le blanc d'Espagne, appelé, plus justement, blanc de Mention ou de Bôugival et le blanc de Troyes ou de Champagne. Le premier se prépare en lavant la craie avec soin, après un broyage, el la laissant déposer ; on le retire par décantation, et on le moule en pains que l'on fait sécher à l'air. Le blanc de Troyes est pins lourd, plus blanc et moins facile à pulvériser. Ces deux couleurs s'emploient en détrempe (voy. ce mot).
3° Le blanc de baryte qui provient du sulfate de baryte, qu'on pulvérise et qu'on purifie par des lavages ; on l'utilise à la colle, pour la fabrication des papiers [teints, et pour remplacer le blanc de zinc et la céruse ; souvent même il sert à falsifier le blanc de plomb : c'est le plus beau blanc pour la détrempe.
4° Le blanc de Rouen, espèce de marne ou terre calcaire que Ton détrempe dans l'eau pour en séparer les parties sablonneuses et grossières ; on divise, cette pâte en petites mottes du poids de 16 centigrammes environ.
5° Le blanc de gypse ou de plâtre.
g\ pse calciné, noyé dans beaucoup d'eau et qui est propre à la peinture en détrempe. Cette couleur est préférable au blanc de craie, quoique bien inférieure à la céruse ; cependant, les couches de
gypse se lèvent par écailles lorsqu'on leur a donné trop d'épaisseur.
6° Le blanc de kaolin, terre blanche qui, réduite en poudre est susceptible d'être utilisée pour la peinture à la détrempe et les papiers peints.
7° Le blanc de terre de pipe, terre calcaire assez pesante, qui est d'un emploi fréquent dans la peinture.
8° Le blanc de coquille d'œuf, qui s'obtient de la manière suivante : on pile et on lave les coquilles d'œufs ; on les fait bouillir dans l'eau avec un peu de chaux vive et on les fait égoutter ; on lave et on pile de nouveau, jusqu'à ce que l'eau soit claire ; on broie et on réduit en pâte très-fine ; puis on fait sécher les pastilles au soleil et à l'air, pour empêcher la corruption.
9° Le blanc de marbre, qui se prépare ainsi : on pile, on réduit en poudre et l'on tamise du marbre blanc de Carrare, puis on y ajoute une certaine quantité de blanc de chaux, ou blanc obtenu à l'aide de chaux éteinte délayée dans de l'eau et passée ensuite au tamis.
10° Le blanc des Carmes, qui n'est autre chose que du blanc de chaux soumis à une préparation et à un emploi particuliers : on passe dans un linge lin une grande quantité de très-belle chaux ; on la met dans un baquet de bois garni d'un robinet placé à la hauteur où est parvenue la chaux ; on remplit le baquet d'eau de fontaine et on bat la chaux avec de gros bâtons ; on laisse reposer pendant vingt-quatre heures, après quoi, on ouvre le robinet et on laisse couler l'eau qui a dû surnager la chaux de deux doigts ; quand elle est écoulée, on en remet de nouvelle et on recommence l'opération pendant plusieurs jours, car, plus la chaux est lavée, plus elle acquiert de blancheur ; on met dans un pot de terre une certaine quantité de la chaux en pâte qui reste après l'écoulement de l'eau, on y mêle un peu de bleu de Prusse ou d'indigo, on laisse détremper dans de ki colle de Garni, dans laquelle on met un peu d'alun et, avec une
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grosse brosse on donne cinq ou six couches sur la muraille ; il faut les étendre minces et avoir soin de les laisser sécher parfaitement; enfin, avec une brosse de soie de sanglier, on frotte fortement la muraille ; il en résulte un luisant qui fait prendre quelquefois, au premier coup d'oeil, cet ouvrage pour du marbre ou du stuc ; on ne peut blanchir ainsi que des plâtres neufs ou, du moins, il faudrait, pour blanchir de vieux plâtres, les gratter jusqu'au vif.
11° On donne aussi le nom de blanc d'Espagne à une argile blanche, trèsfine, purifiée par lavage, moulée en pains, après dépôt, et séchée à l'air.
Les couleurs blanches métalliques les plus importantes sont :
1° Le blanc de zinc qui n'est autre chose que de l'oxyde de zinc ; on l'obtient par le passage d'un courant d'air chaud sur du zinc volatilisé dans des moufles ou des cornues, que l'on dispose dans un four à réverbère ; le résidu qui encrasse l'orifice de ces moufles est formé d'oxyde et de zinc, il se livre au commerce, sous le nom de gris de zinc. L'oxyde de zinc est recueilli dans des chambres. Il est de deux qualités différentes, auxquelles on donne les noms de blanc de neige et de blanc de zinc proprement dit ; ce dernier est plus dense et remplace les céruses de première qualité.
Cette couleur s'emploie à l'huile pure ou mélangée d'essence, à la colle, au vernis à l'esprit de vin, au vernis à l'essence et au vernis gras, etc. On s'en sert également pour la fabrication des papiers peints.
Dans la peinture à l'huile, on prépare le blanc de zinc en le délayant à poids égal dans un mélange d'huile de lin ou d'huile blanche, d'essence et de siccatif. La proportion d'essence doit être plus forte pour les premières couches ; c'est le contraire pour les peintures sur bois. Si Ton couvre du plâtre neuf qui présente une surface très-absorbante, on augmente la quantité du mélange oléagineux par rapport au blanc de zinc. La
proportion du siccatif est de 5 à 6 p. 100 du poids de l'huile employée.
L'oxyde de zinc ou blanc de zinc est, parmi les produits employés en peinture, celui qui est le plus avide d'huile, aussi fournit-il une peinture excellente, car plus une couleur prend d'huile, plus elle est solide.
Le blanc de zinc étant impalpable, on peut, au moment de son emploi, le passer à la molette, si l'on veut ; mais, à la rigueur, il suffit de le délayer peu à peu avec l'huile ou l'essence que l'on veut y mettre. On a soin de tenir la teinte un peu épaisse, de se servir de brosses douces et d'appuyer légèrement. Avec des brosses plates à adoucir appelées queues ou blaireaux, pour les dernières couches, un ouvrier qui tient la main légère peut faire les peintures d'un fini et d'un ton remarquables.
Tous les siccatifs ordinaires peuvent réussir à faire sécher le blanc de zinc comme la céruse, mais la litharge et tous les sels à base de plomb lui communiquent naturellement un peu des fâcheux défauts de la céruse, c'est-à-dire le font noircir sous l'influence des gaz délétères et de l'ammoniaque. Il vaut mieux se servir, comme siccatif, d'une huile grasse manganèsée que l'on fait bouillir sur un feu très-doux, en deux fois cependant, douze heures chaque fois, en y tenant suspendu un sachet contenant o p. 100 de manganèse concassé qui peut servir plusieurs fois.
Le blanc de zinc offre encore l'avantage de résister à l'air et aux émanations sulfureuses plus longtemps que les composés de plomb ; de plus, il ne donne pas aux ouvriers la maladie appelée colique de plomb ou colique des peintres. Cette couleur couvre plus ou moins bien, suivant sa préparation ; le blanc de neige couvre moins bien que le blanc de trémie, obtenu par la purification des crasses ; on augmente ses qualités à ce point de vue, en le mouillant et en formant avec la pâte des pains qu'on fait sécher.